Disclaimer : Harry Potter appartient à JKR.
Un très, très grand merci aux revieweuses du chapitre 4: Plumiere, perrinette, titemaya, willedmina, Selena Flowright, analaura, Erylis, Lexie, caro, LN-la seule- l'unique, pour leurs adorables commentaires !
Réponses aux reviews anonymes:
caro: la perspicacité n'est pas son fort, heureusement que d'autres le sont pour lui (et je suis certaine que son nez est très joli)
Lexie: 10 heures! je compatis, c'est inhumain.
Et je suis d'accord, un crétin peut être charmant, mais à la longue, ça finit par lasser :)
La révélation de Terry Boot avait drôlement secoué Cedric.
Cornelius Warrington.
A présent, le mystérieux inconnu dont il avait soupçonné la présence dans le cœur de Morag avait un nom et un visage. La curiosité de Cedric aurait dû en être satisfaite.
Cedric lui-même aurait dû être satisfait.
Eh bien, pas vraiment.
Pour tout dire, sa découverte ne l'enchantait guère, voire même pas du tout.
Cornelius Warrington. Le nom lui était familier…Warrington…C. Warrington…
Non ? Le Cornelius Warrington, membre de l'équipe des Serpentards ?
Cedric se souvenait de lui. Il savait bien qu'il y avait une raison à son antipathie pour l'objet de l'affection de Morag.
Il l'avait affronté sur le terrain, il l'avait vu en pleine action. Il savait de quoi C. Warrington était capable, et cela n'augurait rien de bon pour Morag.
Ce gars trichait au Quidditch.
Cedric se devait de surveiller l'affaire de près. Il en allait du bonheur de Morag.
Vraiment, c'était une bonne chose que la jeune femme fût en Allemagne.
D'autant plus que C. Warrington avait été admis dans le corps des Aurors.
Et assigné à Cedric comme coéquipier.
Cher Cedric,
Félicitations ! Je savais que tu obtiendrais ton concours ! Avec des notes historiques, mais cela aussi était prévisible.
Mon semestre se déroule très bien. Tu as eu raison de me pousser à m'inscrire à ce programme d'échange avec l'institut magique de Dresden. C'est une ville fabuleuse, et les cours sont très intéressants. Je t'en ai envoyé quelques-uns- dûment traduits de l'allemand, rassure-toi !-, je pense qu'ils pourraient t'intéresser.
Salue tes parents pour moi, veux-tu ? Et dis à ta mère qu'elle gâte trop Jeremy. Dans sa dernière lettre, il m'a appris qu'elle lui avait à nouveau envoyé un gâteau fait maison, le troisième en deux semaines. Il l'a dévoré, mais bien qu'elle le trouve malingre, je doute que mon frère soit menacé de malnutrition à Poudlard. MacGonagall veille sur la santé de ses élèves.
D'un autre côté, je sais que ses lettres lui font chaud au cœur. Je t'ai déjà expliqué que Jeremy et moi, nous sommes un peu brouillés avec mes parents. Mais tu me connais, je me devais de protester, pour la forme.
En tout cas, bon début chez les Aurors- et pas d'imprudence !
Bisous (pas la peine de rougir, Monsieur Modestie Incarnée !)
Morag
Cedric n'était pas hostile, il était sur ses gardes.
Franchement, ça le dépassait que Warrington soit devenu la coqueluche de leurs collègues. Bon, pour être honnête, il partageait cet honneur avec Cedric (avoir participé au Tournoi des Trois Sorciers, ça commandait le respect).
Mais là où la modestie de Cedric forçait la sympathie, l'aisance naturelle de Warrington (agrémentée d'une bonne dose de talent, Cedric devait le reconnaître) charmait tout le monde.
Sauf son coéquipier.
Cedric ne comprenait pas comment des Aurors sensés pouvaient se laisser éblouir par les rodomontades de Warrington.
Etait-il le seul à voir son petit air suffisant, sa nonchalance étudiée pour susciter l'admiration alors qu'il exécutait des sortilèges complexes d'un oisif mouvement de baguette ?
Apparemment, oui.
Cedric croyait aux secondes chances. Il était tout prêt à accepter que Warrington ait changé depuis ses années peu glorieuses à Poudlard. En bref, Cedric se targuait de traiter le cas Warrington avec impartialité.
Mais il y avait ce petit air suffisant…
(et puis, il avait triché au Quidditch.)
Chère Morag
Mes collègues sont très sympathiques. J'ai la chance de bénéficier des conseils avisés d'Aurors expérimentés. Quoiqu'il en soit, je m'y plais énormément. J'ai le sentiment d'être utile à quelqu'un.
J'ai jeté un coup d'œil aux cours que tu m'as envoyé. Incroyable, cette théorie du Professeur Fledermauser sur la transmutation des minéraux et des végétaux ! Il faudra que nous en parlions à ton retour.
Je sais que ce séjour va te faire le plus grand bien. Rien de tel que les études et la vie à l'étranger pour se changer les idées et oublier ses peines de cœur !
Maman t'embrasse, et refuse catégoriquement de cesser de nourrir ton petit frère. Elle dit que j'étais bien content, à Poudlard, de recevoir ses moelleux au chocolat pour me changer des sempiternels puddings à la crème anglaise…Et je l'approuve entièrement.
Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais ta "brouille" avec tes parents me semble sérieuse. Est-ce normal que ton petit frère passe toutes ses vacances avec toi, et non chez tes parents ? J'ai questionné ma mère, qui m'a confié qu'elle n'en savait pas plus que moi, mis à part le fait que tes parents te confient l'argent nécessaire pour t'occuper de Jeremy. La situation n'en demeure pas moins insolite. Je connais tes tendances à jouer les mères poule- et tu le fais remarquablement bien-, mais ce n'est pas à toi que cette responsabilité revient.
Morag, si Jeremy et toi avez des problèmes, laissez-nous vous aider.
Pour les vacances de Noël, je sais que tu veux rentrer pour t'occuper de ton frère. Ne le fais pas à contrecœur. Si tu répugnes à laisser Jeremy seul à Poudlard pendant les fêtes, sache que mes parents et moi serions ravis de l'accueillir… et toi avec, si tu tiens à rentrer.
Sincèrement, (et sans omettre les bises de rigueur)
Monsieur Modestie (qui a le sens de l'humour)
« Salut, Geoffrey ! » lança Cedric à son vieil ami Callwader.
Il salua poliment les deux jeunes filles qui l'accompagnaient ; l'une était la petite amie de Callwader, l'autre une amie de la petite amie. Sans doute célibataire, grimaça Cedric. Callwader ne saisissait pas que Cedric avait en horreur les coups montés.
La jeune femme était jolie, mais inintéressante au possible. Cedric approuvait tout ce qu'elle disait sans trop se compromettre, d'un « hum, hum » neutre ou d'un signe de tête.
Il lui prenait des envies de meurtres envers Callwader.
Quel ne fut pas son ravissement quand son interlocutrice s'arrêta au beau milieu d'une phrase afin de contempler à son aise un nouveau client, qu'elle qualifia, dans un gloussement chuchoté à son amie, de « beau gosse ».
En se retournant, il perdit sa gaieté en constatant qu'il s'agissait de son coéquipier.
Irrité, il se demanda ce que Morag…ce que la gent féminine pouvait bien lui trouver.
Cher Cedric,
Pour répondre point par point à ta dernière missive :
Je suis heureuse que tout se passe bien pour toi. Je n'ai aucun doute sur ta félicité actuelle, sachant que te rendre utile à ton prochain est ta plus chère ambition.
J'ai hâte de discuter avec toi de la théorie de la transmutation, quoique ma préférence aille aux sorts des duellistes…
Sans surprise, tu as le don d'émettre des pensées d'un ridicule achevé sans t'en rendre compte…Peut-être est-ce ce qui fait tout leur sel ?
Tu aimes les moelleux au chocolat ? Un point commun avec Jemmy. Personnellement, mon grand favori demeure le cake aux mandarines.
Tes parents et toi êtes très gentils, et je vous remercie du fond du cœur pour votre offre. Mais les hasards du calendrier font que je dois de toue façon revenir en Angleterre pour Noël, et ce sans aucun regret, Cedric. Jeremy et moi, nous ne pourrons malheureusement pas passer les journées du 26, 27 et 28 chez vous, mais si votre offre tient toujours pour le 29 et le 30 décembre, nous serions ravis de venir. J'amènerai des mandarines. Il est inconcevable que tu arrives à la fin de l'année sans avoir goûté à mon cake !
Amitiés,
Morag
Cedric sourit à la lecture de la lettre de Morag. Elle lui manquait, réalisa-t-il avec un pincement au cœur.
« Morag ? Pas Morag MacDougal, quand même ? » lança une voix derrière lui.
Cedric replia la missive, mais il était trop tard : Cornelius Warrington avait eu le temps d'apercevoir la signature de Morag.
« C'est une amie, » répondit-il brièvement.
Mais Warrington n'en resta pas là :
« Tu vas rire, mais j'ai été son tuteur en métamorphose.
-Vraiment ? Le monde est petit », commenta froidement Cedric.
Insensible aux ondes polaires émises par son coéquipier, Warrington poursuivit son interrogatoire :
« Vous êtes en contact, alors ? Elle t'a parlé de moi ? ».
Une vague de panique déferla sur Cedric :
« Pourquoi, elle aurait dû ? » répliqua-t-il aussi nonchalamment qu'il s'en sentait capable.
Il eut l'impression qu'il ne s'en était pas trop mal tiré.
Les yeux perspicaces de Warrington s'étrécirent. Ce n'était pas tous les jours que Monsieur Perfection (ainsi qu'il surnommait l'irréprochable Poufsouffle en son for intérieur) ressemblait à un lièvre effarouché.
«Il fut un temps où nous étions très proches.
-Prouve-le ! » jeta impulsivement Cedric.
Warrington réagit au quart de tour :
« Elle aime le chocolat, son livre préféré est Mansfield Park, et quand elle est en colère, ses yeux sont bleus comme un ciel d'orage ! ».
Il regarda Cedric droit dans les yeux, le défiant de le contredire. S'il avait osé, il aurait ajouté un « Na ! » à la suite de sa réponse.
Cedric déglutit péniblement. Le Warrington était coriace.
Pire, il avait passé son test. Ce qu'il avait dit de Morag était vrai.
L'honnêteté le contraignit à avouer :
« Elle a fait allusion à toi. »
Et rien de plus, à part un « mais qu'est-ce qu'elle te trouve ? » marmonné dans sa barbe inexistante.
Il n'avait pas prévu le fait que Cornelius avait l'ouïe fine.
Cedric dînait avec ses parents quand la chose arriva.
Ecarlate, bouillonnante…et lâchée devant lui par le hibou de Morag
Jamais, ô grand jamais, elle ne lui avait envoyé de Beuglante auparavant.
Voilà pourquoi, trop sonné pour l'ouvrir, il sursauta quand la voix de la jeune fille retentit dans la salle à manger des Diggory :
« CEDRIC DIGGORY, AURAIS-TU, PAR LE PLUS GRAND DES HASARDS, ENCOURAGE CORNELIUS ? COMMENT EXPLIQUES-TU SA LETTRE D'AMOUR A MON INTENTION, DANS LAQUELLE IL ECRIT NOIR SUR BLANC QUE TU LUI AS CONFIE QUE JE LE REGARDAIS D'UN ŒIL FAVORABLE ? QU'EST-CE QUI T'A PRIS, NOM D'UN TROLL SINUSITE, ALORS QUE J'AI PASSE DES MOIS A REPOUSSER SES AVANCES, ET QUE JE L'AI LAISSE QUASIMENT CONVAINCU QUE NOUS ETIONS MIEUX AMIS AVANT DE PARTIR POUR DRESDEN ?
CEDRIC DIGGORY, JE NE TE DEMANDE PAS DE CESSER D'ETRE OBTUS, PUISQUE CETTE TACHE EST IMPOSSIBLE, MAIS AU MOINS FICHE MOI LA PAIX, BARBARE ! ».
Ahuri, il vit la lettre se dissoudre dans un nuage de fumée. Son père le regardait avec un mélange de commisération et d'exaspération, et sa mère…
Gloups. Sa mère n'avait pas l'air contente du tout.
« Cedric », finit-elle par dire, « tu sais que je t'aime et que tu es mon fils chéri, mais tu es également le sorcier le plus stupide de toute l'Angleterre ».
Chère Morag,
Euh, la Beuglante, quoique méritée, était inutile, mais je t'ai comprise. Je ne me mêlerai plus de ta vie sentimentale, mais je continue à m'interroger sur l'identité de…Je me tais, c'est promis !
Certains passages de tes lettres demeurent obscurs, après maintes et maintes relectures, mais j'y travaille. Un jour, je te comprendrai entièrement.
Je serais enchanté de goûter à ton fameux cake, mais je crois que j'attendrai encore un peu. Morag, lis attentivement ce qui suit : tu vas rester à Dresden, et profiter de ton semestre. Nous nous reverrons au printemps. Quant à Jeremy, nous l'accueillerons durant toute la période des fêtes. Je saurai m'occuper de lui. T'ai-je dit que j'étais très doué en Potions à Poudlard ? J'ai un Optimal, niveau BUSES pour le prouver, mais sans me vanter, j'ai largement le niveau ASPIC. La potion Tue-Loup ne me posera pas de problèmes, j'ai déjà commencé à la préparer. Elle sera fin prête pour le 26 décembre.
Il est inutile de discuter. Jeremy a donné son accord, mes parents ont juré le secret, bref, tout le monde a conspiré contre toi en catimini. Je n'ai pas joué fair-play ce coup-là, l'effet de ta mauvaise influence ?
Amitiés,
Cedric
PS : Comment ai-je deviné ? Le calendrier m'a indiqué que les phases de la pleine lune correspondaient aux dates mentionnées dans ta lettre. Je peux être un Poufsouffle obtus, mais je suis aussi un Auror perspicace.
Cher Cedric,
Oublions la Beuglante, d'accord ? C'est la trêve.
Merci, à toi et à tes parents, de votre compréhension. Merci d'avoir traité Jeremy sans peur ni dégoût. J'aurais aimé que mes parents…ils n'ont pas réagi ainsi deux ans auparavant, après l'attaque de la horde de Fenrir Greyback. Jeremy était le seul survivant.
Je me dis souvent que j'ai eu de la chance. Deux des personnes auxquelles je tiens le plus au monde ont réchappé d'incidents mortels. Oui, il a été mordu ; oui, tu as passé quatre années dans le coma. Mais aujourd'hui, vous êtes tous deux vivants. Je ne vous ai pas perdus. Je ne m'excuserai jamais de cet égoïsme- là.
Pour ce Noël, j'ai beaucoup de raisons d'être reconnaissante. Et je le suis, tout simplement.
Je t'embrasse très fort. Joyeux Noël.
Morag
Chère Morag,
C'était tout naturel, n'en parlons plus. Ton frère est un garçon extraordinaire. Il n'a l'air de rien, comme ça, mais il a beaucoup de toi.
Avant que tu ne te poses la question, c'est bel et bien un compliment.
Il a enchanté mon père en le bombardant de questions sur les diverses créatures magiques qui peuplent nos forêts et nos mers, et a ravi ma mère en faisant honneur à sa cuisine.
(Je suis le seul à trouver à y redire, car il a dévoré jusqu'à la dernière miette de moelleux au chocolat, mais un régime ne me fera pas de mal).
Joyeux Noël à toi, Morag. J'ai aussi des raisons d'être reconnaissant. D'abord parce que, comme tu l'as écrit, je suis vivant. Ensuite, parce que tu es entrée dans ma vie et que tu y es restée.
Amitiés,
Cedric
Cedric se sentait un peu gêné. D'ordinaire, Warrington blaguait, fanfaronnait, bref, se rendait insupportable, mais ces derniers jours, il avait été pensif. Parfois, il fixait Cedric d'un regard trop intense pour lui être agréable.
Cedric ravala sa fierté et fit le premier pas :
« Hem ! Warrington…
-Diggory.
-Je te dois des excuses. Il semblerait que je t'ai, hem ! induit en erreur. Cela ne réparera pas le tort que je t'ai fait, mais je te prie de le croire, c'était involontaire. »
Warrington ne répondit pas. Il continuait à fixer Cedric.
« Tu n'as vraiment aucune idée ? » dit-il tout à trac.
« Hein ? » répliqua Cedric.
Warrington ferma les yeux, inspira, expira :
« Je n'arrive pas à croire ce que je vais faire, mais…Diggory, tu étais attrapeur à Poudlard ? ».
Cedric hocha la tête. Il ne voyait pas très bien où Warrington voulait en venir.
« Moi, j'étais batteur. A ce poste, je devais faire attention aux Cognards. Les Cognards sont difficiles à rater, non ? Ce sont de grosses balles noires… »
Cedric crut bon d'intervenir pour faire remarquer, un peu froissé, qu'il savait ce que c'était qu'un Cognard.
« Ah bon ? « répliqua Warrington. « Pourtant, si ma mémoire est bonne, ce sont les Attrapeurs qui se font le plus amocher par les Cognards. Et tu sais pourquoi, Diggory ? Parce que les Attrapeurs sont tellement plongés dans leur petit monde, à la poursuite du Vif d'Or qu'eux seuls veulent attraper, qu'ils ne voient pas les Cognards que les autres joueurs voient arriver à dix kilomètres. »
Devant la perplexité de Cedric, Cornelius soupira.
« Médite ça, Diggory. Et bonne année. »
Il s'éloigna, maugréant. Cedric crut entendre quelque chose qui ressemblait vaguement à «qu'est-ce qu'elle peut bien trouver à cet abruti ? », mais bien sûr, cela aurait pu être le vent.
Cher Cedric,
Ceci est une confession. Dans deux heures, arrivera la nouvelle année, avec son cortège de bonnes résolutions. Moi, je n'en ai qu'une. Te dire la vérité, advienne que pourra !
Ce soir, je me sens audacieuse. La tête me tourne un peu- je ne suis pas bien habituée au champagne-, et je saisis l'occasion de mon ivresse pour t'écrire ces mots que je ne pourrais pas prononcer si tu te tenais devant moi.
Bizarre, cette sensation. Mon crâne pèse lourd et pourtant, mes idées sont claires. Je dois les rattraper avant qu'elles ne s'envolent, légères, hors de ma portée, en compagnie de ce courage qui n'est, hélas, que momentané.
Je t'ai menti lors de notre première rencontre. Sur un point bénin. C'est comme ça qu'on arrive aux gros mensonges : on commence par en dissimuler des petits, puis on en nourrit des gros, qui vous torturent au fil des ans…
Les joueurs de Serdaigle, dont je faisais partie, qui voulaient que leur séance d'entraînement soit déplacée, tu t'en souviens ? Eh bien, ils ne m'avaient pas dépêchée pour te parler. Ils n'avaient pas eu à le faire. Je m'étais proposée. Pourquoi ? Déjà, parce que tu ne me faisais pas peur (enfin, pas trop. Tu étais le populaire capitaine des Poufsouffles, le brillant sixième année, et moi, j'étais une poursuiveuse de troisième année à laquelle personne ne prêtait attention). Ensuite, parce que je ne croyais pas à la rumeur selon laquelle tu étais fair-play, et gentil, et abordable. Tout ça me paraissait beaucoup pour une seule personne.
Et tu m'as achevée. Tu as été adorable, comme toujours. Pour tout dire, tu m'as effrayée.
Rétrospectivement, je suppose que j'avais été un peu amoureuse de toi- une amourette de gamine. Comment expliquer mon agacement au spectacle de Cho et toi flirtant durant nos matchs ?
Mais après notre rencontre, cette amourette avait disparu. Je n'étais plus un peu amoureuse de toi- je menaçais de le devenir complètement !
Or, je n'existais pas à tes yeux. Comment rivaliser avec Cho Chang, devant laquelle fondaient tous les garçons de Poudlard ? Comment espérer que tu prennes au sérieux mes sentiments, les sentiments d'une fillette de treize ans ?
J'ai essayé de t'oublier. Au cours de la troisième année, je suis sortie avec Michael Corner. Nous n'avons pas tenu une semaine. Je ne l'aimais pas. Je compris alors qu'il serait cruel de ma part de réitérer l'expérience avec quelqu'un pour lequel je n'éprouverais pas un vrai quelque chose. Jouer avec les sentiments des autres ? Ce n'était pas "fair-play". J'ai eu des prétendants, mais accepter leurs avances ressemblait par trop à un compromis. Et en dépit de mon inexpérience, j'en savais assez pour savoir qu'en amour, on ne fait pas de compromis.
J'ai souffert tout au long de la quatrième année. J'ai eu peur pour toi, peur à n'en pas fermer l'œil de la nuit. Puis, un soir, au bord du lac, je compris que tu allais déclarer ton amour à Cho, qu'elle accepterait, parce que tu étais toi, et que moi, je disparaîtrais à nouveau dans ton esprit. Peut-être me voyais-tu comme une amie, mais je ne pesais pas lourd face à tes admirateurs, face à elle. Ce soir-là, bien que je me doutais depuis longtemps de ce qui allait se passer, je sentis mon cœur se briser. C'est un cliché que de dire cela, mais je te jure que je sentis nettement quelque chose dans ma poitrine qui se déchirait lentement, en mille petits morceaux. Je riais très fort, ce soir-là, n'est-ce pas ? Dans l'obscurité, tu ne vis pas mes joues baignées de larmes.
Le soir du bal me confirma dans mes craintes. Tu ne me vis pas. Comment aurais-tu pu, quand tu ne parvenais pas à détacher tes yeux d'elle ? Vous formiez un couple parfait, et moi…Parfaite, j'étais loin de l'être.
J'hésitais à venir te voir avant la dernière épreuve. Je faillis laisser passer ce moment, mais la peur me tenaillait. Je devais te revoir, t'avertir…
Durant ces quatre années, je n'ai pas pu non plus t'oublier. Je ne le voulais pas. La vie continuait : j'avais mon frère, mes études…Pourtant, je refusais de renoncer à toi, même si je fus peinée lorsqu'à ton réveil, tu me fis comprendre que je n'étais pas celle que tu attendais.
Tu me demandas un jour : "Pourquoi ? " Pourquoi te rendais-je visite ?
Je n'avais aucune illusion. Tu reverrais Cho un jour, et je disparaîtrai à nouveau. Je serais toujours ton amie, avec un peu de chance. Alors, pourquoi ?
J'ai lu ces mots un jour : "Le monde me semblait plus beau parce que vous y étiez, et la bonté devenait chose plus réelle parce que vous existiez. " Mets cette phrase au présent, tu auras ta réponse.
Plusieurs fois, j'ai été sur le point de craquer. Je t'ai parlé de toi, tu n'as pas su comprendre ce qui était pourtant tellement transparent. Tout est fini avec Cho, mais je sais que tu seras toujours hors de ma portée. Un jour viendra, une autre fille, belle et presque parfaite, m'éclipsera à nouveau.
J'ai le champagne triste, on dirait. Mais il fallait que je te l'écrive. Juste une fois, pour ne pas avoir de regrets.
Je t'aime. J'attends un déclic qui ne viendra pas, un jour qui ne poindra pas. Je t'attendrai cependant, parce que l'amour est illogique, parce que je suis encore jeune et que je suis fermement convaincue que nous avons tout le temps du monde.
Je t'attendrai…
Avec tout mon amour
Morag
La jeune femme posa la plume et se prit la tête entre les mains. Puis elle s'empara de la missive et la déchira en mille morceaux.
Alors que minuit sonnait, un hibou familier déposa une lettre devant elle. En dépit de la brièveté du message, Morag le relut vingt, trente fois au cours de la matinée.
Chère Morag,
Je crois que j'ai fini par comprendre. J'ai été aveugle. Pardonne-moi. Tu n'auras plus à m'attendre très longtemps. Ceci est ma bonne résolution de l'année.
Avec toute ma contrition et toute mon affection
Cedric
PS : Je t'aime. Reviens-nous vite. Je t'attends.
Fin?
Note de l'auteur:
-commentaires? je les attends avec impatience!(et désolée pour le retard...)
-vous allez rire, mais je me suis attachée à Warrington...j'ai bien envie de faire un spin-off sur lui...
