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-1C'est doux…

Kaoru se demande vaguement ce que c'est. Les draps sont en satin ? Pourtant il n'en n'a aucun souvenir…

Et il a chaud, et il se sent…différent.

Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire…

Quelque chose bouge. Gémit tout près de lui, tout près de sa tête.

Il entrouvre les yeux dans la lumière matinale qui se diffuse dans la chambre malgré les rideaux épais. Et il voit une ombre qui lui cache le soleil. Son petit soleil personnel.

Et l'espace d'un instant, tout lui revient en mémoire. Leur dispute à propos d'Haruhi, de leur trop grande ressemblance, du fait qu'ils leur faillent chacun chercher leur indépendance.

Puis finalement, il avait éclaté en sanglot, alors qu'il était si résolu à lui dire ce qu'il avait sur le cœur depuis si longtemps, qu'il rêvait de le voir voler de ses propres ailes, pour son bonheur; qu'il ne voulait pas le gêner dans son apprentissage de la vie.

Mais Hikaru l'avait compris sans qu'il le lui dise; il l'avait pris dans ses bras, et il l'avait serré fort…ils s'étaient embrassés, puis, de fils en aiguille, ils en étaient venus à se caresser doucement sous leur chemise, puis celles-ci s'étaient envolées, ce qui n'était encore jamais arrivé jusque là, et…la suite avait été très agréable, avec cette saveur que seules peuvent avoir les étreintes interdites.

A présent, alors qu'il est blotti dans les bras de son jumeau toujours dans les bras de Morphée lui, il essaye de se souvenir pourquoi il avait douté. Entre Haruhi et lui, il n'y avait pas de choix possible. Mais pour Hikaru c'était différent. C'était du moins ce qu'il croyait…

Cependant, tandis qu'il s'allongeait lentement sur le lit, tremblant, appréhendant un peu le moment à venir, ce dernier lui avait dit :

- Je t'aime Kaoru. Tu es mon jumeau, et personne ne pourra changer ça…

Évidemment. C'était tellement évident. Tellement évident qu'il ne l'avait même pas vu.

Tout à ses pensées, il ne remarqua pas les yeux d'or d'Hikaru posés sur lui. Néanmoins, il sentit soudainement ses mains caresser le creux de ses reins; un frémissement parcouru sa peau nue pendant que son aîné l'embrassait dans le cou. Et Kaoru en vînt presque à penser que la dépendance à Hikaru ne pouvait pas faire de mal. Pourtant il savait qu'ils allaient devoir changer pour exister en tant qu'êtres distincts; mais jamais se séparer.

- Tu restes avec moi , chuchota-t-il en posant une main sur l'épaule d'Hikaru et y déposer un baiser.

- Toujours, répondit son frère, les yeux brillants.

«Je veux bien m'ouvrir au monde, si c'est à tes côtés.», pensa Kaoru «C'est tout l'avantage d'être jumeaux. Nous ne sommes jamais seuls…»

Et avec un soupir, il s'abandonna dans les bras du garçon qu'il aimait.

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