Chapitre 2
Avec un geste brusque mais précis, l'épaule fut remise en place, arrachant un hurlement au jeune homme. Des larmes coulèrent sur ses joues et il se laissa aller dans les bras qui le tenaient. Il ferma les yeux, essayant d'oublier la douleur pour se concentrer sur la chaleur du corps qui se pressait contre le sien.
Jack l'embrassa sur la tempe, murmurant des encouragements à son oreille. Il le maintint contre lui jusqu'à ce que Owen lui demande de l'allonger, ce qu'il fit à contre cœur.
– Maintenant, il faut que tu te reposes. Je vais te laisser environ une heure, le temps que tu sois soulagé, puis je te mettrais un bandage sur tes côtes. Ce sera l'histoire de deux semaines environ avec repos total. Donc, tu vas rester ici. On va t'arranger un coin où tu pourras dormir. Demain, tu pourras te lever, mais pour le moment, tu restes couché et tu essayes de dormir, c'est le meilleur des remèdes.
– Merci Owen, réussit à articuler le Gallois.
– Je n'ai fait que mon boulot, répondit-il en s'éloignant. Jack, il doit se reposer, je compte sur toi pour le surveiller.
– Pas de problème, on va le mettre sur le canapé. S'il a besoin de quelque chose, je serai là. Ne t'en fais pas, je veillerai sur lui jusqu'à ce qu'il puisse rentrer chez lui.
– Bien. Tosh, appela-t-il, tu peux venir m'aider, il faut installer Ianto sur le canapé.
– J'arrive, je vais chercher une couverture et un oreiller, dit-elle en se précipitant dans les escaliers.
Elle revint quelques minutes après et installa le lit. Owen et Jack aidèrent Ianto à se déplacer et il s'allongea en grimaçant.
– Tu as besoin de quelque chose ? demanda la jeune femme.
– Non, merci ça ira.
– Jack, si tu n'as plus besoin de moi, j'aimerai bien rentrer, dit Owen après avoir placé le bandage sur le torse du jeune homme.
– Vas-y, Tosh aussi, si tu veux. Vous avez besoin de repos, on se voit demain et on s'occupera de la voiture.
– Ok, on y va. Bonsoir, dirent-ils en quittant la base, laissant les deux hommes seuls.
Jack s'assit près du Gallois et passa sa main sur son visage.
– Et bien, tu peux te vanter de m'avoir foutu une sacrée trouille, dit-il avec un léger sourire.
– Je suis désolé Monsieur. J'aurais dû être plus prudent.
– Tu n'aurais rien pu faire de plus, tu étais trop près. Comment te sens-tu ?
– Comme passé sous un train, je dirai. Et la voiture ? demanda-t-il.
– Encastrée dans un arbre, je n'avais pas le choix, j'ai tiré pour tuer, il fallait que je te protège. Nous y retournerons demain pour faire le ménage.
– Merci Monsieur, dit Ianto en baissant la voix.
– De quoi ?
– D'avoir été là !
– J'aurais dû mieux anticiper, contrairement à moi, tu peux mourir et je ne me le serais pas pardonné. Repose-toi maintenant, je vais chercher le repas.
Ianto ferma les yeux. Son épaule le lançait, mais il se sentait bien.
Le Capitaine revint une demi-heure plus tard avec des plats préparés chinois. La viande étant déjà découpée, ce serait plus pratique pour le blessé. Il déplaça une table et posa les boites, laissant Ianto se servir. Il grimaça un peu en se redressant et Jack l'y aida. Ils mangèrent en silence et le Capitaine s'assura qu'il avait bien pris ses comprimés puis une fois qu'ils eurent terminé, il alla préparer un thé, ne voulant pas toucher à la précieuse machine du Gallois.
Lorsqu'il revint avec les tasses, un sourire flottait sur les lèvres du jeune homme, trahissant son amusement face à cette réaction. Quand il eut fini, il s'allongea de nouveau et ferma les yeux. Jack s'assit près de lui et le couvrit puis passa sa main dans ses cheveux. Avant de se lever, il lui embrassa le front et caressa ses lèvres de son pouce en soupirant. Ianto ne bougea pas, retenant la sensation du doigt léger.
Jack le laissa se reposer et monta dans son bureau. De la porte, il le regarda quelques instants avant de descendre prendre une douche et se coucher.
Le jeune homme finit par s'endormir pour un sommeil sans rêve, mais pas sans douleur. Plusieurs fois, il s'éveilla à demi sentant son épaule le lancer. À un moment, il lui sembla que le Capitaine était près de lui et le regardait, mais il pensa à un effet de son imagination. Pourtant, s'il avait fait un peu plus attention, il aurait remarqué que son leader était effectivement là.
Au matin, quand il ouvrit les yeux, il eut un peu de mal à se rappeler où il se trouvait et finit par reconnaître la salle informatique du Hub.
– Comment vas-tu ce matin ? demanda le Capitaine en sortant de la cuisine.
– Mieux, répondit-il avec une grimace.
– Oui, ça se voit, dit Jack avec un sourire. Tu devrais rester couché.
– Ça ira, soupira-t-il, j'ai besoin d'un café.
– Attends, je vais t'aider, se proposa l'immortel en venant près de lui.
– Je peux me débrouiller !
Jack n'insista pas, le jeune homme ne semblait pas de bonne humeur et il voulait éviter qu'il s'énerve.
– Comme tu voudras !
Ianto se rendit dans la cuisine et prépara les tasses. Son épaule le faisait souffrir et il dut s'y prendre à plusieurs reprises pour essayer de mettre de l'eau. Finalement, il n'eut d'autre choix que d'accepter l'aide de Jack et dosa le café.
Quand Owen arriva, il examina le jeune homme, lui renouvelant ses conseils de prendre du repos, mais Ianto était têtu, il ne pouvait pas rester en place. Dans le courant de l'après-midi, pourtant, il finit par s'endormir assis sur le canapé et Jack l'allongea pour qu'il soit mieux installé. Dans la matinée, ils avaient laissé le jeune homme pour aller déplacer l'épave et faire disparaître le corps qui avait finit dans la baie médicale pour autopsie avant d'être congelé.
La semaine se déroula sur le même rythme pour le Gallois, celui-ci refusait le repos, mais lorsque le sommeil le gagnait, le Capitaine finissait toujours par l'allonger.
Ianto avait envie de rentrer chez lui et il en parla à Owen lorsqu'il l'examina un matin. Son épaule allait beaucoup mieux, ne restaient que ses côtes fêlées qui lui imposaient encore du repos pour une semaine supplémentaire. Le médecin accepta qu'il quitte le Hub, mais il demanda au jeune homme que quelqu'un reste auprès de lui. Jack, n'ayant rien de particulier à faire, se proposa au grand dam du Gallois.
De retour chez lui, Ianto reprit ses habitudes. Jack, qui restait pour lui tenir compagnie, dormait sur le canapé du salon, maudissant chaque soir cette porte qui restait fermée. À plusieurs reprises, il voulut prendre le Gallois dans ses bras, mais à chaque fois, il s'arrêtait au dernier moment.
Dans sa chambre, Ianto fixait la porte, se demandant combien de temps il faudrait au Capitaine pour venir le rejoindre. Mais à chaque fois, il s'endormait sans qu'elle se soit ouverte. Il finit par se dire que si Jack était là, à veiller sur lui chaque jour que Dieu faisait, c'était parce qu'il se sentait coupable de sa blessure. Alors il souffrit en silence, ne se laissant plus approcher pour ne pas ressentir cette envie qu'il avait de se blottir contre lui.
Le Capitaine se rendit compte de son changement d'attitude et ne comprenait pas ce qui avait bien pu le causer. Jack ne savait plus que penser, cela faisait des jours qu'il veillait à ce que le Gallois ne manque de rien, que ce soit au Hub ou chez lui, mais à chaque fois qu'il faisait un geste pour se rapprocher, il lui semblait que le jeune homme ne pensait qu'à fuir. C'était assez déroutant, surtout lorsqu'il se rappelait de sa réaction quand il avait été blessé. À ce moment-là, il avait semblé à Jack qu'il acceptait ses attentions et ces quelques minutes où il avait tenu Ianto dans ses bras étaient les plus belles qu'il avait vécu ces derniers temps. Mais maintenant, tout ça était fini, le jeune homme ne pensait qu'à s'éloigner, il ne savait plus quoi faire.
Il s'approcha de la porte de la chambre et écouta, mais tout semblait silencieux, Ianto devait dormir. Il posa sa main sur la poignée, s'apprêtant à entrouvrir pour le voir, mais finalement, il renonça et retourna s'asseoir sur le canapé. Il ferma les yeux et finit par s'endormir.
Ianto se réveilla, l'appartement était silencieux, le Capitaine devait sans doute être parti. Prudemment, il se leva, ses côtes lui faisaient encore mal, mais bientôt, il pourrait retourner travailler, l'inactivité commençait à lui peser. Vêtu de son boxer, il sortit de la chambre et se dirigea vers la cuisine. En revenant dans le salon, il aperçut une forme allongée sur le canapé et s'approcha. En reconnaissant Jack, il s'arrêta, le regardant dormir, hésitant malgré son envie à aller poser sa main sur sa joue ou ses cheveux. Il ferma les yeux un instant, tentant de calmer son cœur qui s'était emballé. Ainsi, il était toujours près de lui. Mais pourquoi le veillait-il ainsi ? Lorsque Tosh avait été blessée, il n'avait jamais passé autant de temps chez elle et de plus, il n'y avait jamais dormi.
Le Gallois finit par s'approcher un peu plus et s'assit sur la table basse, regardant toujours l'homme endormi. Il semblait serein, mais par moment, ses sourcils se crispaient comme si son rêve n'était pas des plus calmes. Des soupirs s'échappaient de ses lèvres, accompagnés parfois de petits gémissements. Le jeune homme allait retourner dans sa chambre quand Jack ouvrit les yeux.
– Ianto, tout va bien ? demanda-t-il en se redressant.
– Oui, répondit-il précipitamment en se levant.
Le Capitaine lui attrapa la main et se leva également. Face à lui, il l'obligea à le regarder, passant doucement ses doigts à la naissance de sa nuque.
– Ianto, qu'est-ce que tu as ?
– Rien Monsieur, j'avais juste soif.
– Ce n'était pas la question, ai-je fait ou dit quelque chose qui t'ait mis mal à l'aise ?
– Non Monsieur.
– Alors, pourquoi me fuis-tu ainsi ?
Le Gallois croisa le regard azur emprunt de douceur et s'y perdit. Il était littéralement en train de se noyer dans ces yeux qui le regardaient si tendrement. Sa respiration s'accéléra, son cœur s'emballa et il ne pouvait plus faire un geste.
Jack releva doucement son menton et déposa un baiser sur les lèvres entrouvertes. Puis il regarda le jeune homme. Celui-ci n'avait pas eu de réaction de recul alors il reprit ses lèvres tout aussi délicatement, le serrant dans ses bras, attentif à ne pas lui faire de mal. Ianto répondit à la demande de la langue qui souhaitait le passage et ouvrit la bouche, l'accueillant, laissant la sienne venir la goûter. Lorsqu'ils se séparèrent, le Capitaine le caressa du regard, essuyant de ses pouces, les larmes qui avaient perlées au coin de ses yeux toujours fermés. Le Gallois était totalement abandonné dans les bras de l'immortel. Celui-ci l'embrassa par petites touches, sur les pommettes et le nez, puis descendit s'occuper de son cou, tirant des frissons de son partenaire.
– Seigneur Ianto, si tu savais… commença-t-il avant de reprendre ses baisers.
Le jeune homme ne réagissait toujours pas, il était comme hypnotisé, il écoutait cette voix, sentait ces lèvres sur son cou et ces mains sur son corps. Son cœur était au bord de l'explosion, sa respiration était saccadée. Il gémit doucement quand le Capitaine le serra de nouveau contre lui, son corps commençait à réagir sous les douces caresses et Jack s'en aperçut. Avec un sourire, il prit son visage entre ses mains et picora les lèvres tremblantes.
– Ianto, regarde-moi, souffla-t-il tout contre sa bouche.
Après quelques instants, le jeune homme finit par obtempérer et se plongea de nouveau dans ces yeux qui cherchaient son regard. Il finit par se rendre compte qu'il avait passé les mains sous la chemise du Capitaine et gêné, les retira précipitamment. Puis il baissa les yeux en rougissant, en constatant la bosse que faisait son boxer.
– Je suis désolé Capitaine, dit-il en tentant de s'éloigner.
– Ah non ! Tu ne vas pas de sauver à nouveau, répondit Jack en lui attrapant le poignet. Ianto, je te fais peur à ce point-là ? demanda-t-il finalement en voyant le regard affolé du jeune homme.
– N… Non, hésita-t-il, bien que ses gestes contredisaient ses paroles.
L'immortel l'attira à lui et l'enlaça tendrement. Ianto s'abandonna à l'étreinte, posant sa tête contre son épaule et s'enivra de son odeur. Il entendait les battement de cœur de son leader et sentait sa douce chaleur. Jack déposa un baiser sur ses cheveux en soupirant doucement, ses mains reprenant leur ballade sur son corps maintenant détendu. Le sentant frissonner, il se rappela qu'il n'avait rien sur le dos et l'accompagna à sa chambre pour qu'il puisse se recoucher. Il rabattit la couette et s'apprêtait à sortir de la pièce lorsque le Gallois le retint par le bras.
– Merci, dit-il doucement.
Jack se retourna et le regarda un instant. À ce moment, le jeune homme semblait vraiment vulnérable et il ne voulait surtout pas en profiter. Il s'obligea à rester calme malgré l'envie grandissante qu'il avait de l'embrasser de nouveau.
– De quoi ? demanda-t-il.
Ianto ne répondit rien, mais se remit à rougir, tirant la couette sous son menton. Jack s'assit sur le bord du lit et passa sa main sur la joue du jeune homme.
– Tu devrais dormir un peu, dit-il en l'obligeant à se recoucher. Je vais rester à côté, si tu as besoin de quelque chose, tu n'auras qu'à m'appeler. Ce soir, Tosh viendra me remplacer, il faut que je passe au Hub.
– D'accord, répondit le jeune homme en se pelotonnant contre son oreiller.
Il ferma les yeux et Jack attendit quelques instants avant de sortir. À regret, il quitta la chambre et s'arrêta à la porte pour regarder le Gallois. Il se remémora le baiser et soupira en sortant.
Quand Ianto se réveilla bien plus tard, il resta à fixer le plafond puis passa doucement son doigt sur ses lèvres, se souvenant de la douceur du baiser. Il ferma les yeux et gémit doucement.
Un coup toqué à la porte le fit se reprendre. Le battant s'ouvrit doucement et Tosh passa la tête par l'entrebâillement. Quand elle vit qu'il avait les yeux ouverts, elle lui sourit et s'approcha.
– Tu vas bien ? demanda-t-elle.
– Oui, merci.
– Il m'avait semblé entendre un bruit, dit-elle un peu gênée.
– Mes côtes me font mal, mentit-il.
– Tu veux que je prévienne Owen ?
– Non, ça ira, je te remercie. Je ne vais pas le déranger pour si peu de chose.
– Bien, de toute façon, Jack m'a dit qu'ils devaient venir ensemble ce soir, il verra s'il peut faire quelque chose. Tu as faim ? demanda-t-elle.
– Non, je vais juste me faire un café, finit-il en s'asseyant. Tu en veux un ?
– Avec plaisir, répondit-elle.
Tosh attrapa son peignoir et le lui passa puis attendit qu'il l'ait enfilé pour se retourner. Elle l'accompagna à la cuisine, elle ne voulait surtout pas risquer qu'il ait un étourdissement, les médicaments, que lui donnaient Owen pour sa blessure, pouvaient créer quelques vertiges. Elle resta près de lui puis le suivit dans le salon où il s'assit pour consommer sa boisson.
Après quelques minutes de silence, Ianto lui demanda ce qu'il se passait de nouveau à la base. Il s'ennuyait vraiment et n'avait qu'une hâte, c'était de retourner travailler, mais Owen refusait toujours et Jack ne faisait rien pour le faire changer d'avis.
Elle se fit un plaisir de lui relater les nouvelles, depuis les pensionnaires dont le nombre avait augmenté sensiblement, jusqu'au détachement de Gwen, partie pour Torchwood Glasgow. Ianto se doutait bien que cela ne lui avait pas plu et Tosh le lui confirma à sa manière, ce qui leur tira quelques éclats de rire. Ils en étaient à ce point lorsqu'ils entendirent l'interphone retentir. La jeune femme, après s'être assurée de l'identité du visiteur, appuya sur le bouton et entrouvrit la porte, venant rejoindre le Gallois qui sentit quelques frissons lui passer dans le dos.
Le Capitaine était de retour et il se sentit très mal à l'aise. En entrant, Jack croisa son regard et sourit légèrement. Il semblait aller mieux, peut-être que ce soir, ils pourraient passer un peu de temps ensemble. Après avoir accroché son manteau, il se dirigea vers la cuisine pour déposer le repas. Il était prévu que Tosh et Owen dînent avec eux et le médecin en profita pour examiner la blessure du Gallois et lui donna des analgésiques à prendre s'il ressentait des douleurs pendant la nuit.
Après s'être assuré que le jeune homme allait bien, Jack demanda à Tosh de l'aider à préparer le repas. Il était passé chez le traiteur chinois et avait rapporté les plats préférés de ses collègues. La jeune femme déposa les baguettes et les verres sur la table basse et rejoignit le Capitaine. Une fois libéré par Owen, Ianto alla dans la cuisine pour tenter de se rendre utile, mais Jack le renvoya dans le salon en lui demandant de se reposer. À contre cœur, il obéit et retourna s'asseoir sur le canapé, attendant patiemment leur retour.
Quand il revint, le Capitaine riait de bon cœur avec Tosh. Visiblement, il était heureux et cela se sentait. Il posa les cartons sur la table en détaillant les plats, laissant le choix aux convives. Ianto se saisit d'une boite et d'une paire de baguettes et commença à manger tandis que Jack s'asseyait dans un fauteuil juste en face de lui. Le jeune homme baissa les yeux sur son plat, évitant de croiser le regard insistant de Jack. Celui-ci, voyant ses efforts, ne put que sourire puis prit une boite et commença à manger à son tour.
Le repas fut assez animé et ponctué d'éclats de rires. Ianto se détendait, ses amis étaient venus lui tenir compagnie et cela lui faisait du bien, mais il appréhendait un peu ce qu'il se passerait lorsque Tosh et Owen partiraient. Il se souvenait encore du baiser que le Capitaine lui avait donné et se dit que s'il avait poursuivi plus avant, il n'aurait sans doute pas pu ou pas voulu l'arrêter.
– Bien, dit Tosh en se levant, il est presque 22 h, si cela ne vous gêne pas, je vais vous quitter. Demain, il faut que je sois au Hub de bonne heure, j'ai des dossiers à boucler.
– Je vais partir avec toi, répondit Owen, je suis un peu crevé. Si tu as un problème, Ianto, n'hésite pas à appeler, de toute façon, Jack reste avec toi. Alors repose-toi et je passerai te voir demain.
– Merci, dit le Gallois en se levant pour accompagner ses visiteurs jusqu'à la porte.
En sortant, Tosh l'embrassa sur la joue et quitta l'appartement avec Owen qui glissa sa main dans le dos de la jeune femme. Ianto les regarda avec un sourire puis referma la porte. En se tournant, il se retrouva bloqué par deux bras puissants et leva les yeux vers le Capitaine qui arborait un petit sourire.
– Enfin seuls, dit-il doucement en posant ses lèvres sur celles du Gallois.
De nouveau, Ianto ne pouvait plus bouger et répondit au baiser. Son cœur s'emballa et sans en être vraiment conscient, il glissa ses mains sur le dos de son leader. Doucement, Jack demanda le passage et la bouche du Gallois s'entrouvrit. Leurs langues se trouvèrent et se caressèrent. Ianto laissa échapper un gémissement quand le Capitaine le serra un peu plus contre lui.
– Excuse-moi, dit-il en le relâchant un peu.
Mais les jambes du jeune homme ne le portaient plus et il s'agrippa à la chemise avec l'énergie du désespoir. Jack sentit son malaise et le raccompagna jusqu'au canapé. Quand il fut assis, son leader lui servit un verre d'eau et le lui mit entre ses mains tremblantes. Ianto but par petites gorgées pendant Jack le dévisageait toujours.
– Ça va mieux ? demanda-t-il enfin.
– Oui, merci.
– Tu devrais peut-être aller te coucher, tu as besoin de te reposer.
– Oui, mais avant, je vais prendre une douche, finit le Gallois en se levant.
Jack le regarda partir, il hésitait à le suivre. Évidemment, il avait répondu à son baiser, mais il ne voulait peut-être pas aller plus loin. Le Capitaine se torturait l'esprit, cet homme l'attirait tellement qu'il avait peur de faire une erreur en précipitant les choses. Finalement, il resta assis et tenta de se concentrer sur ses mains posées sur ses genoux.
Brusquement, il se leva, il venait d'entendre un bruit venant de la salle de bain, comme un objet ou un corps qui tombait. Il entra dans la chambre et s'arrêta à l'entrée de la pièce d'eau. Il entendit le jeune homme gémir doucement.
– Ianto, ça va ? s'enquit-il.
N'obtenant pas de réponse, il s'avança et vit le Gallois assis dans le fond de la douche, souffrant visiblement de ses côtes et peut-être même de son épaule. Jack entra et le prit dans ses bras, ne se souciant pas de l'eau qui lui tombait dessus. Ianto se laissa faire, mais ne put retenir un frémissement lorsque le Capitaine le serra contre lui.
Quand l'immortel sentit la peau douce sous ses doigts, son sang ne fit qu'un tour. Il avait tellement envie de cet homme qu'il aurait pu le prendre là, immédiatement, sans se préoccuper d'autre chose, mais il se retint encore une fois. Visiblement, pour Ianto, ce serait une première fois et il ne devait pas l'y forcer, il voulait qu'il vienne à lui.
– Ianto, souffla-t-il tout contre son oreille.
À suivre…
