Chapitre 4

La porte s'ouvrit brusquement, laissant passer un Ianto hors de lui, le visage complètement ravagé par les larmes et la douleur.

– Fous-moi la paix, lança-t-il en le bousculant.

Jack l'attrapa par le bras et le colla contre le mur, s'emparant de ses lèvres pour étouffer les insultes qui n'allaient pas manquer de fuser. Le baiser fut violent, la langue força le passage sans aucune délicatesse, les mains agrippaient le corps qui tentait de se défendre. Après quelques instants de lutte, le Gallois abandonna, finissant par répondre au baiser qui se fit plus doux et attentionné.

Finalement, leurs lèvres se séparèrent, les laissant à bout de souffle. Jack embrassa son front, le tenant toujours bloqué contre le mur.

– Ianto, tu as le droit de savoir, mais il faut que tu m'écoutes.

Le nez dans le cou du Capitaine, il acquiesça sans rien dire. Sentant qu'il ne se défendait plus, l'immortel le relâcha doucement et prit son visage entre ses mains pour embrasser ses lèvres avec une douceur qui contrasta avec la violence du baiser précédent.

– Ianto, je n'imaginais pas que notre relation irait au-delà d'une simple attirance et de la possibilité d'assouvir un désir qui est, me semble-t-il, partagé. Mais il faut que tu comprennes que je vivrais encore bien longtemps après que tu seras parti et de plus, peu importe ce que je pourrais faire pour te protéger, il arrivera un moment…

Ianto mit son doigt sur ses lèvres, l'empêchant de continuer et l'embrassa doucement. Il venait de comprendre que le Capitaine l'aimait aussi malgré ce qu'il lui avait dit. La chose qui lui posait problème, c'était qu'il serait plus vulnérable car il devrait également le protéger, lui.

– Jack, je ne demande pas de t'engager, je te demande juste d'accepter l'amour que j'ai pour toi, cet amour qui me ronge déjà depuis longtemps et qu'il me fallait t'avouer. Peu importe que tu m'aimes ou pas, je peux me contenter de ce que tu pourras m'offrir, j'accepte de juste partager ton lit si c'est ton souhait, mais j'ai besoin de toi, tu dois me laisser t'aimer, c'est tout.

Le Capitaine resta silencieux, évidemment qu'il aimait le jeune homme, mais il voulait également son bonheur et ce n'était certainement pas avec lui qu'il le trouverait.

– Jack, réponds-moi, dit-il suppliant.

– Que veux-tu que je te dise, que tu me rends fou à chaque fois que je te vois, que je n'ai toujours qu'une envie, celle de te serrer dans mes bras, de t'embrasser, de te faire l'amour. Voilà, j'avoue, mais ne m'en demande pas plus, dit-il en reculant de quelques pas.

Ianto le dévisagea quelques instants et tendit la main pour caresser son visage et essuyer de son pouce une larme qui perlait.

– Je n'en veux pas plus, dit-il doucement. J'ai assez d'amour pour deux.

Il s'avança et posa ses lèvres sur les siennes, passant sa main derrière la nuque du Capitaine pour l'attirer vers lui. Jack l'enlaça, répondant au baiser, caressant doucement son dos. Ils se séparèrent et Ianto chercha le regard de son amant.

– Je dois partir, dit précipitamment l'immortel, Tosh a besoin de moi au Hub.

– Tu reviens après ? demanda le jeune homme.

– Si tu veux, répondit-il, la gorge serrée.

Il partit s'habiller rapidement puis il attrapa son manteau et sortit précipitamment, laissant le Gallois seul dans l'appartement.

Quand il passa le sas, Tosh leva les yeux et constata qu'il ne semblait pas de bonne humeur. Elle se leva et le rejoignit dans son bureau.

– Tout va bien, Jack ? s'enquit-elle en entrant dans la pièce.

– Oui, pas de problème, je viens juste faire un saut pour régler quelques dossiers et je retourne auprès de Ianto.

– Comment va-t-il ?

– Il a passé une bonne nuit, mais il souffre encore de ses côtes.

– C'est normal, ça va passer, tu as vu avec Owen ? Il y a peut-être faire quelque chose.

– Non, pas encore, j'irais le voir avant de partir. De toute façon, il faut qu'il me fasse son rapport sur la dernière autopsie. À ce propos, saurais-tu ce que c'était cette créature qui a blessé Ianto ?

– Non, je n'ai rien trouvé dans notre base, ni dans celle de UNIT, enfin pas dans les dossiers que j'ai pu consulter. Il y en a d'autres que j'essaie de percer. Je ne sais vraiment pas de quoi il s'agit.

– Ok, tiens-moi au courant.

– D'accord, dit-elle en sortant. Au fait, tu embrasseras Ianto de ma part, finit-elle avec un sourire.

Jack la regarda partir, il avait surpris le petit sourire ironique. Il semblait qu'elle se doutait de quelque chose, cela allait tout compliquer s'il renonçait à sa relation avec le Gallois. Pourtant, il n'en avait aucune envie. Ses sentiments étaient forts pour le jeune homme, très forts même et peut-être trop forts et ça lui faisait un peu peur. À le garder près de lui, il ne pourrait pas lui éviter de durs combats et il risquait de le perdre sans pouvoir rien y faire.

Finalement, il se secoua et partit rejoindre Owen, écoutant patiemment les détails de l'autopsie. Comme Tosh, il n'avait aucune idée du genre de créature dont il s'agissait. La seule chose qui était certaine, c'est qu'il avait des gènes humains. C'était donc soit une évolution, soit une expérience quelconque, mais il n'en savait pas plus.

Jack le laissa remplir le formulaire pour la cryogénisation avant de le signer et de lui parler du Gallois.

– Ianto souffre encore de ses côtes, y aurait-il quelque chose à faire pour le soulager ? demanda-t-il.

– Malheureusement rien, il peut prendre ses comprimés, mais il faudrait éviter la morphine, à moins qu'il ne supporte vraiment pas la douleur. Si c'est le cas, dis-lui de m'appeler et je passerai le voir.

– D'accord, je le lui dirais.

Le Capitaine monta récupérer son manteau et laissa ses collègues terminer leur travail. Il avait hâte de rentrer auprès de Ianto. Il traversa rapidement la place, entra en coup de vent dans le hall de l'immeuble et monta l'escalier quatre à quatre. Il glissa sa clé dans la serrure et pénétra dans l'appartement. Tout était silencieux, le Gallois devait dormir.

Il posa son manteau et se dirigea vers la chambre dont il entrouvrit la porte. Le jeune homme était couché en travers du lit, dans une position d'abandon qui fit sourire l'immortel. Son peignoir était remonté et laissait entrevoir la naissance de ses fesses. Jack s'approcha et descendit le vêtement pour le couvrir. Il regarda son visage et vit les larmes encore humides qui le sillonnaient.

Il s'assit sur le lit et passa doucement sa main dans les cheveux du jeune homme. Celui-ci bougea à son contact et ouvrit les yeux.

– Tu es revenu, murmura-t-il.

– C'est bien ce que tu souhaitais !

– Oui, dit-il en se redressant. Prends-moi dans tes bras.

Jack l'accueillit contre lui, caressant tendrement sa nuque.

– Au fait, dit-il en lui prenant le menton, Tosh m'a demandé de t'embrasser pour elle, mais elle n'a pas précisé où. Tu préfères quoi ? s'enquit-il taquin.

– Je te laisse le choix, répondit le Gallois.

Le Capitaine le regarda, semblant chercher à quel endroit poser ses lèvres. Ianto ferma les yeux et attendit, sentant le souffle balayer son visage. Puis il sentit la pointe d'une langue toucher ses lèvres puis une bouche épouser la sienne, demandant le passage que le jeune homme lui accorda.

Le Gallois se perdit dans ce baiser, peu lui importait que le Capitaine ne lui donne pas plus qu'une simple relation physique, mais au moins, il était dans ses bras et se repaissait de sa chaleur et de tout le plaisir qu'il pouvait lui donner.

– J'ai besoin d'aller prendre l'air, dit Ianto en s'écartant. J'étouffe un peu ici.

– Ok, alors habille-toi et on y va. Je te propose de dîner à l'extérieur, ça te dit ?

– Oui, bien sûr, répondit le Gallois, heureux de la proposition.

Ils allaient passer la soirée, rien que tous les deux et il en fut enchanté. Rapidement, il alla se vêtir, mais se contenta d'un jean et d'une chemisette sur laquelle il passa un blouson. Pour une fois, il voulait une tenue un peu plus décontractée. Il se regarda dans la glace, se tournant pour voir l'effet. Satisfait de lui, il fit un clin d'œil à son image et partit rejoindre le Capitaine. Celui-ci se leva du canapé en le voyant arriver et son cœur fit un bond. Le Gallois était aussi sexy que lors de leur première rencontre, il fallait qu'il se calme sinon leur sortie risquait de tomber à l'eau, ou plutôt dans le lit ! À cette pensée, il sourit en s'approchant, prenant son amant dans ses bras et déposa un baiser dans son cou.

– Tu es à tomber, dit-il tout contre son oreille.

Ianto lui sourit et s'échappa de ses bras, partant vers la porte d'entrée.

– Alors, tu viens ! lança-t-il en ouvrant la porte. J'ai faim !

– Moi aussi, répondit le Capitaine, mais je ne pense pas que ce dont j'ai envie soit servi au restaurant.

– On verra pour le dessert alors, ironisa Ianto en sortant.

Jack le rejoignit rapidement et l'attrapa par la taille, l'embrassant rapidement dans les cheveux. Ianto sourit et ferma la porte puis ils quittèrent l'immeuble.

Le Capitaine l'emmena à la Bayside Brasserie où ils s'installèrent sur la terrasse, face à la baie dont l'eau scintillait doucement sous les lumières de la nuit. Le temps que les plats leur soient servis, ils discutèrent des renseignements qu'avaient fournis Tosh et Owen concernant la créature. Ianto écouta avec attention, se promettant de faire des recherches sitôt qu'il pourrait retourner au Hub. Quand ils eurent terminé, le Gallois proposa de passer au pub pour un dernier verre avant de rentrer, il était aux anges, Jack ne semblait plus penser à leur discussion du matin et paraissait accepter cette relation à sens unique.

Ils entrèrent dans l'établissement bondé. Ianto salua le patron et commanda les boissons, laissant le Capitaine leur trouver une table. Il posa son manteau et s'assit, observant le jeune homme accoudé au bar.

– Pourquoi ne veut-il pas vivre une vie normale ? Il est dans son élément ici avec tous ces jeunes gens. Il pourrait trouver une jolie fille qu'il pourrait aimer. Que puis-je lui apporter ? Seigneur, pourquoi faut-il que ce soit toujours si compliqué, je l'aime tellement et je ne peux pas le lui dire ! Il doit penser que je reste près de lui uniquement pour le sexe et pourtant, ce n'est pas le cas. S'il devait me quitter, je ne m'en remettrais pas !

– Tu rêves ? entendit-il brusquement.

– Non, je réfléchissais, répondit-il en croisant le regard de Ianto.

– On peut savoir à quoi ?

– Non, dit-il avec un regard coquin, espérant que le jeune homme ne chercherait pas d'autre réponse.

Le Gallois posa les verres et tira une chaise pour s'asseoir face à lui avec un sourire. Jack continua de regarder les clients tout en buvant son verre par petites gorgées. Ianto se pencha pour prendre sa main. Au contact, il le regarda et leurs regards se vrillèrent, plus rien n'existait, ils étaient comme dans une bulle en dehors du temps. Les yeux de Ianto étincelaient et Jack ressentit une boule au creux de son estomac.

Au bout d'une heure, le jeune homme lui proposa de partir et le Capitaine se leva et mit son manteau pour se diriger vers la sortie, Ianto était parti déposer les verres et saluer le patron. En se tournant, il surprit un homme, la main posée sur les reins de son amant. Celui-ci se retourna et repoussa l'intruse. L'homme le dévisagea et se pencha pour lui parler à l'oreille. De là où il était, Jack pouvait apercevoir le visage fermé du jeune homme. Il attendit de voir ce que le client allait faire. Mais lorsqu'il le vit passer sa main sur les fesses de Ianto, il traversa la salle et s'arrêta derrière l'homme, prêt à intervenir. D'un geste rapide, le Gallois saisit le poignet et le tourna violemment, obligeant son propriétaire à poser un genou à terre sous la douleur ressentie. Jack se pencha vers lui avec un regard pour son amant et murmura :

– Il me semble que mon ami n'est pas d'accord avec votre proposition.

Plusieurs consommateurs tendirent le cou pour voir ce qu'il se passait, mais comme tout s'était résolu sans éclat de voix, tous retournèrent bien vite à leurs discussions. Ianto salua le patron et partit vers la sortie, suivi par un Capitaine assez surpris par la dextérité du Gallois.

Arrivé dehors, Ianto s'appuya au mur et attendit que Jack le rejoigne. Celui-ci s'arrêta devant lui et le regarda quelques instants avant de s'apercevoir que le jeune homme était secoué. Il le prit dans ses bras et le serra contre lui.

– Tu vas bien ? demanda-t-il doucement.

Ianto acquiesça et resta blotti dans ses bras, soulagé que tout se soit bien passé, il n'était pas sûr que Jack serait intervenu.

– Je vois que tu sais te défendre.

– Oui, quelquefois, c'est utile.

– Pourquoi, ça t'est déjà arrivé ?

– Oui, passé une certaine heure, la plupart des consommateurs sont un peu partis, si tu vois ce que je veux dire. Il nous a vu ensemble et il m'a proposé de te remplacer.

– Je vois, répondit Jack en resserrant son étreinte. De toute façon, il ne fallait pas t'inquiéter, ce soir, j'étais là et il ne te serait rien arrivé, je peux te le garantir.

Ianto leva les yeux, surpris par ses paroles. Et lui qui avait pensé qu'il n'aurait rien fait ! Il s'était trompé, le Capitaine tenait à lui, quoi qu'il en dise.

Jack l'embrassa délicatement puis l'entraîna, le tenant toujours par les épaules. Derrière eux, le client les regarda partir puis il monta dans sa voiture et les suivit discrètement. Avant de rentrer chez le Gallois, le Capitaine voulut passer au Hub, les pensionnaires n'avaient pas été nourris et il ne pouvait pas les laisser comme ça jusqu'au lendemain. Ils entrèrent par l'office de tourisme et refermèrent derrière eux, éteignant la lumière en passant dans le couloir menant à la base. Au dehors, l'homme était reparti, se disant qu'il repasserait dans la semaine pour le voir au bureau.

Une heure plus tard, les deux hommes quittèrent le bâtiment et se rendirent chez Ianto. Après une douche des plus coquines, ils se couchèrent et s'endormirent blottis l'un contre l'autre.

Au matin, quand Jack ouvrit les yeux, il tourna la tête vers son amant et sourit de le voir aussi serein dans le sommeil. Il se sentait bien près de lui et malgré toutes ses résolutions, il n'arrivait pas à s'en détacher. Il l'aimait profondément, mais ne voulait pas le lui dire. Il se remémora l'incident de la veille, cet homme qui avait abordé Ianto ne lui disait rien qui vaille, il faudrait peut-être qu'il prévienne le jeune homme de se méfier, mais s'il agissait ainsi, cela pourrait passer pour de la jalousie !

Perdu dans ses pensées, il n'avait pas remarqué que le Gallois était réveillé déjà depuis un moment. Quand, finalement il baissa les yeux sur son visage, il croisa son regard insistant.

– Tu m'as l'air bien pensif, dis-moi !

– Je réfléchissais, tu as bien dormi ?

– Oui, comme toujours quand je suis près de toi.

– Ianto, j'aimerai que tu restes chez toi aujourd'hui, la journée d'hier a été fatigante et tu n'es pas encore remis.

– Ok, j'irai à l'office demain alors, je sais que des représentants doivent passer, il faut que je sois là.

– D'accord, fit Jack en posant un baiser sur ses lèvres. Allez, il faut que j'y aille, je dois voir Tosh. Pourrais-tu me faire un de tes merveilleux cafés ?

– À vos ordres Capitaine, répondit Ianto en s'échappant avant qu'il ne l'attrape.

L'immortel sourit en l'entendant rire et il secoua la tête, ce jeune homme était sa bouffée d'oxygène et le voir ainsi lui mettait du baume au cœur. Une fois habillé, il se rendit dans le salon où le Gallois l'attendait déjà, buvant sa tasse confortablement installé sur son canapé. Jack s'assit près de lui et dégusta le breuvage, la main posée sur la cuisse de Ianto. Quand il eut fini, il posa un baiser sur ses lèvres et se leva pour prendre son manteau. Il aurait préféré rester avec lui, mais il n'avait pas le choix, le Hub réclamait sa présence.

Ianto se leva à son tour, il semblait hésitant puis finalement se lança.

– Jack, tu reviens ce soir ?

– Pourquoi ? demanda le Capitaine, tu as peur de t'ennuyer ?

– Non, j'avais juste envie que tu sois près de moi, mais ce n'est pas grave, fit-il en partant vers la cuisine.

Jack le rattrapa et l'enserra de ses bras, posant un baiser dans son cou.

– Rien ne me ferait plus plaisir que d'être avec toi, murmura-t-il tout près de son oreille. Je viendrai, tu peux y compter.

Le Gallois se retourna et vrilla son regard dans les yeux azur qui le détaillaient. Une main passée derrière la nuque de son amant, il l'attira pour l'embrasser fiévreusement.

– Rien que pour ça, je me dépêcherai de rentrer, répondit le Capitaine lorsqu'ils se séparèrent.

À regret, il le lâcha et après un dernier regard, sortit de l'appartement. La journée allait être très longue et il avait hâte de revenir auprès de Ianto. À pas rapides, il traversa la place et ouvrit l'office de tourisme puis referma après avoir mis la pancarte de fermeture provisoire. Il descendit rapidement dans la zone informatique et salua ses collègues déjà arrivés.

Il monta dans son bureau pour consulter ses mails et étudier quelques dossiers, mais il avait du mal à se concentrer. Il fit par se lever et descendre dans les voûtes s'assurer que les pensionnaires allaient bien. Il nourrit Myfanwy puis retourna auprès de Tosh, mais celle-ci n'avait rien de nouveau quant à ses recherches. Avec un soupir, il alla voir Owen et lui fit un rapport rapide sur l'état de santé du Gallois.

Un peu avant l'heure du déjeuner, il ne résista pas à l'envie de téléphoner au jeune homme pour lui proposer de venir déjeuner avec lui et lui donna rendez-vous dans le parc. Quand il arriva, il le trouva installé près de l'arbre où ils s'étaient rencontrés. Avec un sourire, il s'assit près de lui et l'embrassa tendrement.

Ianto avait fait des sandwichs et il en tendit un au Capitaine. Profitant du beau temps, ils apprécièrent la tranquillité du lieu. Aucun mot n'était nécessaire, la simple proximité de l'autre suffisait. Le Gallois proposa un café et sortit le thermos. Il versa la boisson et la tendit à son amant qui le regardait faire, les yeux pétillants. Quand ils furent servis, Ianto vint s'installer contre le torse du Capitaine et soupira d'aise. Il était heureux qu'il lui ait téléphoné, mais ils allaient devoir bientôt se séparer, Jack retournerait au Hub et lui rentrerait dans son appartement.

Quinze minutes plus tard, le Capitaine sonna le départ et ils se levèrent. Après un dernier baiser, ils partirent chacun de leur côté. Le Gallois passa faire quelques emplettes, il avait l'intention de gâter son compagnon pour le repas du soir.

Quand il arriva à l'office de tourisme, Jack referma derrière lui et ne vit pas l'homme qui attendait, appuyé contre la balustrade, les yeux fixés sur la porte. Celui-ci regarda autour de lui, semblant chercher quelque chose ou quelqu'un, puis au bout de quelques minutes, il quitta son poste d'observation et se perdit dans les rues menant au centre-ville.

En fin d'après-midi, le Capitaine s'assura que tout était en ordre, puis il quitta le Hub après Owen et Tosh qui étaient déjà partis depuis une bonne demi-heure. Il boucla l'office et traversa la place d'un pas rapide. En arrivant devant la porte du Gallois, il prit le temps de sonner et attendit patiemment que son hôte lui ouvre. Quand il entra, il fut accueilli par une odeur agréable, il posa son manteau et prit le jeune homme dans ses bras, déposant un baiser sur ses lèvres. Le baiser se prolongea quelques minutes puis Ianto s'écarta et disparut dans la cuisine.

Quand il revint, Jack était sur le balcon, contemplant la baie. Le Gallois passa ses bras autour de sa taille et se colla contre son dos, posant son menton sur son épaule. Le Capitaine embrassa ses cheveux puis se tourna et le prit dans ses bras. Ianto le regarda tendrement, passant ses doigts le long de sa joue.

– Tu m'as manqué, murmura-t-il.

– Toi aussi, mais demain, nous serons ensemble, ce sera plus facile pour moi d'être auprès de toi.

– Si on mangeait ? demanda le jeune homme, c'est prêt.

– Ok, je peux me rendre utile ? s'enquit le Capitaine.

– Tout est prêt, je n'ai qu'à disposer la table, à moins que tu veuilles le faire, tout est sur la desserte.

– D'accord, fit Jack en le lâchant.

Pendant que le Capitaine s'occupait de la table, Ianto ramena le plat et servit avant de s'asseoir. Une fois de plus, Jack loua ses talents de cuisinier et eut le plaisir de le voir légèrement rougir.

– Tu es vraiment un beau parti, ironisa-t-il en regardant le Gallois, fin cuisinier, petite fée du ménage et bon amant, très bon même, je dirai, finit-il en le fixant.

Le jeune homme releva la tête et le regarda quelques instants, ne sachant que répondre, puis il replongea dans son plat, visiblement gêné par les compliments qu'il venait de recevoir.

Quand ils eurent terminé, ils débarrassèrent et s'installèrent sur le canapé pour boire leur café. Durant de longues minutes, ils restèrent silencieux puis le Capitaine posa sa tasse vide et se tourna vers Ianto. Il le dévisagea sans rien dire. Plusieurs fois, le Gallois croisa son regard, mais chaque fois, il détournait les yeux puis Jack se pencha pour poser un baiser dans son cou.

– J'ai envie de toi, murmura-t-il tout contre la peau. Tu crois que tu peux faire quelque chose ?

– C'est à envisager, répondit Ianto d'un air taquin. Je vais voir ce que j'ai en magasin.

Les deux hommes éclatèrent de rire et se levèrent même temps. Le Capitaine lui attrapa la main et l'attira à lui, s'emparant de ses lèvres pour un baiser passionné. Sa langue quémanda le passage et Ianto entrouvrit sa bouche, l'accueillant avec bonheur. Leurs mains glissaient sous les vêtements, avides de sentir la peau. Les chemises tombèrent sur le sol et les torses se rapprochèrent partageant la même chaleur. À bout de souffle, ils se séparèrent et leurs regards s'accrochèrent puis Ianto entraîna son amant dans la chambre et le poussa sur le lit d'un geste désinvolte. Jack se laissa tomber et regarda le jeune homme poser un genou sur le lit.[/justify]

À suivre…