Disclaimer : Harry Potter appartient à JKR.

Un grand merci aux revieweuses du chapitre 3 : Lexie, Gen, LN-la seule-l'unique, Maelys, Selena Flowright, willedmina, analaura & titemaya pour leurs sympathiques commentaires !

Ici, réponses aux commentaires des deux revieweuses « anonymes » (car j'ignore où je peux leur répondre ailleurs) :

Lexie : Un cadeau de Noël, je suis flattée par la comparaison ! Pour ne pas être perspicace, il est vrai que je n'ai pas arrangé Cedric dans cette histoire…Là, je n'ai pas trop tardé, non ? merci pour ton commentaire !

Gen : Merci ! j'éprouve la même chose à l'encontre du personnage de Cho Chang, et j'espère également qu'un certain Poufsouffle de notre connaissance va comprendre ce qui saute aux yeux de tous (sauf aux siens…)


Assise sur le canapé du salon, Cho refusa la tasse de thé que Cedric lui proposa.

« Tu m'as manqué », dit-elle.

Cho était encore plus radieuse que dans les précieux moments qu'il avait conservés dans un recoin de sa mémoire, avant d'apprendre ses fiançailles par Callwader. Il sentit sa gorge se nouer à l'aveu de la jeune femme.

« Pourquoi ne m'as-tu pas contactée depuis ton réveil ? »

Il haussa les épaules :

« Je ne voulais pas te perturber. C'était plus sage, étant donné les circonstances. »

A son regard interrogateur, il ajouta :

« Excuse-moi, je ne t'ai pas présenté mes félicitations. On m'a dit, pour tes fiançailles. Qui est l'heureux élu ? »

Cho rougit et jeta un coup d'œil nerveux à ses mains. Cedric nota au passage que celles-ci étaient dépourvues de la moindre bague.

« Il en a été question, avec Roger. Roger Davies- tu te souviens de lui ?

-Oui. C'est un chic type.

-Oui. Je le crois aussi. Il a tout ce qu'il faut pour me rendre heureuse, n'est-ce pas ? Il est beau, intelligent, il m'aime…Mais notre engagement n'est pas irréversible. Je ne suis pas encore Mrs Davies, Cedric. »

Elle l'implorait presque, les yeux luisants de larmes. Cedric lutta contre la tentation.

« Cho, tu n'as pas conscience de ce que tu dis. Roger…

-Il n'est pas toi, et il ne le sera jamais ! Chaque seconde près de toi me rappelle ce que nous avons vécu à Poudlard. Nous avons été heureux, tu ne le nies pas ? »

Revenir en arrière…Les temps insouciants de Poudlard lui tendaient les bras. Mais il se devait de résister.

« Tu as Roger maintenant. Tu as mûri, tu en as aimé d'autres que moi entre-temps…

- Harry, Michael, Roger…J'ai cherché à t'oublier auprès d'eux, à dépasser notre histoire, mais je le sais à présent, c'est impossible !

-Que veux-tu que je fasse, Cho ? Que je t'enlève à ton fiancé, par pur égoïsme ? » demanda Cedric, frustré.

Les yeux noirs de Cho l'envoûtaient doucement. En dépit de lui, il tombait à nouveau sous leur coupe.

« Un seul mot de toi suffira pour que je rompe avec Roger. Nous reprendrons notre histoire où nous l'avons laissée. C'est tellement simple! Un seul mot, et je t'appartiens.

-Cho, ce serait déloyal ! » se débattit Cedric.

Repartir à zéro. La vie lui donnait à nouveau une seconde chance. La refuserait-il, au nom de quelques principes que plus grand monde ne respectait ?

Cho l'hypnotisait, tentatrice telle la coupe du tournoi des trois champions au sortir du labyrinthe. Elle lui offrait la possibilité de renouer avec le monde de ses dix-sept ans, empli d'instants parfaits, d'espoirs et de rêves…

"Déloyal ! Nous ne sommes pas sur un terrain de Quidditch, Cedric ! Qu'est-ce que le fair-play quand mon bonheur est en jeu !

-Ton bonheur ? "demanda lentement Cedric, dégrisé.

Cho était belle et le savait, tant on le lui avait répété. Elle était aimante, mais prête à sacrifier froidement quiconque se mettait en travers de sa route. Si elle aimait, c'était pour être admirée à sa juste valeur en échange.

L'image de Morag, aimant sans conditions, constante dans ses affections et sans espoir d'être payée de retour, mit Cedric mal à l'aise. Un mois auparavant, il n'y aurait pas réfléchi à deux fois. Aujourd'hui, cependant, il considérait Cho avec compassion, mais sans la tendresse qu'il avait éprouvée jadis. Cho appartenait à un passé qu'il devait accepter comme révolu.

"Nous sommes entrés, la porte était ouverte…Oh ! Je … je suis désolée. Viens, Jemmy ".

Morag s'enfuyait déjà du salon, mais il s'excusa auprès de Cho et se lança à la poursuite de la jeune femme. Il la rattrapa sur le seuil.

"Morag ! Bonjour !" ajouta-t-il à l'adresse du garçon âgé d'une dizaine d'années qui l'accompagnait.

Elle avait les traits fatigués, et son petit frère ne valait guère mieux.

"Est-ce que ça va ?

-Tu te répètes, Diggory. C'est de ta santé que tu devrais t'inquiéter, pas de celle des autres.

-Pourquoi es-tu fâchée contre moi ?

-Je ne suis pas fâchée !

-Tu m'as appelé Diggory.

-Oublie ça, et occupe-toi de ta charmante invitée. Elle attend.

-Tant pis !

-Cedric ! " lança sèchement Cho, qui les avait rejoint.

Elle jeta un regard méfiant à Morag :

"Nous devons discuter."

Excédé, il rentra chez lui, Cho sur ses talons, non sans avoir demandé à Morag de l'attendre au préalable :

"Je ne serais pas long ", ce à quoi Cho eut une expression furieuse. Quant à Morag, elle répondit, désabusée :

"J'attendrai. J'ai l'habitude. "

Dix minutes plus tard, Cho sortait en trombe de la maison. Elle s'arrêta devant Morag :

"Je me souviens maintenant. Tu étais une Serdaigle…une petite Serdaigle envieuse ! Et tu voulais me le prendre ! Tu m'enviais !

-Je ne t'enviais pas, toi. Je t'enviais son affection" souffla Morag.

"Je l'ai perdu, mais toi, tu ne l'auras jamais ! Jamais ! " articula vicieusement Cho, avant de sortir de leur vie.


« Cedric ? »

Morag pénétra dans le salon, hésitante.

Cedric fixait la tâche sombre qui s'élargissait sur le tapis- le contenu d'une tasse de thé que quelqu'un de mécontent avait jetée à terre.

« Morag. Où est ton frère ? tu devais me le présenter. » sourit distraitement Cedric.

Elle s'assit à ses côtés.

« Je l'ai envoyé s'acheter une glace chez Fortescue. J'ai pensé qu'il aurait d'autres occasions de te rencontrer sous ton meilleur jour. »

La délicatesse de Morag le toucha :

« J'aurais pu le recevoir quand même, tu sais.

-Cedric, tu n'étais pas le seul concerné dans l'affaire. Il eut été regrettable que Jeremy rencontre son idole, ancien Champion de Poudlard et futur Auror d'élite, transformé en fontaine après une déception sentimentale. Des mythes ont été cassés pour moins que ça, tu sais ! »

Elle lui arracha un sourire, puis elle sortit sa baguette:

« Tu permets ? récurvite ! »

La tâche de thé disparut.

« Tu vois, ton tapis est comme neuf. Prêt à absorber le contenu d'autres tasses de thé envoyées dans ta direction par des petites amies irritées.

-C'était mon premier amour », murmura Cedric.

Morag cessa ses plaisanteries.

« Si tu as rompu avec elle, c'est que tu ne l'aimais plus ? » interrogea-t-elle à voix basse.

« Oui et non. Quelque part, je l'aimerais toujours. Mais elle a vécu d'autres choses en quatre ans, elle s'est fiancée… »

Compatissante, Morag serra sa main.

« Et puis, même si je ne lui en tiens pas rigueur, tu avais raison, Morag. Si les rôles avaient été inversés, je l'aurais attendue un peu plus longtemps. » admit Cedric.

Il soupira, puis gaiement :

« C'est une étape que nous devons franchir pour mûrir, j'imagine. Renoncer à notre premier amour lorsque celui-ci devient un rêve impossible à poursuivre.

-Comme c'est joliment tourné! » rit Morag.

« Je suis sérieux », insista Cedric. «Renoncer à poursuivre ce qui ne nous apportera que des souffrances est une décision sage. Une décision d'adulte. Morag, tu vas dire que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais ce conseil est valable pour toi aussi.

-Diggory… » gronda aussitôt la jeune femme.

« Je te propose une alliance : tu renonces à cet amour qui te rend malheureuse pendant que je renonce à Cho. Nous nous entraidons mutuellement, et…

-Diggory, tu me feras le plaisir de ne pas comparer mon amour à ta relation avec Cho Chang. » siffla Morag, joues enflammées.

« Tu le disais toi-même tout à l'heure, si je peux avoir d'autres petites amies, pourquoi ne pourrais-tu pas en aimer un autre, plus digne de toi, et…

-Au revoir, Diggory ! »

Morag transplana. Elle était têtue. Hélas pour elle, Cedric pouvait l'être également.


« Tu es bien songeur » lui dit sa mère au cours du dîner. « Est-ce l'approche de ton concours qui te met dans cet état ?

-Bien sûr que non, il le réussira haut la main ! » clama son père avec confiance.

Cedric sourit poliment, toujours gêné par les effusions paternelles.

« Je songeais à Morag.

-Un très agréable sujet auquel songer, bien plus agréable que ton concours » plaisanta son père, sous le « Amos ! » réprobateur de son épouse.

« Elle a besoin d'aide.

-Oh, est-ce que Jeremy lui cause des problèmes ? »

Cedric ne comprit pas l'intervention de sa mère.

« Non, il ne s'agit pas de son frère. Pourquoi...?

-Des histoires de famille. Tu sais que Morag s'occupe de son frère en lieu et place de ses parents, mais j'ignore pour quelle raison. Ce n'est rien, continue, chéri. Dans quel domaine a-t-elle besoin de ton aide ?»

Se promettant d'éclaircir cette affaire plus tard, Cedric poursuivit, un peu embarrassé :

« Disons que je me propose de lui apporter mon aide sur le plan sentimental.

-C'est une belle façon de le formuler » s'écria son père, gentiment goguenard.

« De quelle manière ? » s'enquit sa mère, l'air vaguement inquiet.

« J'ai appris que Morag souffrait d'un amour non partagé. Elle refuse de m'en parler, mais je suis convaincu qu'elle en est malheureuse. Je vais donc lui trouver un gentil garçon à lui présenter le moment propice ! »

Fier de sa brillante idée, il attendit la réaction de ses parents, qui le déçut quelque peu.

Son père le fixa bizarrement ; sa mère soupira et le conseilla de « laisser cette pauvre Morag tranquille ».

Il n'en tint pas compte. Lui, Cedric Diggory, se promit de faire le bonheur de Morag MacDougal. Avec ou sans son accord.


Cedric observait avec attention le jeune Jeremy MacDougal. Agé d'une dizaine d'années, le garçon n'avait rien d'un fauteur de troubles. Sa surexcitation était compréhensible sachant qu'ils se trouvaient dans un bâtiment bondé d'Aurors, que le frère de Morag recherchait avidement du regard, bondissant sur place à la vue du légendaire Maugrey Fol-Œil, ou de l'efficace Kingsley Shacklebot.

Morag l'avait accompagné comme soutien moral, car aujourd'hui était le jour fatidique de ses examens. Ce serait également la dernière fois qu'il la verrait avant plusieurs mois, puisque la jeune femme avait suivi (partiellement) ses conseils en s'inscrivant en année d'échange à l'Institut magique de Dresden.

Un éclat de rire interrompit le cours de ses pensées. Morag discutait avec un de ses camarades de cours, un étudiant en sortilège qui avait lui aussi accompagné un ami à son concours.

« Terry, mon pauvre ami, tu ne verrais pas un Hippogriffe dans un corridor ! ».

Les pièces du puzzle commencèrent à s'assembler dans le cerveau en ébullition de Cedric.

Terry Boot était lui aussi un ancien Serdaigle. Morag le connaissait depuis longtemps. Suffisamment pour en être éprise ?

Les mots de Morag lui revinrent à l'esprit :

« Il ne me voit pas… »

Le reproche qu'elle venait de faire à Boot ne relevait-il pas du même acabit ?

Les yeux gris de Cedric s'étrécirent. Comment Boot osait-il être aussi obtus ?

Il se chargerait de lui ouvrir les yeux, foi de Cedric Diggory !


Une semaine avait passé depuis son concours. Morag était partie en Allemagne, et lui s'occupait actuellement du cas Terry Boot. Lequel regardait déconcerté l'ami de son amie qui l'avait abordé d'un air un peu trop solennel pour le rassurer.

« Boot, je veux te parler de Morag.

-Elle n'est pas là », répondit bêtement Terry.

« Il s'agit d'un sujet délicat, dont je ne peux pas parler devant elle.

-Ah ! » fut le commentaire de Terry. Le Serdaigle le reconnaissait lui-même, il ne faisait pas honneur à sa réputation d'intelligence aiguisée, mais il défiait quiconque de savoir que répondre à un Cedric Diggory aussi revêche que Severus Rogue.

D'ordinaire, l'expression de Diggory était plus qu'engageante, mais un Cedric Diggory revêche, croyez-en Terry, n'était pas un Cedric Diggory avec lequel on pouvait plaisanter.

« Tu connais Morag depuis longtemps ?

-Oui », hésita le Serdaigle.

« Vous êtes bons amis ?

-Je le crois », sourit-il.

« Très bons amis ? » insista habilement Cedric.

Malheureusement pour lui, Terry Boot était prompt à identifier les nuances et les insinuations quand il en voyait se profiler à l'horizon. Il comprit avec stupeur où Cedric Diggory voulait en venir.

« Tu crois que Morag et moi, nous sommes plus que des amis ? » s'écria-t-il, choqué.

Cedric fut contrarié. Avait-il manqué de subtilité ? Et s'il avait dévoilé le secret de Morag sans que Boot ne puisse lui retourner son affection ?

« Tu te trompes sur toute la ligne, Diggory !

-Mais Morag… » commença Cedric avant de s'interrompre, incertain quant à la marche à suivre face à un Terry Boot aussi catégorique.

Diggory était peut-être intelligent, mais sa perspicacité laissait à désirer sur certains points. Terry décida de donner un petit coup de pouce au destin et à Morag :

« Morag a un gros faible pour un garçon qui était au concours d'entrée des Aurors et dont le prénom commence par C ».

Il attendit l'illumination. Mais Cedric plissait le front, concentré à l'extrême.

Terry prit peur. Et si Diggory n'éprouvait strictement rien pour Morag, que lui, Terry, avait vendu la mèche, et que Morag s'en aperçoive ?

Il déglutit péniblement. Imaginer l'ire de Morag dirigée contre son humble personne était par trop perturbant. Il lui fallait un plan de secours, vite !

« Il s'agit de Warrington. Cornelius Warrington

-Warrington? » répéta Cedric. « Warrington… »

Il se souvint d'un joueur de Serpentard au sourire de conquérant et au charme de mauvais garçon. Se pouvait-il que sa petite Morag, qu'il considérait comme une sœur, fût tombée amoureuse d'un personnage aussi peu recommandable ?

Terry retint un soupir de soulagement en voyant sa ruse fonctionner. La chance lui sourit à nouveau, alors qu'il désignait à Cedric un jeune homme aux cheveux noirs et à la démarche assurée qui traversait le campus :

« Tiens, c'est lui. Il étudie encore ici, le temps d'être admis au concours. Il a été le tuteur de Morag en métamorphose.»

Les yeux gris de Cedric considérèrent Warrington avec un calme dont Terry ne fut pas dupe.

Peut-être avait-il vraiment aidé Morag, finalement.

Le plus à plaindre dans l'histoire était sans doute l'infortuné Cornelius Warrington. Mais comme Terry ne l'appréciait guère, il n'éprouva aucun remords.


Note de l'auteur:

-vos réactions m'intéressent, n'hésitez pas à commenter!

-le prochain (et ultime) chapitre sera partiellement épistolaire, et pourrait s'intituler "Cedric Diggory détective de choc" si je n'avais pas déjà un autre titre en réserve...