Chapitre 2 : Dur

Deux silhouettes marchaient. L'une rapidement, et l'autre difficilement.

Axell essayait tant bien que mal de suivre son aînée, déjà plus petite et affaiblie, elle ne ménageait cependant pas ses efforts et essayait de ne pas se plaindre coûte que coûte. Elle trouvait déjà qu'elle avait eu de la chance en rencontrant Erlin, pas besoin de la contrarier ni tenter le diable...

Heureusement, elles ne marchèrent pas longtemps. Arrivées un peu plus loin du lieu du crime, la brune s'arrêta devant une ruelle sombre, assez étroite, mais pas trop, juste assez pour que deux personnes puissent y entrer côte à côte.

Axell hésita à y entrer. Mais sous son hésitation, Erlin soupira légèrement et prit la main de sa partenaire.

Elles longèrent donc le mur, main dans la main. La plus jeune serrait de toutes ses maigres forces la main de son aînée qui ne faisait au contraire pas beaucoup d'effort pour tenir le contact. Au bout d'un moment, la ruelle laissa place à un petit espace caché, les murs formaient un cercle et au bout de ce cercle, juste devant elles, pas plus loin que trois mètres, se trouvait une petite maison. Elle avait l'air vieille, un peu délabrée mais on voyait qu'il y avait quelques réparations faîtes… maladroitement.

Axell pensa un instant que c'était une maison hantée, mais se reprit vite. Ce n'était pas gentil pour l'autre alors que la plus grande avait tant fait pour elle.

Erlin s'avança et la plus petite suivit, mais sentant qu'elle gênait peut-être très certainement la brune, elle retira sa main et s'avança sans traîner.

La porte s'ouvrit avec un grincement sinistre et la grisée recula un peu, pendant que l'autre, au contraire, s'avança pour aller allumer une bougie. Cet endroit était parfait pour se cacher, mais pour la lumière, c'était à revoir. Axell finit par rentrer à son tour, de manière hésitante néanmoins. Elle attendit que la lumière soit, et la lumière fut.

La chandelier que tenait sa compère était la seule source de lumière et la grisée en profita pour observer son environnement. Il y avait une grande marmite accrochée au milieu de la pièce, en dessous de celle-ci, des cendres y reposaient et la terre était en dessous d'elle. La maison était principalement composée de bois mais autour de la marmite, il n'y avait rien. Dans la zone autour, il y avait quelques bols avec trois cuillères, toujours en bois et au fond de la pièce reposait un lit, enfin un lit… plutôt un tas de foin servant de couchette, mais il y avait tout de même un drap, bien que sale, qui faisait sans doute office de couverture.

Et, pour le plus grand bonheur d'Axell…

Des livres.

Juste à côté du lit, il y avait quelques livres. Des gros. Ils étaient enveloppés d'une couverture en cuir rouge avec des ornements dorés. A leur vue, la petite fille pensa que ces trésors devaient être très précieux et son cœur se réchauffa en se remémorant les rares instants de bonheur qu'elle avait constitués de livres. Les prêtres avaient une grande bibliothèque à la surface et ils la laissaient parfois seule dedans… et elle en avait profité pour lire quantité de livre sur tout : la police militaire, la garnison, le corps enquête…

Les titans.

Le monde extérieur.

La tromperie des hommes. Leur cupidité. Leur voracité. Leur égoïsme.

Axell secoua la tête avec ses yeux devenus mornes pendant un instant. Ce n'était plus la peine de penser à ça. Enfin pas pour le moment.

« -Voici mon humble demeure. Pour la couche, faudra se serrer et couper ta robe. La longueur n'est pas recommander ici » Dit-elle en se rapprochant, s'agenouillant et commençant à couper la tunique avec son couteau.

« -Wow, c'est incroyable. » Admira la plus petite en essayant de ne pas bouger.

« En quoi est-ce incroyable ?

-Tu vis seule et tu es arrivée à trouver des livres ! Et à faire tout ça ! C'est incroyable.

-Les livres étaient à mes parents, je les ai juste récupérés. Et vivre seule n'est pas si compliqué quand on sait survivre.

-C'est aussi penser comme ça qui est incroyable-Tes parents sont morts ?

-… oui.

-Comment as-tu réussi ?

-À quoi ? A m'en sortir ?

-Oui, à survivre. Moi, je n'en serais pas capable... » Déclara avec honte la plus jeune.

« -Je savais déjà me battre à l'époque et le jour où ils ont été tué, j'ai tout simplement été jetée au plus profond du Métro. Ils croyaient que je me ferais tuée au bout de 3 heures, mais ça fait 6 ans que je suis ici.

-Ils ont été tué... est-ce que je dois dire que je suis désolée ?

-Non.

-Tant mieux alors. Parce que moi, j'aimerais mieux que les miens soient morts. Et je sais que ce ne serait pas juste de dire "désolé" alors que je ne le pense pas. Mais je m'excuse de te l'avoir dit.

« -Exactement fillette. Et toi ? C'est quoi ton histoire ? »

La plus jeune sursauta, et hésita pendant un petit moment avant de prendre finalement la parole d'une voix peinée. Peinée mais dure :

« -Eh bien, mes... géniteurs, se sont vites débarrassés de moi. Ils m'ont vendu quand j'avais environs cinq ans à des hommes de la surface. Au début, j'ai pensé qu'ils avaient fait ça pour mon bien, pour que je connaisse le monde d'en haut, mais... j'ai vite appris qu'ils m'ont échangé contre une somme d'argent, qui, apparemment, "ne pouvait pas se refuser" dans le métro. Les hommes qui m'avaient acheté étaient des... scientifiques. Et ils m'ont... » Hésita Axell avec une voix qui commençait à devenir fragile.

« -T'ont transformé en rat de labo ? »

La petite hocha la tête.

« -Bon ! Et comment es-tu arrivée avec ces types ? » Demanda Erlin en voulant changer le sujet « scientifique fous ».

« -… Les scientifiques avaient pour but de faire des recherches sur "l'amélioration de l'espèce humaine", ils m'ont injecté des produits pour tester leurs théories. Ça faisait très mal, j'ai cru que j'allais réellement mourir. J'avais mal à la gorge tellement j'avais crié. Au bout d'un an, j'ai commencé à voir des changements en moi... Force, rapidité, vitesse de guérison, endurance à la douleur… » Elle frissonna en se rappelant.

« -…

-… Tout avait un peu augmentés. Mais je me suis dit que s'ils le voyaient, ils allaient me faire encore plus mal, alors je n'ai rien dit et j'ai tout caché. Un an après, quand ils voyaient qu'aucun de leur produit ne marchaient, ils m'ont donné à cette secte. Ces gens pensaient que je ferais un parfait sacrifice humain, alors ils m'ont attrapé. Mais je me suis défendu et... j'ai fini par tuer accidentellement l'un deux en le plaquant trop fort contre un mur. A ce moment-là, ils se sont dit qu'une enfant de sept ans ne pouvait pas tuer un homme trentenaire, alors ils ont supposé que j'étais un démon. Mais au lieu de me tuer, ils voulaient que je tue moi-même les "hérétiques" qui ne croyaient pas en leur Dieu. Ils voulaient commencer par le métro... alors ils m'ont emmené ici après trois ans d'emprisonnement pour me « dresser ». Seulement, j'ai réussi à échapper à leurs mains, mais ils m'ont rattrapé et après, tu sais la suite.

"-Pourquoi, malgré ta force si j'ai bien compris, tu ne les as pas tués toute seule ?

-Ils étaient beaucoup trop nombreux pour moi. Et... je n'avais pas assez de courage pour les tuer.

-Je te le développerai, moi, ce courage. En attendant... »

Erlin donna un coup de poing dans l'estomac de Axell. Haletant de douleur, cette dernière se plia en deux.

« -Mais… pourquoi ? » Grimaça-t-elle.

« Et tes réflexes.

-Je suis contente que ma résistance à la douleur est augmentée... » Sourit la blessée.

« -Bien, au moins ce sera pratique pour l'entraînement. Tu as faim ? » Demanda Erlin en se détournant.

« -Heu, non merci. Les prêtres m'ont nourri alo... »

Un bruit de protestation très fort se fit entendre.

« -Sale traître. »

Le ventre de la petite était en désaccord avec son cerveau. Rougissante sous le sourire amusée de la brune, celle-ci fouilla un peu avant de tendre quelque chose à manger à son invitée.

« -Je n'ai que des pommes pour l'instant, ça ira ?

-Oui, merci. Et désolé. » S'excusa la grisée en prenant la pomme.

« -Désolée de quoi ? Et arrête de t'excuser.

-Pard... euh, oui. » Acquiesça Axell nerveusement en mordant dans la pomme.

Erlin soupira face au comportement trop fragile de sa compère. Ce n'était pas bon du tout dans le métro. Pas bon du tout. Il allait falloir qu'elle l'endurcisse un peu. Et vite, si Axell voulait survivre.

« -Bien, au moins ça c'est fait. Maintenant, au lit Axell. Demain sera une dure journée. » Ordonna la plus âgée en partant se coucher.

-Oui. »

Hésitante, elle avança de quelques pas. Elrin lui tournait le dos… La plus jeune se coucha alors à même le sol quelques vingtaines de centimètres à côté de sa protectrice. Mais celle-ci l'attrapa par le poignet et la tira d'un coup sec sur la paillasse, rabattant ainsi la couverture sur leurs deux corps.

« -J'ai dit qu'il faudrait se serrer.

-Je… je vous remercie. »

Erlin soupirait une fois de plus.

« -Tutoies-moi. »

Un ordre. Pas une demande.

« -Merci... Erlin, je vo- te suis vraiment très reconnaissante. Au moins, tu le sauras si... l'entraînement me tue demain. » Sourit Axell, augmentant un peu l'atmosphère amical entre les deux.

« -Ça ne te tuera pas. Si tu sais courir »


Effectivement, la plus âgée ne mentait pas quand elle disait qu'Axell avait intérêt à savoir courir si elle voulait pouvoir survivre à l'entraînement.

Elle était actuellement encore en train de courir à plein poumons, tout comme hier. Axell se retint de crier… pour son premier jour d'entraînement, Erlin l'avait envoyé voler leur déjeuné.

Et elle l'avait, seulement…

LE MARCHANT LA POURSUIVAIT AVEC UN COUTEAU DE CHASSE !

« -Je suis sensé faire quoi moi ? Ce serait une mauvaise idée de le ramener à la maison, et je n'arrive pas à le semer ! »

Soudain, elle entendit la voix de sa protectrice venant du toit. Jetant un œil, Erlin lui cria :

« -Fais un détour ! »

Avant de décamper.

« -QUOI !? Attends... ! »

Axell se retint de jurer. Elle regarda en arrière pour voir le marchand fou avant de bifurquer à droite, puis prendre une ruelle à gauche en se cachant derrière un tonneau.

Le marchand passe... et silence.

« -Où t'es sale gamin ?! » Cria l'homme adulte.

Sans répondre évidemment, la petite mit ses mains devant sa bouche pour cacher sa respiration haletante et attendit.

Au bout de dix minutes, elle eut enfin le courage de sortir sa tête de sa cachette pour surveiller les environs. Personne…

« -Bien joué ! »

Axell sursauta et allait lancer un cri quand une main se mit sur sa bouche. Erlin lui souriait et lui tapota l'épaule pour la féliciter de sa première victoire. Même si la plus jeune était contente de ses louanges, elle se retint de se plaindre qu'elle avait bien failli mourir.

Soupirant, la brune enleva sa main et s'exclama en se mettant debout :

« -Maintenant, on rentre bouffer, j'ai faim !

« -Oui. ». Affirma la grisée en suivant l'autre qui partait.


Erlin et Axell étaient arrivées à leur repaire sans aucun accroc et cette dernière en était énormément soulagée.

Elles entrèrent toutes les deux et la plus grande commença à préparer leur déjeuné : des œufs.

Dans la marmite, la brune avait cuit les œufs et les avait ensuite écrasé dans deux bols dont un qu'elle passa à sa compère.

Les deux mangèrent lentement, mais Erlin remarqua alors le regard vague et lointain de la petite. jamais en arrêtant de manger, elle demanda :

« -Qu'y a-t-il Axell ? »

A la mention de son nom, la concernée releva précipitamment la tête en regardant celle qui l'avait appelé.

« -Hum ? Oui ?

-Je t'ai demandé ce qu'il y avait.

-Oh... euh... »

De nouveau, les yeux de la plus jeune avaient cette sorte de brouillard… signe qu'elle réfléchissait intensément.

« -Axell... » Fit la brune avec une voix un peu plus sombre qu'avant.

« -C'est que… Je me disais juste... enfin... Erlin. Puis-je vous poser une question ?

-Quoi ?

-Que pensez-vo... que penses-tu des titans ? »

L'adolescente réfléchit pendant quelques minutes en regardant sa compère… sa question n'était pas très commune, elle ne se l'était jamais vraiment posée.

Son visage transpirait la concentration et, enfin, elle répondit au bout d'une dizaine d'autres minutes d'une voix désinvolte :

« -Titans ? Rien de bien particulier. Ils exterminent la race humaine parce qu'ils aiment la chair humaine sans en avoir vraiment besoin, de ce que je sais. Ils ne viennent que rarement dans le Métro et quand ils le font, c'est parce que ce sont les autorités qui les ont lâchés ici. Donc dans un sens, les titans sont les gentils puisqu'ils exterminent ces vaniteux d'Hommes. Mais ils sont aussi nos ennemis, car ils peuvent nous tuer aussi, nous sommes humaines après tout. » Déclara longuement la brune en crachant la dernière partie tout en continuant de manger après sa longue tirade.

« -Je vois…

-Pourquoi ?

-Puis-je vous poser une autre question ?

-Oui.

-Je voudrais savoir. Aimez-vous... aimez-vous la race humaine ? » Demanda Axell d'une voix lointaine et incertaine.

Elle s'arrêta de manger et releva la tête pour regarder droit dans les yeux Axell, qui elle-même regardait en arrière, attendant et espérant une réponse.

Enfin, elle reprit la parole et elle le fit avec une voix calme, mais sévère et dure. Et il n'y avait aucune hésitation dans sa voix, comme si elle avait attendu toute sa vie qu'on lui pose la question.

« -Non. Ce ne sont que des vauriens près à tout pour un rien. Ils n'ont aucun savoir vivre et ce ne sont que des bêtes. Des chiens. Quoique, même les chiens ont plus de respect à mes yeux que ces... animaux. Ils sont une sous-race d'insecte et j'aimerais les annihiler. Mais je ne pourrais pas le faire, ils sont trop nombreux. Mais aidée des titans, ce serait fort possible.

Elle s'arrêta, la tension dans son corps partant, et elle se remit à manger tranquillement.

« -Enfin, ne prend pas en compte ce que je viens de dire.

-… vous les haïssez parce qu'ils ont tué vos parents ?

-Je les hais depuis plus longtemps que ça. » Déclara Erlin en fermant les yeux, posant sa cuillère.

« -Puis-je... vous demander pourquoi ?

-Je n'ai pas envie d'en parler maintenant, si tu le veux bien. Je vais m'entraîner. Tu me trouveras dans l'espèce de forêt à l'autre bout du Métro si tu me cherches. » Dit-elle en se levant pour partir.

« -... vous me laissez avec des biens aussi précieux que vos livres sans surveillance ?

-Pourquoi me volerais-tu ? Et de toute façon, tu n'as nul part où aller à part ici. De plus, tu n'arriveras pas à te défendre correctement alors que ton entraînement avec moi, pour les bases, n'est même pas terminé.

-Pas faux.

-Bien, maintenant j'y vais. Je m'occupe du dîner. Prépares-toi au silence. » Commanda Erlin en partant de la maison.

« -Hein ? Au silence… ? » Fit Axell en penchant la tête, confuse.


« -Erlin, pourriez-vous me dire ce que nous faisons ici ? »

La voix de la fillette n'avait était qu'un chuchotement à peine audible. Elle et sa compère était actuellement derrière un tonneau, la nuit, accroupis. Il y avait de quoi se poser des questions…

« -Voici ton entraînement. Tu vois le gros lard là-bas ? » Demanda-t-elle en pointant un endroit en face.

-Je dirais qu'on ne peut pas le rater...? » Répondit Axell d'une voix un peu méfiante.

L'homme était en train de regarder autour de lui, assis, les mains jointes et empestant la nervosité. Sans doute à cause de la pénombre et le fait que le métro ne soit pas du tout sûr la nuit. Mais Erlin avait déclaré que ce « gros lard » arrivait à se faire plus d'argent grâce aux petits sous-fifres qui venaient un peu près chaque soir pour lui acheter des armes en secret.

« -Bien. Tu vas devoir lui voler les clés qu'il a à sa hanche, pénétrer dans le bâtiment et en ressortir, avec au moins deux armes blanches. Le tout, sans te faire une seule fois repérer. Si tu n'y arrives pas, je viendrais t'aider, mais dans ce cas, tu ne réussiras jamais cet entraînement. -Ou en tout cas, pas sans risques d'être tuée par ma main-

-... Je ferais je mon mieux.

-Je sais. »

Et Axell se retrouva seule. Inspirant profondément mais en silence, elle commença à réfléchir sur la façon de voler les clés du marchand…

« -Avec la pénombre qui règne, le fait qu'il n'ait pratiquement aucune lumière et ma petite taille, je pourrais lui piquer ses clés. Mais je vais avoir besoin d'une diversion. Sinon, il verra tout de suite que je suis là. »

Le petite chercha sur le sol quelques cailloux et les pris quatre seuls qu'elle trouva. Elle se déplaça ensuite vers l'extrême droite du marchand en se cachant… et pris un de ces cailloux. Le lançant dans une direction aléatoire à l'opposé d'elle.

Il eut effectivement un bruit… le marchand se redressa et observa son environnement attentivement, mais ne bougea pas plus.

« -Quoi ? Pas assez… ? »

Axell réessaya en le jetant dans une autre direction, mais cette fois rata et ne fit qu'un léger frottement auditif.

Puis, elle vit sa victoire.

Une lanterne.

Elle était sans doute inutile, mais pour la petite, ce serait parfait pour faire un assez grand fracas pour distraire suffisamment l'homme. Mais elle n'avait droit qu'à une seule erreur. Prenant l'un des deux derniers cailloux, elle essaya de discerner parfaitement la lanterne en plissant les yeux… visa, et…

Raté.

Jurant intérieurement, Axell ramassa son dernier caillou et pria pour sa chance. Mais cette fois, elle prit au moins cinq bonne minutes à essayer de viser correctement.

Elle le lança et…

Le bruit de la victoire. Le bruit d'un objet en verre qui se brise.

Ce fut assez pour que le marchand ne se lève et la petite se précipita vers lui, là où sont angle mort était le plus important. Se rapprochant le plus rapidement possible tout en essayant de faire le silence le plus absolu, elle réussit triomphalement à lui prendre ses clés tout en faisant attention à ce que ces dernières ne la trahissent pas.

Ensuite, elle recula lentement puis, assez loin pour ne pas attirer l'attention du plus âgé, elle se précipita derrière le stand normal pour rentrer dans la réserve.

Et Axell retint de lancer un cri ébahi en voyant la collection… pistolets, épées, dagues, couteaux, arcs, arbalètes, canons, etc. Pas étonnant que ce marchand réussissait ses affaires mieux que les autres… et la petite se demanda brièvement si tous les marchands étaient aussi comme ça.

Secouant la tête pour chasser ses pensées inutiles, elle commença à observer les différentes armes, mais ne sachant pas exactement quelles étaient telle ou telle, la grisée en pris deux au hasard qui avaient l'air d'être parmi les plus tranchantes et dangereuses tout en restant assez petites et discrètes, pour s'enfuir peu de temps après avoir regarder la pièce pendant une ou deux minutes, afin de graver cet instant précieux dans sa mémoire.

Puis, elle prit la poudre d'escampette tout aussi vite et discrètement que quand elle était arrivée… non sans jeter les clés d'abord tout près du marchand pour qu'il pense les avoir fait tomber. Et il y avait tellement d'armes dans la réserve que la petite fille pensait qu'il ne remarquerait pas la différence.


Erlin était en train d'attendre sa compagne en sculptant un bout de bois. Quand…

« -Erlin ! Erlin ! Je les ais ! J'ai réussi ! »

… une fillette avec des tatouages entra dans la maison en lui exposant fièrement ses trésors et en lui chuchotant avec enthousiasme pour avoir réussi.

« - Alors, que nous as-tu rapporté ? » Demanda la plus grande en relevant la tête.

« -J'ai... ! Euh... hum... » Bégaya la fillette en lui tendant ses trouvailles.

D'un coup d'œil, la brune examina les armes, en pris une et la regarda attentivement.

« -Un beau poignard et un couteau cranté bien aiguisés. Bien joué. » Félicita la plus grande en lui ébouriffant les cheveux.

« -J'avais dit que j'y arriverais !

-Tu n'as jamais dit ça petite, tu as presque chié dans ton froc plutôt.

-QUOI !? C'est pas vrai ! » S'indigna bruyamment la petite.

La plus âgée lui lança un regard noir.

« -Ah... pardon. Mais c'est pas vrai ! » Chuchota bruyamment la jeune petite fille.

« -Si ça l'est. » Répliqua la brune en ricanant tout en rangeant le butin sous une latte du plancher.

« -Non… !

« -Au lit maintenant. »

Mais Axell se retourna et bouda comme la gamine qu'elle était. Souriante, Erlin lui redit d'aller se coucher en le faisant elle-même.

Finalement, les deux étaient dans les bras l'une de l'autre… enfin plutôt Axell était dans les bras d'Erlin en lui tournant le dos, toujours boudeuse.

« -Demain sera une dure journée. Dors. » Dit la plus grande dans la pénombre.

« -Hn. »

Sans pouvoir se retenir, Erlin rit.

Peu de temps après, plus personne n'avait les yeux ouverts.


NDA : Encore un GRAND merci pour l'aide de la part de JuriiGothic ! x3

Merci pour la lecture complète.

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