Disclaimer : Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !
Couple : Harry/Draco.
Rating : M (avec le le temps...).
Kikou tout le monde ! Voici un nouveau chapitre, après tout ce temps !
C'est un chapitre écrit par Didi et corrigé par Jojo.
Bonne lecture !
Chapitre 7
Harry sortit de son cours de maths. Bon Dieu qu'il détestait les maths. Ils venaient de commencer à étudier les probabilités et Harry ne voyait absolument pas l'intérêt d'un tel cours. Franchement, que McGonagall leur dise qu'ils avaient une chance sur deux de gagner le match, ça ne le menait pas loin.
Harry était tout aussi excité à l'idée de jouer ce fameux match et de chanter à l'audition. Tout ce temps passé avec Draco lors des répétitions lui mettait du baume au cœur. Certes, il adorait le basket, mais chanter lui permettait de s'évader et de faire un peu l'idiot. Hermione gloussait quand il attrapait un bâton de tambour pour mimer le micro, lui tournant autour tout en gesticulant de façon exagérée. Dans ces moments-là, il avait l'impression qu'elle mettait encore plus de passion dans ses notes.
D'ailleurs, cette audition lui avait permis de se faire une nouvelle amie, alors qu'il n'aurait jamais osé s'adresser à la jeune fille. Ou, plutôt, il n'en aurait jamais vu l'intérêt, alors qu'il s'avérait qu'elle était vraiment quelqu'un d'intéressante, malgré son petit air de Miss Je-sais-tout. Justement, elle portait très bien cet air-là, car elle savait tout…
Harry vit Draco devant lui. Il était sorti sans lui adresser un regard et le brun en fut peiné. Tous deux ne se parlaient plus vraiment devant les autres, à cause des regards scrutateurs de l'équipe de basket, et tandis que le jeune homme se dirigeait vers la cour, il comprit tout de suite pourquoi le blond avait évité son regard : Ron, derrière lui, l'appela, pour une énième confrontation. Le brun fonça dans la bibliothèque, en espérant que son meilleur ami ne le suive pas, mais le rouquin était prêt à affronter ce lieu maudit pour raisonner son meilleur ami.
Faisant mine de regarder les bouquins, Harry tenta de semer Ron dans les rangées de livres, mais le rouquin, son ballon sous le bras, le suivit. Et lui sortit le même discours que d'habitude.
« Mais quel sortilège t'ont-ils lancé ?! Tu es un basketteur, pas un chanteur ! Qu'est-ce qui t'a pris de te lancer là-dedans ?
- Marre de chanter sous la douche avec seulement mon canard en plastique comme spectateur ?
- Soit sérieux deux minutes, tu veux ?
- Ecoute, j'ai fait un choix, point barre.
- Non, c'est pas fini ! »
Ron lui attrapa l'épaule pour qu'il se tourne vers lui, mais alors qu'il allait continuer à l'assommer avec son discours inutile, la bibliothécaire vint leur demander de parler moins fort. Ah oui, dans la bibliothèque, on avait juste le droit de chuchoter… Harry se dégagea alors et poursuivit ses étranges recherches parmi les rayonnages, en l'écoutant vaguement rouspéter.
« Harry, je suis ton meilleur ami ! Protesta le rouquin. On fait du basket depuis qu'on sait marcher ! T'es un basketteur, pas un chanteur à la noix. »
Il lui tendit son ballon mais Harry le repoussa et continua sa route.
« T'as déjà vu Gilderoy Lockart sur une boite de céréales ?
- C'est qui, celui-là ?
- Justement ! Il a écrit je ne sais combien de bouquins stupides et il est devenu chanteur d'opéra. Et ma mère, elle admire ce gars, elle a vu toutes ses comédies au moins vingt fois !
- Elle aime l'opéra ? S'étonna Harry.
- Mais j'en sais rien, moi ! Ce que je sais, c'est qu'elle a mis sa photo dans le frigo. Pas sur, hein, avec toutes les photos de Ginny et de mes frangins. Nan, dans le frigo ! Quand tu veux manger un yaourt, tu vois sa gueule de crétin ! Bref, si tu deviens basketteur, tu auras ta tête sur les boites de céréales, et si tu deviens chanteur, tu iras dans le frigo de ma mère ! Avec les pots de yaourts 0% et le fromage qui pue.
- Attends, pourquoi elle met sa photo dans le frigo ?
- Elle dit que ça l'aide à faire son régime, mais bon, j'ai jamais cherché à comprendre. C'est de la psychologie féminine, et les filles, c'est chiant. Bref, c'est pas le sujet.
- Mr Weasley, un peu de calme ! Exigea la bibliothécaire.
- Okay M'dame… »
Ils s'éloignèrent dans un coin de la bibliothèque, et Ron avait l'impression que Harry n'écoutait pas du tout ce qu'il lui racontait. Non mais quelle tête de mule, quand même…
« Ecoute, mon pote : comment tu veux qu'on soit concentré sur un match alors que toi, tu ne penses qu'à te trémousser sur une scène pour chanter ? Je t'imagine avec un justaucorps en paillettes…
- On n'a jamais parlé de justaucorps en paillettes !
- Mais ça va venir, tu verras ! En plus, tu as vu le rôle ? Un rôle avec des gays ! Bon, tu vas pas lui rouler une pelle, mais je trouve ça ridicule, pas toi ? »
Ron essayait de lui faire comprendre qu'Harry était leur capitaine et que c'était important pour eux qu'il soit concentré sur ce match. Cette rencontre signifiait beaucoup de choses pour eux, ils n'avaient jamais réussi à être qualifiés à cause de cette équipe des Hotducks. Et il fallait que Harry soit là, il était le meneur de jeu, les autres comptaient sur lui.
Mais Harry ne disait rien. Car il ne savait pas quoi dire. Oui, il était le capitaine, mais mince, l'équipe pouvait avancer sans lui ! Il pouvait s'absenter un peu, vivre un peu en dehors du basket… Mais non. L'équipe se reposait sur lui, comptait sur lui. Il était leur idole. Toute la pression qu'ils ressentaient pesait sur les épaules d'Harry, qui désirait plus que tout s'évader de toute cette attention sur lui par la musique.
Ce n'était pas vraiment la musique qui l'attirait. Ce n'était pas vraiment elle qui le détendait. C'était le regard de Draco, son visage, son sourire, et l'idée même de chanter avec lui offrait une sensation de soulagement. Mais comment expliquer cela à Ron ? Comment lui expliquer qu'il faisait ça pour être avec ce nouvel élève qu'il connaissait à peine ? Comment lui dire… que ce gars lui plaisait ?
Ron s'en alla, déçu, son ballon sous le bras. Harry poussa un long soupir, ne sachant que faire. Comme allier chant et sport ?
OoO
« Bon, à tout à l'heure ! »
Draco, son sac sur l'épaule, salua Blaise et s'en alla. Le black poussa un soupir déçu et se leva pour terminer le rangement. Le blond devait répéter avec Granger et il lui avait demandé si Blaise pouvait ranger à sa place, il le ferait la prochaine fois. Le jeune homme n'avait pu refuser : Draco semblait tenir à cette audition.
Même s'il ne lui cachait rien, Blaise ne pouvait s'empêcher de désapprouver le choix de Draco. C'était un matheux, ce gars-là, alors pourquoi s'intéressait-il au chant ? Pourquoi défiait-il les sœurs Patil, au lieu de s'intéresser à ce qu'il savait vraiment faire ? À savoir des calculs tous plus compliqués les uns que les autres. Blaise aurait préféré que Draco se concentre plus sur le Décathlon scientifique, qui était pour lui plus passionnant, mais il se voyait mal le dire à Draco. Mine de rien, Blaise s'entendait très bien avec, et cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas aussi bien senti avec quelqu'un.
Tandis qu'il nettoyait ses tubes, une armada de Wilddogs en tenue orange fluo entra dans le laboratoire, sous le regard halluciné des quelques élèves encore présents. Blaise sentit son cœur battre un peu plus vite quand il vit Ron se diriger vers lui, mais il fit l'indifférent. Comme toujours.
« Salut, Blaise. On peut parler deux minutes ? »
S'il avait été naïf et mièvre, Blaise aurait cru que Ron avait quelque chose de « spécial » à lui demander. Sauf qu'il pouvait bien mettre ses idées romantiques de côté : le rouquin n'était intéressé que par son ballon et son futur match. Et qui disait « match » disait « Harry Potter ». Ce dernier était devenu aussi incontrôlable, peut-être même plus, que Draco. D'ailleurs, c'était étrange que tous deux concourent ensemble pour des rôles pareils alors qu'ils se connaissaient si peu…
Près de la porte, les sœurs Patil regardaient la scène avec suspension, sentant le coup venir. C'était bizarre que les joueurs de l'équipe et un matheux discutent ensemble, surtout en ce moment…
« Je suis sûre qu'ils complotent pour que Harry et Draco aient le rôle, affirma Padma.
- Tu crois ?
- Evidemment, sinon pourquoi ils se parleraient ? Les Wilddogs ne traînent jamais ici. Et ils ne parlent jamais avec Blaise. En plus, les Wilddogs contrôlent toute l'école, surtout en ce moment, donc s'ils soutiennent Harry…
- Et si ces matheux se débrouillent pour que Draco soient très ami avec Harry Potter, ou pire, qu'ils sortent ensemble… Poursuivit Parvati. Leur club passera du ringard au top canon. »
Voilà une idée absolument absurde, du moins pour Parvati, qui jugeait les matheux comme ringards, vu leurs fringues, et absolument sans intérêt.
« Padma, c'est décidé. Nous devons sauver notre pièce de théâtre de ces crétins qui ne savent pas faire la différence entre un Anthony Hopkins et un Tony Parker. »
Elles s'en allèrent, mais pendant ce temps-là, le petit groupe d'élève continuait de parler. Ils ne voulaient pas rapprocher Draco et Harry et encore moins qu'ils décrochent leurs rôles, bien au contraire : leur but était de les séparer, et pour cela, ils devaient coopérer.
Blaise était prêt à marcher, et les quelques membres du club encore présents dans la pièce était d'accord pour ce plan proposé et expliqué par Ron, qui savait utiliser ce truc qui lui servait de cerveau quand il le fallait. Blaise demeurait tout de même un peu septique, mais Ron était certain que c'était la meilleure façon de les séparer. Ils décidèrent de commencer le lendemain, tous les détails seraient réglés.
Les joueurs de baskets s'en allèrent. Les matheux furent rassurés, tout comme Blaise, qui aurait préféré que le rouquin reste un peu plus longtemps. Sans savoir que ce dernier avait fait des efforts inhumains pour sortir de cette pièce…
OoO
Le plan était en marche. Il était extrêmement bien rôdé, à la fois par les matheux, donc l'intelligent et méticuleux Blaise Zabini, et les jours des Wilddogs, dont Ron, qui menait cette opération délicate d'une main de maître.
A huit heures quarante cinq, soit une bonne demi-heure avant que Draco et Harry ne commencent les cours, Ron arriva de façon plus ou moins discrète au lycée, dans son jogging et son polo vert pétant tricoté par sa tendre maman. A son bras, il y avait trois montres qui indiquaient l'heure de trois villes différentes, dont New York et Londres. L'utilité ? Savoir leur qu'il était dans ces endroits-là, pardi…
Il aperçut Blaise qui se faufila près de lui, veillant à ce que Draco ne soit pas dans les parages. Le blond s'entendait particulièrement bien avec Blaise et autant éviter de l'avoir dans les pattes en ce moment.
« Salut, marmonna le rouquin. A ma montre, il est huit heures quarante cinq, heure standard, on est synchro ? »
Décidemment, les basketteurs était tous des plombés, taper sur un ballon ne leur réussissait pas. Mais bon, cela faisait parti de leur charme…
« Sûrement…
- On passe en mode actif pour le déjeuner, donc douze heures cinq…
- Oui, Ron, on sera à l'heure. Mais t'es pas dans James Bond 007, fit Blaise en agitant la main devant le regard de Ron. Okay ?
- C'est pas interdit de rêver…
- On a jamais vu de James Bond roux.
- Tu regardes les films, toi ?
- C'est pas parce que j'aime les maths que je ne pense qu'à ça. »
Ron haussa les épaules. Il voulut dire quelque chose à Blaise mais, trop lâche, il s'en alla avec un appareil que le black lui tendit, et le rouquin s'en alla, en se traitant d'abruti congénital. Il avait enfin une bonne raison de parler à Blaise et il s'en allait comme ça, sans rien lui dire. Mais quel crétin…
OoO
La sonnerie retentit à midi cinq précises. Tous les élèves se ruèrent dans les escaliers pour aller manger, et Harry voulut en faire de même, mais Ron était sorti rapidement de la salle de classe et il l'avait perdu de vue. Il savait que le rouquin lui faisait la tête et Harry était bien décidé à s'excuser pour le mal qu'il leur faisait, à tous. Il n'avait pas vraiment l'intention de laisser tomber l'audition, même si le doute l'assaillait. Il y avait tellement de personnes qui comptaient sur lui…
Harry chercha Ron dans les couloirs, et il songea qu'il devait être avec le reste de l'équipe. La veille, ils avaient fait exprès de manger après Harry, Ron refusant de partager son repas avec lui, et le brun se dirigea d'un pas sûr vers les vestiaires, en espérant qu'il serait vraiment là. Et il ne fut pas déçu…
Tout l'équipe, portant les couleurs orange des Wilddogs, étaient rassemblés dans un vestiaire, autour d'une petite table où étaient entreposés divers objets, des coupes, un ballon, des photos sous cadre. Harry se prépara psychologiquement à subir un nouveau sermon, sans savoir s'il saurait relever fièrement la tête après.
Successivement, les membres de son équipe lui présentèrent plusieurs photos de joueurs, citant leur nom et leurs exploits dans le monde du basket. Peu à peu, Harry sentit sa volonté de continuer le chant s'effriter, surtout quand il voyait les sourires un peu déçu de ses compagnons, et pire encore, quand Ron s'adressa à lui.
« Ce sont tous des légendes, affirma Ron. Mais tu crois que ces légendes sont devenues des légendes en passant des auditions ? En se trémoussant sur une piste pour amuser la galerie ? Juste avant un match capital, en plus ?
- Met tout ton cœur dans le jeu !! Cria l'équipe.
- On a mis du temps avant d'en arriver là, mais c'est pas pour rien qu'on est allé aussi loin. Si la légende des Wilddogs en est une, c'est parce que nous sommes restés concentrés sur le jeu !
- Tout le jeu est dans ta tête !!
- Et qui est le premier depuis que le lycée existe à nous faire passer en première catégorie ?
- Harry !!
- Et qui l'a élu capitaine cette année ?
- Nous !! »
Il se souvenait du moment où il avait été choisi comme capitaine de l'équipe. Il avait joué pendant quelques mois dans l'équipe. Puis, au milieu de l'année, il avait fallu choisir un autre capitaine pour remplacer Olivier Dubois, qui avait dû quitter le lycée pour des raisons de santé. Le vote avait été unanime : Harry Potter serait leur prochain meneur. Quelle fierté qu'il avait ressenti ce jour-là…
« Et qui va se prendre une tôlée au match de championnat, si Harry s'inquiète trop pour son audition ?
- C'est nous… fit l'équipe d'un air fataliste.
- Attendez une minute, les gars, fit Harry. Je suis pas tout seul dans l'équipe, il me semble. On est douze. Douze membres. Alors…
- Douze ? Fit Ron, sans comprendre. Nan, je crois que t'es en train d'oublier quelqu'un de très important, chez les Wilddogs. »
Dean lui tendit un cadre retourné que Ron tendit à Harry. Le jeune homme le retourna dans ses mains et découvrit la photo de son père. Ils se ressemblaient beaucoup, les mêmes cheveux noirs ébouriffés, la même allure athlétique… mais des deux de couleur différente, et l'air un peu canaille de son père ne se retrouvait pas sur le visage plus calme de son fils. Harry entendit à peine la voix de Ron, contemplant la photo de son défunt père en maillot orange, tenant un ballon sous son bras…
« Et ouais, Harry. Un Wilddogs doublé d'un champion. Ton père était un champion. Aujourd'hui… il n'est plus en vie, mais son fils est là, devant nous. On a été entraîné par ton parrain, un entraînement de fou, mais tu as vu notre niveau ? Ce n'est pas seulement à Sirius qu'on le doit, mais aussi à toi, Harry, qui nous a redonné confiance. Toi, qui nous as menés aussi loin. Ton père était un champion, et tu le seras aussi, Harry. Vainqueur de père en fils, c'est une tradition. »
Rien dans le regard d'Harry ne montrait qu'il avait saisi le message, mais en réalité, au fond de son cœur, il savait déjà qu'il ne pourrait lutter bien longtemps…
OoO
Pendant ce temps-là, Draco assistait à un cours très intéressant sur l'évolution de l'homme. Dans le laboratoire du club de sciences, Blaise l'avait assis sur un tabouret devant un ordinateur portable, où il lui montrait des images relatant l'évolution de l'homme sur terre.
« L'homme de Neandertal, Cro-Magnon, ou encore les chevaliers du moyen-âge, tous sans exception nous ramène immanquablement… »
Un garçon déplia une affiche, où un basketteur s'élançait vers un panier, le ballon dans la main. On y avait collé la tête d'un Harry souriant, qui semblait surdimensionnée par rapport à la taille du corps. Draco ne put qu'esquisser un sourire ironique.
« Au basketteur qui prend la grosse tête. »
Nan, vraiment, cette affiche était affreuse… Draco fut tenté de s'en aller mais il décida de rester, histoire de connaître la suite. Ces matheux semblaient vraiment prêts à lui prouver par A+B=C que sa relation avec Harry était vouée à l'échec, et n'avait absolument aucun intérêt.
« De tout temps, notre culture a voué un culte aux agresseurs, on fabrique donc des sportifs corrompus, surpayé et un peu attardé, qui font assez peu pour la société, hormis marquer des paniers. Utilité donc toute relative. Enfin bref, tel est le monde étriqué dans lequel vit Harry Potter, capitaine des Wilddogs et mec le plus populaire de l'école. Mais le chemin de l'esprit, le chemin que nous suivons, c'est celui qu'on suivi ces personnalités : Eleanor Roosevelt, Frida Calo, Mère Theresa, et tellement d'autres personnes… »
Blaise voyait bien que Draco n'écoutait pas ce qu'il racontait : il avait un léger sourire amusé sur le visage, les trouvant sans doute idiots de se démener comme ça. Mais le plan était loin d'être terminé. Draco voulut s'échapper, voyant que cette confrontation ne servait strictement à rien. Et en plus, il devait répéter avec Hermione.
« Draco, Harry Potter représente une branche de l'évolution… »
La branche des beaux gosses, songea Draco en se disant qu'il ne devait pas être le seul à penser de cette manière. Bon, Harry pouvait avoir tous les défauts du monde, il était indéniable qu'il avait du charme. Et, d'ailleurs, Ron aussi en avait, mais Draco préféra garder ça pour lui : ce n'était pas comme si l'attirance de Blaise pour Ron passait inaperçu…
« Mais notre branche, celle de l'éducation, et du travail de l'esprit, c'est l'avenir de notre civilisation. »
Le black semblait vraiment croire à ce qu'il racontait, et dans le fond, il n'avait pas tout à fait tord : taper dans un ballon et courir à travers un terrain, ce n'était pas vraiment intellectuel, mais c'était sans doute ce qui faisait le charme des sportifs. Draco se trouva assez mièvre, mais depuis qu'il était entré dans ce lycée, il avait pas mal changé…
« Et c'est à ce groupe-là que tu appartiens. »
Tous les matheux se rassemblèrent devant lui, sûrs d'eux. Sauf que Draco n'avait pas vraiment l'air de leur avis : il pouvait très bien faire parti de deux groupes différents, sans poser le moindre problème. C'est alors que Blaise sortit un ordinateur potable que les autres allumèrent et branchèrent. Bientôt, une fenêtre vidéo apparut, et il vit le visage d'Harry…
« Attendez une minute. Si vous pensez que je ne vais pas me donner à fond dans le prochain match, vous vous mettez le doigt dans l'œil, et jusqu'au coude.
- Harry, on croyait… Tenta Ron.
- Non, c'est tout qui m'écoute. Moi, je croyais que vous étiez mes amis. Qu'on perde ou qu'on gagne, on est une équipe. Et rien ne pourra changer ça.
- Et Draco, alors ? Demande Ron, qui sentait le vent tourner en leur faveur. Et l'audition ? T'en fais quoi ? »
Harry hésita une ou deux secondes, puis il se lança. Il avait perdu, de toute manière…
« Je suis avec l'équipe ! Pour moi, c'est l'équipe le plus important. Bon, c'est vrai, j'ai chanté, mais ce n'était pas important… »
Mais Draco, qui regardait l'écran d'ordinateur, ne pensait pas du tout la même chose, et la trahison pénétra son cœur comme du poison. Il fronça les sourcils, tout en regardant l'image.
« Je sais pas, c'était pour me calmer. Je suis stressé à cause du match, et chanter avec Draco me détendait. Vous êtes mes potes et nous sommes une équipe. Draco n'est pas important pour moi… »
Non, il n'avait pas le droit de dire ça. Il n'avait pas le droit de dire des mots pareils, pas après ce moment passé sur le toit, ces répétitions, leurs voix se mêlant pour n'en former qu'une… Les mots de Harry le blessaient plus qu'il n'aurait pu l'imaginer, et Draco se pinça la lèvre. Il écoutait, malgré son désir de s'enfuir. De jeter cet ordinateur par terre. De le faire taire…
« J'en ai rien à faire de cette audition. »
Pourquoi avoir répété, alors ? Pourquoi cette complicité, pourquoi ces sourires, pourquoi ces moments ensemble, alors ?
« On va faire ce match et on va le gagner. Okay ? Vous êtes rassurés maintenant ? »
L'image se coupa. Draco sentait son cœur battre fort dans sa poitrine. Il ne chercha même pas à savoir comment les abrutis avaient réussi à avoir cette vidéo, il se sentait blessé, en colère et triste à la fois. Il entendit à peine Blaise lui dire que telle était la vérité sur la star du lycée, le grand Harry Potter. Il ne l'entendit pas plus lui proposer de faire le décathlon scientifique avec eux. Il n'entendait que la voix d'Harry raisonner dans sa tête. Il se pinça les lèvres et sortit sans un mot, son sac sur l'épaule.
Draco marcha le long d'un couloir, furieux contre le brun. Il entendit des cris et des chants dans la cours, et il n'eut qu'à se pencher vers la fenêtre pour voir les pom-pom girls se trémousser avec leurs pompons blancs et orange dans les mains, et les membres des Wilddogs porter Harry. Il venait d'effacer leurs doutes. La victoire était à présent à portée de main.
Mais le blond, lui, n'en avait rien à faire. Ce match, il en avait rien à faire. Il désirait ardemment que l'équipe perde, et en même temps, il ne pouvait supporter qu'Harry souffre à cause de cette défaite. Qu'il était pathétique… Pourquoi ne pouvait-il pas le haïr ? Il l'avait trahi… Il avait choisi son équipe, tous ses amis qui n'attendaient que lui. Au lieu de le choisir lui, un petit nouveau, qui n'était bon qu'à faire des maths. Pathétique…
Draco se retourna. Il était seul dans le couloir, tout le monde acclamait Harry, dehors. Il eut un sourire ironique : il n'était pas mieux que ces midinettes qui ne voyaient leur vie qu'à travers l'existence d'Harry. Il avait réussi à s'enticher du capitaine des Wilddogs, le mec le plus célèbre du lycée. Vraiment, pathétique…
Une chanson lui revint en mémoire. Une chanson qu'il avait tant de fois répété avec Hermione, elle jouant du piano comme personne, et lui l'accompagnant de sa voix. Cette chanson de la pièce qu'il avait appris, dans son lit, le soir. Cette chanson qu'il s'était forcé à retenir… et qu'il murmura, dans ce couloir vide…
It's funny when you find yourself
Looking from the outside
I'm standing here but all I want
Is to be over there
Why did I let myself believe
Miracles could happen
Cause now I have to pretend
That I don't really care
Dépité, il se décolla de la fenêtre, refusant d'entendre une fois de plus l'hymne de l'équipe hurlé au-dehors. Tout en marchant dans le couloir, les mains dans les poches, il chantonna le refrain, en se sentant vraiment stupide.
I thought you were my fairytale
A dream when I'm not sleeping
A wish upon a star
That's coming true
But everybody else could tell
That I confused my feelings with the truth
When there was me and you
A quoi ça servait qu'il ait passé une heure ou deux de son temps à répéter ces mélodies ? À quoi ça servait qu'il les ait appris le soir, qu'il les ait fredonnées sous sa douche ? À quoi ça servait qu'il ait passé tant de temps à attendre l'arrivée d'Harry aux répétitions, à l'éviter pour lui éviter des ennuis… Pourquoi avait-il espéré, dans le fond ? Il était stupide. Lui, c'était un matheux, pas un chanteur. Pourquoi s'était-il laissé emporter, alors qu'il était si réservé, si timide quand il fallait parler ou chanter devant un public…
I swore I knew the melody
That I heard you singing
And when you smiled
You made me feel
Like I could sing along
But then you went and changed the words
Now my heart is empty
I'm only left with used-to-be's
And once upon a song
Il arriva dans la cantine, vide de monde à l'heure qu'il était. Cette cantine où il avait renversé son plat sur le décolleté de Parvati. Il eut un maigre sourire à ce souvenir. Tout s'était enchaîné, ensuite. Tout était allé si vite. Tellement vite qu'il n'avait même pas essayé de réfléchir, alors qu'il aurait dû. Non, mais franchement, pouvait-on vraiment imaginer qu'un capitaine d'équipe de basket, préparant un match capital, pouvait porter la moindre attention à une petite audition de chant ?
Draco avait espéré. Au fond de lui, il y avait cru.
Now I know you're not a fairytale
And dreams were meant for sleeping
And wishes on a star
Just don't come true
Cause now even I can tell
That I confused my feelings with the truth
Because I liked the view
When there was me and you
A présent, il descendait des escaliers, dont il avait dévalé les marches avec Harry, rejoignant une salle de cours. En cachette, toujours, pour que ses amis ne le voient pas. Comme s'il les trompait. Stupide. Il avait été stupide d'y croire. Il aurait mieux fait de se pencher sur ses maths, au lieu de croire vraiment qu'un autre garçon accepte réellement de chanter avec lui et tienne un rôle tel qu'il lui avait été proposé…
I can't believe that
I could be so blind
It's like you were floating
While I was falling
And I didn't mind
Sur un mur, une immense affiche des Wilddogs avait été placardée. Harry, avec ses yeux vert émeraude et ses cheveux noirs ébouriffés, tenait un ballon orange dans ses mains, la même couleur que son uniforme. Autour de lui, ses équipiers sautaient dans tous les sens. Cette image frappa Draco, lui qui n'y avait jamais vraiment fait attention auparavant.
La fin de la chanson ne fut plus qu'un murmure. Il n'aurait plus qu'à l'oublier, maintenant. Ça ne servait plus à rien qu'il la retienne…
Cause I liked the view
Thought you felt it too
When there was me and you
Vraiment plus à rien…
Nous espérons que ce chapitre vous a plu, et n'hésitez pas à laisser des review pour nous encourager ou nous lancer des tomates !
