Sara avait passé quelques tests. Les médecins s'assurèrent qu'elle allait bien et dès qu'ils en furent convaincus, elle put sortir. Cependant, elle était forcée au repos pour les deux prochains jours. La nuit touchait à sa fin et Grissom était resté auprès d'elle tout le long.

« Je vous appelle un taxi ? » proposa-t-il.

« Vous pouvez l'appeler, mais pas le payer… » fit Sara.

Grissom fronça les sourcils et appela le taxi. Il se tourna, après son appel, vers Sara. « Et pourquoi ne voulez-vous pas que je le paie ? »

« Parce que vous n'avez pas à le payer, tout simplement. » expliqua la jeune femme.

Grissom argumenta « C'est ma faute si vous êtes ici. »

Sara regarda autour d'elle. « Je ne vois pas en quoi vous êtes responsable de ce qui s'est passé… »

Ils marchaient tous les deux à l'extérieur. Il faisait frais, chose rare à Vegas. Quand Grissom vit que Sara frissonnait, car elle n'avait que ses vêtements trempés, il lui donna sa veste. Elle le gratifia d'un de ses sourires que Grissom aimait tant.

« Je suis responsable… J'aurais du faire le tour de la scène de crime avant de vous envoyer examiner ce bout de terrain. J'aurais du m'assurer que tout était sécurisé. Vous pouvez être certaine que l'officier qui se chargeait de sécuriser le terrain va passer un mauvais quart d'heure… » Il ajouta après une légère hésitation. « J'aurais du être la personne qui aurait passé près de la noyade… »

Sara fit non de la tête en même temps qu'elle le prononça. « Il ne sert à rien de regretter ce qui est arrivé. On ne peut rien changer à ce qui s'est passé cette nuit… Cependant, vous m'avez tout de même sauvé la vie. C'est vous qui m'avez vu dans l'eau et vous qui m'avez sorti. Sans votre intervention, je serais peut-être à la morgue du docteur Robins… » Elle lui fit encore un grand sourire.

« Et mon cœur serait avec vous… » murmura Grissom.

« Pardon ? » s'exclama Sara.

Ils ne faisaient que discuter. Elle le remerciait de ce qu'il avait fait pour lui sauver. Elle lui disait que sans lui, elle serait sur une table, prête à être ouverte par le doc. Robins. Et lui, il lui avouait que son cœur serait avec elle à la morgue.

Grissom rougit de confusion. « Je … voulais dire que si vous étiez à la morgue, morte, mon cœur le serait également. »

Les deux experts s'arrêtèrent de marcher. Ils se tournèrent face à face. « Ai-je bien compris ? » balbutia Sara.

« Je crois que oui… » marmonna Grissom. Il eut un sourire, avant de rougir légèrement. Ce détail étonna profondément Sara.

« Vous rougissez… » ne put-elle s'empêcher de dire à voix haute. Elle glissa sa main sur la joue de son supérieur et alla frotter lentement cette magnifique barbe qu'elle avait toujours aimée.

Ils se regardèrent pendant un moment. Sara caressait lentement la joue de Grissom. Ce dernier se laissait faire. Habituellement, il se serait écarté ou… Les deux experts n'auraient jamais été assez proche pour qu'elle puisse lui toucher la joue. Cependant, tout avait changé maintenant.

Sara sentait son superviseur frissonner sous le contact. Grissom, en effet, éprouvait toutes sortes de sensations contradictoires. Il n'était pas à l'aise, mais en même temps, le contact de la main de Sara sur sa joue était agréable.

Ils se regardèrent en silence pendant un moment, puis, un taxi s'arrêta à leur hauteur. Les deux experts se séparèrent et s'éloignèrent rapidement. Sara embarqua dans le véhicule, mais remarqua avec surprise que Grissom embarquait également de l'autre côté. Elle lui jeta un regard interrogateur. Il dit :

« Quelqu'un doit bien s'assurer que vous vous reposez… »

Quand la voiture s'arrêta devant le bloc appartement de Sara, Grissom en débarqua également. Quand elle ouvrit la porte pour entrer dans le bâtiment, il la suivit. Sara ne savait que penser de la situation. Est-ce qu'il savait quoi faire de « ça »?

Ils prirent l'ascenseur en silence, sans jamais échanger une parole. Quand Sara déverrouilla la porte de son appartement, elle lui offrit un café.

« D'accord. » fit-il.

En entrant dans l'appartement, Grissom se souvint la seule fois où il était venu ici. C'était quand elle avait été suspendu pour insubordination. Il avait voulu comprendre le pourquoi du comment. Elle lui avait confié les misères de son enfance et il l'avait écouté. Cependant, à ce moment, il avait simplement saisi la main de la jeune femme, pour lui montrer sa sympathie.

Cette nuit, Grissom avait compris qu'il en pouvait et ne devait plus attendre. S'il ne faisait rien, un autre prendrait sa place. Quand elle avait été avec Hank, il l'avait trompé. C'était pour cette raison qu'il n'était plus ensemble. Mais s'il n'avait pas été un idiot, s'il n'avait pas trompé Sara, peut-être qu'ils auraient encore été ensemble aujourd'hui. Cette pensée serrait le cœur de Grissom. Et le prochain… Il serait le prochain.

Il voulait se rapprocher de Sara. Il n'était peut-être pas prêt à s'embarquer réellement dans une relation de couple, mais il était déterminé à devenir un ami, un confident. Ensuite, il pourrait lui montrer qu'elle pouvait lui faire confiance. Lui prouver que désormais, il serait là pour elle et qu'il l'abandonnerait plus. Il pourrait l'aimer.

Sara, quand elle déposa ses clés sur la table dans l'entrée, sentit son cœur se serre au souvenir de la dernière venue de Grissom dans son appartement. Ce jour-là, elle avait eu désespérément besoin de se confier à quelqu'un. Et c'était lui qui était venu. C'était lui qui avait risqué son travail pour la défendre, elle. Ce jour-là, elle avait senti qu'elle comptait, même juste un peu, pour lui.

Aujourd'hui lui prouvait encore qu'il ressentait quelque chose pour elle.

Ils n'avaient pas reparlés de ce qu'il lui avait murmuré à l'oreille, quand elle était encore secouée de ce qui venait de se passer. Sur le sol, près de cette piscine, il lui demandé de lui pardonner. Sara espérait qu'il n'avait pas oublié ce qu'il avait dit, car oublier était une des facultés de Grissom.

« Je lui ai pardonné dès que j'ai compris qu'il m'avait sauvé la vie… » pensa-t-elle alors.

Elle posa sa veste sur le dossier d'une chaise et alla dans la cuisine pour préparer les cafés. Elle dit à Grissom de faire comme chez lui, ce qu'il n'hésitait pas à faire. En effet, Grissom s'approcha de la bibliothèque de Sara. Il effleura du doigt les titres des livres qu'elle contenait. Il se rendit qu'il avait, lui-même, lu plus du ¾ des livres qu'il y avait. Il savait que Sara aimait lire, mais il ne pensait pas qu'ils avaient les mêmes goûts.

« Voilà les cafés » dit Sara, en entrant dans la pièce, les mains chargées des deux tasses.

Elle les posa sur la table basse au milieu du salon et en prit une dans ses mains. Elle en prit une gorgée. Grissom regarda encore un instant le contenu de la bibliothèque avant de se retourner et prit sa tasse. Il but son café lentement, laissant le liquide chaud descendre le long de sa gorge. Son regard ne quittait pas le beau visage de Sara. Cette dernière s'en rendait à peine compte. Elle ne pouvait s'empêcher de tourner sur elle-même, observant avec embarras le désordre qui régnait dans la pièce.

Quand Grissom comprit que Sara regardait autour d'elle, il fit de même. Il fut surpris du désordre qui régnait. Il avait toujours pensé que Sara était une personne ordonnée. Me que connaissait-il en réalité sur elle ?

Cependant, une boîte posée sur le sol attira son œil. Sur le carton, il était inscrit en gros « VAISELLE ». Il s'en approcha et constata qu'elle était remplie d'assiettes, de verres et de bols. Il regarda autour de lui et remarqua qu'il y avait un peu partout d'autres boîtes du genre. Il se tourna ensuite vers Sara qui se mordait la lèvre, gênée.

« Qu'est-ce que ça signifie ? » demanda Grissom, inquiet.

« Eh… j'ai… j'ai remis ma démission à Ecklie. » dit-elle. Peut-être que l'information allait enfin le faire réagir.

« Quoi ? » s'exclama-t-il.

Si Sara avait eu un qualificatif a trouvé pour décrire son humeur à cet instant, elle aurait probablement dit qu'il était choqué.

« Vous partez ? Quand ? »

Sara baissa la tête. Elle ne voulait pas en parler maintenant, mais il avait presque tout découvert.

« Dans deux semaines. »

« Vous auriez du m'en parler avant. » murmura-t-il faiblement.

Désormais, il était difficile de dire s'il était fâché, triste, inquiet ou encore choqué.

« Je… Je sais que j'aurais du… Mais en même temps, vous m'auriez prié de rester en me disant que le labo a besoin de moi et… » Elle eut un rire ironique. Mais derrière le rire se cachait les larmes.

« C'est vrai que le labo a besoin de vous. » commença Grissom. « Mais il n'y a pas que le labo qui a besoin de vous… Moi aussi. » Il murmura les derniers mots. Ça avait été dure pour lui de le dire, mais il l'avait fait.

« Pour vous ? » s'exclama Sara, outrée. « Pour vous ? Si je suis si essentielle à vous, pourquoi vous me repoussez ? Pourquoi est-ce que vous êtes aussi taciturne, aussi méchant parfois avec moi ? » Elle avait une larme qui coulait sur sa joue, démontrant la sincérité de ses paroles. « Comment je peux vous croire ? Et puis, si je reste, vous allez être gentil avec moi pendant deux, trois semaines, un mois si je suis chanceuse et ensuite, vous allez encore m'oublier. Et je vais recommencer à souffrir. Et j'en ai assez ! »

Les larmes coulaient librement sur ses joues. Grissom s'en voulait de la faire pleurer, mais encore plus qu'elle est si peu confiance en lui. Les choses devaient vraiment changer.

« Laissez-moi une chance, Sara. » Voyant qu'elle allait refuser, il la supplia presque. « S'il vous plait. »

« Savez-vous combien de fois je me suis dit que je devais vous laisser une chance ? » Elle ouvrit la bouche comme si elle allait continuer, mais elle se tut, ne sachant pas quoi dire.

« Donnez-moi une dernière chance. Si ça ne marche pas, parfait. Vous partez et vous n'entendez plus parler de moi. Si ça marche, vous restez avec moi. »

Sara soupira fortement. Au fond d'elle-même, elle savait que lui donner ce qu'il voulait était minable. Cependant, quand elle vit son air triste et torturé, elle ne put s'empêcher de se dire : « Et si ça marchait ? »

« D'accord, Griss. Deux semaines, jusqu'à mon départ. Vous avez seulement deux semaines. »

Deux semaines ? C'était court, mais sans doute suffisant. Deux semaines ? C'était seulement quatorze jours.

Grissom n'avait pas de temps à perdre.

NDA : Je pensais faire seulement deux chapitres, mais j'ai changé d'idée. Finalement, il y aura quatorze chapitres supplémentaires. Un pour chaque jour que Griss a pour conquérir Sara.

On oublie pas les reviews !

Marguerite06

P.S. Le prochain chap. que je publierai sera pour Boum !