Aujourd'hui, c'est le 14 février. La Saint Valentin. Seule, encore. Une journée spéciale pour certains, une journée banale pour d'autres, une malédiction pour les gens comme moi.
Ce matin, mon réveil est un peu plus lourd que d'habitude, ma douche est un peu trop froide, mon thé un peu trop chaud. Une journée qui commence bien ! Après plus d'un quart d'heure de recherche, je finis pas retrouver mes clés - dans ma main - et je sors de l'appart'. Au milieu des 120 marches des 5 étages que j'ai a descendre, je jette un coup d'œil à ma montre. 10h53. Le cours de M. MARCO est déjà fini, et M. TRAN a déjà dû dicté au moins 3 pages.
Foutu réveil.
Je décide donc de ne pas me diriger vers la fac. Je prends la rue en donnant le dos à la bouche de métro qui me crie mon méfait. Je lui laisse les remords et continue mon chemin.
Je marche au hasard des rues et je retrouve assez vite le quartier latin. Le Jardin du Luxembourg me tente bien, mais je l'ignore. Je continue en flânant dans les rues. Je m'arrête un instant - pas trop longtemps - sur le pont de Saint Michel.
Aujourd'hui, il a plus de couples qui se promènent. Evidemment, c'est la Saint Valentin. J'apparais donc comme marginale, moi mes yeux perdus dans la Seine. Surement que je dois faire pitié à certains - à ceux qui ne sont pas trop concentrés sur leur bonheur. En fait non, je ne dois pas faire pitié. Pffiou... je vais rester là un petit moment. Juste le temps de reprendre mon souffle. Juste un petit bout. Et, encore une fois, je sors ma carte. I want to see Draco Malfoy. Une fois. Non, mais arrête ma chérie, c'est n'importe quoi ! ... I want to see Draco Malfoy. Et de deux ! Décidément... je déraille ! I want to see Draco Malfoy. J'ai fermé les yeux ! Non, sérieux, tellement j'ai la trouille de ce qui va se passer, j'ai fermé les yeux ! Allez. Courage. Un œil. Puis les deux. Rien. Il ne s'est rien passé.
J'avance encore, Châtelet et ses fleuristes m'appelle. J'aime le Marché aux Fleurs. C'est plein de bruits, plein d'odeurs. Y'a du soleil et beaucoup d'ombres, des étalages hauts en couleurs et des commerçants aux visages fatigués, des gens se promènent en prenant leur temps, un peu comme moi, et des gens qui se pressent, comme cet homme, là. D'après son discours, le monsieur veut un bouquet énorme qui coute super cher, pour impressionner sa nouvelle femme. Mais attention, il faut qu'il soit assez beau pour accompagner le superbe coupé-cabriolet qu'il exprès pour l'occasion. C'est la Saint Valentin, après tout !
La Saint Valentin, c'est moche.
Plus loin, un autre homme. Il inspecte chaque rose. On dirait qu'il y cherche une perle! Avec beaucoup moins de volubilité et beaucoup plus d'humilité, il demande combien coute la rose qu'il a dans la main - il a fini par la trouver, sa perle. Elle est superbe. Le commerçant lui répond. Il fouille dans ses poches à la recherche de la somme et annonce, avec un sourire nostalgique, que le petit bijou qu'il sert contre son cœur, c'est son cadeau de la Saint Valentin pour sa défunte femme. Elle aimait tellement les roses.
Finalement, la Saint Valentin, c'est pas si moche que ça.

En fait. Il s'est passé quelque chose, mais je ne l'ai pas vu. Lui, son trench-coat en cachemire, et ses yeux. Ils étaient là. Quelque part. Et si je n'avais pas été aussi perdue dans mes pensées, je l'aurai remarqué. Mais non. Je n'ai rien vu.

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Alors, alors ??

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Ça ne vous coûte qu'un tout petit 'click' ! ^^

Have a nice day !