Coucou !

Je poste enfin le chapitre 6 ! Contrairement au précédents, il est en plusieurs petites parties. Comme je n'ai pas trop eu le temps d'écrire, j'ai préféré faire petit bout par petit bout. J'aime vraiment cette fiction et je fais tout pour la continuer même si les délais de parution sont un peu long (bon d'accord beaucoup). Je remercie tout ceux qui m'ont laissé une petite review, elles m'ont bien motivé.


Chapitre 6: Métamorphose


Harry n'aurait jamais cru cela possible. Après avoir survécu à Voldemort en personne et aux détraqueurs, les créatures les plus déprimantes du monde sorcier, il n'était pas très sûr de tenir une minute de plus dans la situation dans laquelle il se trouvait. La matinée avait pourtant bien commencé.

Lucius était absent, sûrement parti régler des affaires urgentes au ministère. Harry avait été plus que soulagé que le patriarche de la famille Malfoy ne soit pas présent au petit déjeuner. La petite discussion qu'ils avaient eu la veille, dans un couloir du manoir en pleine nuit, le laissait perplexe. Et il ne savait pas vraiment pourquoi, en y repensant, il se sentait aussi un peu gêné. Ne pas le voir lui avait permis de ne pas se prendre la tête dès le matin et de savourer son repas. Il avait dormi jusqu'à 9h, était descendu après une bonne douche, trouvant sur la table de la salle à manger des croissants chauds et autres viennoiseries encore fumantes. Un vrai régal !

Narcissa l'avait regardé avec amusement s'empiffrer au lieu de manger. Drago s'était contenté de manger en silence après avoir salué sa mère. Il avait apparemment décidé d'ignorer sa présence, ce qui convenait parfaitement au gryffondor. Narcissa avait ensuite proposé de profiter de cette belle journée pour faire une sortie sur le chemin de traverse. Les listes de fournitures des deux jeunes étudiants étaient arrivées. De nombreux achats étaient donc au programme. Ce qui avait conduit Harry dans cette galère.

Il n'avait pas vu venir le calvaire, distrait par leurs sourires et leur air décontracte. Harry avait déjà de nombreuses fois parcouru les boutiques du chemin de traverse, avec la famille Weasley, ses amis ou encore Hagrid lors de sa première année. Le fait que Malfoy soit soudain si joyeux et enthousiaste, aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. Le bonheur de Malfoy n'avait jamais rimé avec le sien. Bien au contraire, c'était bien souvent à ses dépens. Enfin, il fallait se faire une raison, lui et les Malfoy n'avaient pas la même conception du terme « faire les magasins ».

_ Harry, sort de là !, lui ordonna Narcissa. Je ne vais pas te manger.

_ C'est vrai Potter, bouge ! J'ai d'autres choses pour toi !, le houspilla Drago.

_ Non ! Je suis pas prêt là.

Harry n'avait pas la moindre envie de sortir. Il était crevé. Cela faisait des heures que tout ce cirque avait commencé. Il avait presque fini par remercier les Dursleys pour ne pas lui avoir fait endurer tout ça.

_ Potter ! Si tu ne te dépêches pas, je viendrais te chercher moi-même !, s'impatienta le serpentard.

_ Tu peux toujours courir !, répliqua Harry.

La réplique lui avait échappé. Avant qu'il ne puisse la regretter, le rideau fut tiré d'un geste sec derrière lui. Automatiquement, il se retourna en ramenant ses bras autour de son torse dans un réflexe de pudeur. Face à lui, son ennemi d'école le détaillait d'une manière inhabituelle. En fait, c'était l'une des choses qui posait le plus de problème au jeune Gryffondor depuis le début de la matinée. Les yeux gris n'avaient pas cessé de le scruter des pieds à la tête sans la moindre gêne. Les joues du gryffondor se colorèrent face à tant d'insistance pour la énième fois. Harry n'avait jamais aimé être au centre de l'attention et encore moins de celle de Malfoy.

_ Arrête de faire ta vierge effarouchée et tourne pour que je vois mieux ce que ça donne.

Harry piqua un fard. Il avait fait beaucoup d'efforts pour cacher son embarras. Mais tout semblait contre lui aujourd'hui. Harry tourna sur lui-même sans grande conviction. Priant intérieurement pour qu'on l'achève.

_ Un peu plus de grâce ne serait pas du luxe. Ce n'est pas parce que t'es un garçon que tu dois avoir la même démarche qu'un éléphant.

_ Désolé mais ça fait des heures que j'essaye tout ce que tu me donnes. Je suis un peu vanné là! Tu ne voudrais pas trouver quelque chose pour toi, au lieu de me prendre pour ta poupée vivante?

_ Harry, ce n'est pas moi qui ait besoin d'une garde-robe complète ! En plus, même si les plus beaux vêtements du monde ne pourront pas cacher le milieu d'où tu viens, il est hors de question que je me trimbale un pseudo frère d'adoption habillé comme un clodo moldu., répliqua Drago outré.

Cette fois, Harry vit rouge : Je m'habillerai comme un moldu si ça me chante !

_ C'est ce qu'on verra, le défia Drago. Ses yeux brillaient d'une détermination qui fit soudain douter le jeune Potter. Harry savait que Drago était un aristocrate superficiel, mais pas au point de le voir aussi sérieux au sujet de sa façon de se vêtir.

À ce moment, une jeune vendeuse s'approcha : « Je peux vous aider, messieurs ? »

_ Non. Nous avons fini. Faites livrer le tout chez nous comme d'habitude, Drago lui balança avec dédain une bourse pleine de galions.

La vendeuse ne perdit pas son sourire malgré la froideur du jeune homme blond. Drago et ses manières douteuses étaient apparemment des habitués.

_ Ce sera fait dans les plus bref délais., lui répondit-elle très professionnel.

_ M'acheter toutes ses robes de sorciers ne m'obligera pas à les porter, s'obstina Harry une fois que la vendeuse se fut éloignée.

Drago continuait de le fixer de son désagréable petit air supérieur. Un petit sourire narquois lui étirant les lèvres. Son silence parlait pour lui. Il était loin d'avoir dit son dernier mot. Mais Harry lui montrerait que l'argent n'avait pas de prise sur lui.

_ Au fait où est passée ta mère ? Il me semblait qu'elle était là tout à l'heure., lui demanda Harry en rompant le contact visuel. Il allait finir par en mettre une au jeune aristocrate arrogant à ses côtés, s'ils continuaient de se provoquer mutuellement.

_ Elle s'est souvenue que tu aurais sans doute besoin de faire le plein de chaussettes et de boxers dignes de ce nom. Alors elle est partie t'en choisir en me laissant le plus gros de la tâche., se lamenta Drago.

Narcissa surgit des rayons plus au fond du magasin, accompagnée de deux vendeuses qui gloussaient derrière elle.

_ Ta mère m'a acheté mes sous-vêtements !?

_ T'inquiètes pas Potter. Elle est très douée pour deviner la taille qui convient. Dans le pire des cas, tu pourras toujours adapter la taille par magie. Bon! Maintenant, si on allait voir les chaussures? Je connais une super boutique ! Et vu les passoires que t'as aux pieds c'est une urgence.

Le cauchemar était parti pour durer.


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La lumière du soleil sortit du sommeil le seigneur des ténèbres. Les voilages noirs de son lit n'étaient pas opaques, laissant filtrer quelques rayons. Les broderies vertes émeraudes du tissu brillaient sous leurs effets.

Aujourd'hui était le grand jour. Celui qui allait marquer la fin de sa non-vie.

Ce soir, à minuit, Lord Voldemort allait ressusciter de ses cendres. Un peu comme ce maudit phœnix, la mascotte du vieux Dumbledore. Ou alors, on pouvait considérer qu'il allait muer comme sa chère Nagini. Il avait quand même un semblant de corps. Pas des plus robustes certes, mais un corps. C'était beaucoup mieux sous cet angle. Changer de peau comme un serpent. Cela lui correspondait nettement mieux.

Un sifflement se rapprocha du lit.

- Viens ma belle. Ma douce, l'appela t-il avec tendresse en fourchelang. Elle était la seule qu'il chérissait. La seule qu'il pouvait se permettre d'aimer.

L'énorme serpent ondula contre lui, s'enroulant autour de son maître. Cette étreinte froide mais douce permettait au Lord de se sentir moins vulnérable. Ce n'était pas une question de sécurité. Sa baguette était à portée de main sous un oreiller. Mais le corps qu'il avait réussi à se constituer était de la taille d'un jeune enfant malade ayant souffert de la famine. Son imposant serpent venimeux avec ses crochet menaçant lui redonnait un peu de prestance. Nagini avait toujours fait son petit effet sur ses mangemorts et Lucius ne faisait pas exception. Des frissons parcouraient le pauvre Lucius chaque fois que le serpent passait près de lui malgré son sang froid légendaire. Cela le faisait rire intérieurement.

_ Tu aimes beaucoup Lucius. N'est ce pas ma belle ?, siffla t-il.

_ Il a des manières et une bonne odeur. C'est très rare chez les sorciers et encore plus chez les moldus. Contrairement au rat, il m'apporte des proies de premier choix. Et pas les vermines qui traînent dans les égouts.

_ Oui. Queudvert n'était pas le plus dégourdi des serviteurs lorsque nous étions entièrement à sa charge. Mais il a encore son utilité. Enfin, lors de sa prochaine erreur, tu pourras le manger. Mais pas avant qu'il ait passé le contrôle sanitaire. Il ne faudrait pas que ce rat te rende malade, la prévint-il. Il a beau être bien gras, on ne sait pas où il a traîné.

Nagini siffla de contrariété. Elle attendait depuis longtemps de se mettre Queudvert sous la dent. Voldemort se demandait parfois si la passion gastronomique que sa vielle amie avait pour son mangemort ne venait pas de sa forme animagus de rat. Nagini avait toujours raffolé des souris et des rats lorsqu'elle ne pouvait pas s'attaquer à ses hommes. Alors autant dire que Queudvert rassemblait à lui tout seul ce que le serpent préférait par dessus tout : les sorciers incapables et inutiles à son maître, et les rats.

_ Tu as juste besoin d'être patiente. Au moins jusqu'à ce soir.

On toqua à la porte de ses appartements. Nagini se resserra autour de lui, faisant barrière contre une hypothétique agression. Elle était très possessive vis-à-vis de son maître. Voldemort passa une de ses mains squelettiques sur ses magnifiques écailles vertes foncées pour la calmer. Il attrapa sa baguette. Il fit un bref mouvement du poignet pour nouer les voilages du lit à baldaquin afin de le rendre bien visible, puis un deuxième en direction de la porte afin qu'elle laisse entrer son visiteur.

Lucius s'avança, vêtu avec élégance comme à son habitude. Ses yeux étaient résolument orientés vers le sol. Voldemort n'aimait pas qu'on le regarde directement sans une invitation de sa part. Lucius s'était toujours comporté de façon exemplaire dans ce domaine. Respecter le protocole était une seconde nature dans la noblesse.

Une fois face au lit, son serviteur s'inclina. Ses longs cheveux blonds cascadèrent des deux côtés de son visage, le dissimulant à moitié.

_ Alors quelles nouvelles m'apportes-tu ?

_ De bonnes, monseigneur. Tout est en place pour le rituel. Il ne manque plus que le sang du jeune Potter et les ossements. Je pensais aller les chercher moi-même dans l'après-midi.

_ Ce ne serra pas nécessaire. Accio boîte aux ossements ! (Une lourde boîte en métal sortit de sous son lit.) Prend là. Ce dont tu as besoin est dedans.

_ Merci maître.

Lucius eut l'intelligence de ne poser aucune question.

Malgré leur début de conversation, Voldemort nota que Lucius évitait soigneusement de le regarder. C'est vrai que son apparence était effrayante et répugnante. Une chose lui plaisait néanmoins : ses yeux rouges sang. Il espérait les garder après sa résurrection. Ses yeux ne serraient plus ceux de son père, ce serraient les siens. Juste les siens. Reflet de tout le sang qu'il avait versé.

_ Comment va notre petit Harry ? Faire partit de ta famille lui convient-il ? J'ai eu le plaisir de l'entendre brailler hier soir.

_ C'est un jeune lionceau curieux et intrépide maître. J'ai manqué de vigilance, je vous prie de me pardonner pour le désagrément.

_ Ce n'est rien. Ce gamin a le chic pour glisser entre les mailles du filets. Un héritage familiale sans doute.

_ Que compter vous faire du garçon une fois le rituel achevé ?, lui demanda Lucius prudemment.

_ Ne t'inquiète pas pour le serment du sang que tu as fais avec lui, le tuer n'est pas à l'ordre du jour. J'ai décidé de lui réserver une petite surprise. Approche je vais te faire une petite confidence... juste entre toi et moi.

Lucius, intrigué, s'approcha de son maître. Il s'assit sur le rebord du lit, et se pencha vers la bouche entrouverte du Lord. Ce dernier lui agrippa sa chemise en soie blanche afin qu'il soit plus prêt. Les paroles du maîtres des ténèbres surprirent le mangemort.

_ Allez vous vraiment faire cela ?, lui demanda t-il.

Lucius se leva. La poigne du Lord se relâcha, mais les mains profitèrent du mouvement de son interlocuteur pour effleurer les abdominaux bien dessinés perceptible sous sa chemise. Beaucoup de choses lui manquaient en ce moment. Encore plus que d'habitude.

_ Oui. Si le garçon cède, je ne vois pas pourquoi je m'en priverais. Je serrai trop heureux de voir la tête du vieux Dumbledore lorsqu'il se rendra compte de ce que son gentil petit protégé est devenu. Harry Potter est encore un pion de valeur alors autant en profiter, au lieu de le pulvériser tout de suite.

_ Je ne pensais pas que vous feriez preuve d'autant de clémence après ce qu'il vous a fait.

_ J'ai juste eu tout le temps de calmer la colère qui obscurcissait mon jugement, répliqua t-il agacé. Maintenant laisse moi, tout doit être parfait pour ce soir.

Lucius allait quitter sa chambre lorsque des crampes à l'estomac lui rappelèrent un impératif vital qu'il avait momentanément oublié.

_ Lucius, l'appela t-il. Avant de partir, donne moi mon bol de chocolat chaud avec mon conduit d'entrée d'urgence.

Bien qu'il soit britannique, il avait toujours détester le thé, surtout la matin. Le café n'avait pas trouvé grâce à ses yeux non plus. Les deux avaient la fâcheuse manie de vous jaunir les dents. Il n'y avait rien de meilleur que le chocolat chaud fait maison avec quelques chamallows pour un mage noir en puissance au petit déjeuner.

_ Vous voulez parler de votre paille, maître ?

_ Évidemment, ma paille., lui répondit-il sèchement. (La triste réalité de son défaut de dentition actuel.)

_ Vous en voulez une verte ?, lui demanda Lucius le plus sérieusement du monde.

_ Nan passe moi la bleue. Mon cerveau fourmille de nouvelles idées, alors la couleur des Serdaigles me conviendra mieux.


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Harry s'affala dans le premier fauteuil du salon à sa portée. La journée avait été interminable. Le pire c'est qu'après tout le temps passé sur le chemin de traverse, il n'avait encore acheté aucune de ses fournitures pour Poudlard. Les Malfoy avaient dépensé des sommes folles de galions, majoritairement pour lui à sa plus grande gêne. Le jeune gryffondor n'avait jamais vu personne dépensé autant d'argent en une seule virée shopping. Ses yeux se fermèrent sous la fatigue.

Une fois au manoir, Narcissa était partie avec Drago pour prendre le thé avec une de ses amies. Harry avait décliné l'invitation, préférant être un peu seul pour pouvoir souffler un peu. L'expression pincée de Drago lui confirma qu'il avait prit la bonne décision. Qu'est ce qui était aussi horrible à prendre le thé ? Les amies de sa mère ? Ou autre chose ? Harry ne savait pas ce que ça voulait dire, mais il n'avait pas envie de le découvrir. Une pause sans têtes blondes et leurs soucis d'aristocrates riches, partisans des ténèbres il ne fallait pas l'oublier, lui était indispensable. Un peu de repos. Seul. Enfin.

_ Jeune maître, vous m'entendez ? l'appela Kiwi d'une voix fluette.

Non, non, non ! Mais pourquoi ? Harry essaya de faire croire à la petite elfe qu'il était profondément endormi. En tant que serviteur des Malfoy, elle n'oserait jamais le réveiller. Oui, c'était lâche. Mais on ne pouvait pas lui foutre un peu la paix cinq minutes ? C'était trop demandé ?

_ Maître Harry ? La voix de l'elfe sonnait comme une supplique, ce qui fit vibrer sa corde sensible.

_ Oui. Qu'est ce qu'il y a ? Lui demanda Harry paresseusement. Il n'avait pas la moindre envie de bouger. Une petite sieste lui ferait même le plus grand bien. Peut-être Kiwi voulait-elle juste l'informer de quelque chose. Et ensuite, elle repartirait.

_ Le docteur de la famille est là. Maître Lucius a demandé à Kiwi de ramener maître Harry pour sa consultation médicale.

_ Maintenant ? Grommela le gryffondor les yeux encore mis-clos. Il ne pensait pas que Lucius était sérieux au sujet de son bilan de santé. Que voulait-il ? Savoir s'il avait des puces et vérifier que ses vaccins étaient à jour ?

_ Kiwi est vraiment désolé d'avoir déranger maître Harry. Mais ils vous attendent déjà dans le petit salon bleu, maître. Maître Lucius risque de ne pas être très content si vous êtes en retard, paniqua la petite elfe.

_ Calme toi Kiwi, je vais y aller. Laisse moi juste le temps de m'éclaircir les idées.

Harry s'étira. Ses épaules et son dos le faisait légèrement souffrir à cause des essayages à la chaîne de la matinée. Il finit tout de même par suivre la petite elfe qui se dépêcha de le guider jusqu'à destination. Une fois face à la porte, il frappa, puis entra une fois qu'il y fut invité.

Deux hommes, Lucius et un inconnu, étaient assis sur l'un des deux divans bleus pâles du salon. Lucius se leva à son approche afin de faire les présentations.

_ Voici le jeune Harry Potter, récemment devenu ma pupille comme je vous le disais. Et Harry, je te présente le médicomage de notre famille, Zedicus Zolander.

L'autre homme s'avança vers lui pour le saluer. Sa calvitie recouverte par quelques uns des cheveux gris qui entouraient encore son crâne, ainsi que ses lunettes rondes lui donnaient l'apparence d'un savant fou. Les rides marquaient profondément son visage, témoins des longues heures passées à travailler. Il ne se dégageait rien de lui qui inspire la sympathie, ni l'antipathie. C'était un homme à l'air incroyablement sérieux. Mais Harry savait que les impressions pouvaient être véritablement trompeuses.

_ Je suis enchanté de faire enfin votre connaissance Monsieur Potter. J'ai tellement entendu parler de vous. Lui dit-il en lui serrant la main.

Sa poigne était ferme. L'éclat de ses yeux brillait d'un intérêt certain. Chaque personne qu'Harry rencontrait, avait le même genre de regard à l'entente de son nom, ou lorsqu'elle voyait sa cicatrice.

_ Oui moi aussi, lui répondit Harry poliment. Mais je ne pensais pas que je vous rencontrerai aujourd'hui. En fait, je pensais que cette examen médical n'était pas vraiment sérieux. Sans vouloir vous vexer.

_ Il en faudrait bien plus que ça jeune homme. Vous n'avez pas idée de ce que certains patients et leurs proches m'ont dit dans ma carrière, lui sourit le vieil homme.

_ Je plaide coupable Zedicus, intervint Lucius. Harry, j'étais très sérieux lorsque je t'ai parlé de te faire examiner par le médicomage de la famille. Vu ton passif, le plus tôt possible me semblait approprié. J'ai donc contacté Zedicus dans la matinée pour qu'il passe au manoir. Et le voilà ! Maintenant que tout le monde est au courant, pouvons-nous commencer ?

_ J'ai tout mon matériel dans ma mallette s'il y a besoin d'analyse complémentaire. Pour le reste, ma baguette suffira pour un petit bilan de routine. Tu veux bien prendre place sur le canapé, Harry ?

_ Je suis sûr que tout ça est inutile. Avec tout le temps que j'ai passé à l'infirmerie depuis que je suis à Poudlard, je le saurais si quelque chose clochait. Harry était toujours septique sur l'utilité de cet examen médical.

_ C'est ce que nous allons vérifier, monsieur Potter. Pompom, enfin Miss Pomfresh doit me faire parvenir votre dossier médical pour que je puisse avoir une vision plus globale de vos antécédents. Mais le peu qu'elle m'ait dit m'a confirmé ce que je pensais.

_ Et quoi donc ? Lui demanda Harry, intrigué.

_ Vous êtes un patient en or, monsieur Potter. En particulier pour le chercheur que je suis. La passion qu'il avait pour son métier transparaissait dans sa voix. Bizarrement, c'était plus inquiétant que rassurant. Vous avez survécu au sortilège de la mort, sans compter les différents sorts auxquels vous avez été exposés ces trois dernières années. D'ailleurs, si vous êtes disposé à faire quelques expériences, en toute légalité je vous rassure, je...

Son expression devait clairement traduire son état de choc car Lucius intervint.

_ Zed ! Tu t'égares. Harry est encore mineur et il fait parti de la famille maintenant. Je suis aux regrets de te dire que tu gaspilles ta salive pour rien.

Cette réplique eut l'effet d'une douche froide sur le médicomage. Pourtant, il se ressaisit bien vite.

_ Rien n'est définitif. Vous êtes sont tuteur, vous ne l'avez pas adopté. J'ai donc bon espoir que la situation évolue. Monsieur Potter, je suis certain que vous adoreriez résoudre tous ces mystères médicaux qui vous entoure. Vous êtes un garçon très particulier. Je suis sûr qu'on vous l'a souvent dit.

_ Je ne sais pas. Pas de cette manière. Je pense que..., essaya de réagir Harry. Les propos du médicomage lui semblait surréalistes.

_ Bien, assez bavassé. Si nous commencions ? Le coupa Zedicus, balayant son faible début de protestation.

Harry s'installa sur le canapé, bien droit, prêt à réagir en cas de mouvement suspect. Entre un savant visiblement atteint et un mangemort ayant fait partie des favoris de Voldemort, la méfiance était de rigueur. Le vieux médicomage s'avança vers lui, baguette en main.

_ Commençons par la batterie de teste habituelle.

Suivirent ensuite des formules compliquées inconnues du jeune Potter. Des étincelles tantôt dorées et rouges jaillirent de la baguette du médicomage pour venir tourbillonner autour de lui. Zedicus était très concentré, comme si les étincelles de magie pouvaient lui parler. Ses sourcils se froncèrent à plusieurs reprises, mais dans l'ensemble, Harry conclu que tout allait bien chez lui.

_ Bien à priori, je n'ai trouvé aucun problème, conclu le médicomage. Néanmoins, vu votre morphologie et les quelques observations superficielles que je viens de faire, je vous conseille de veiller à manger correctement. Je ne serrais pas étonné que vous soufriez de carences alimentaires depuis un certains nombres d'années.

_ À qui le dite vous, confirma Harry. Il était évident pour lui que les Dursleys étaient en grande partie responsable de son physique de gringalet. Heureusement que le quidditch et les banquets de Poudlard étaient passés par là depuis trois ans.

_ Ma femme ferra le nécessaire, assura Lucius.

_ J'en suis convaincu, sourit Zedicus à la mention de Narcissa. Enfin, j'aimerais faire d'autres analyses à sainte Mangouste. J'ai donc besoin de vous prélever un peu de sang monsieur Potter.

Le vieux sorcier se dirigea vers le canapé aux pieds duquel il avait abandonné sa mallette. Il en sortit une énorme seringue, sans parlé de l'aiguille, ainsi que quelques fioles. Harry avait une peur bleue des piqûres, il n'était donc pas très objectif. Mais pourquoi fallait-il qu'elles existent dans le monde sorcier ? C'était forcément une machination.

Il se leva d'un bond.

_ Il est hors de question que vous me piquiez ! Il prit la direction de la sortie. Je vous remercie d'être venu monsieur Zolander, mais je pense que je vais vous laisser.

Lucius se posta devant lui avant qu'il n'ait pu passer la porte.

_ Ne fais pas l'enfant Harry.

Après quelques minutes de défit visuel avec le patriarche de la famille Malfoy, Harry finit par se retourner et tendre son bras au médicomage. Pour le retirer à la minute où l'aiguille entra dans son champ de vision. Il courut vers la sortie mais fut arrêté en plein élan par un incarcerem bien senti. Sans doute lancé par Lucius.

Alors oui, Harry était le survivant du monde sorcier. Oui, il avait affronté des créatures toutes plus effrayantes les une que les autres. Il avait également subi des blessures bien plus sanglante que le bleu laissé par une infirmière pas très douce. Mais oui, il avait une peur panique des aiguilles (sauf pour la couture). Quand on dit que la peur est irrationnel...

Enfin, étalé de tout son long et immobilisé par un sort, la reddition était inévitable. Il sentit l'aiguille lui transperçait la peau. Cela ne lui faisait pas vraiment mal, mais la sensation était des plus dérangeante. Une journée vraiment très fatigante en définitive.

_ Allez-y achevez moi, se plaignit-il. On ne lui avait rien épargné.

_ Puisque vous abordez le sujet, en profita Zedicus, j'espère que malgré votre jeunesse vous avez pris vos dispositions pour que votre corps revienne à la recherche en cas de décès prématuré. Il n'est jamais trop tôt pour prévoir ce genre de chose.

_ Zed, oublie, le coupa Lucius.


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Dans une crypte sous le manoir Malfoy se mettait en place l'événement qui bouleverserait à jamais le monde magique. Le retour de Lord Voldemort.

Un caveau lugubre caché en dessous de la folie architecturale de la demeure Malfoy. Des centaines de bougies rouges sang lévitaient pour éclairer la pierre froide et austère des murs. Malgré qu'elle se trouve sous terre, sans la moindre source de lumière extérieur, la pièce était visiblement grande. Le lieu parfait pour une assemblée de mangemorts ou la résurrection de leur seigneur et maître.

Un énorme chaudron de pierre, marqué de deux têtes de méduse aux hanses, trônait au centre d'un pentacle gravé dans la pierre. C'était un énorme récipient, arrondi comme un ventre, dans lequel un homme adulte aurait eu la place de s'asseoir. Il était rempli d'une eau fumante dont les clapotis raisonnaient dans le silence ambiant. Malgré ce tableau des plus macabre, il manquait quelque chose au goût de Lord Voldemort pour que la perfection soit atteinte. Mais quoi ?

Assis sur le trône qu'il avait fait mander pour veiller aux préparatifs, il y réfléchissait depuis déjà un moment.

Nagini était toujours enroulée autour de lui profitant des derniers instants où elle pourrait le pouponner comme son petit sans qu'il ne proteste. Les débordements affectifs d'une femelle en mal d'enfant selon lui. Mais Nagini n'était pas un simple serpent. Il lui avait fait la promesse qu'un jour, il lui trouverait un compagnon pour qu'elle puisse se reproduire. Promesse qu'il avait bien l'intention de tenir. Laisser cette race magnifique s'éteindre lui était impossible.

_ Ma douce, l'appela-t-il en lui caressant la tête. Ne trouves-tu pas que quelque chose manque ?

_ Je ne sais pas, siffla t-elle paresseusement. Ces questions n'ont aucun sens pour moi. Mais selon toi, je dirais que ton retour discret manque un peu d'animation. Or il n'y a qu'un pas entre la discrétion et l'invisibilité que tu détestes tant.

_ Bientôt, ce monde ne pourra plus compter sans moi, répliqua Voldemort. Ses longues années de traversées du désert ne quitteraient jamais son esprit. J'en serrai le maître, affirma t-il avec conviction. Quoi qu'il en soit, un grand retour en comité aussi réduit ne me convient pas. J'aurai adoré que le jeune Potter soit là pour voir sa légende s'effondrer. Mais ce petit caprice risquerait de compromettre mes plans.

_ Il y a toujours un moyen pour que le petit griffon assiste à tout sans vraiment être présent en chair et en os. Votre lien est profond.

Une grimace déforma son semblant de bouche à l'évocation de ce fait horripilant.

_ Bien trop à mon avis. Cette idée n'en reste pas moins amusante. Faisons lui vivre son pire cauchemar en direct. Ça pourrait même nous servir.

Lucius arriva, et s'inclina une fois devant son maître. Il sortit une fiole remplie d'un épais liquide rouge.

_ Je vous apporte le sang de votre ennemis comme vous me l'avez ordonné maître.

_ C'est très bien, Lucius. Garde là jusqu'au dernier moment, il ne faudrait pas l'égarer ou la briser par inadvertance. Queudvert n'est pas la meilleur personne indiquée pour cette tâche. Surtout aujourd'hui. Il semble que le rôle que je lui ai attribué ne le remplisse pas de joie.

_ Si cette vermine faillit, je saurais m'acquitter de sa tâche, affirma Lucius.

_ Je ne pense pas que cela serra nécessaire. Bien que Queudvert soit le sorcier le plus lâche qu'il m'ait été donné de voir, je pense lui avoir suffisamment fait intégrer ce qu'il risquait. Au cas où il voudrait se défiler, j'ai pris soin de lui donner un petit avant goût de l'enfer que deviendrait sa misérable existence. De plus, et tu le sais, tu as infiniment plus de valeur que lui. Je ne suis pas homme à abîmer mes plus belles pièces.

_ Je n'en doute pas maître. La fierté perçait dans sa voix.

_ Enfin, je commence par perdre patience, s'énerva Voldemort. L'approche du rituel le remplissait d'appréhension et d'excitation. Baguette magique pointait vers le plafond du caveau, il prononça une formule : Luna revelare.

Un fin rayon de lumière bleuté partit de la baguette vers le plafond. La pierre laissa alors place au ciel parsemé d'étoiles qui s'étendaient à plusieurs mètres au dessus d'eux. Une sorte de rayon X magique. Mais ce qui intéressait le maître des ténèbres ne concernait pas les étoiles mais la lune. Ce joyau de la voûte céleste brillait d'une luminosité sombre en cette nuit si particulière.

_ Maître, pardonner mon impudence, mais je m'interroge. En quoi cette phase lunaire, cette lune noire, peut-elle influencer votre rituel de résurrection ? Pourquoi cela doit-il se produire aujourd'hui et maintenant ? Lui demanda le sorcier blond toujours agenouillé aux pieds de son trône.

_ Mon cher Lucius, étant donné que nous disposons d'encore plusieurs heures avant que la lune soit pleine, je vais te répondre. La lune noire, comme tu le sais déjà, est une excellente période pour les rituels de bannissement et de purification. Mais, élément beaucoup moins connu, également pour les nouveaux départs. C'est à la fois une mort et une renaissance, la fin d'un cycle et le début d'un nouveau. D'une certaine manière, la lune noire est en lien avec la Mort et la réincarnation. Il n'y a donc pas de meilleur moment pour accomplir le rituel qui me redonnera force et puissance.

Les yeux gris s'étaient levés vers les astres au fil de ses paroles. Une moue dubitative aux lèvres.

_ L'influence de la lune est souvent négligée en magie, on la met souvent dans le même sac que les arts divinatoires, conclu t-il amusé. Et nous savons tout les deux de quels crédits ils jouissent dans la communauté magique.

_ Pardonnez moi, je ne voulais pas remettre en cause la véracité de vos paroles maître.

_ Cela ne me viendrait pas à l'idée. Tu n'es pas le genre de sorcier suffisamment stupide pour contredire les paroles de ton seigneur. Va maintenant. Fais en sorte que Queudvert soit dans les temps et borde le petit lionceau. Il risque de passer une mauvaise nuit.


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Queudvert, une baguette magique à la main, s'affairait autour du chaudron. Les flammes sous l'énorme récipient de pierre crépitèrent davantage. Le liquide qui remplissait le chaudron chauffa très vite. Il se mit à bouillonner en projetant des étincelles enflammées comme s'il avait pris feu. Une épaisse vapeur s'en échappa, estompant les silhouettes de Queudvert qui entretenait les flammes et de Lucius veillant toujours aux grains.

_ Dépêche-toi, ordonna t-il à se maudit rat. Il en avait assez d'attendre.

À présent, toute la surface du liquide projetait des étincelles, comme si elle était incrustée de diamants. Lucius surgit de l'épais nuage de vapeur.

_ C'est prêt, Maître.

Son mangemort se pencha sur lui. Puis, avec délicatesse, il déplia la robe de sorcier beaucoup trop grande qui lui servait davantage de couverture que de vêtement. Avec beaucoup de difficultés, du fait de son extrême faiblesse physique, Voldemort parvient à lever les bras et les passa autour du coup blanc de son serviteur. Le visage de Lucius était impassible, il n'exprimait aucune révulsion tandis qu'il transportait vers le chaudron la chose hideuse qu'il savait pertinemment être devenu.

Voldemort savait avoir trop de fierté pour un jour lui dire ouvertement la gratitude qu'il ressentait. Ce masque d'indifférence qui caractérisait son mangemort, bien que la plupart des gens le trouvent dérangeant, lui avait fait un bien fou. Ainsi, le dégoût qu'inspirait ce corps repoussant pouvait être oublié quelques précieuses minutes.

La chaleur de la vapeur lui colla à la peau. Le liquide bouillant clapotait furieusement au dessous de lui.

_ Maintenant..., dit-il d'une voix froide dépourvu de toute trace de peur.

Lucius le déposa dans le chaudron, faisant attention à lui malgré la température du récipient et de son contenu. Un sifflement lui vrilla les tympans en même tant que le liquide l'engloutissait. Son corps coula entièrement, finissant par heurter le fond du récipient de pierre. Il aurait dû hurler de douleur, au lieu de quoi l'eau bouillante ne lui fit pas plus d'effet que cela. L'eau était très chaude mais pas à un point insupportable.

La voix tremblante de Queudvert s'éleva, lointaine à cause de l'immersion totale. Il perçut la terreur qui l'habitait alors qu'il débitait l'incantation. Rester plus qu'à espérer qu'elle ne lui fasse pas écorcher la formule.

_ Que les ossements donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils !

Une fine volupté de poussière vient tomber dans le chaudron. Le liquide brillant comme le diamant, s'agita et un long sifflement s'en échappa. Des étincelles jaillirent en tous sens et le liquide prit une couleur bleue vif introuvable dans la nature.

Des sanglots brisèrent sa voix tandis qu'il prononçait ses paroles :

_ Que la chair - du serviteur – donnée vo-volontairement – fasse – revivre – son maître.

Un hurlement retentit, suivit du bruit de quelque chose tombant sur le sol. On entendait plus que les halètements angoissés de Queudvert. La main à laquelle il manquait un doigt tomba alors dans le chaudron dans une myriades d'éclaboussures.

Le liquide qu'il contenait changea de nouveau de couleur pour devenir d'un rouge incandescent.

_ Que le s-sang de l'ennemi... pris par la force... ressuscite celui qui le combat.

La fiole de sang fut versée. Le liquide devint aussitôt d'un blanc aveuglant. Le chaudron bouillonna projetant de tous les côtés des étincelles semblables à des diamants si brillant que tout le reste ne semblait qu'ombres et ténèbres. Ce fut le début de l'enfer pour lui.

Sa chair sembla se rendre compte de la chaleur intenable de l'eau qui l'entourait. Elle se mit à le brûler autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Ses os s'étiraient pour reformer le squelette taille adulte qui aurait dû être le sien. Ses organes se déplaçaient, d'autres se reformaient. Il n'était plus qu'un amas de chair mouvante tendant de reprendre forme humaine. Son crâne le picota alors qu'une épaisse masse de cheveux en jaillissait.

Cette réaction continua pendant un long moment.

Puis, les étincelles qui jaillissaient du chaudron s'éteignirent. Un panache de vapeur s'éleva alors de la surface du liquide en formant un épais écran de fumée. Lentement, il se dressa, nu comme au premier jour. La sensation brutale du froid sur sa peau le fit frissonner. Enfin, il était debout.

La vapeur se dissipa juste assez pour laisser apparaître la chevelure blonde platine de Lucius. Voldemort apprécia être de nouveau à sa hauteur, de même que ses yeux gris écarquillaient à sa vue.

_ Alors mon cher Lucius, je te fais de l'effet maintenant ? Ricana t-il avec ravissement.


La suite au prochain chapitre!

Comme je suis en vacances je vais essayer de l'écrire pour Août/Septembre.