CHAPITRE 3: L'APPEL DU FAUCON
Mes parents voulaient aussi m'offrir un hibou, pour que je puisse les tenir au courant de tout ce qui m'arrivait... il n'y avait pas le téléphone à Poudlard, et ils tentaient de tout faire pour que je me sente moins seule là-bas, loin de tout ce que j'avais toujours connu. Nous nous dirigions alors vers «Eeylops owl emporium», regardant les hiboux et les chouettes au dehors, lorsqu'un immense oiseau passa au-dessus du Chemin de Traverse. Il avait les ailes tellement grandes que le soleil fût caché pendant quelques instants. Il passa deux fois au-dessus de nos têtes avant de piquer vers le bas. Sans prévenir, mon cœur s'emballa soudain dans ma poitrine, comme si je revoyais un être très cher après une très longue séparation. Il m'était impossible de lire à cet instant ce qui se passait en moi, mais je ne savais pas pourquoi, je décidais de m'avancer vers l'endroit où il allait atterrir, suivant sa progression des yeux. Je fis quelques pas et quand son regard perça le mien, il se stabilisa entre deux courants d'air pour finalement arriver à ma hauteur. Je tendis instinctivement la main et il se posa sur mon poignet, l'entourant de ses serres affûtées, mais en prenant bien garde de ne pas me blesser.
Mes parents n'en revenaient pas et le grand volatile avait grandement effrayé mon pauvre petit Michel qui s'était caché derrière ma mère, son visage était tout blanc et il me regardait d'un air étrange. Mais moi j'avais agit sans même y réfléchir, presque comme si quelqu'un m'avait dit ce que je devais faire. Mes yeux avaient du mal à quitter ce grand oiseau qui me subjuguait, c'était un faucon d'une taille surprenante, un faucon brun doré magnifique, il avait les yeux si brillants qu'on aurait dit deux diamants noirs. Mon père essaya de le chasser mais il restait là à m'observer, et je compris à cet instant qu'il serait lié à moi, c'était une impression très étrange, comme s'il faisait désormais partie de moi.
«Il n'est pas dangereux Papa...» Dis-je en me retournant vers lui.
«Jana... tu as eu de la chance, mais il n'est pas dressé, il pourrait s'en prendre à toi ma chérie !»
Je croisais une nouvelle fois les pupilles sombres de l'oiseau et j'eu le sentiment de pouvoir lire en lui.
«Non, il ne me fera pas de mal, je le lis dans ses yeux... il veut seulement rester avec moi…» Dis-je en caressant le bec de l'animal qui se laissa faire bien volontiers. «Tu vas voir, il est incapable de faire du mal... Michel, viens... n'aie pas peur de lui»
Mon petit frère de presque neuf ans semblait en avoir seulement cinq ou six à cet instant, et il ne bougea pas. Je m'approchais doucement de lui, le faucon restait immobile sur mon poignet, comprenant sans doute que Michel avait peur. Ma mère se plaça entre nous, mais mon père, qui commençait à réaliser que la normalité de ce monde était bien différente du notre, lui fit signe de me laisser approcher. Je m'agenouillais près de mon frère et prit sa main tremblante. Le faucon s'inclina et je posais la main de Michel sur la base de son cou. Il se décida finalement à le caresser.
«Il est doux...» Murmura t'il.
«Tu vois, il ne te fera aucun mal...»
Michel acquiesça avec un sourire et s'approcha de moi avant de poser ses deux mains sur l'oiseau.
«Est-ce qu'il peut se redresser maintenant ?Tu n'auras pas peur? » Demandais-je doucement.
Michel fit non de la tête. Comme s'il avait comprit notre conversation, le faucon se redressa doucement et fondit son regard dans le mien.
C'est ainsi que je finissais par convaincre mes parents de le garder. Mon père alla tout de même demander au propriétaire du magasin s'il ne lui appartenait pas et si j'étais autorisée à emmener un faucon à Poudlard. Le commerçant assura à mon père qu'il n'avait jamais vu cet animal et lui confirma que les oiseaux étaient normalement autorisés à Poudlard, même s'il était plus courant d'amener un hibou. J'eus donc l'autorisation d'emmener Hélios, c'était le nom que j'avais choisi de donner au faucon, avec moi.
Les parents de Remus m'avaient conseillé d'acheter ma baguette magique chez «Ollivander's», le plus célèbre fabricant de baguettes magiques du pays. Mes parents m'accompagnèrent jusqu'à la devanture du magasin, mais mon père resta dehors avec Hélios. Ma mère et Michel me suivirent à l'intérieur. La boutique était sombre et poussiéreuse et l'on comptait d'innombrables boîtes en carton alignées sur des étagères qui montaient jusqu'au plafond. Accoudé sur le comptoir, Monsieur Ollivander semblait nous attendre. Il était très âgé, et il avait un air assez étrange qui me mit mal à l'aise. Il me reconnut immédiatement lorsque je franchis la porte de sa boutique.
«Miss Morgan… J'espérais bientôt avoir la visite d'un membre de votre famille… » Dit-il d'une voix qui déraillait quelque peu, mais sans presque aucun accent.
Je ne pu cacher mon étonnement.
«Comment savez-vous…»
«Vous avez les yeux de votre arrière-grand-mère…et voyez-vous, je me rappelle chaque baguette que je vends, ainsi que leurs propriétaires…Entrez, entrez donc! »
Je souris poliment.
«Votre arrière-grand-mère avait opté pour de l'ébène, 26,8 centimètres, puissante et robuste, excellente pour les sorts! L'achat d'une première baguette est un événement important pour un sorcier… voyons voir…»
Il prit un mètre sur le comptoir et le tendit, avant de faire le tour et de me rejoindre.
«De quelle main tenez-vous votre baguette?»
Je n'en avais pas la moindre idée.
«Je… Je suis droitière…»
«Tendez le bras!»
Il se mit à me mesurer le bras, de l'épaule jusqu'au bout des doigts, puis du poignet jusqu'au coude, puis des épaules jusqu'aux pieds, puis du genou jusqu'à l'aisselle et enfin il prit mon tour de tête. Il devait être assez drôle de le voir se tortiller dans tous les sens pour prendre la mesure la plus précise possible. Il lâcha enfin son mètre et tout en se rendant dans l'une des nombreuses allées d'étagères qui jalonnaient sa boutique, il m'expliqua que c'était la baguette qui choisissait son sorcier, et non l'inverse. J'en essayais une bonne dizaine avant de trouver celle qui me conviendrait: une baguette en bois d'acajou avec de jolis reflets rouges, fabriquée à partir de la corne d'une licorne et qui, selon Monsieur Ollivander, était puissante et souple et serait excellente pour les enchantements. J'étais très gênée car à chaque essai infructueux, j'avais cassé quelque chose dans la boutique, cela avait beaucoup fait rire Michel, mais n'avait pas semblé soucier Monsieur Ollivander outre mesure. J'en déduisis qu'il devait sans doute avoir l'habitude…
Le lendemain, mes parents et mon frère me conduisirent à la gare de King Cross, j'essayais de repérer les familles de sorciers pour savoir comment me rendre sur la voie 93/4. Hélios, qui ne voulait pas quitter mon épaule, m'empêchait d'être aussi discrète que ce que j'aurais voulu, mais les Moldus étaient tellement pressés qu'ils faisaient à peine attention à nous. Au milieu de la foule, j'aperçu soudain trois visages connus. Nous nous dirigions tous les quatre vers Remus et ses parents. Remus eut un réel coup de cœur pour Hélios et je m'empressais de lui raconter comment nous nous étions rencontrés. Mrs et Mr Lupin nous ouvrirent le chemin entre les voies 9 et 10.
Le Poudlard Express était tel que je me l'étais imaginé, on aurait dit un train du début du siècle, mais pourtant il était aussi moderne que tous ceux de King Cross et sa robe rouge brillait sous les rayons du soleil. Des dizaines de familles de sorciers étaient entassés sur le quai. Je vis quelques familles moldues comme moi, et un peu bêtement, cela me rassura. Les élèves étaient pour la plupart déjà montés dans le train et adressaient des signes à leurs familles. Je remarquais un jeune garçon brun à l'air timide et qui avait du mal à quitter sa mère (Et vice-versa). Une famille de sorciers habillés presque entièrement de noir attira mon attention, ils avaient tous les cheveux foncés et de grands yeux bleus, ils ne pouvaient nier leur parenté, mais leur apparente froideur me mit mal à l'aise.
Mes bagages étaient un peu plus longs à charger que ceux de Remus, d'autant plus que mes parents reculaient le plus possible le moment de me dire au revoir et qu'il fut très difficile de décider Hélios, qui ne voulait toujours pas quitter mon épaule, à voyager dans sa cage en compagnie des autres oiseaux. Remus entra donc dans le train avant moi et me demanda si je voulais qu'il m'attende… je lui répondis que je le rejoindrais... J'avais noté une drôle d'expression dans son regard et dans celui de ses parents, comme de l'inquiétude, et même de la crainte, et je m'étais demandé quelle pouvait bien en être la source… L'univers des sorciers me semblait si parfait et si merveilleux que je ne pouvais pas concevoir à cette époque que l'on puisse en avoir peur.
J'étais triste de quitter mes parents et Michel pour de longs mois mais la joie et l'excitation que m'apportait la perspective de ce tout nouveau monde qui m'attendait étaient aussi fortes que ma peine, j'avais vraiment hâte de découvrir Poudlard.
Mes parents m'embrassèrent et je fus la dernière à monter dans le Poudlard Express, j'eus beaucoup de mal à me détacher d'eux et de mon frère, sachant que je ne les reverrais sans doute pas avant Noël. La dame qui s'occupait des chariots de friandises m'indiqua qu'il ne restait plus de place avant le dernier wagon, si bien que je me dirigeais directement vers le fond du train, regrettant de ne pouvoir faire le voyage avec Remus. Je pénétrais dans l'avant dernier compartiment. Une petite rouquine à l'air jovial m'accueillit avec un grand sourire. Je lui demandais si je pouvais m'asseoir dans un anglais un peu maladroit et elle se mit à rire.
«Of course you can sit down little frenchie !»
Un peu gênée, je souris timidement et je pris la place juste en face d'elle. Nous parlions sans arrêt et elle entreprit de me faire apprendre le plus de vocabulaire possible pendant toute la durée de notre voyage vers Poudlard. Elle s'appelait Lily… Lily Evans.
Note de l'auteur par soucis de commodité pour le lecteur (et pour l'auteur qui comme çà n'a plus besoin de traduire), les dialogues seront, à partir de ce chapitre, écrits en français.
