Disclaimer: Harry Potter appartient à JKR.

Merci à Erylis, perrinette, LN-la seule-l'unique, analaura, titemaya, Maelys & Ezilda pour leurs gentils commentaires!

Et en réponse à une question qui a été posée: non, Harry Potter n'apparaîtra pas dans cette mini-fic. A l'origine, elle était censée être offerte en OS d'anniversaire avec un peu de guimauve & Cedric Diggory.


Rien n'avait changé dans sa chambre. Les mêmes posters ornaient les murs, ses livres scolaires étaient soigneusement empilés sur un coin du bureau. Ses parents avaient conservé l'endroit tel qu'il l'avait laissé.

Son futur était assuré. Il lui serait aisé de trouver un emploi digne de lui, sa participation au Tournoi lui ouvrirait toutes les portes …si ses aptitudes n'avaient pas pâti de ses quatre ans de sommeil forcé.

Il lui aurait été facile de se retrancher dans sa maison remplie d'objets familiers, d'attendre quelques mois avant de se confronter à la réalité crue du monde extérieur. Mais Cedric savait que le monde extérieur ne l'avait pas attendu durant son coma, et qu'il ne l'attendrait pas davantage à présent.

Aussi, moins d'une semaine après son retour à la maison, il exprima le désir d'aller se promener sur le Chemin de Traverse.

"Je t'accompagne", proposa sa mère.

"Maman, je suis un grand garçon. J'ai dix-sept…vingt et un ans" se reprit-il. "Je saurai me débrouiller."

"Je serais plus tranquille si tu demandais à quelqu'un de t'accompagner. As-tu pensé à Morag? "

Cedric tiqua :

"Tu connais Morag MacDougal?

-Quelle question ! Ne t'a-t-elle pas rendu visite, à Sainte Mangouste ?

-Si, mais je ne me doutais pas que vous étiez en contact.

-Qui l'a prévenue, d'après toi ? "

Cedric se morigéna. En effet, qui d'autre que ses parents pour prévenir Morag ? Mais comment la connaissaient-ils ?

Devinant ses pensées, sa mère lui expliqua:

"Après ce qui t'est arrivé, nous avons reçu de nombreux messages de soutien. Beaucoup ont été envoyés par des élèves de Poudlard. On nous a dit que tu avais été un garçon courageux, généreux, que tu n'avais pas mérité… "elle étouffa un sanglot, et Cedric la serra dans ses bras.

Quand elle se fut remise, elle continua :

"Puis, je reçus la lettre de Morag. Comme les autres, elle contenait des paroles de réconfort, mais sa lettre retint mon attention.

-Pourquoi ? " demanda Cedric alors qu'elle hésitait à poursuivre.

Sa mère posa sur lui un regard insondable :

"Elle seule me parlait de toi au présent. Pour les autres, tu étais déjà un souvenir. Nous avons continué à correspondre. Tous les mois, elle prenait de tes nouvelles. D'autres parmi tes amis l'ont fait, mais graduellement, ils ont cessé d'écrire.

-Je vois. Mais je ne veux pas la déranger. Elle a sûrement mieux à faire que de s'occuper de moi par charité.

-Cedric ! Elle nous a apporté l'espoir quand nous nous apprêtions à renoncer au rêve de te revoir parmi nous . Elle ne t'a pas oublié, et tu la traites d'égoïste ?

-Ce n'est pas ça du tout, Maman. Je lui suis très reconnaissant, mais je ne comprends pas son dévouement. Je n'abuserai pas de sa gentillesse.

-Tu as toujours accordé ton aide à ceux qui en avaient besoin. Maintenant que les rôles sont inversés, tu refuserais l'aide qu'on est prêt à t'apporter ?

-Maman…

-Il n'y a rien d'humiliant à accepter l'aide qu'elle te proposera, j'en suis certaine. Ne l'offense pas, Cedric."

Il tenta sa dernière cartouche :

"Tu as ses coordonnées, mais elle travaille peut-être."

Sa mère soupira :

"Mon chéri, dans notre correspondance mensuelle de quatre ans, nous n'avons pas parlé que de toi. Elle est étudiante en sortilèges appliqués, et bien que la période des vacances scolaires débute dans une semaine, elle est déjà en pré-vacances et te consacrera son temps libre si tu le lui demandes gentiment."

Cedric s'inclina.


"Le Chemin de traverse n'a pas changé. " constata Cedric, fasciné.

"Une bonne chose pour toi ! Quoique ces pavés soient toujours aussi traîtres" bougonna Morag alors qu'ils se frayaient un chemin en direction des librairies qu'affectionnait Cedric.

"Je voudrais te remercier de tout ce que tu as fait pour mes parents et pour moi. Ma mère a vendu la mèche" ajouta-t-il en guise d'explication comme Morag rougissait :

"Ce n'est rien. Tu n'as pas à me remercier. J'ose espérer que si une telle chose m'était arrivée, quelqu'un en aurait fait autant pour moi. Oh ! Regarde ! Ils ont la nouvelle édition de l'Histoire de Poudlard !

-Serais-tu en train de faire diversion ? " sourit Cedric. "Si ma mémoire est bonne, tes seules passions étaient le Quiditch et les sortilèges, pas l'Histoire !

-Les gens changent" répondit dignement Morag.

"C'est pourquoi tu étudies les sortilèges appliqués" la taquina-t-il.

"Comment.. .? Ah, ta mère te l'a dit.

-Je me rends compte que je ne t'ai jamais interrogée sur ce que toi, tu étais devenue.

-Il n'y a pas grand-chose à en dire.

-S'il te plaît. Je suis sûr qu'il s'agit d'un sujet passionnant.

-Je ne marche pas aux flatteries" sourit-elle. "Un autre jour.

-C'est une phrase que tu affectionnes. Tu remets toujours les choses importantes au lendemain ?

-Je pars du principe que nous avons tout le temps du monde devant nous.

-C'est optimiste.

-C'est surtout faux, mais sans cette devise, comment entretiendrais-je ma patience ?

-Tu es patiente, toi ?

-Plus que tu ne l'imagines, Cedric". Elle examina avec soin la reliure d'un livre poussiéreux :

"Plus que tu ne l'imagines."


La vie reprenait son cours, trop vite pour que lui pût suivre la cadence. D'anciens amis de Poufsouffle vinrent lui rendre visite. En dépit de la camaraderie sincère qui les unissait encore, il se sentit gêné quand ils évoquèrent, non leurs projets d'avenir comme autrefois, mais leur présent.

"Et toi, Ced ? Quels sont tes projets- une fois que tu iras mieux, bien sûr ? " s'enquit Callwader.

"Je vais tenter le concours d'Auror.

-Splendide ! Tu l'auras. Tu as toujours été le meilleur" s'exclama Summerby, chaudement approuvé par les autres.

Plus tard, seul dans sa chambre, il se demanda ce qui lui avait pris de donner cette réponse. Il n'avait jamais su dans quel domaine il se spécialiserait- l'un des inconvénients d'être doué presque partout. Mais quand Callawader l'avait interrogé, il n'y avait eu aucun doute. Protéger la population des Mages Noirs potentiels, ce qu'il n'avait pas pu faire durant la guerre- telle serait sa mission.


"Ça te ressemble bien" soupira Morag, consultée le lendemain sur le sujet.

Ils déambulaient à nouveau le long du Chemin de traverse.

"J'ai les compétences et la motivation. Je veux pouvoir sortir de chez moi et agir, enfin !" s'enflamma Cedric.

"C'est une profession dangereuse, mais tu as vu pire lors de ce Tournoi, j'imagine.

-Qu'en penses-tu ?

-Je pense qu'il serait inutile d'essayer de te retenir.

-Dans deux mois, je passe le concours. Mais j'aimerais- si tu le veux bien- que tu m'aides à m'y préparer. Je ne sais pas ce que valent mes réflexes.

-Je t'aiderais, évidemment. Ne te fais pas trop de souc…ïïe ! ".

Il eut juste le temps d'allonger les bras pour éviter qu'elle ne s'étalât de tout son long. Elle l'avait dit, les pavés étaient traîtres.

"Est-ce que ça va ? "

Elle ne répondit pas tout de suite, plus secouée que la situation ne l'exigeait. Il vit que ses mains tremblaient.

"Oui" dit-elle finalement, légèrement essoufflée. "Tout va bien. Donc, c'est d'accord pour ton entraînement. On commence quand tu veux. Quoiqu'après cette démonstration, tes réflexes semblent en parfait état de marche."

Elle se dégagea doucement des bras qui la tenaient encore emprisonnée. S'en apercevant, il rougit et recula :

"Disons, jeudi matin, chez moi, vers… ? Tu choisis l'heure.

-Jeudi sans faute, neuf heures. Prépare-toi sérieusement, Diggory, je serais la plus cruelle examinatrice fictive à laquelle tu aies jamais eu affaire ! "

Il sourit, d'un sourire qui éclaira son visage tout entier. Sa Morag était de retour.


"Bon sang, Cedric, un peu de pitié pour moi ! à Poudlard, je n'étais pas douée en défense contre les forces du mal ! "

Il refusa de tomber dans le panneau :

"Je sais pertinemment que tu as décroché un Optimal ! Tu ne m'auras pas si facilement ! "

Elle lui adressa un grand sourire :

"Tu commences à comprendre ! "

Leurs baguettes virevoltèrent, mais Cedric maniait la sienne avec une virtuosité supérieure. Heureusement pour elle, Morag était agile et esquivait ses coups avec grâce.

Soudain, dans le feu de l'action, il la projeta contre le mur.

"Morag !"

Elle gisait, inanimée. Il s'empressa auprès d'elle, mais elle rouvrit subitement les yeux et lança un simple "Expelliarmus ! ".

Il aurait dû s'y attendre, mais il ne s'y ferait probablement jamais.

"Ce n'est pas fair-play !

-Nous ne vivons pas dans le même monde. Mais tu as de bons restes," admit-elle en lui décochant l'un de ces sourires fugaces dont elle avait le secret.

Il n'était déjà pas de nature très rancunière, mais cette fois, toute contrariété s'évanouit. Il commençait à s'habituer à ses petits travers.


"Je ne peux pas rester ce soir" annonça-t-elle une semaine plus tard.

Un soir sur deux, ils révisaient la partie théorique du concours. Cedric avait protesté qu'il pouvait le faire seul, mais la Serdaigle avait argué de l'excellence de ses méthodes de travail et il avait fini par accepter cet arrangement. Certes, il était resté en contact avec Callwader, Summerby et ses anciens amis, mais leur tact le minait. L'inactivité lui pesait, et il avait hâte d'avoir à son tour des anecdotes de travail à raconter. Morag pouvait tout entendre sans louvoyer, elle qui le tançait régulièrement au sujet de sa placidité : "Ce n'est pas naturel" disait-elle. "Tu as le droit d'être faible et colérique de temps en temps, Cedric".

Il accueillit la nouvelle avec son flegme habituel :

"Tu as quelque chose de prévu avec Mandy et Megan ? "

Il faisait allusion à ses meilleures amies, une ancienne Serdaigle et une ancienne Poufsouffle dont elle parlait fréquemment.

"Non. Elles sont déjà parties en vacances".

Sa curiosité fut éveillée :

"Serait-ce un rendez-vous galant ? "

Avec Morag, son esprit taquin pouvait frapper sans craindre de peiner ou d'offenser. Mais cette fois, Morag se renfogna:

"Ne dis pas de bêtises, Diggory. "

Elle ne l'appelait par son nom de famille que lorsqu'elle était énervée. Il insista, sans relever le signal d'alerte :

"Il y a quelqu'un, n'est-ce pas ? Avoue! "

Morag s'empourpra à une vitesse alarmante.

"Ça par exemple ! Tu aimes quelqu'un ! " s'exclama Cedric, sous le choc de sa découverte.

"Ferme-la, Diggory ! Je n'ai rendez-vous avec personne !

-Peut-être, mais tu as un faible pour quelqu'un…Je le connais ? Morag… ?"

Des larmes coulaient sur le visage de la jeune femme.

"Morag, ne pleure pas. Je suis désolé. Je ne voulais pas te blesser.

-Je sais que tu n'en avais pas l'intention, mais tu le fais à tous les coups, Diggory ! "

Sa détresse lui fit mal. Il l'attira à lui, sans prendre garde au fait que ses sanglots redoublaient de violence :

"Tu as le droit de montrer tes émotions, Morag. Sh…Sh…" murmura-t-il comme à un enfant.

Quand elle se fût calmée, il lui demanda, animé d'une fibre protectrice qu'il s'ignorait :

"Donne-moi le nom du crétin qui t'a fait pleurer.

-C'est inutile. Il ignore que je l'aime" sourit pitoyablement Morag.

"Ne verse pas de larmes pour lui. Il n'en vaut pas la peine" gronda Cedric.

"Il ne me voit pas" murmura-t-elle douloureusement.

L'air triste et défait de Morag fut insupportable au jeune homme :

"Comment est-ce possible ? Morag, écoute-moi attentivement, et sache que je ne dis pas ça pour être gentil : tu es belle, passionnée, loyale, tu es tout ce qu'un garçon sensé pourrait souhaiter, et même plus. Il faudrait être un parfait abruti pour ne pas le réaliser ! "

Ses yeux gris brillaient d'indignation. Morag le regarda longuement, puis éclata de rire.

"Tu sais qu'en ce moment, je pourrais t'embrasser ! "

Gêné, il se passa la main dans les cheveux. Morag riait toujours. Enfin, elle recouvra son sérieux :

"Ce soir, je dois m'occuper de mon frère, Jeremy.

-Il est revenu hier de Poudlard, non ? Tu vas donc chez tes parents ?

-Non. Jem passera ses vacances avec moi. Je te le présenterai, il meurt d'envie de parler à un Champion." Elle se saisit de Comment se défaire d'un Mage Noir en trente leçons pour couper court à ses questions :

"Avant de passer aux choses sérieuses, je dois dire que je suis étonnée de voir à quel point les esprits brillants peuvent se montrer aussi obtus…mais tu es le plus adorable crétin de ma connaissance. "

Drôle de manière de lui retourner le compliment qu'il lui avait fait, mais Morag était Morag, aussi Cedric ne poussa pas plus loin ses investigations.

Il dormit mal cette nuit-là, une nuit de pleine lune. Il lui semblait que Morag lui cachait quelque chose.


Le lendemain, on sonna à la porte. Il ouvrit, prêt à accueillir Morag.

Mais il était dit que celle qu'il attendait serait toujours en retard.

"Bonjour, Cedric".

Plus lumineuse que jamais, Cho Chang se tenait sur son seuil.


Note de l'auteur:

-des réactions? n'hésitez pas!