Chapitre 6
Quand il eut terminé, il alluma la CCTV et brancha la caméra de l'infirmerie. Les yeux fixés sur l'écran, il réfléchissait à ce qu'il pourrait proposer à Ianto pour qu'il ne se sente pas exclu de l'équipe. La transition allait être difficile, mais il ne le laisserait pas tomber, il resterait près de lui et lui ferait comprendre qu'il tenait toujours à lui. Il espérait juste que le Gallois ne prendrait pas ses attentions pour de la pitié.
En fin d'après-midi, Owen monta le voir. Il fut suivi par Tosh qui allait quitter la base.
– Jack, on va te laisser, dit le médecin, Ianto est toujours inconscient, mais il faut surveiller ses constantes. S'il se réveille pendant la nuit, il faut à tout prix éviter qu'il s'agite. Pour ça, je t'ai préparé une ampoule de tranquillisant à injecter dans sa perfusion. Ça ne le fera pas dormir, mais ça le calmera, il est important qu'il reste immobile. Demain, je vais faire rentrer un lit spécial sur lequel il sera sanglé. Je n'ai pas le choix, pendant quelques temps, il ne faudra pas qu'il bouge trop. Ce lit lui permettra quand même de s'asseoir, ainsi il pourra s'occuper s'il le souhaite.
– Ok, rentrez chez vous, on verra ça demain, répondit Jack.
– Tu veux que je reste ? demanda Tosh en s'avançant.
– Non, ça ira, va te reposer, de toute façon, il n'y a rien à faire de particulier pour le moment.
– À demain, Jack, dit Owen en prenant sa collègue par le bras pour l'entraîner vers la sortie. N'hésite pas à m'appeler si tu as un problème, je viendrai immédiatement.
– Ne t'en fais pas, je me débrouillerai. Bonsoir.
Les jeunes gens descendirent l'escalier, Owen attendit que Tosh aille voir Ianto et ils passèrent le sas pour quitter la base. Jack fixait toujours l'écran, des larmes montaient à ses yeux et malgré tous ses efforts, elles finirent par déborder et couler le long de ses joues. Il se leva et alla prendre une douche, puis il se rendit auprès du Gallois et resta près de lui toute la nuit.
Quand Owen arriva le lendemain matin, il tenait la main de Ianto et dormait, la tête posée sur son bras tout contre le jeune homme. Le médecin vérifia les appareils et les tracés puis il réveilla le Capitaine.
– Comment va-t-il ? demanda-t-il précipitamment en passa sa main sur son visage.
– Il n'y a rien de nouveau, je suis désolé. Il va falloir être patient. Tu devrais aller boire un café, je vais finir de faire le point et je viens te voir.
– Ok, tu en veux un ? s'enquit-il en partant vers la cuisine.
– Oui, mais tu sais te servir de sa machine ?
– Non, je vais utiliser l'autre, on attendra qu'il puisse s'en occuper lui-même.
– D'accord, répondit le médecin, regrettant déjà le divin nectar du Gallois.
Quand la boisson fut prête, il porta les tasses à ses collègues et s'arrêta quelques instants auprès de Tosh qui venait d'arriver.
– Comment vas-tu ? demanda-t-elle.
– Mieux que lui, c'est certain ! répondit-il, de la douleur dans la voix.
– Ne t'en fais pas, c'est un battant et nous serons là pour l'aider.
– Je le sais bien, mais le voir dans cet état…
– Je sais, dit-elle, comprenant sa peine. Je suis sûre qu'il va s'en sortir, il ne peut pas en être autrement, insista-t-elle tout en essayant de se convaincre que cela pouvait être possible.
– Je te laisse, j'ai des choses à voir.
Il la quitta et monta dans son bureau. Il avait eu une idée et voulait savoir si elle serait possible à mettre en œuvre. Pour cela, il lui fallait consulter le budget. Pendant une heure, il éplucha les documents puis finalement, il se redressa en souriant, il avait trouvé la solution, restait à en parler avec Owen et Tosh.
– Vous pourriez monter ? demanda-t-il de la passerelle.
Il retourna s'asseoir et attendit que ses collègues en fassent de même. Il pensait avoir trouvé la solution au problème posé par la prochaine participation du Gallois aux sorties de l'équipe.
– Bien, je sais comment permettre à Ianto de nous accompagner sur les interventions.
– Que veux-tu dire ? demanda Owen.
– C'est simple, il ne pourra pas intervenir comme nous, c'est évident, mais il pourrait conduire.
– Tu veux adapter le SUV ? lança Tosh, mais ça va demander du temps et que ferons-nous si nous en avons besoin ?
– Non, ce n'est pas vraiment mon idée. Depuis que Ianto s'occupe des comptes, il a réussi à dégager des sommes qui n'étaient pas utilisées et nous n'en avons rien dit à l'administration centrale. Donc, je pensais que nous pourrions commander un autre véhicule qui, lui, serait adapté.
– Tu te rends compte du prix qu'il coûterait ? s'inquiéta Owen. Je sais que tu fais ça pour lui, mais… et imagine qu'il ne s'en sorte pas !
– Ne dis pas ça ! Il guérira, j'en suis sûr !
– Je te crois, répondit le médecin, mais ce genre de véhicule n'est pas donné !
– Le prix n'est pas un problème, j'ai tout vérifié, le coupa le Capitaine. Ianto n'a pas son pareil pour débusquer les dépenses inutiles et tout ce qu'il a pu sortir du budget n'a pas été porté à la connaissance de la hiérarchie. Je crois donc que c'est une bonne utilisation des fonds. Tosh, qu'en penses-tu ?
– Je suis d'accord avec toi, mais comment veux-tu cacher le deuxième véhicule ?
– Nous ne le cacherons pas, il sera identique au premier. Il suffira que nous ne trouvions pas au même endroit avec les deux, du moins au début. Après, on verra bien, mais d'ici là, j'espère bien que Ianto sera à nouveau opérationnel, au moins pour nous accompagner.
– Je t'approuve, renchérit la jeune femme, c'est une chose qui pourra l'aider. Il sera important qu'il se sente utile et le fait de pouvoir nous conduire sur le lieu de l'intervention sera bénéfique.
Jack se tourna vers le médecin et l'interrogea du regard. Après un soupir, celui-ci acquiesça sans répondre.
– Ok, alors c'est décidé, je vais aller voir le carrossier et voir combien de temps il nous demande pour faire le travail. Owen, tu m'as dit qu'un lit devait arriver, tu l'auras quand ?
– En début d'après-midi, le fournisseur m'a téléphoné ce matin.
– Bien, alors j'ai le temps de m'occuper du véhicule. Je vous laisse, je n'en ai pas pour longtemps, dit-il en attrapant son manteau. Owen, appelle-moi s'il se réveille !
– Pas de souci, répondit-il en s'écartant pour le laisser passer.
Jack se dirigea rapidement vers le garage, il espérait être auprès de Ianto lorsqu'il se réveillerait. Cela faisait deux jours qu'il était sans connaissance et il priait pour qu'il aille mieux rapidement.
Deux heures plus tard, il était de retour. Il se rendit directement à la baie médicale, mais Ianto était toujours inconscient. Owen secoua la tête, lui signifiant qu'il n'y avait rien de nouveau. Le Capitaine retourna dans son bureau et accrocha son manteau puis fixa l'écran de surveillance.
Une demi-heure plus tard, le lit fut livré. Aidé par Tosh, Jack déplaça le canapé pour l'installer, ainsi, Ianto serait toujours parmi eux, mais il pourrait également se reposer s'il le souhaitait derrière un paravent que le Capitaine avait remonté de sa chambre. Une fois que tout fut en place, il rejoignit Owen qui avait préparé le déplacement du Gallois. Il avait été décidé de le laisser sur le matelas et de déplacer l'ensemble, ainsi Ianto ne serait pas trop manipulé.
Pour rigidifier le matelas, le médecin fit glisser une planche au-dessous et les deux hommes l'empoignèrent et allèrent le déposer sur le lit. Une fois qu'elle fut retirée, le médecin s'assura que Ianto était bien installé et replaça la perfusion. Le moniteur avait été rapproché du lit et Owen le ralluma. Tosh s'avança et posa sa main sur la joue du Gallois. Après un regard au Capitaine, elle rejoignit son poste, reprenant l'examen de ses fichiers.
Jack retourna dans son bureau et continua de lire des dossiers, posant de temps en temps le regard sur l'écran de la caméra pointée sur le jeune homme.
Dans le courant de l'après-midi, le Capitaine eut envie de rester seul avec Ianto. Il descendit voir ses collègues et leur demanda de partir. Tosh hésita, mais finalement, elle obéit et attendit que Owen la rejoigne. Quand l'alarme du sas se tut, Jack resta quelques instants au centre de la salle avant de s'approcher du lit. Il embrassa le front du Gallois, lui murmurant quelques mots et s'assit près de lui. En fin de soirée, il s'assoupit, la tête posée sur le matelas, il était épuisé nerveusement et ne voyait pas ce qu'il pouvait faire pour sortir le jeune homme de son semi-coma. Après quelques heures, il se redressa, il avait senti une crispation sur sa main et leva les yeux vers Ianto. Il croisa le regard douloureux de son amant.
– Tu es enfin réveillé, Dieu soit loué, dit-il doucement. Non, ne parle pas, le coupa-t-il en le voyant ouvrir la bouche. Owen t'a donné des analgésiques, tu ne devrais pas trop souffrir. Je vais l'appeler pour lui dire que… Ok, on verra demain, finit-il en voyant le regard suppliant de Ianto. Repose-toi, c'est ce que tu as de mieux à faire. Demain, on t'expliquera ce qu'il s'est passé.
Ianto referma les paupières, une larme coulant doucement que Jack essuya de son pouce. Il posa délicatement ses lèvres sur celles de son amant et passa sa main sur sa joue. Le jeune homme se rendormit et le Capitaine attendit l'arrivée du médecin.
Quand l'alarme du sas retentit, il se leva et s'approcha, un léger sourire sur les lèvres. Owen comprit et se pencha pour apercevoir le Gallois qui avait ouvert les yeux. Le médecin tapa sur l'épaule du Capitaine et se rendit auprès du blessé.
– Salut Ianto, heureux de revoir parmi nous, dit-il avec un sourire. Tu peux te vanter de nous avoir fait peur.
– Je…
– Ne force pas, ça viendra tout seul. Pour le moment, il est important que tu te reposes. Jack, appela-t-il, viens m'aider.
L'immortel s'approcha, il ne voyait pas trop ce qu'il pouvait faire, mais il resta près de Ianto.
– Que veux-tu que je fasse ?
– Reste-là et assure-toi qu'il reste calme, je vais lui dire.
– Ok.
– Ianto, je préfère t'expliquer ce qu'il se passe. Comme je l'ai dit à Jack, ton agresseur n'y a pas été de main morte. Le coup que tu as pris t'a fracturé une vertèbre et ça te comprime la moelle épinière. Tu n'es pas sans savoir que dans ce cas, ça pose un problème de motricité. Donc pour le moment, il semblerait que tu ne puisses plus bouger le bas de ton corps.
Devant le regard affolé du Gallois, Jack se rapprocha encore et prit sa main, tentant de le rassurer.
– Ne t'agite pas, ce n'est pas bon, c'est pour ça que tu es attaché sur ce lit. Si tu souffres, je peux te donner ce qu'il faut, mais tu dois rester tranquille.
Les yeux de Ianto se remplirent de larmes, ce n'était pas tant sa blessure qu'il lui faisait mal, c'était plutôt le fait que sa relation avec Jack allait se terminer bien plus tôt qu'il ne l'aurait souhaité. Le Capitaine sembla deviner le fond de sa pensée et se pencha vers lui pendant que Owen allait chercher un calmant.
– Ne t'en fais pas, je ne vais pas t'abandonner pour ça, je serai toujours près de toi, peu importe ce qu'il se passera. Pour le moment, pense à guérir, c'est le plus important, dit-il avec un sourire tendre.
Le Gallois ne le quittait pas du regard, cherchant à se convaincre de la véracité de ses paroles. Ce qu'il refusait, c'était toute forme de pitié, qu'elle vienne de Jack ou de l'un de ses deux autres collègues.
Owen lui administra le produit et Ianto se rendormit. Il venait d'apprendre des nouvelles importantes et il était préférable qu'il n'y pense pas trop. Demain était un autre jour et il serait toujours temps de répondre à toutes ses questions. Quand Tosh arriva, Jack la prévint du réveil du Gallois, elle sourit et l'embrassa sur la joue avant d'aller voir son ami. Il semblait détendu, mais elle souffrait de le voir attaché.
Pour s'assurer qu'il ait les meilleures chances de guérir, Owen avait demandé à ce que le jeune homme soit opéré, la vertèbre devait être réparée et remise en place avant toute chose. Une tente bulle aseptisée fut montée dans l'infirmerie et Jack aida le médecin à installer Ianto qui avait été légèrement sédaté pour se détendre. Une fois à plat ventre sur le lit, Ianto fut préparé et endormi, surveillé de très près par Tosh qui s'occupait des moniteurs. De l'autre côté de la séparation hermétique, le Capitaine se sentait bien inutile, il aurait préféré être auprès de son amant, mais Owen avait refusé, il fallait éviter au maximum un risque de contamination qui pourrait se révéler dangereux. Après deux heures et demi d'intervention, le médecin leva le pouce en direction de son leader. Il venait de refermer la plaie et se préparait à mettre un pansement.
L'opération s'était bien déroulée, Ianto fut réinstallé sur son lit et de nouveau attaché pour éviter tout mouvement qui entraverait sa guérison.
Les jours qui suivirent furent pénibles pour Ianto, la douleur de l'opération était bien présente, mais les calmants ajoutés aux médicaments passant dans sa perfusion lui permettaient de la supporter et il avait compris que s'énerver ne servirait à rien. Il s'était résigné à rester tranquillement installé et Jack lui avait même donné des dossiers pour lui occuper l'esprit, non pas qu'il y avait du travail en retard, mais parce qu'il savait que le Gallois souffrait de rester inactif. C'était plus fort que lui, il fallait toujours qu'il s'occupe, l'immortel s'était même arrangé pour que la machine à café soit près de lui sur une table qu'il pouvait déplacer électriquement pour qu'elle soit à portée de sa main, ce qui avait tiré quelques sourires au jeune homme, pour le plus grand plaisir de Jack.
Le Capitaine continuait de surveiller Ianto par caméra interposée et le jeune homme en profitait pour lui jeter quelques regards. Il savait que derrière l'objectif au-dessus duquel clignotait le point rouge, il y avait son amant et cela le réconfortait.
– Ianto, pourrais-tu me faire un café ? demanda Tosh en s'approchant.
– Bien sûr, répondit-il en souriant, quelqu'un d'autre en veut un, lança-t-il à la cantonade.
Du fond le l'infirmerie, Owen accepta et Jack descendit apporter sa tasse. Quand les boissons furent prêtes, Tosh alla l'apporter au médecin, laissant le Capitaine auprès du Gallois.
– Tu sembles aller mieux, dit-il en s'asseyant.
– Disons que je ne me sens pas plus mal.
– Ok, je te comprends, mais il faut être patient, il faut déjà que ta vertèbre se répare correctement, ensuite, tu feras de la rééducation et je n'abandonne pas l'idée de te voir remarcher.
– Je pense que tu te fais des idées, je n'ai aucune illusion, je vais rester cloué dans un fauteuil et tu ne pourras rien y changer.
– Tu ne dois pas penser une chose pareille.
– Au moins, une chose est certaine, c'est que tu n'auras pas à me larguer.
– Que veux-tu dire ? demanda le Capitaine.
– Que veux-tu faire avec un paraplégique, dit-il avec des larmes dans les yeux.
– Ianto, je t'interdis de dire ça, tu dois te battre. Ça ne te ressemble pas de baisser les bras, tu ne l'as jamais fait, alors ce n'est pas aujourd'hui que tu vas commencer, répondit Jack en se levant, visiblement secoué par les paroles qu'il venait d'entendre.
Surprise par les éclats de voix, Tosh leva la tête et regarda le Capitaine partir d'un pas rapide et vit une larme rouler le long de sa joue. Elle regarda le Gallois qui venait de mettre son visage dans ses mains, puis après une hésitation, elle s'approcha de lui. Quand il sentit la main le toucher, Ianto baissa les bras, s'attendant à voir son amant.
– Tosh, dit-il doucement.
– Ianto, tu devrais lui faire confiance. Il est là pour t'aider.
– Il ne peut rien faire pour moi.
– Bien sûr que si et tu le sais aussi bien que moi. Il tient à toi et ça se voit.
– On peut aussi tenir à une chien ou à un chat, mais ce n'est pas pour autant qu'on ne s'en séparera pas si un problème important se présente.
– Tu ne dois pas dire ça, je suis sûre qu'il a des sentiments pour toi, même s'il ne te le dit pas. Quand tu étais inconscient, il est resté à te veiller, jamais il n'a pensé à te remplacer.
– Mets-toi à ma place Tosh, en quoi veux-tu que je puisse être utile dans mon état !
– Effectivement, pour le moment, c'est un problème, mais je pense que bientôt tu comprendras que ce n'est que provisoire, répondit-elle essayant de le convaincre.
– Je ne peux rien faire, je me sens totalement inutile. Remplir des dossiers et faire du café n'est pas vraiment ce qui me passionne.
– Je le sais, mais à chaque jour suffit sa peine, des jours meilleurs viendront et lorsque tu te rappelleras ce que tu as traversé, tu sauras que tu n'auras jamais été seul. Jack peut être un peu ours quelquefois, mais je suis sûre qu'il préfèrerait être à ta place.
– Il n'aurait pas de mal, tu sais bien que rien ne peut l'atteindre, railla Ianto.
– Écoute, si tu veux pleurer sur ton sort, libre à toi, mais pense à ceux qui t'aiment et que tu fais souffrir par ton attitude, répondit-elle les larmes aux yeux.
– Excuse-moi Tosh, dit-il en prenant sa main, mais j'en ai assez d'être cloué dans ce lit. J'ai toujours été très actif et je ne supporte plus cette immobilité.
– Ok, je vais voir avec Owen ce que l'on peut faire. Mais ne t'attends pas à un miracle, tant que tu n'auras pas retrouvé l'usage de tes jambes, il faudra te contenter de ce qu'un fauteuil peut te permettre.
– Ce sera mieux que de rester dans ce lit, crois-moi, je commence vraiment à avoir le dos en compote. Pour le reste, je n'en sais rien, je ne le sens pas, finit-il avec un léger sourire.
Ravie de voir que Ianto n'avait pas perdu son sens de l'humour, elle l'embrassa sur la joue et partit rejoindre Owen. Le Gallois les regarda discuter, surprenant des coups d'œil du médecin. Celui-ci acquiesça et vint le voir.
– Comment te sens-tu ? demanda-t-il.
– Ça pourrait aller mieux, mais il faut bien que je m'en contente, non !
– Pour savoir ce que je peux te proposer, il faut que je t'examine.
– Ok, alors vas-y, de toute façon, je n'ai rien de mieux à faire en ce moment, répondit Ianto.
– Ouais ! Je m'en doute. Tosh, peux-tu aller me chercher ma trousse. Jack, cria-t-il, j'aurai besoin d'un coup de main.
Quand il sortit de son bureau, le Capitaine s'arrêta un instant, regardant vers Ianto. Il avait suivi sa conversation avec Tosh sur l'écran et avait constaté que la patience de la jeune femme avait, une fois de plus, fait des merveilles.
– Alors, tu viens ! insista le médecin.
– J'arrive, dit-il en dévalant les escaliers.
– Bien, tu vas m'aider à le tourner, il faut que je vois la blessure. Ianto, nous allons y aller doucement, le plus important est que tu te détendes, tu nous laisses faire, ok !
– Oui, vas-y, répondit-il doucement.
Jack se pencha sur lui et Ianto ferma les yeux en le sentant si près de lui, il aurait tellement voulu être blotti contre lui au lieu d'être bloqué dans ce lit.
– Ça va aller, lui dit Jack. Owen, c'est quand tu veux.
Délicatement, ils le retournèrent et Tosh s'éclipsa pour que son collègue puisse examiner la blessure. Avec d'infinies précautions, il enleva le pansement et regarda la plaie. Elle était propre, mais les fils étaient toujours en place et il était temps de les enlever.
– Ianto, ça risque d'être un peu douloureux, veux-tu un calmant ?
– Non, vas-y.
– Ok, alors ne bouge pas. Jack, assure-toi qu'il reste tranquille.
Le Capitaine prit la main du jeune homme et planta son regard dans le sien. Ianto y lut de la douceur, mais aussi de la douleur. Il se rendait compte que ses paroles l'avaient blessé, mais il ne voulait pas être un poids. Jack avait des besoins et s'il restait dans cet état, il ne pourrait plus le satisfaire et il ne voulait pas être présent lorsque l'immortel lui aurait trouvé un remplaçant. Il avait une solution pour l'obliger à passer à autre chose et il n'hésiterait pas à la mettre en œuvre si le besoin s'en faisait sentir.
À suivre…
