Chapitre 8

Jack ferma les yeux sous le contact de la main qui commençait à le caresser. Ianto s'approcha encore et laissa ses doigts glisser sur le bas-ventre de son amant, remontant au plus haut qu'il le put, tout en déposant un baiser sur la peau. Le Capitaine gémit quand le Gallois effleura son boxer déjà malmené par une érection naissante. Avec un sourire, Ianto descendit doucement le tissu, libérant le sexe désireux. D'une main légère, il se saisit du membre, l'autre faisant tomber le vêtement dont Jack se débarrassa un geste du pied. Le jeune homme s'avança encore, s'installant entre les jambes que son amant avait écartées.

Délicatement, il caressa le sexe, le titillant du bout de la langue, écoutant les soupirs, sentant le corps se tendre sous ses mains. Jack glissa ses doigts dans les cheveux de Ianto, accompagnant le mouvement de va-et-vient qu'il avait débuté en le prenant dans sa bouche. Le Capitaine sentait monter le plaisir et le Gallois s'appliqua à lui faire perdre pied progressivement, par des mouvements rapides puis d'autres plus lents, caressant toujours sa peau du bout des doigts.

Tantôt, il jouait avec sa langue en emprisonnant le membre dans sa bouche, tantôt, il en dessinait la longueur du bout des lèvres, glissant sa main dans l'entrejambe. La respiration du Capitaine devint plus saccadée, son souffle se fit plus court, ses doigts se crispèrent dans les cheveux de Ianto, annonçant l'imminence de la jouissance. Ianto accéléra ses va-et-vient jusqu'à ce que Jack se libère dans un cri, secoué par des spasmes violents.

Le Gallois continua d'aller et venir sur le sexe radouci, laissant l'immortel reprendre ses esprits avant qu'il ne se penche. Il posa sur lui une regard plein d'amour qui surprit le jeune homme. Il avait tellement cherché cette lueur qu'il regrettait maintenant de l'avoir trouvée. Il ne pourrait plus partager le lit du Capitaine à présent.

– Ianto, tu n'avais pas à faire ça, dit-il en reprenant son souffle.

– Je sais, mais j'en avais envie. Ne me dis pas que tu regrettes !

– Non, absolument pas, mais…

– Alors, tout est bien, le coupa-t-il en s'écartant. J'aimerai prendre ma douche maintenant, tu peux m'aider ?

Jack se baissa pour lui retirer son pantalon et son boxer. À la vue de son sexe inerte, une larme coula le long de la joue du Gallois. Le Capitaine essuya sa peau et prit ses lèvres délicatement.

– Sois patient, lui dit-il, ta blessure est récente. Je suis sûr que tout ira bien.

Ianto leva vers lui un regard embué de larmes et acquiesça d'un signe de tête. Jack lui donna le gel et appuya sur la commande de douche. Une eau bienfaisante s'écoula sur le corps du jeune homme, noyant les larmes qui s'étaient mises à couler. Lorsqu'il eut terminé, le Capitaine l'aida à se sécher, le déplaçant sur le banc pour pouvoir mettre une serviette sur l'assise du fauteuil. Enveloppé dans un drap de bain, Jack le ramena dans la salle informatique. Il l'aida à enfiler son boxer et son pantalon et lui mit ses chaussettes et ses chaussures, le laissant s'occuper de la chemise. Ianto avait tenu à mettre la rouge et regardait d'un air satisfait son reflet dans la glace.

– Tu es magnifique, susurra le Capitaine en posant un baiser dans son cou.

Une fois la veste enfilée et la cravate vérifiée, Jack attrapa son manteau et conduisit son amant à l'extérieur jusqu'à la Bayside Brasserie où il avait réservé une table en extérieur. Le serveur, les connaissant bien, fut surpris de voir Ianto dans un fauteuil, mais ne releva pas et les accompagna puis il les laissa s'installer et leur apporta les cartes et les apéritifs.

La soirée passa rapidement, trop rapidement même au goût du Gallois et lorsque Jack décréta qu'il était temps de partir, il soupira mais se dégagea de la table. Au pas du promeneur, ils retournèrent à la base et le Capitaine aida Ianto à se coucher.

– Merci pour cette soirée, murmura l'immortel en posant un baiser sur ses lèvres. Maintenant, il faut que tu dormes sinon Owen va m'étriper demain.

– Jack… commença le jeune homme.

Le Capitaine s'assit près de lui et prit la main tendue.

– Qu'y a-t-il ?

– Pourrais-tu rester près de moi un moment ?

– Bien sûr, répondit-il en enlevant son manteau et en tirant une chaise à lui.

– Non, couche-toi près de moi.

Jack le regarda un instant, il hésitait, mais le regard suppliant du Gallois eut raison de lui et il s'allongea, prenant le jeune homme dans ses bras. Peu à peu, il le sentit se détendre, mais quand il se rendit compte qu'il s'était endormi, il n'osa pas bouger de crainte de le réveiller. À son tour, il se laissa gagner par le sommeil.

Au matin, ce fut blottis l'un contre l'autre que Owen les trouva en arrivant. Il sourit en constatant que le jeune homme semblait serein. Passer une soirée à l'extérieur, après l'enfermement de ces dernières semaines, devait lui avoir fait le plus grand bien.

Lorsque Jack s'éveilla, il constata la présence du médecin et se dégagea doucement de Ianto. Il se leva et se rendit à la baie médicale.

– Tout s'est bien passé ? demanda Owen.

– Oui, nous avons dîné sur la terrasse et nous sommes rentrés comme tu l'avais demandé. Il a passé une bonne nuit.

– Ok, alors c'est parfait. Que comptes-tu lui proposer aujourd'hui ?

– Je ne sais pas trop, nous sommes limités tant qu'il ne peut pas se déplacer en voiture.

– Pour ça, il vaut mieux attendre la semaine prochaine. Si la cicatrisation se passe bien, on pourra envisager de courts déplacements.

– Bien, je te remercie. Pendant qu'il dort encore, je vais aller chercher le nouveau SUV, le carrossier m'a prévenu qu'il était prêt. Ne lui dis rien, je voudrais lui en faire la surprise.

– Pas de problème, je pense que ça lui fera plaisir, il me semble un peu déprimé et ce n'est pas vraiment bon.

– Je vais m'en occuper, répondit le Capitaine avec un sourire.

Après un dernier regard au Gallois qui dormait toujours profondément, il quitta la base. Il devait se dépêcher, Ianto n'allait certainement pas tarder à se réveiller et il voulait être près de lui. Ce matin, il avait prévu de l'emmener dans le parc, une longue ballade en pleine nature ne pouvait que lui être profitable.

À son retour, quand il passa le sas, Tosh était auprès de son amant, celui-ci lui souriait, il avait l'air détendu. Après avoir déposé le sachet de viennoiseries, Jack s'approcha et l'embrassa sur le front. La jeune femme salua son leader puis les laissa. Ianto regardait son Capitaine, cela faisait déjà presque une heure qu'il s'était réveillé et il avait été déçu de voir que Jack n'était plus près de lui.

– Tu as été faire un tour ? demanda-t-il.

– J'avais une course à faire. Comment te sens-tu ?

– J'ai bien dormi et Owen m'a autorisé une sortie pour ce matin.

– Je sais, répondit le Capitaine. Tu vas déjeuner et ensuite, quand tu seras habillé, je t'emmènerai faire un tour dans le parc.

– D'accord, répondit Ianto avec un sourire.

Il se tourna vers la machine et prépara les cafés. Jack récupéra les tasses et les lui apporta tout en l'observant. Le Gallois semblait fatigué, il était un peu pâle et ses traits étaient tirés malgré la nuit de sommeil. Le Capitaine s'inquiétait un peu, Owen lui avait dit qu'il était déprimé, mais que pouvait-il faire pour l'aider ? Ianto lui tendit sa tasse et Jack s'assit sur le lit pour déguster sa boisson.

Une demi-heure plus tard, le jeune homme était fin prêt. Jack prévint ses collègues de leur départ et il se dirigea vers le garage, en poussant le fauteuil.

– Jack, Owen a dit que nous pouvions prendre la voiture ?

– Non.

– Alors où m'emmènes-tu ?

– C'est une surprise.

– Qu'est-ce que tu as encore manigancé ?

– Tu verras !

Ianto ne dit plus rien, se laissant conduire patiemment. Il avait remarqué que le Capitaine souriait et se demandait bien ce qu'il pouvait avoir prévu. En arrivant dans le garage, il constata qu'il y avait deux SUV. Jack s'arrêta et vint à côté de lui, l'observant attentivement. Le Gallois ouvrit la bouche, puis la referma, ne sachant pas quoi dire.

– J'ai trouvé la solution pour que tu nous accompagnes, dit le Capitaine visiblement fier de lui.

– Comment veux-tu que je conduise ? Je te rappelle que je n'ai plus l'usage de mes jambes !

– Ce n'est pas un problème, je vais te montrer, répondit son amant en l'approchant de l'un des véhicule par une rampe d'accès nouvellement aménagée.

Il ouvrit la portière et laissa Ianto observer l'intérieur. En examinant le tableau de bord, il constata que le véhicule avait été modifié et que même s'il y avait les pédales au plancher, il y avait également des commandes supplémentaires au volant. De plus, la rampe était à la bonne hauteur pour permettre au jeune homme de passer de son fauteuil au siège conducteur. Les larmes aux yeux, le Gallois regarda son amant qui se pencha pour poser un baiser sur ses lèvres.

– Quand tu iras mieux, tu pourras venir avec moi, lui murmura-t-il à l'oreille. Ce véhicule est pour toi.

– Merci, soupira-t-il.

– Non Ianto, tu n'as pas à me remercier, pour le moment, je sais que c'est un peu compliqué, mais tu verras, il y aura des jours meilleurs. Bien, c'est pas tout ça ! dit-il en se frottant les mains, mais si tu veux aller faire un tour, il ne faudrait pas trop tarder.

– Ok, on y va, répondit le Gallois en regardant toujours le véhicule.

Jack poussa le fauteuil et ils sortirent du bâtiment. Quinze minutes plus tard, ils entraient dans le parc et ils s'installèrent sous un arbre, profitant de l'ombre bienfaisante. Ils restèrent de longues minutes sans parler, puis Ianto rompit le silence.

– Jack, crois-tu vraiment que nous avions besoin d'un nouveau véhicule ?

– Oui, je ne veux pas que tu restes à la base lorsque tu pourras nous accompagner. Tu ne pourras pas intervenir, mais un soutien motorisé peut nous être utile.

– Que va dire l'administration ? s'enquit le Gallois.

– Rien, ils n'ont pas à le savoir, je me suis servi des fonds que tu as pu dégager. Depuis que tu t'occupes du budget, c'est fou ce que tu as mis de côté. Dans quelques temps, on le leur dira, expliquant que lorsque nous devons nous séparer, nous avons besoin de deux voitures. S'ils ne sont pas idiots, ils comprendront.

– Je suis d'accord, mais quand ils sauront pour moi, ils vont me virer. Peux-tu me dire ce que je deviendrai alors ?

– Ianto, il est hors de question que je te laisse me quitter alors n'y pense plus. Je te l'ai déjà dit, pour le moment, tu n'as pas le choix, tu devras encore me supporter.

Le Gallois se perdit dans le regard azur de son compagnon. Celui-ci s'approcha et prit ses lèvres délicatement, passant sa main sur son visage et sur son cou, sentant frissonner la peau sous ses doigts.

– Jack, je commence à être fatigué, je voudrais rentrer, soupira Ianto en s'écartant de ses lèvres.

– Ok, on y va, répondit le Capitaine en se levant.

Ils retournèrent à la base tranquillement. De temps en temps, l'immortel baissait les yeux sur son amant, cherchant à percer ses pensées. Quand il lui avait demandé de rentrer, il avait senti de la douleur dans sa voix, est-ce sa blessure qui le faisait souffrir ou y avait-il autre chose ?

Quand ils passèrent le sas, Owen vint les attendre près du lit, laissant le Gallois s'installer tranquillement. Il l'examina, trouvant également qu'il semblait fatigué.

– Ianto, je crois que tu ne devrais plus bouger pour aujourd'hui, ça fait beaucoup de mouvements en peu de temps. Tu devrais reporter ta prochaine sortie à demain.

– D'accord, répondit le Gallois en posant sa tête sur son oreiller. Peux-tu me donner quelque chose, j'ai mal !

– Bien sûr, je reviens, répondit le médecin en se dirigeant vers l'infirmerie.

Jack le regardait toujours, voir son amant dans cet état le faisait souffrir, mais il devait se montrer fort pour pouvoir l'épauler, il ne servait à rien de montrer sa peine.

Quand Owen revint, il lui fit une injection et vérifia le pouls et la tension. Il nota les informations sur la feuille de suivi et laissa les deux hommes. Ianto ferma les yeux et s'endormit, Jack resta près de lui quelques instants puis rejoignit Tosh. Celle-ci tentait toujours de trouver la provenance de la créature qui avait percuté le Gallois quelques semaines plus tôt, mais malgré toutes ses recherches, elle n'avait rien de nouveau et aucune autre créature identique n'était réapparue.

– Jack, lui dit-elle, Ianto a vu le SUV ?

– Oui, mais même si je sais que ça lui faisait plaisir, j'ai l'impression qu'il se sent toujours inutile.

– Ça va passer dès qu'il pourra venir avec nous. Tu sais bien qu'il ne tient pas en place !

– Oui, justement, c'est ça le problème, pour le moment, il ne peut rien faire à part s'occuper du Hub.

– Je sais, répondit la jeune femme, c'est pour ça qu'il faut qu'il se sente entouré.

– Merci Tosh, dit le Capitaine.

Il se monta l'escalier et se retourna avant de rentrer dans son bureau pour regarder le jeune homme assoupi. Secouant la tête, il alla s'installer, alluma la CCTV et commença à lire les dossiers préparés la veille par le Gallois, jetant de temps en temps des coups d'œil sur l'écran.

Deux heures plus tard, il constata que Ianto était réveillé. Il ferma le dossier qu'il était en train de lire et descendit le rejoindre.

– Ça va ? lui demanda-t-il en s'asseyant.

– J'ai mal partout, répondit le Gallois avec une grimace. Je pense que j'ai exagéré. Si tu veux bien, ce soir, je préfère rester dans mon lit.

– Aucun souci, je ferai livrer le repas, tu me diras ce que tu souhaites manger.

– J'avoue que je n'ai pas très faim.

– Tu n'as pas le choix, si tu veux reprendre des forces et guérir, il te faut manger. De toute façon, si tu ne le veux pas, Owen te mettra une perfusion.

– Ok, je te laisse choisir, je n'ai pas de préférence.

Le Capitaine passa sa main sur son visage et Ianto ferma les yeux sous la caresse. Il s'en voulait d'être un poids pour son leader. Il détestait être assisté de cette manière, peu importe ce qu'il voulait faire, il avait besoin d'aide et il le supportait mal.

En fin d'après-midi, Owen et Tosh quittèrent la base et Jack verrouilla les entrées. Il voulait que rien, ni personne ne vienne les déranger. Il fit livrer des pizzas et ils passèrent la soirée à discuter de tout et de rien jusqu'à ce que Ianto finisse par fermer les yeux pour dormir. Le Capitaine resta près de lui un moment puis monta dans son bureau. Longtemps, il l'observa, posté derrière la baie vitrée, puis avec un soupir, il descendit dans sa chambre, prit une douche et se coucha.

Les jours qui suivirent furent tout aussi pénibles pour le jeune homme. Par moments, il se sentait très bien, plaisantant même avec ses collègues, mais à d'autres, il plongeait dans une déprime soudaine qui inquiétait le Capitaine.

Owen lui avait finalement donné l'autorisation de se déplacer en véhicule et la première sortie qu'il fit, ce fut installé au volant du nouveau SUV. Il rayonnait et Jack, près de lui, se sentait soulagé en le voyant si heureux. Ils sillonnèrent la ville, le Gallois s'émerveillant de la conduite souple de la voiture. Le préparateur avait vraiment fait du bon travail et le Capitaine ne sentait aucune différence quant à la conduite. Après presque deux heures de ballade, Ianto finit par reprendre le chemin du Hub et se gara près de la rampe. Jack descendit rapidement pour s'assurer que le jeune homme n'aurait pas de problème.

À suivre…