Chapitre 7
Délicatement, le médecin retira les fils puis il désinfecta et pansa la plaie. Pendant toute l'opération, il avait vu que Ianto n'avait pas quitté le Capitaine des yeux. Leurs regards se parlaient, étincelaient de temps en temps comme si tout pouvait être dit sans une parole. Owen avait finalement compris qu'ils tenaient vraiment l'un à l'autre, mais maintenant comment allaient-ils surmonter ce qu'il s'était passé ! Quand il eut terminé, il les laissa quelques minutes pour ranger son matériel.
– Ok, Ianto, tout va bien. La cicatrice est belle, il te faudra encore un peu de patience, mais je pense pouvoir te trouver quelque chose de mieux que ton lit.
– Quand ? demanda le Gallois.
– Laisse-toi encore une petite semaine, le temps que la cicatrisation prenne bien sans les fils. Il ne faudrait pas que je sois obligé de t'en poser à nouveau si tu la rouvres, tu comprends ?
– Ok, alors encore une semaine ! Bien, je pense pouvoir y arriver, mais j'aimerais pouvoir aller prendre l'air, tu crois que c'est possible ?
– Oui, mais pas aujourd'hui, on verra ça demain si tout va bien. Pour le moment, il faut te réinstaller et que tu te reposes un peu. Jack, tu m'aides ?
Ils remirent le jeune homme sur le dos et relevèrent un peu le haut du lit, sans pour autant que le Gallois soit complètement assis. Appuyé contre les oreillers, Ianto ferma les yeux et soupira doucement. Owen prit le Capitaine par le bras et l'entraîna dans l'infirmerie.
– Jack, que comptes-tu faire ?
– À quel propos ?
– Je ne suis pas aveugle, j'ai bien vu comment tu le regardais, il a le même regard pour toi. Mais te rends-tu compte qu'il est paralysé !
– Oui ! Et alors, quel est le problème ?
– Je te rappelle qu'il ne ressent plus rien sous la ceinture et je ne suis pas sûr que tu ais fait vœux de chasteté.
– Écoute, pour le moment, ce n'est vraiment pas ce qui me préoccupe le plus. Je ne veux qu'une seule chose, c'est qu'il quitte ce lit, ensuite, il sera toujours temps de prendre d'autres dispositions. Je veux qu'il sache que l'on a toujours besoin de lui et pour le reste, ça ne regarde que lui et moi.
– D'accord, mais je voulais te prévenir des risques…
– Quels risques ? le coupa le Capitaine. Je n'ai pas l'intention de coucher avec lui dans l'état où il est, si c'est ce que tu sous-entends !
– Non, ce n'était pas ça, je sais bien que tu ne le ferais pas, mais il risque de se sentir inutile, il va avoir des sautes d'humeur et peut-être même des accès de violence, que ce soit contre les autres ou éventuellement contre lui. Il te faudra le surveiller et être prudent.
– Tu veux dire qu'il pourrait vouloir se suicider ! C'est bien ça !
– Oui, j'ai déjà vu quelqu'un en arriver là pour éviter d'être un poids pour ceux qui l'aimaient et il ne s'était pas loupé, alors veille sur lui.
– Ne t'en fais pas, c'est bien mon intention. As-tu une solution pour sa mobilité ?
– Oui, je vais contacter la société médicale qui nous a fourni le lit et leur demander de me livrer un fauteuil. Je sais que ce n'est sans doute pas grand chose, mais au moins, il pourra bouger. La seule chose, c'est qu'il faudra toujours que tu descendes chercher ton café, dit-il avec un petit sourire.
– S'il n'y a que ça, je veux bien continuer et si ça pouvait ramener un peu de joie de vivre sur son visage, je serais même prêt à le faire sur les mains !
– J'imagine le tableau, lança Owen en éclatant de rire. Ok, tu devrais aller le voir, fit-il en reprenant son sérieux, tu peux lui dire pour le fauteuil, je pense que ça lui fera plus plaisir que si c'est moi qui le lui annonce.
– Merci Owen, répondit le Capitaine en se dirigeant vers son amant.
Ianto avait toujours les yeux fermés, Jack le regarda quelques instants puis il posa un baiser sur son front et monta dans son bureau. Le jeune homme était vraiment endormi et il voulait qu'il se repose.
Quand Ianto ouvrit les yeux, la base était calme. Il resta quelques instants à regarder autour de lui, surpris de pas voir ses collègues. L'horloge indiquait 13 h 20, ils n'étaient donc pas rentrés chez eux. Il attrapa la commande et redressa la tête du lit. Jack, en entendant le bruit du moteur, sortit de son bureau et vit avec satisfaction que son amant était réveillé. Il descendit le voir, un sourire sur les lèvres.
– Comment vas-tu ? demanda-t-il en arrivant près de lui.
– Ça va, Owen n'est pas là ?
– Non, avec Tosh, il est parti chercher le repas. Je l'ai envoyé chez ton traiteur.
– D'accord. Et pour aller faire un tour, il a une solution ?
– Oui, je vais te montrer, répondit Jack en partant vers le sas.
Il revint en poussant un fauteuil qui avait été déposé par le fournisseur. Il s'arrêta près du lit et fixa son regard sur le jeune homme.
– Si j'ai bien compris, c'est ça sa solution !
– Écoute Ianto, pour le moment, tu n'as pas vraiment le choix. Il faut d'abord que ton dos guérisse pour envisager de la rééducation. En attendant, tu pourras toujours te promener avec ça, au moins, tu ne seras plus bloqué dans ce lit. Ce n'est pas ce que tu voulais ?
– Si, excuse-moi, dit-il doucement, mais j'en ai assez. Je ne suis jamais resté sans rien faire aussi longtemps.
– Tu ne restes pas sans rien faire, les dossiers que tu as traités étaient importants et n'oublie pas qu'il n'y a que toi qui sache faire marcher la machine à café, dit-il avec un clin d'œil qui tira un sourire du jeune homme.
Jack s'assit près sur le lit, lui prit la main et la porta à ses lèvres, déposant un baiser au creux de son poignet. Ianto ferma les yeux au contact de la bouche sur sa peau et gémit doucement. Quand il les rouvrit, il croisa le regard azur du Capitaine, celui-ci souriait et le Gallois sentit une boule au creux de son estomac.
– Jack, souffla-t-il, je voudrais que tu m'embrasses.
L'immortel s'approcha et passa sa main sur sa joue, posant ses lèvres délicatement sur les siennes. Ianto répondit au baiser, agrippant la chemise pour rapprocher son amant. De sa langue, il quémanda le passage et la bouche s'ouvrit, laissant sa consœur venir à sa rencontre. Le baiser se fit plus passionné, Jack sentait monter le désir en lui, mais il se rendit compte que Ianto souffrait de ne rien ressentir. Lorsqu'ils se séparèrent, il vit des larmes couler de ses yeux et les essuya d'un baiser.
– Ne t'en fais pas, murmura-t-il à son oreille. Il faut être patient, c'est trop tôt.
L'alarme du sas retentit et Jack se tourna vers les arrivants. Tosh sourit en voyant que Ianto était réveillé et elle s'approcha de lui.
– Ça va ? demanda-t-elle en posant un baiser sur sa joue.
– Oui, merci, dormir m'a fait du bien.
– Tu as mal ?
– Non, pourquoi ?
– Il me semble que… non, rien, finit-elle devant le regard réprobateur du Gallois. Je vais préparer le repas. Il est sympa ton traiteur, Ianto, lança-t-elle de la cuisine. Quand il a su que la commande était pour toi, il a ajouté quelques douceurs. Il nous a dit que tu en raffolais. Il te connaît bien.
– Oui, mes parents se fournissaient déjà chez lui quand ils habitaient Cardiff.
Elle rapporta le plateau qu'elle posa sur la table près du lit et la déplaça pour que le Gallois puisse se servir.
– Je vois que Jack t'a montré ton carrosse, dit Owen tout en continuant de manger, mais interdiction de partir en ballade avant demain. C'est bien compris !
– Oui, ne t'en fais pas. Tout ce que je veux, c'est aller respirer l'air frais.
– Je te comprends, mais tu resteras près de l'office, ok !
– Oui, c'est d'accord.
Ils terminèrent de manger et Ianto s'occupa de faire le café. Jack monta avec sa tasse et ferma la porte du bureau, il avait besoin d'un peu de tranquillité pour contacter le carrossier. Depuis qu'il avait passé commande pour le nouveau SUV, il n'avait eu pas de nouvelle et voulait savoir où en était le véhicule.
Les yeux fixés sur la porte fermée, Ianto se posait des questions. Le baiser que Jack lui avait donné était toujours aussi tendre et passionné, mais s'il avait remarqué que le corps du Capitaine avait réagi à l'échange, il n'en était pas de même pour lui.
Il s'appuya contre son oreiller, écoutant d'une oreille distraite ce que lui disait Tosh. Quand elle s'aperçut qu'il pensait à autre chose, elle retourna à son poste, le laissant seul. Fixant toujours la porte, il la vit s'ouvrir et détourna le regard. Jack sortit et s'arrêta un instant avant de descendre rejoindre Owen.
– Tu es sûr qu'une sortie ne lui fera pas de mal ? demanda le Capitaine.
– Non, au contraire, mais pas de ballade en voiture. Il vaut mieux attendre pour ça et je préfèrerai qu'il ne reste pas seul.
– Aucun souci, je sortirai avec lui.
– Bien, mais essaie de le raisonner, il vaut mieux qu'il y aille progressivement.
Jack acquiesça et retourna auprès de Ianto.
– Ta première ballade est prévue demain matin, j'espère que ça te fait plaisir !
– Oui, bien sûr, répondit le Gallois, le regard un peu éteint.
– Écoute, pour tout à l'heure, on en reparlera quand nous serons seuls, tu veux bien ?
– Oui, soupira le jeune homme.
– Bien, alors essaie de dormir un peu, c'est ce qu'il y a de mieux à faire pour le moment. Je vais sortir, j'ai une course à faire, mais je n'en ai pas pour longtemps. Tiens, je te laisse ça pour le cas où tu aurais besoin de me contacter.
Il lui remit son oreillette et Ianto lui sourit puis reposa sa tête et ferma les yeux. Jack quitta le bâtiment et se rendit dans le centre-ville. Il entra dans un magasin de sport et expliqua au vendeur ce qu'il recherchait. Après avoir fait son choix et réglé son achat, il retourna au Hub, un sourire satisfait sur le visage.
En fin d'après-midi, après que Owen se soit assuré que Ianto allait bien, le médecin quitta la base et raccompagna Tosh, laissant les deux hommes en tête-à-tête. Jack était assis près du lit, essayant de dérider son compagnon en lui racontant quelques anecdotes de son passé mouvementé. Après un soupir, Ianto prit sa main et embrassa ses doigts.
– Jack, pourquoi restes-tu ici ? Je peux me garder tu sais ! De toute façon, où veux-tu que j'aille dans mon état ?
– Veux-tu que je m'en aille ?
– Tu perds ton temps avec moi, j'ai fini par le comprendre, répondit le Gallois presque en murmurant.
– Tu sais, il y a une chose amusante dans tout ça, dit le Capitaine en le regardant. Il y a quelques semaines, c'est moi qui te demandais de passer à autre chose et toi qui refusais. Tu ne trouves pas que c'est comique ?
– Pas vraiment, de mon point de vue en tout cas, railla Ianto.
– Je voudrais que tu comprennes qu'il n'est pas dans mes intentions de te laisser seul, lui dit Jack en se penchant vers lui. Peu importe le temps que cela prendra, mais je ferai tout pour que tu remarches et tu sais à quel point je peux être têtu. Après, tu feras ce que tu veux, si tu ne veux plus que nous poursuivions, j'accepterai ta décision, mais en attendant, tu n'as pas le choix, il te faudra me supporter.
Ianto le fixa, sentant de la douleur dans la voix de son amant. Il avait une envie terrible de le prendre dans ses bras, de l'embrasser, il voulait sentir sa peau contre la sienne, s'endormir dans ses bras. Mais c'était devenu impossible, il n'était plus rien, tout ça parce qu'un autre homme n'avait pas accepté qu'il le repousse. Il finit par fermer les yeux en essayant de se déconnecter de cette douleur sous-jacente. Demain, c'est ça, il verrait demain.
Voyant que Ianto cherchait à s'endormir, Jack remonta dans son bureau. Il rangea la boite et descendit prendre une douche. Il s'allongea sur son lit, les yeux fixés dans le vide. Le Gallois lui manquait, il aurait voulu qu'il soit couché près de lui, il avait tellement envie de le goûter à nouveau, de toucher sa peau, d'embrasser ses lèvres. Il se traita d'égoïste, dans son état, le jeune homme ne pourrait rien ressentir, il ne pensait qu'à son propre plaisir. Les larmes aux yeux, il essaya de dormir. Demain, il sortirait sur la place avec lui et ils pourraient profiter de la journée ensoleillée qui était prévue.
À son réveil, il s'habilla et descendit voir Ianto. Celui-ci dormait encore et Jack passa ses doigts le long de sa joue puis le laissa pour aller faire le tour des cellules. La nuit avait été calme, depuis quelques jours, la faille était tranquille et il espérait qu'elle continuerait ainsi. Il décida d'aller chercher des viennoiseries pour le petit déjeuner et sortit par l'ascenseur invisible, ne détachant son regard du Gallois que lorsqu'il fut sur la dalle.
Lorsque Ianto ouvrit les yeux, il toucha sa joue à l'endroit où le Capitaine avait posé ses doigts. Quand il était venu près de lui, il n'avait pas voulu réagir, lui faisant croire qu'il dormait encore. Il avait entendu l'ascenseur monter et avait senti le regard de son amant posé sur lui. Il soupira puis remonta la tête du lit et approcha la machine pour faire du café. À ce moment-là, le sas s'ouvrit, laissant passer Tosh qui vient le saluer.
– Tu as passé une bonne nuit ? demanda-t-elle.
– Oui, merci, mais j'ai quand même hâte de rentrer chez moi, mon lit est plus grand.
– Je veux bien te croire, répondit-elle en riant. Jack t'emmène faire un tour aujourd'hui, prendre l'air te fera du bien, j'en suis sûre.
– Moi aussi, j'avoue que ces murs commencent à me sortir par les yeux, dit-il en soupirant.
Un peu plus tard, l'alarme retentit de nouveau, annonçant l'arrivée de Owen qui était suivi de Jack. Celui-ci se dirigea vers le Gallois et posa le sac avec un sourire.
– Tiens, lui dit-il, il faut que tu prennes des forces et ensuite, en selle !
Ianto le dévisagea un moment, le Capitaine semblait bien gai ce matin, cela contrastait avec l'air soucieux qu'il avait eu la veille en allant se coucher. Jack se pencha et lui planta un baiser sur les lèvres, sans se soucier du regard de ses deux autres collègues.
– Ton café va refroidir, dit-il en lui tendant sa tasse, surpris par cet élan de tendresse.
– Merci Ianto. Owen, nous pouvons sortir combien de temps ?
– Commence par une heure maximum. S'il n'est pas trop fatigué, il pourra recommencer cet après-midi après avoir dormi un peu.
– Ok, alors Ianto ! Finis ton croissant et ton café et je repasse te chercher, lui dit Jack en montant l'escalier.
Dans son bureau, il regarda ses mails et constata que le carrossier l'informait que le véhicule était prêt et qu'il pouvait venir le chercher à sa convenance. Il lui répondit qu'il passerait le lendemain en début de matinée, pendant que Ianto dormirait. Avec un sourire aux lèvres, il récupéra la boite et retourna auprès du jeune homme qui l'attendait.
Le médecin lui expliqua comment quitter son lit en le faisant descendre à hauteur du fauteuil afin de pouvoir se glisser sur l'assise. Installé au mieux, Ianto les regarda, un sourire éclairant son visage. Enfin, il allait pouvoir échapper une heure à ce lit, une heure qu'il allait passer à sentir le soleil caresser sa peau, une heure à respirer l'air frais de la baie. Jack se plaça derrière lui et le poussa jusqu'au sas. Ils ne pouvaient pas passer par l'ascenseur invisible, ils se contenteraient de l'office de tourisme.
Quand il sortit au soleil, Ianto cligna des yeux, prenant une grande goulée d'air frais. Jack le regarda faire, un sourire aux lèvres. Il aimait voir le jeune homme heureux et cela se lisait sur son visage. Il s'accroupit près de lui et lui tendit la boite. Le Gallois le regarda un peu surpris et ouvrit le couvercle, découvrant une paire de mitaines du meilleur cuir. Devant son air interrogateur, Jack lui sourit.
– Je ne veux pas que tes jolies mains soient abîmées par les roues, dit-il en prenant un gant pour le lui mettre. J'ai envie qu'elles restent toujours aussi douces.
Ianto se laissa faire puis tendit ses mains devant lui pour juger de l'effet. Il serra les poings pour adoucir le cuir et empoigna les roues pour avancer.
– Merci, dit-il doucement.
– Tu me remercieras en guérissant, répondit le Capitaine en prenant son menton pour tourner son visage vers lui. Allez, on va faire un tour. Quand tu en auras assez, tu le diras, je te pousserai, ne va pas t'épuiser inutilement.
– Aucun risque, j'ai bien envie de ressortir cet après-midi. Et je sais que Owen est capable de m'en empêcher.
Lentement, ils traversèrent la place, allant s'installer face à la baie. Jack lui proposa d'aller boire un verre et Ianto accepta, se laissant mener vers le Café Rouge sur Mermaid Quay. Ils s'installèrent en terrasse afin que le Gallois puisse profiter du soleil. Tranquillement, ils consommèrent leur boisson puis ils rentrèrent à la base avant que le temps autorisé par Owen n'expire. Le soir, le Capitaine avait l'intention d'emmener le jeune homme dîner à la Bayside et il devait se reposer.
Quand ils passèrent la porte, Ianto se tourna vers son amant, un sourire aux lèvres et lui murmura un remerciement. Cette visite à l'extérieur lui avait fait le plus grand bien, mais malgré tout, il se sentait un peu fatigué. Aidé par Jack et Owen, il se réinstalla dans son lit et se laissa aller au sommeil.
– Alors, tout s'est bien passé ?
– Oui, répondit le Capitaine, prendre le soleil lui a fait du bien. Ce soir, je l'emmènerai dîner s'il n'est pas trop fatigué.
– J'ai dit pas de voiture, insista Owen.
– Ce n'est pas un problème, nous irons à côté.
– D'accord, mais tâchez de ne pas rentrer trop tard, il ne faut pas qu'il exagère dès le premier jour sinon je devrais le garder ici.
– Fais-moi confiance, nous irons juste dîner, ça nous prendra au maximum deux heures et il ne fera aucun effort, je me chargerai de le pousser, même s'il refuse.
Jack quitta le médecin et s'arrêta un instant à côté de Ianto. Il sourit en voyant qu'il portait toujours ses gants et prit sa main pour les lui enlever. Le Gallois s'était endormi et le Capitaine en profita. Il les posa sur la table et monta dans son bureau.
Ianto dormit deux heures et se réveilla, croisant le regard de son amant penché sur lui. Jack lui sourit et l'embrassa doucement.
– Salut toi ! dit-il tout contre ses lèvres. Bien dormi ?
– Oui, il y a longtemps que tu es là ?
– Dix minutes, je te regardais dormir, tu avais l'air si tranquille ! Ce soir, Owen a accepté que je t'emmène à la Bayside, il t'accorde deux heures, c'est un progrès.
– Il ne faut pas te sentir obligé de faire ça, répondit le Gallois. Tu as sans doute autre chose à faire.
– Ce soir, non, rien ! lança Jack. Mais si ma proposition ne te convient pas, dis-le moi, je ferais livrer le repas ici et tu resteras dans ton lit.
Le regard que Ianto lui lança le fit sourire, il savait qu'il préférerait sortir plutôt que de rester encore cloué dans ce lit.
– Ok, pour ce soir, mais j'aimerai pouvoir prendre une douche, tu crois que c'est possible ?
– Oui, ton fauteuil peut aller sous l'eau. Quand tu le souhaiteras, je t'y accompagnerai.
– D'accord, alors nous verrons ça quand Owen et Tosh seront partis, dit-il avec un air plein de sous-entendus qui fit sourire le Capitaine.
Durant l'après-midi, le Gallois finit de relire les dossiers que Jack lui avait remis. Il jeta de temps en temps un coup d'œil à la paire de gants posée sur la table. Il savait que Jack lui avait retiré pendant qu'il dormait, s'étant assoupi trop rapidement pour le faire lui-même.
Le soir, Owen et Tosh quittèrent la base et Jack verrouilla les accès, interdisant ainsi un hypothétique retour impromptu. Il s'approcha de Ianto et lui proposa de l'accompagner aux douches. S'ils devaient aller dîner, il fallait laisser du temps au jeune homme pour se préparer. Le Gallois se glissa sur son fauteuil et accepta que le Capitaine le conduise. Une fois arrivé, Jack le laissa se déshabiller, attendant patiemment qu'il se soit douché. Ianto resta sans bouger, essayant de contrôler les battements de son cœur. La proposition de Jack de l'accompagner aux douches lui avait donné une idée, mais il ne savait pas vraiment comment faire. Lentement, il commença à se dévêtir, posant ses vêtements sur le banc, mais quant il en vint à son pantalon, il eut un problème, il ne pouvait pas l'enlever tout seul.
– Jack, appela-t-il. J'aurais besoin d'un coup de main, si tu veux bien.
– J'arrive, entendit-il répondre en voyant la porte s'ouvrir.
Le Capitaine avait posé son manteau à l'extérieur et il s'approcha.
– Que veux-tu que je fasse ?
– Je vais avoir besoin de toi, la commande de la douche est trop haute, Torchwood n'avait pas prévu l'emploi de handicapés, on dirait.
– Ianto, ne dis pas ça ! Je vais t'aider, j'arrive, dit-il en ressortant.
Quand il revint, il était uniquement vêtu de son boxer et le regard du Gallois se mit à briller d'un nouvel éclat. Il était satisfait, il avait réussi à amener Jack exactement là où il voulait qu'il soit. Petit à petit, il s'avança vers lui, le faisant reculer jusqu'à ce qu'il touche le mur. Le Capitaine le regardait faire, ne sachant pas trop comment réagir.
– Ianto… commença-t-il en sentant la main de son compagnon se poser sur sa jambe.
– Chut, lui répondit le Gallois.
À suivre…
