Chapitre 5
Ianto rapprocha son visage, semblant choisir un endroit où poser ses lèvres. Finalement, il décida de goûter l'épaule et remonta titiller le lobe de l'oreille, faisant soupirer le Capitaine. Les mains du Gallois partirent à la découverte du corps qui se tendait sous ses doigts. Peu à peu, la bouche se déplaça pour venir s'emparer des lèvres entrouvertes. Jack passa sa main derrière sa nuque et approfondit le baiser puis il bascula le jeune homme et se pencha sur lui, allant tranquillement à la rencontre de la ceinture de son pantalon. Avec dextérité, il fit sauter le bouton et glissa sa main dans le boxer malmené, tout en poursuivant le baiser. Leurs langues bataillaient, s'enroulant pour se dérouler ensuite.
Il quitta la bouche pour goûter la peau délicate du cou, puis tranquillement, il alla taquiner les tétons durcis du Gallois. Il l'écoutait soupirer et le sentait se tendre sous les caresses, soufflant doucement pour voir des frissons parcourir sa peau. Il fit glisser les vêtements et s'empara du sexe dressé, arrachant un gémissement à son amant. Il continua sa lente progression vers l'objet de son désir, posa ses lèvres sur le gland et caressa le frein du bout de la langue.
Quand il le prit dans sa bouche, il sentit les doigts de Ianto glisser dans ses cheveux, se crispant par moment sous la caresse des lèvres. Lentement, il commença à aller et venir sur le membre qui se raffermissait toujours. Sa main poussa la cuisse puis s'égara dans l'entrejambe, allant dessiner le contour de l'anneau de chair offert aux caresses. Tout en continuant ses va-et-vient, il mouilla ses doigts et en présenta un à l'entrée, forçant doucement le passage. Le Gallois se raidit un instant puis s'abandonna de nouveau aux caresses buccales, accueillant un second puis un troisième doigt dans son intimité.
Se glissant sur le côté, il entreprit de libérer le Capitaine des vêtements qu'il portait toujours. Celui-ci s'arrêta un instant pour quitter son pantalon puis s'intéressa de nouveau au corps qui le réclamait et le reprit en bouche, son autre main étalant du lubrifiant sur son membre douloureux. Ianto gémissait, s'arquant sous les caresses. Il releva les jambes, permettant à son amant de s'approcher. Il se posa contre l'entrée préparée et pénétra doucement, la main caressant toujours le sexe de son partenaire.
Par petites touches successives, il s'enfonça toujours plus profondément, passant sa main sur le torse du Gallois qui gémissait doucement.
– Plus vite, soupira-t-il en ouvrant les yeux, le regard dans le vague, plus vite.
Jack accéléra la cadence de ses coups de reins, sentant le désir monter au creux de son dos. Il voulait prolonger le plaisir de sentir son amant se resserrer autour de lui, mais il avait de plus en plus de mal à se contrôler. Les sensations explosaient en bouquet de son bas-ventre à sa poitrine. Il se pencha pour prendre les lèvres du Gallois, pénétrant toujours plus profondément dans son corps, allant buter régulièrement contre sa prostate, le faisant gémir sous les assauts. Ses coups de bassin se firent plus erratiques puis se sentant au bord de la jouissance, il se redressa et saisit le sexe du jeune homme pour l'amener à la libération.
Dans un cri, Ianto se déversa dans la main du Capitaine et celui-ci en fit autant au tréfonds de son amant. Il s'écroula sur le corps du Gallois, reprenant difficilement sa respiration. La main dans ses cheveux, le jeune homme tentait de calmer le rythme de son cœur.
– Je t'aime, Jack, murmura-t-il en le serrant contre lui.
Le Capitaine laissa une larme se mêler à la sueur du corps sur lequel il était couché. Il voulait lui dire qu'il l'aimait aussi, mais il ne le pouvait pas. La douleur lui dévorait le ventre et d'un rapide revers de main, il essuya ses larmes. Doucement, il se retira et se coucha, prenant le jeune homme dans ses bras.
– Il y a un problème ? s'enquit le jeune homme au bout un moment.
– Non pourquoi dis-tu ça ?
– Je ne sais pas, tu es bien silencieux tout à coup.
– Non, tout va bien, tout est parfait.
Le Capitaine releva le menton du Gallois et posa ses lèvres sur les siennes en un baiser langoureux et le serra contre lui. Son cœur hurlait son amour, mais son esprit lui disait de se taire. Finalement, il se leva et alla prendre une douche sous le regard un peu surpris de Ianto. Le jeune homme le suivit et s'appuya au chambranle de la porte, observant son amant à travers la vapeur qui s'élevait. Jack arrêta l'eau et sortit de la cabine en saisissant une serviette. Il sursauta en voyant le Gallois qui le regardait.
– Tu es sûr que tout va bien ? insista-t-il.
– Oui, juste un peu fatigué, c'est tout.
Ianto fit une petite moue puis se glissa sous la douche et laissa l'eau délasser ses muscles avant de se savonner. Il ne pouvait s'empêcher de penser à la réaction du Capitaine.
– Peut-être que je devais le laisser partir finalement, se dit-il, il ne veut pas de moi, alors pourquoi lui imposer ma présence ?
Quand il retourna dans la chambre, l'immortel était déjà couché et fixait la porte. Quand il le vit sortir, il se redressa et écarta la couette. Ianto ignora l'invitation et partit dans la cuisine, une serviette autour de la taille. Il se prépara un café, réfléchissant toujours à ce qu'il devait faire.
– Tu m'en fais un, lui souffla Jack en l'embrassant dans le cou.
– Il est prêt, tiens, dit-il en lui tendant la tasse.
Pendant quelques instants, il le fixa puis rassembla son courage.
– Jack, j'ai été égoïste, commença-t-il. Je n'avais pas le droit de te demander de rester avec moi simplement pour que je puisse t'aimer, puisque ce n'est pas ton cas.
– Mais Ianto…
– Non, laisse-moi finir, le coupa-t-il, c'est déjà assez dur comme ça. Tu as sans doute raison, je dois voir des gens de mon âge, toi, tu n'as que faire d'un gamin comme moi. Je ne te demanderai plus rien mais je ne me refuserai jamais à toi, aussi longtemps que tu auras envie de moi, finit-il un sanglot dans la voix.
Le Capitaine s'approcha, prit sa tasse, la posa sur le comptoir et le serra dans ses bras. Ianto venait d'accepter de se détacher de lui, mais ce n'était pas ce qu'il souhaitait, il ne l'avait jamais voulu. Cependant, à bien y réfléchir, c'était ce qu'il lui avait demandé quelques jours plus tôt lorsque le Gallois lui avait avoué ses sentiments.
– Ianto, je ne veux pas que l'on se quitte, tu n'as pas compris, mais je ne peux pas te donner ce que tu attends et tu le sais.
– Tu sais ce que j'en pense Jack, pour moi, ça n'a aucune importance, mais je ne veux pas t'imposer ma présence.
– Oh Ianto, si tu savais comme je suis bien lorsque tu es prêt de moi, je ne me l'explique pas, mais c'est comme ça. Écoute, on en reparlera demain, pour le moment, nous sommes fatigués, nous devrions aller dormir, tu veux bien ?
– D'accord, fit-il en s'écartant.
Jack le lâcha puis le suivit jusque dans la chambre, ils se glissèrent sous la couette et Ianto vint se lover contre lui.
– N'empêche que je t'aime, répéta le Gallois en le regardant, et ça, tu ne pourras rien y faire.
Il ferma les yeux et se laissa gagner par le sommeil. Le Capitaine sourit et déposa un baiser sur son front puis s'assoupit à son tour.
Quand Jack ouvrit les yeux au petit matin, le Gallois dormait toujours. Doucement, il fit glisser sa tête sur l'oreiller puis quitta la chambre à pas de loup. Il se sentait bien et voulait que cette relation dure le plus longtemps possible, mais Ianto semblait avoir pris sa décision. Évidemment, il ne lui refuserait jamais son lit, mais il se ferait sans doute plus distant et il en souffrit. Il en était à ce point de ses pensées, lorsqu'il sentit deux bras l'entourer.
– Pourquoi t'es-tu sauvé ? demanda Ianto.
– Tu dormais, je n'ai pas voulu te réveiller.
– Je ne dormais pas, mais j'étais bien, je ne voulais pas bouger, c'est tout.
– Excuse-moi, finit le Capitaine en l'embrassant tendrement. Ianto, malgré tout ce que j'ai pu te dire, je suis bien près de toi, il faut que tu le saches.
– Je le sais, c'est pour ça que je suis toujours là, répondit le Gallois en prenant ses lèvres.
Après un tendre baiser, il le repoussa puis alla faire du café. Ce matin, il irait au Hub avec son leader et il ne devait pas le mettre en retard. Il rapporta les tasses et donna la sienne à Jack qui n'avait toujours pas bougé. Avec un sourire, il commença à boire son café sans le quitter des yeux.
Quand ils eurent terminé, Ianto récupéra les tasses pour les porter à la cuisine tandis que le Capitaine allait se préparer. Il avait toujours en tête les paroles que son amant avait prononcées la veille, c'était difficile à accepter, mais il avait tout fait pour convaincre le jeune homme de passer à autre chose. Cependant, comment lui pourrait-il se passer du Gallois ? Le voir tous les jours près de lui, lui parler, la vie était bien injuste. Il ne voulait pas que ça s'arrête et Ianto ne lui avait pas interdit son lit, alors tant pis, il continuerait à l'enivrer de leurs étreintes, sans jamais lui avouer qu'il l'aimait et le jour où son amant le quitterait pour quelqu'un d'autre, il l'accepterait.
Ianto s'habillait tout en le détaillant, quelque chose semblait le déranger, mais connaissant le Capitaine, il ne le lui dirait pas, alors à quoi bon poser la question. Jack se retourna et lui sourit. Il s'arrêta un instant et son cœur fit un bond. Comment ne pas désirer le Gallois lorsqu'il portait cette chemise rouge ?
– Tu sais que tu me mets au supplice, fit-il en s'approchant pour le prendre dans ses bras.
– Oui, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour te garder près de moi, ingénieux non !
– Je dirais plutôt diabolique, finit le Capitaine en prenant ses lèvres.
– On devrait y aller, souffla Ianto en quittant sa bouche.
– Tu as raison, il vaut mieux, sinon tu risques de ne pas quitter ta chambre de si tôt !
Ianto eut un petit rire qui réchauffa le cœur de l'immortel, il aimait le voir souriant. Après avoir récupéré son manteau, il précéda son hôte hors de l'appartement et ils quittèrent l'immeuble.
– Au fait, Ianto, lorsque tu retourneras au pub, fais-moi le plaisir de te méfier de l'homme qui t'a fait des avances, son attitude me dérange un peu, je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose. Je ne serais peut-être pas là pour t'aider.
– Bien sûr, fit-il en coulant un regard vers lui.
Jack s'inquiétait, c'était bon signe, il était peut-être un peu jaloux de l'attention que lui avait portée le client.
Le Gallois le quitta pour aller chercher le déjeuner et le Capitaine traversa la place.
– Déjà des visiteurs, se dit-il en voyant un homme assis non loin de l'office, Ianto va avoir du boulot aujourd'hui !
Il pénétra dans le bureau et referma la porte puis descendit dans le Hub. Il salua Tosh et la prévint que Ianto allait arriver puis monta dans son bureau. S'il arrivait à boucler quelques dossiers avant que le Gallois n'arrive, il pourrait passer un peu de temps avec lui.
À l'extérieur, après avoir attendu un moment, l'homme se leva. L'heure d'ouverture était passée et la porte était toujours fermée, peut-être qu'aujourd'hui encore, il n'y aurait personne. Il s'éloigna puis s'arrêta en reconnaissant la silhouette qui traversait la place. Il se tourna vers la baie, semblant observer l'horizon tout en surveillant le jeune homme qui entrait dans le bureau. Cependant, en voyant la porte se refermer, il hésita mais finalement retourna s'asseoir. La surveillance de la veille n'avait rien donné puisque le Gallois n'était pas venu travailler, mais aujourd'hui, il serait à son poste.
Ianto descendit préparer le café pour ses collègues et monta la tasse du Capitaine. Il s'assit sur le bord du bureau et lui tendit sa boisson. Jack la prit avec un sourire et en but une gorgée puis il posa sa main sur la cuisse du jeune homme et le regarda fermer les yeux au contact. Il se leva, s'installant entre ses jambes pour être au plus près et l'embrassa délicatement.
– Je viendrai te voir à l'office dès que j'aurai terminé, fit-il en le regardant.
– Si tu veux, de toute façon, j'en ai pour la matinée et j'ai vu qu'il y avait déjà quelqu'un, je file, à plus tard, lança-t-il en s'éloignant.
Le Gallois passa le sas et entra dans le bureau. Après avoir vérifié que tout était en ordre, il alla ouvrir la porte et passa dans la réserve puis revint avec un dossier. Quelques instants après, l'homme s'avança et posa ses bras sur le comptoir, dévisageant le jeune homme avec insistance.
– Bonjour, Monsieur, que puis-je pour vous ? demanda Ianto en relevant les yeux.
– C'est si gentiment demandé, répondit-il, peut-être accepter ma proposition de l'autre soir !
– Je suis désolé, mais il me semblait vous avoir dit que cela ne m'intéressait pas.
– Toi peut-être mon mignon, mais j'avoue que je n'ai pas la même idée et puis, tu étais déjà attirant en jean, mais cette chemise te rend bien plus sexy.
– Je préfèrerai que vous modériez vos paroles, dit Ianto sur le ton de la politesse, se retenant à grand peine de ne pas lui mettre son poing dans la figure. Je suis ici pour travailler et je pense que d'autres que moi seraient flattés de cette attention, vous savez où les trouver ! Je vous demanderai de bien vouloir sortir s'il vous plait.
– Pas de souci, tu travailles et je paie, c'est équitable non ! lança l'homme en contournant le comptoir.
– Je pense que vous être en train de faire une erreur, tenta Ianto, il vaudrait mieux que vous partiez.
Mais le client avançait toujours et au moment où il allait poser ses doigts sur la joue du Gallois, celui-ci s'en saisit et pour la seconde fois, l'homme se retrouva à genoux, le poignet malmené. Ianto l'obligea à se relever puis le poussa vers la porte. Une fois dehors, l'homme se redressa en se frottant l'articulation.
– Tu vas me payer ça ! cracha-t-il avec un regard mauvais. Je te jure que tu vas le sentir passer !
Il s'éloigna à grands pas et Ianto retourna dans l'office. Il s'assit un instant pour calmer son cœur qui s'était emballé sous l'angoisse de l'agression. Il respira profondément puis lut le courrier et les mails qui étaient arrivés pendant son absence.
Les représentants arrivèrent une heure plus tard et le Gallois fut très occupé. Il ne pensait plus à ce qu'il s'était passé, pourtant, dehors, l'homme était revenu et attendait que les lieux se vident. Quand les dernières personnes quittèrent le bureau, laissant Ianto seul, il s'avança prudemment. Il n'avait pas accepté le second rejet et il comptait bien se venger. Le jeune homme installait les nouveaux prospectus lorsqu'il entendit la sonnette d'entrée retentir et se retourna. Face à lui, il avait le visage furieux de l'homme éconduit et l'angoisse le reprit quand il constata qu'il était armé d'une batte de base-ball. Un premier coup explosa le portant, faisant voler les documents et Ianto se réfugia derrière le comptoir. Il réfléchissait vite puis appuya sur un bouton, il fallait prévenir ses collègues.
Dans la base, une alarme retentit et Tosh se connecta pour savoir ce qu'il se passait. Quand elle vit les images sur l'écran, elle se mit à hurler.
– Jack, Ianto a des problèmes !
Le Capitaine se précipita dans les escaliers et jeta un coup d'œil rapide. Son cœur rata un battement, il avait eu raison de se méfier de cet homme. Il se précipita dans le couloir, suivi par Tosh et Owen qui tentaient de le rattraper.
Dans le bureau, Ianto essayait toujours d'échapper aux coups, il sortit de l'office et se retrouva à l'air libre. Mais avant qu'il n'ait pu faire quelque chose, il reçut un coup violent dans les reins. Sous la douleur, il perdit connaissance et s'écroula. L'homme se pencha sur lui et constatant qu'il l'avait gravement blessé, se mit à courir. Ouvrant la porte à la volée, le Capitaine traversa le bureau et se figea un instant la main posée le mur. Jack blêmit en voyant son amant à terre, mais il reprit sa course, il savait que Owen le suivait. Avant qu'il ait eu le temps de quitter la place, le Capitaine rattrapa l'agresseur et le plaqua à terre. Puis il le redressa et le força à revenir auprès du blessé.
– Tosh, appelle les flics qu'ils embarquent ce pourri. Owen, comment va-t-il ?
– Je ne sais pas encore Jack, laisse-moi un peu de temps, mais il faut le descendre à l'infirmerie. Écoute, je vais aller chercher un brancard, attends-moi ici.
Le médecin se précipita dans le bâtiment et en ressortit quelques minutes plus tard avec le matériel. La police venait d'arriver et procéda à l'interpellation de l'agresseur. Derrière la vitre de la voiture, l'homme souriait en regardant le Gallois toujours couché, face contre terre, sans connaissance.
Le Capitaine prit sa main et passa ses doigts sur sa joue, les yeux au bord des larmes puis il regarda Owen lui poser une minerve en prévention et préparer le déplacement.
– Ok, Jack, on va y aller en douceur. D'abord, on le retourne et Tosh va glisser le brancard. Tu es prêt ?
– Oui, c'est quand tu veux.
– Bien, alors à trois… un, deux, trois, fit-il en amorçant le mouvement de rotation.
Quand le jeune homme fut retourné, l'informaticienne plaça le support et se retira, laissant ses collègues déposer le blessé. Ianto était pâle comme la mort et Jack s'inquiéta.
– Owen…
– Oui, je m'en occupe, le coupa-t-il en posant ses doigts sur la carotide.
Après quelques instants, il soupira et regarda son leader.
– Il est vivant, mais il faut le descendre. Aide-moi, ça urge !
Rapidement, ils soulevèrent le jeune homme et partirent dans les profondeurs de la base, précédés par Tosh qui ne cessait de se retourner. Arrivés dans la baie médicale, ils l'installèrent et Owen prépara le scanner, il devait rapidement connaître l'étendue des blessures.
Patiemment, le Capitaine attendit, la jeune informaticienne blottie dans ses bras. Son regard passait de son amant inerte au médecin qui s'affairait autour de lui. Ce dernier retira la minerve et l'examina consciencieusement puis se tourna vers son leader qui le fixait du regard.
Owen semblait chercher ses mots, il devait annoncer une mauvaise nouvelle à son Capitaine, mais ne savait pas comment s'y prendre.
– Écoute Jack, je ne vais pas te mentir, mais je pense que cette fois, c'est bien plus grave, il aura sans doute du mal à s'en sortir.
– Que veux-tu dire ?
– D'après le scanner, il semblerait que les lésions de sa colonne vertébrale soient importantes, je ne sais pas s'il pourra remarcher un jour. De ce que j'ai pu constater, il aurait une fracture de la vertèbre T12 avec compression de la moelle épinière. Pour le moment, il ne doit plus rien ressentir en dessous la ceinture et il risque de devoir se déplacer en fauteuil pour le restant de sa vie.
– Ce n'est pas possible, il doit y avoir quelque chose à faire, lui répondit son leader presque dans un murmure.
Il s'avança près du lit, n'ayant même pas remarqué que Tosh était partie en larmes après avoir entendu ces quelques phrases.
Ianto ne pouvait pas rester diminué à ce point, Jack savait qu'il ne le supporterait pas, il le connaissait trop bien. Pour le moment, le Gallois était endormi, mais à son réveil, Owen devrait lui dire à quel point son état était grave.
– Tout ce que je peux te dire, c'est que dans l'état actuel de mes connaissances, je ne peux rien faire de plus, mais tu as voyagé, tu as vu des choses que je ne peux pas soupçonner, il y a peut-être des éléments qui nous aideraient, réfléchis et reviens me voir, on pourra peut-être adapter quelque chose. Bon, je te laisse, je vais voir Tosh, elle doit savoir. Pour Ianto, il ne faut pas qu'il reste seul, on doit éviter qu'il se sente rejeté. Quand il pourra se tenir assis, il faudra qu'il puisse continuer à se sentir utile, même s'il ne peut plus venir sur le terrain.
– Je suis d'accord, mais il n'acceptera jamais de rester cloîtré à la base, il faut que je trouve quelque chose, répondit Jack. Va voir Tosh et quand tu reviendras, je monterai dans mon bureau, j'ai besoin de réfléchir.
– Ok, j'y vais, lui dit le médecin en s'éloignant.
Jack se pencha sur le Gallois et déposa un baiser sur son front. Du bout des doigts, il caressa sa joue, il souffrait de le voir ainsi et s'en voulait de n'avoir pas pu intervenir pour éviter ce malheur. Pendant de longues minutes, il fixa son visage et sursauta lorsque Owen posa sa main sur son épaule.
– Je prends le relais, dit-il, tu peux aller te reposer un peu.
– Merci Owen, préviens-moi s'il y a du nouveau, répondit-il en quittant l'infirmerie après un dernier coup d'œil au blessé.
Il monta dans son bureau sous le regard triste de Tosh. Elle savait que le Capitaine s'en voulait, mais elle ne voyait pas vraiment ce qu'il aurait pu faire pour empêcher l'agression de leur ami. Le coupable avait été remis à la police et elle faisait confiance à la justice pour lui faire payer son acte.
Jack ferma la porte et s'installa dans son fauteuil. Il avait le cœur lourd de tristesse, mais il devait être fort, son amant aurait besoin de lui lorsqu'il se réveillerait. Les coudes sur la table, il posa sa tête dans ses mains et ferma les yeux, revoyant le sourire radieux du jeune homme. Reverrait-il un jour ce si merveilleux sourire ? Quant à le voir à nouveau déambuler dans la base, il préféra ne pas y penser. Au bout d'un moment, il s'occupa des dossiers en attente, Ianto lui avait préparé des rapports à signer et le mieux qu'il avait à faire pour l'instant, était de les mettre à jour pour plus avoir de temps pour s'occuper du Gallois lorsqu'il reprendrait connaissance.
À suivre…
