Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Je savais qu'en reprenant du Disney, j'allais vous tenter et vous plaire x) Merci beaucoup pour ces encourageants petits messages. On s'était arrêtés juste avant le dîner. Le voici donc avec toute la foule d'évènements que cela va entraîner.
Merci Ko' :) La prochaine fois, au lieu de te mettre en guest, tu te co'... x) (et non, pas de titres de chapitres, rin'nafoutre !)
Disclaimer oblige : les personnages ne sont pas de moi, la trame de l'histoire non plus, mais l'originalité, elle est 100% made in Zuzu.
Enjoy ;)
Le tailleur et la fée
chapitre 02
.o.
Nappe de fête, ambiance joyeuse, sourires et plats magnifiques. Voilà ce que voit Elfman en entrant dans la salle à manger. Confus, il se tourne dans tous les sens, n'imaginant pas un seul instant que cette somptueuse cérémonie lui est destinée. Le chandelier saute sur la table et invite l'homme à s'asseoir.
- Allez mon pote, vient bouffer un peu !
- Mais c'est que… euh… je…
- Oh mais fais pas ton timide, personne va t'manger ici !
- Ever pourrait, souffle l'horloge qui vient de grimper à ses côtés.
- Qu'est-ce que tu racontes ? chuchote Luxus.
- Bah… Elle m'a envoyé balader. C'est pas une très bonne idée… tout ça, tu vois ?
Le chandelier regarde la somptueuse table et pousse un long soupir. Voyant la théière arriver sur la desserte roulante, il l'interroge du regard. Impassible, l'objet réplique :
- Tout est prêt. On ne va pas annuler.
- Tant pis pour Ever alors ? demande Bixrow. C'est une mauvaise idée…
- Tant pis, réplique Luxus. On en assumera les conséquences plus tard. À table, Elfman ! Ce soir, tu es notre invité d'honneur !
- Euh… merci !
- Je persiste à dire que c'est une trèèèès mauvaise idée !
- La ferme, Bix ! grogne le chandelier en enfonçant un petit croissant beurré dans la bouche de l'horloge.
La desserte bouscule Elfman qui finit les fesses sur une chaise qui s'anime pour le mettre à table. Les plateaux se présentent devant lui. Alors, le jeune homme oublie un peu la situation dans laquelle il se trouve et se laisse porter par cette douce ambiance.
Alors que le dessert est à peine servi, la porte de la salle à manger s'ouvre avec fracas. La petite horloge se met à chouiner.
- Je le savais bien, moi, que c'était pas une bonne idée cette histoire…
La maîtresse de maison entre à pas lourds et lents, posant son regard voilé sur les objets soudainement immobiles.
- Qu'est-ce que c'est… que ce bazar ?! grogne-t-elle.
Le chandelier pousse l'horloge du coude.
- Je… euh… Je te l'ai dit tout à l'heure, Ever. On a préparé le dîner pour… pour l'invité… Elfman… Je suis venu te voir à ce propos tout à l'heure, tu… tu te souviens ?!
La gargouille tourne la tête vers Elfman et siffle entre ses dents.
- Je me souviens. Mais vous faites trop de bruit, ça me dérange. Alors, hop ! On remballe tout, la fête est finie !
Et elle fait demi-tour en s'éloignant. La petite tasse ébréchée qui commençait à s'amuser vient coller sa petite anse contre le bec de la théière qui soupire en regardant la maîtresse de maison partir. Alors, brusquement, Elfman se lève.
- Vous êtes injuste, madame !
Evergreen stoppe nette sa marche et se retourne lentement vers le jeune homme dont les sourcils sont froncés de colère.
- Je vous demande pardon ?
- Je dis que vous êtes injuste. Ces objets voulaient seulement faire un festin ! Ils vous avaient même conviée. Mais visiblement, vous êtes trop rigide pour vous amuser.
Il lance sa serviette sur la table et s'approche de la porte de la salle. Au moment où il passe devant la jeune femme, il déclare :
- Vous menez tous une existence bien triste…
Et il sort, sans rien ajouter, filant s'enfermer dans sa chambre. Une fois que la porte a claquée, Evergreen entre dans une colère noire et se met à hurler si fort que les vitres se mettent à trembler dans tous le manoir. Le noir tombe, le silence aussi. Effrayant.
...
- T'aurais pas dû énerver la maîtresse, mec, soupire l'armoire. Tu sais, quand elle s'énerve, elle est vraiment pas cool.
- Elle avait emprisonné ma sœur. Je ne lui pardonnerais jamais.
Accoudé à la fenêtre, Elfman tente de percer la nuit du regard. Lorsqu'il en a assez, il se lève et sort de la chambre. Dans un couloir, il croise le chandelier et l'horloge qui se demandent ce qu'il fait là.
- Je m'ennuie. Alors, je vais faire le tour du propriétaire.
- Euh…
Les deux objets échangent un regard.
- C'est pas une bonne idée ! assure Bixrow.
- Pourquoi ? demande Elfman en s'accroupissant.
- Parce que. La nuit, on dort.
- J'ai pas sommeil.
- La nuit, il fait noir, poursuit l'horloge. Donc on ne bouge pas.
- Alors je prends ça !
D'un geste franc, il attrape le chandelier et commence à faire le tour du premier étage.
- Hé grosse brute, lâche-moi !
- Non. Tu es pratique, avec ta lumière.
- Ok, grogne le chandelier. Si tu le prends comme ça…
Luxus inspire profondément et s'éteint soudainement, au beau milieu d'un couloir. Le corridor est plongé dans le noir.
- Merci… Luxus, c'est ça ?
- Ouaip. Alors, maintenant pépère, tu me lâches.
Il se passe une seconde avant qu'Elfman ne se décide à poser le chandelier au sol. Luxus s'épousette en grognant et soupire.
- Voilà, c'est mieux comme ça… Et la prochaine fois, tu écouteras Bixrow bien sagement ! Pigé ?
Il n'obtient que le silence pour toute réponse. Lorsqu'il rallume ses chandelles, Elfman a disparu.
- Et merde… Elfman !
Quelques pièces plus loin, le jeune homme entend son prénom et sourit doucement sans faire demi-tour. Il a déniché le passage menant à l'aile opposée et déambule dans les couloirs à la lumière de la lune. Il est seul dans le silence que la moquette au sol rend opaque autour de lui. Il est très intrigué par cette Evergreen qui semble régner sur ce manoir, alors il la cherche. Il marche longtemps avant d'arriver à un étage complètement dévasté. De gros blocs de roche bloquent l'avancée d'Elfman mais le courageux gaillard enjambe le désastre aisément. Il ouvre une porte, découvre une salle pleine de statues de pierre sans têtes. Il est parcouru d'un frisson mais il poursuit son chemin. Elfman sent bien qu'il a commis une erreur en venant ici mais, sa curiosité le pousse toujours plus en avant.
Soudain, une porte entrouverte attire son attention. Sans un bruit, il entre. Il se retrouve dans une chambre ravagée, les peintures au mur sont déchirées, les tentures pendent lamentablement… Et tout au fond de la pièce, une étrange lumière verte fluorescente attire le regard d'Elfman. Lentement, il s'approche. Posée sur une table, une magnifique statuette de fée trône sous une cloche de verre. En s'approchant, Elfman peut voir le détail de l'objet, sa facture précise, son matériau si précieux et ses magnifiques petites ailes dont la plupart est déjà parti en poussière. Il est tellement fasciné qu'il retire la cloche de verre et approche la main pour caresser la statuette de pierre. C'est alors qu'un hurlement le fait sursauter. Il fait volte face et se retrouve face à la gargouille dont les traits sont tirés par la rage.
- Que fais-tu ici, misérable moucheron ?! Sors de là !
Elle hurle, elle rugit, elle crache. Elle est incontrôlable. Elle est tellement incontrôlable que, d'une main griffue, elle arrache le ruban blanc qui lui cachait les yeux. Elfman a juste le temps d'apercevoir deux orbes aux iris vert irradiant de lumière qu'il est tiré vers le bas.
- Ne la regarde pas dans les yeux, crétin !
C'est le chandelier qui vient de tirer sur sa veste pour lui faire détourner la tête. Au même instant, Elfman entend l'horloge et la théière s'époumoner :
- Calme-toi Ever !
- Ever ! Ever ! S'il te plait ! Reprend toi !
- Que je me reprenne ?! Tu te fous de moi Fried !
- Bouaaaaah ! Elle est totalement en rogne !
Luxus prend la tête d'Elfman et se met à lui crier dessus :
- Nan mais t'es pas bien toi aussi ! Je t'avais demandé de te tenir tranquille !
- Mais Luuuux !
- Oh, Bix ! Toi, la ferme !
Et dans tout ce brouhaha, Elfman se lève, vise la porte et part en courant. Il fuit, il est terrifié. Sans réfléchir, il sort du manoir et s'enfonce dans la nuit. Il court à en perdre haleine, il court à ne plus sentir ses jambes. Et lorsqu'il est épuisé, il s'arrête. Mais il repart aussitôt, cerné par des loups. Il tente de lutter quelques instants contre les carnivores affamés mais finit les fesses par terre. À bout de force, il se dit qu'il va mourir ici. Mais soudainement, les loups se mettent à hurler. Une nouvelle silhouette vient de faire son apparition. Elfman sursaute en reconnaissant Evergreen. Un loup veut se jeter sur elle.
- Attention ! hurle-t-il par réflexe en tendant la main en avant.
Mais le loup en plein saut est soudainement changé en pierre et il se brise en mille morceaux lorsqu'il heurte le sol. Deux autres bêtes finissent dans le même état avant que l'un deux ne réussisse à griffer la jeune femme au niveau de l'épaule. Elle pousse un cri de douleur avant de griffer à son tour. Deux autres loups finissent en statues de pierre et le reste de la meute s'égare en couinant.
Essoufflé, assis à même le sol, Elfman regarde Evergreen, debout et de dos. Il baisse le nez et souffle un faible "merci".
- Tu n'as pas à me remercier. Que cela te serve de leçon.
Elle se détourne. Elfman voit qu'elle a fermé les paupières. Elle souffle par le nez et elle déclare :
- Rentrons à présent.
- Tu es blessée !
- Ce n'est rien ! grogne-t-elle en se mettant en marche. Il fait nuit, rentrons avant que la meute ne revienne !
Sans un mot, Elfman se lève, observant avec intérêt les loups de pierre.
- Tu viens ou tu as vraiment l'intention de passer la nuit dehors, idiot ?
Le jeune homme ne répond rien et suit la maîtresse de maison jusqu'au manoir où Bixrow les accueille en panique. Juché sur la poignée de l'armoire, la théière noue le ruban blanc recousu autour des yeux d'Evergreen alors que Luxus dévisage d'un air désapprobateur le jeune homme qui referme la porte derrière lui.
Elfman se met à soupirer en s'approchant de la maîtresse de maison que la théière, aidé de la petite tasse ébréchée, tente de soigner. Il tend la main et déclare :
- Donne ça… euh… Fff… Fried… c'est ça ?!
- C'est ça, Fried ! approuve la théière. Tu… ?
- Cet homme ne me touche pas ! gronde Evergreen en cachant ses blessures de ses doigts griffus.
Elfman prend dans la tasse le coton imbibé de désinfectant et déclare en posant sa grosse main sur celle de pierre de la jeune femme :
- Si ce n'est pas moi qui le fais, personne ici ne sera en mesure de le faire. Laisse-moi voir, veux-tu ?
- Et on ne se tutoie pas, vil animal !
Elfman fait mine de ne pas entendre et prend délicatement la main de marbre afin de passer le coton imbibé sur l'épaule blessée. Il sent la force dans le bras de la jeune femme faiblir avant de disparaître. Elle se laisse faire mais elle n'a pas encore totalement confiance. Il se met à sourire tendrement en libérant la jeune femme de sa poigne d'homme.
- Belle facture.
- Pardon ?
- Ton bras. Belle facture !
- Que… ?
- J'aime les belles statues, j'en fais moi-même de très beaux modèles. Aussi, je dis que tes bras sont absolument splendides. Et je le pense sincèrement. Est-ce que je peux… regarder de plus près ?
Evergreen dévisage le jeune homme derrière le velours blanc de son ruban. Elfman dépose un pansement sur les égratignures et baisse les yeux.
- Mmh, pardon. C'était déplacé comme question.
- Viens ! intime alors la maîtresse de maison en se levant. Suis-moi !
Et elle lui tend son bras. Elfman le prend doucement contre le sien et suit la jeune femme. La petite horloge tente de cacher une larme derrière la théière qui pousse un soupir alors que le chandelier ne peut s'empêcher de bouder dans son coin. La petite tasse saute derrière l'étrange duo qui se dirige vers les couloirs. Indigné, la théière l'attrape par l'anse.
- Tutututu, où penses-tu aller, petite chose ?
- Ben... J'me promène !
- Non, non, non, jeune fille ! Tu vas retourner en cuisine et laisser la maîtresse tranquille ! Allez, hop ! Bixrow, Luxus ! Vous devriez suivre Ever pour éclairer son chemin et lui rappeler l'heure qu'il est, d'accord ?
Les deux objets ne répondent rien. Bixrow tire Luxus par l'une de ses branches et les deux amis suivent Evergreen et Elfman dans les couloirs. La petite tasse se met à soupirer ostensiblement.
- Quoi donc ? demande la théière en approchant son bec.
- Rien, Fried… T'es pas drôle, c'est pas juste.
- Allons, allons. Il suffit ces caprices. En cuisine ! Je ne le redirai pas une troisième fois.
La petite tasse fait la moue et se dirige vers la cuisine, suivie de près par la théière. Dès que les deux objets passent la porte, deux soucoupes se précipitent à leur rencontre.
- Reby ! Reby ! T'étais où ?! Avec Droy, on t'a cherché paaaartout !
- Oh, Jet. Désolée, je ne vous avais pas prévenu. C'est que… j'ai accompagné Fried. La maîtresse est revenue blessée et Fried avait besoin d'aide pour tenir les pansements !
- Ooooh ! Mais Evergreen va bien ?!
- Oui, oui, Droy. Pas de problèmes. C'était juste une égratignure.
Les deux soucoupes soupirent de soulagement. Puis, Fried déclare qu'il est l'heure d'aller se coucher et Jet et Droy se disputent pour savoir sur lequel d'entre eux Reby va passer la nuit. La petite tasse soupire en suivant discrètement Fried jusqu'à son placard. Soudain, elle se retrouve face à un immense couteau de cuisine parfaitement bien affûté dont l'éclair mauvais dans le fond du regard est particulièrement malsain.
- Salut p'tite tasse ! Qu'est-ce que tu fais encore debout à cette heure ?!
- Euh… Bon… Bonsoir Gajeel… Je… euh…
- Mais dis donc, p'tit tasse ! Elle belle cette petite ébréchure que tu as là… Comment tu as fait ça ?!
- Euh… a-a-a-aaaaccident de vaisselle !
- Dis voir, p'tite tasse… ça te plairait de v'nir dormir avec moi ?!
Reby se met à rougir de toute sa porcelaine. Heureusement, Fried s'interpose entre les deux.
- Bonsoir Gajeel. Merci de te préoccuper de la petite mais, rassure-toi, j'en fais mon affaire. Oh et le tiroir des couverts est juste là-bas, Gajeel. Bonne nuit ! Allez, viens Reby.
Bougon, le couteau regagne le tiroir qui lui est destiné et se couche à côté d'une cuillère à kiwi endormie près d'un couteau à poisson et d'une pince à sucre alors que la petite tasse s'endort contre d'autres petites tasses, sous le regard bienveillant de la théière.
Et pendant que les objets dorment en cuisine, Luxus et Bixrow suivent Evergreen et Elfman à travers le manoir. La jeune femme désigne quelques pièces à son invité : la bibliothèque, la salle de bal poussiéreuse, un espace de spectacle avec petit théâtre de marionnette… Au bout d'un couloir, Evergreen se détache d'Elfman et désigne une porte en souriant doucement.
- Ça, Elfman, c'est une pièce qui va certainement t'enchanter.
Elle pousse la porte et laisse entre le jeune homme.
- Luxus, s'il te plait, souffle la jeune femme en poussant le chandelier du bout du pied.
- Mmmh, quoi ?! bougonne l'interpellé.
La petit horloge lui fiche un coup de coude.
- Psssit ! Lumière !
- Mouais, mouais…
Les lampions grésillent et soudain, la lumière se fait dans la pièce. Et Elfman est émerveillé. Un atelier de sculpture, voilà ce qu'il a sous les yeux. Marteaux, burins, pinceaux de qualités supérieurs ! Tous les ustensiles sont là. Dans un coin de la pièce, Evergreen dévoile, cachée sous un drap de toile, une ébauche de sculpture. Elfman s'approche.
- Qu'est-ce que c'est ? demande-t-il.
La jeune femme soupire.
- Une fée. Je l'ai commencée il y a très longtemps. Bien avant que je ne devienne… un monstre…
Elle lève ses doigts crochus et caresse lentement ce qui se dessine comme la joue du personnage en poussant un long soupir. Elfman a soudainement une idée lumineuse.
- Ever ! s'écrie-t-il.
- Je t'interdis de m'appeler aussi familièrement !
- Désolé… Euh… Evergreen ?!...
- Que veux-tu ?
- Je voudrais que tu t'installes juste… là !
Il désigne de son index un fauteuil en velours rouge laissé là, à l'abandon. Bixrow se précipite pour épousseter le mobilier sans vie et se penche en avant pour inviter la maîtresse des lieux à s'y asseoir. Evergreen s'assied alors qu'Elfman se saisit d'un petit marteau et d'un burin.
- Qu'as-tu… l'intention de faire exactement… Elfman ?
- Bah, terminer ce que tu avais commencé, pardi !
Il détaille le bloc, fait quelques tracés avec la pointe de son burin et conclut :
- Si le résultat te plait, je t'apprendrai à travailler la pierre !
Evergreen ne dit rien. Elfman est trop occupé à son nouvel ouvrage pour bien observer le visage de la jeune femme mais, Bixrow et Luxus le voient bien. Evergreen est enchantée. Discrètement, le chandelier fait signe au pendule de sortir ce qu'il fait à regret. Une fois en dehors de la pièce, ils referment la porte sans bruit et s'éloignent doucement.
Au bout de quelques pas, Bixrow grogne :
- Beuh… Je voulais encore voir cet air béat sur le visage d'Ever…
- Tu verras demain, Bix.
- Mais ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas vue si heureuse !
- C'est vrai. Mais regarde la dégaine du mec, tu changeras vite de façon de voir les choses.
- Lux !
Les deux objets stoppent leur marche. L'horloge soupire.
- Lux. Tu l'as vue comme moi. Ever est complètement différente avec lui.
- Arrête d'espérer, tête de nœud ! Le sortilège est presque rendu à son terme. Il n'y a qu'à voir Ever. Il ne lui reste quasiment plus une seule parcelle de peau comme avant ! La pierre commence même à ronger son visage. Ça se voit dans son cou… Bientôt, les ailes de la statuette s'effriteront complètement et la malédiction restera pour toujours.
- Ne soit pas si négatif, Lux !
- Tu vois une solution Bixrow ?
- Assurément !
L'horloge se met debout sur la rampe d'escalier et s'exclame :
- Nous allons forcer les choses !
Luxus ne répond rien. Il trouve l'idée absurde mais n'a pas de contre-argument. Et puis, il sait déjà que Fried sera d'accord à 200% alors, il se contente de soupirer.
- Tes aiguilles te font tourner la tête, Bix. Va dormir un peu. On avisera demain.
- Je n'ai pas sommeil !
- J'veux pas le savoir, Bix. Dans 5 secondes, j'éteins les lumières. 5… 4…
- Hé ! C'est ma blague ça !
- 3… 2…
- Non Lux, tu peux pas me faire ça !
- 1… 0 ! Extinction des feux !
Le couloir est alors plongé dans le noir complet.
- Luuuuux ! se met à couiner l'horloge.
Le chandelier ne répond pas. Bixrow continue d'avancer à tâtons. Il heurte quelque chose. Ce quelque chose est doux, mou, il sent le chien mouillé, il s'éveille en s'ébrouant et se met à aboyer.
- Rhaaaa, la ferme Natsu ! Dodo, Natsu, dodo ! Vilain toutou !
Mais le marchepied en velours rose préfère uriner sur l'horloge et japper bruyamment en faisant le tour du salon.
- Mais la ferme ! Tu vas finir par réveiller Erza ! grogne Bixrow en se secouant. Beurk ! En plus, maintenant, je pue !
Et ce qui devait arriver, arrive. La balayette, réveillée par les aboiements, se met dans une colère furieuse, se change en balai brosse, attrape le chandelier d'une poigne ferme afin d'éclairer le couloir et frappe le marchepied avec une serpillère avant de brosser l'horloge qui en devient toute déréglée. Puis, tout le monde se couche, sans rien ajouter.
Tout le monde sauf Elfman et Evergreen qui, dans une pièce plus haut dans les étages, s'observent sans bruit autour d'un marteau, d'un burin et d'un bloc de granit…
...
Au petit matin, lorsque les premiers rayons du soleil filtrent derrière les vieux rideaux gris, Elfman se redresse pour observer son œuvre d'art. La fée est terminée. Il lève les yeux et se met à sourire. Dans son fauteuil de velours rouge, son modèle s'est endormi. Elfman s'approche et retire sa veste pour la poser sur la jeune femme. Fronçant les sourcils, le jeune homme se rend compte que désormais, la joue droite d'Evergreen est dévorée par la pierre et que, sur ses omoplates, des petites ailes rocheuses griffent le vieux fauteuil. Elfman soupire en se demandant pourquoi la jeune femme doit subir un tel sort malchanceux. Puis, saisi par la fatigue, il s'installe à même le sol et s'endort sans rien ajouter.
Quelques heures plus tard, Fried entre dans la pièce accompagné d'une desserte à roulette et d'un petit déjeuner complet. Lorsqu'il voit les deux jeunes gens endormis, il ne peut s'empêcher de pousser un gros soupir.
- Oooooh, c'est tellement mignon !
- Fried ! Friiiiiiied !
- Oui, Reby ?
- On les réveille quand même ?
Le temps que la théière réfléchisse, Bixrow arrive en trombe dans la pièce, hurlant :
- Il est 9 heure ! Bonjour, bonjour !
- Bix… Doucement, ils dorment encore, soupire la théière.
- Hop, hop, hop, debout !
- Bix ! Qu'est-ce que je viens de dire, gronde doucement la théière en faisant frémir son eau.
- Le petit dej est là avec la grosse Friedou…
- Bix, ça suffit, là ! Tu deviens vulgaire ! s'énerve la théière en faisant bouillir son thé. Oh non ! Mon dieu ! Le thé va être beaucoup trop chaud pour la maîtresse !
- Tu veux que je souffle dessus ? demande Reby en penchant son anse sur le côté.
Fried ne répond pas. Le silence est total. Evergreen est réveillée, assise sur son fauteuil de velours rouge, les mains posées sur les genoux, un léger sourire peint sur les lèvres.
- Bonjour, les amis !
- Bonjour Evergreen ! s'exclame Reby. Tu as bien dormi ? Bixrow a fait un tas de bruit et Fried a fait bouillir l'eau du thé !
- Chut ! s'exclament les deux objets fautifs.
- Ce n'est rien, soupire la maîtresse de maison. Je peux avoir mon petit déjeuner ?
- Tout de suite, Ever ! déclare Fried.
La desserte s'avance tandis que Bixrow fait le tour de la pièce pour se trouver face à la statue de fée terminée. Il lâche un juron. Fried le gronde gentiment.
- Sans déconner, mec, tu as vu ce travail d'artiste ?
- Non, j'arrive.
Fried sert le thé dans la petite tasse et rejoint son ami. En voyant la statue, il est bouche-bée. S'étonnant de l'absence de réaction de la théière, Evergreen prend la petite Reby par son anse et, soufflant sur le thé brûlant, elle s'avance.
- Arrête de gesticuler, Reby, voyons ! C'est tout à fait indigne d'une jeune fille.
- C'est pas ma faute, Evergreen. Quand tu souffles, ça chatouille !
- Désolée…
Les deux se mettent à rire doucement. Evergreen s'arrête devant la statue. La tasse lâche un :
- Wouah ! C'est magnifique ! T'es trop belle comme ça !
- Mais ce n'est pas moi qui…
- Alors, regarde mieux, Ever, chuchote Bixrow en dénouant le ruban blanc autour de son crâne.
Lorsqu'elle a le regard dévoilé, la jeune femme contemple la statue l'air ébahie.
À première vue, le personnage est une fée. On distingue parfaitement son air angélique et ses deux ailes délicates et immenses dans le dos. La robe semble douce et les pliures ont l'air réelles. Puis, en s'approchant des détails, et principalement les traits du visage Evergreen se rend compte que c'est son portrait. Le même menton droit, le même nez fin, les même lèvres pulpeuses… Même ses yeux sont ressemblants, pourtant, elle ne se souvient pas les avoir montrés à Elfman.
- Incroyable…
Les larmes lui montent aux yeux. Alors, elle secoue la tête et impose à Bixrow de remettre son bandeau. Evergreen termine son thé, pose doucement la tasse sur la desserte et quitte la pièce à l'instant même où Luxus entre. Voyant l'air contrarié de la maîtresse, le chandelier dévisage ses amis et gronde :
- Qu'est-ce que vous avez encore fait ?
- Nous ? demande Bixrow. Mais rien !
- Alors qu'est-ce qu'IL a fait, encore !
- Lui ? demande malicieusement Fried. Viens voir…
Le chandelier s'approche. L'horloge et la théière guettent sa réaction. Luxus ouvre deux grands yeux ronds puis, il pose son regard perçant sur Elfman encore endormi et déclare :
- Vous aviez raison les gars… Il nous faut cet homme là.
- Oui, oui, n'est-ce pas ?!
- Seulement, il faut se dépêcher, souffle Fried.
- Ouais.
Pendant un instant, le silence est total. Reby guette par-dessus le plateau. Luxus saute sur la desserte et s'exclame :
- Allez les gars, du nerf ! Ce soir, on conclut cette histoire et on pousse Elfman dans les bras de notre Ever adorée ! Qu'ils s'embrassent, bon dieu !
- Ouais ! s'exclame Reby en renversant le sucrier.
- On va faire un grand festin ? demande Fried.
- Et un bal ?! Oh ouais un bal c'est cool ça non ?! Allez, Lux, un bal dis, un bal steupléééé !
- On verra Bix mais… j'avoue que ça pourrait être une super chouette idée, ça.
- Ouais ! s'exclament l'horloge et la tasse alors que la desserte sort de la pièce en roulant à toute vitesse.
...
Lorsqu'Elfman se réveille, il est seul dans la pièce. Il part à la recherche des objets du manoir. Étrangement, on lui interdit l'accès à la cuisine mais on le dirige rapidement vers la salle de bain où la baignoire, dénommée Juvia, ne cesse de lui parler de l'armoire en lui frottant le dos à l'aide d'une Erza transformée. Puis, Elfman va faire un tour dans les jardins du château. Il retrouve Evergreen passablement irritée devant une bande de moineaux effrayée par son aspect de pierre. Elfman ne peut s'empêcher de rire.
- Je ne trouve pas ça drôle, stupide homme !
- Désolé mais, si tu n'as rien pour les attirer, ils ne viendront pas. Prends donc des miettes de pain !
Ils font des essais plusieurs fois d'affilée, parfois riant, parfois gênés. Puis, Elfman propose d'aider la jeune femme à sculpter la pierre et ils passent le reste de leur journée enfermés dans l'atelier à manier le marteau et le burin. Et, tout l'après-midi, Bixrow, Fried et Luxus se disputent la vue par le trou de la serrure.
À la nuit tombée, Evergreen convie Elfman à un grand repas suivi d'un petit bal donné en son honneur. Flatté, le jeune homme passe un long moment avec l'horloge et l'armoire afin de choisir la meilleure des tenues, tandis que Luxus dirige l'opération cuisine et que Fried aide Evergreen à s'habiller pour la soirée.
- J'ai peur, Fried.
- De quoi donc, ma belle Ever ?
- Je ne sais pas…
- Alors, n'y pense plus, Ever, et fonce.
Elle sourit alors que son masque de pierre recouvre désormais toute la partie basse de son visage.
...
Et pendant qu'au manoir, une grande fête se prépare, au village d'Elfman, c'est une toute autre fête qui se trame dans l'ombre des ruelles. La vile Jenny et son larbin Bob ont fait appel à Ichiya, un directeur d'asile afin de faire interner Mirajane et ainsi récupérer Elfman qui sera tellement triste qu'il n'aura pas d'autres choix que de venir pleurer contre sa poitrine. Le plan de Jenny est parfait, il n'y a plus qu'à le mettre à exécution. Bob grince des dents, riant à l'avance de la débande qui va avoir lieu.
Seule dans sa maison, Mirajane ne sait rien de ce qui se trame contre elle. Elle ne cesse de penser à son frère qui, loin d'ici, s'apprête à dîner en très charmante compagnie.
NdZ Le baaaal ! Le baaaaaaaaaaaaaal ! Ouais, j'ai tellement hâte, cette scène est splendide et tout et tout !... Mais ça sera pour dimanche. Merci d'avoir lu et on se retrouve ce week-end pour la fin en grande pompe, tartatata !
Et pour les reviews, c'est juste dessous :)
