Chapitre 14
Jack ouvrit la bouche pour parler, mais la referma aussitôt, essayant de comprendre comment il s'y était pris. La caméra filmait la salle, alors comment avait-il fait ?
– Ok, c'est donc pour ça que tu prenais des douches aussi souvent ! fit-il en voyant le sourire du Gallois s'élargir. Tu m'as pris pour un imbécile !
– Non, absolument pas, je voulais t'en faire la surprise, c'est tout. Ne m'en veux pas Jack, je l'ai fait pour toi, pour nous, finit-il dans un souffle.
L'immortel le reprit dans ses bras et l'embrassa tendrement puis entreprit de défaire la cravate et de déboutonner le gilet et la chemise, passant ses mains sous le tissu.
– Jack, le repas… commença Ianto.
– On verra ça plus tard, le coupa-t-il en le couchant sur le canapé.
Le Gallois s'abandonna aux caresses et bien vite, il se retrouva torse nu, fermant les yeux en gémissant sous la volée de baisers que distillait la bouche de son amant. Tout en répondant à la langue qui s'était insinuée entre ses lèvres, Ianto débarrassa le Capitaine de ses bretelles puis de sa chemise, promenant ses doigts sur la peau tiède. Sa main glissa jusqu'à l'entrejambe, tirant un gémissement de son amant qui goûtait maintenant la peau de son cou. Il déboucla la ceinture, le bouton du pantalon fut défait et le tissu glissa, laissant apparaître le boxer malmené par une érection déjà bien présente. Il passa sa paume sur le vêtement, caressant le membre désireux.
Repoussant Jack, Ianto se redressa, l'obligeant à se lever puis se saisit de sa hampe tendue qu'il commença à caresser doucement. Assis sur le canapé, il attira le corps de son compagnon, une main sur ses fesses et l'autre débutant un lent va-et-vient. Sa langue se promena sur la peau sensible, sa bouche déposant de petits baisers délicats. Il alla titiller le frein, tirant des gémissements du Capitaine. Lorsqu'il le prit dans sa bouche, la sensation fut intense que Jack dut se contrôler pour ne pas jouir sur-le-champ. Il accompagna les allées et venues en ondulant du bassin, les doigts glissés dans les mèches brunes.
Par moment, Ianto accélérait ses mouvements et à d'autres, il les ralentissait, sentant à chaque fois une nouvelle tension dans le corps de son amant. Il écoutait ses râles de plaisir, tentant de prévoir l'instant où la jouissance l'emporterait. Une main toujours fermement ancrée sur le sexe et l'autre s'égarant dans l'entrejambe pour caresser la peau délicate des testicules, il sentait que le moment approchait. Il glissa un doigt sur le bord de l'anneau de chair et pénétra légèrement, provoquant une décharge dans le corps de son amant qui se libéra dans un cri. Ianto continua doucement ses mouvements, avalant toute la semence, ne voulant pas en perdre une goutte puis il releva la tête et croisa le regard un peu flou du Capitaine.
Celui-ci se baissa, mit ses mains sous ses bras et se redressa, l'obligeant à se lever pour le serrer contre lui. Il l'embrassa passionnément et le jeune homme répondit à son baiser, s'accrochant à sa nuque pour ne pas tomber. Ils se séparèrent pour reprendre leur souffle et restèrent quelques instants, se fixant intensément.
– On devrait aller dans ta chambre, murmura le Capitaine, tu seras plus à l'aise. Ce n'est pas la peine de trop forcer.
– D'accord, tu m'aides ?
Avec un sourire, Jack le prit dans ses bras malgré les protestations du Gallois et se dirigea vers le lit sur lequel il posa son précieux chargement. Il s'allongea près de lui et l'embrassa tendrement puis quitta ses lèvres pour goûter la peau de son cou, descendant sur la clavicule puis vers les tétons qu'il agaça du bout de la langue. Ianto sentait son corps réagir sous les caresses, les sensations étaient très intenses après ces longues semaines d'insensibilité.
Progressivement, Jack descendit le long de son torse, dessinant les abdominaux qui se contractaient sous la promenade de ses doigts. Il continua sa lente approche du bas-ventre du Gallois, glissant dans l'aine sans toucher le sexe durci, embrassant la peau, touchant la hampe de sa joue sans s'y attarder. Ianto se cambra sous le contact et laissa un gémissement passer la barrière de ses lèvres. Après s'être un instant éloignée, la bouche revint vers le membre dressé puis en goûta la longueur, remontant doucement jusqu'au gland.
Les sensations explosaient dans les reins du Gallois, le faisant se tendre de nouveau, les doigts glissés dans la chevelure de son amant. Quand le Capitaine le prit dans sa bouche, Ianto gémit, perdant pied de plus en plus rapidement. Il sentait l'orgasme monter beaucoup plus vite cette fois.
– Jack, souffla-t-il.
L'immortel sourit, il savait que le jeune homme ne résisterait plus très longtemps. Il passa sa main sur son ventre, descendit doucement sur l'aine puis s'immisça dans l'entrejambe et caressa la peau douce, accélérant régulièrement son mouvement sur le sexe gonflé de désir. Soudain, le Gallois poussa un cri, crispant ses doigts dans les cheveux, se tendant vers les lèvres qui l'enserraient et se déversa dans la bouche du Capitaine en de longs jets puissants. Jack quitta lentement le membre radouci en picorant la peau du torse secoué par des spasmes, revenant doucement vers la bouche entrouverte d'où l'échappaient soupirs et gémissements.
Il s'empara des lèvres de Ianto pour un long baiser langoureux, sa main caressant toujours le corps en sueur de son amant. Celui-ci ouvrit les yeux quand il sentit un souffle sur son visage et croisa le regard azur du Capitaine qui s'amusait des frissons qu'il distillait sur sa peau humide.
– Tu veux continuer ? demanda-t-il en fixant le jeune homme.
– Oui, souffla-t-il, oui, aime-moi.
L'immortel laissa glisser sa main vers le bas-ventre, touchant au passage le sexe qui réagissait de nouveau.
– Eh bien, dis-moi, tu es en forme, ironisa-t-il en picorant le visage de son amant.
– J'ai eu le temps de me reposer, fit-il avec un sourire.
Le Capitaine reprit ses lèvres, c'était de nouveau un baiser très doux, les langues se rencontrèrent, se caressèrent et Ianto le serra contre lui, sentant sa main entre ses cuisses. Il écarta les jambes, laissant le passage à la main vagabonde, il lui tardait de sentir son amant en lui, cela faisait si longtemps !
Jack quitta sa bouche pour rejoindre sa main et suça ses doigts avant de goûter le sexe réveillé, glissant entre les jambes pour venir dessiner les contours de l'entrée désirée. Lentement, délicatement, il fit pénétrer un doigt et s'arrêta en sentant le jeune homme se crisper dans un gémissement de douleur. Il continua d'aller et venir sur la hampe de chair, bougeant doucement pour qu'il s'habitue à lui. Peu à peu, le Gallois se détendit et accueillit un second puis un troisième doigt. Tous trois débutèrent une lente sarabande, préparant le passage pour le Capitaine.
– Viens, murmura Ianto, en écartant un peu plus ses jambes relevées. Prends-moi maintenant, je veux te sentir en moi, Jack.
Comment résister à pareille demande ? Le Capitaine enduisit de lubrifiant son sexe douloureux et se présenta devant l'anneau de chair. Lentement, par petites poussées, il franchit la barrière de peau et s'arrêta afin que le Gallois s'habitue à sa présence. Puis il se mit à bouger, s'enfonçant toujours plus profondément dans le corps de son amant, allant trouver son centre du plaisir. Ianto se cambra sous l'assaut, laissant échapper des râles de bien-être. Le Capitaine s'arrêta brusquement, il était au bord de la jouissance et voulait prolonger cette sensation de bonheur qu'il ressentait. Mais Ianto grogna et bougea son bassin, faisant de nouveau monter le désir. Jack reprit ses va-et-vient, de plus en plus longs, de plus en plus profonds et se saisit de son sexe en appliquant les mêmes mouvements, surveillant le moment où Ianto arriverait au paroxysme du plaisir afin de jouir en même temps que lui. Il n'eut pas longtemps à attendre. Tout en prononçant son prénom, les doigts crispés sur les hanches du Capitaine, Ianto se déversa entre leurs deux corps et Jack le rejoignit, se libérant dans celui de son amant.
Bloqué par les jambes qui ceinturaient ses hanches, l'immortel ne pouvait pas se retirer, il fit quelques allées et venues, fermant les yeux pour ressentir encore la pression de ce corps qui l'enserrait puis il sentit l'étau se relâcher. Il glissa doucement hors de son amour et se coucha près de lui, le prenant dans ses bras, cherchant à calmer les battements de son cœur qui s'était emballé.
– Je t'aime Cariad, murmura le Gallois.
– Moi aussi Ianto, je t'aime, répondit Jack en l'embrassant sur le front.
Ils restèrent ainsi, blottis dans les bras l'un de l'autre, pendant un long moment puis le jeune homme se redressa sur un coude pour regarder le visage de son amant.
– Merci, dit-il doucement en posant un baiser sur ses lèvres.
– Merci, mais pour quoi ? demanda Jack.
– Pour ça et pour tout le reste.
– Nous avons du temps à rattraper ! fit le Capitaine avec un sourire.
– Oui, mais pas aujourd'hui, demain nous devons aller au Hub, ne l'oublie pas.
– C'est vrai, admit l'immortel avec une grimace. Il nous faudrait des jours de congé, tu ne crois pas ?
– Oui, bien sûr, nous n'avons qu'à mettre une pancarte dans la faille en disant : Fermé pour congé ! Je crois que ça amuserait beaucoup les étrangers et les Weevils de passage.
Ils éclatèrent de rire, puis Ianto s'écarta et quitta le lit pour aller prendre une douche, encore mal assuré sur ses jambes. Jack le rejoignit, s'assurant qu'il arrive à bon port.
Pendant que le Gallois était sous l'eau, le Capitaine ne le quittait pas des yeux, il était heureux que tout ce soit finalement bien terminé. Mais il avait quand même fallu que ce malheur arrive pour qu'il lui avoue ses sentiments. L'avenir lui semblait maintenant beaucoup plus lumineux, il n'allait plus être seul désormais, Ianto l'aimait aussi profondément que lui-même et il ferait en sorte que cela dure.
Un peignoir sur les épaules et aidé par son amant, Ianto retourna dans la chambre où il attendit que Jack vienne le rejoindre. Son estomac criait famine, il était temps d'aller dîner.
– Tu ne te couches pas ? demanda le Capitaine en s'essuyant les cheveux.
– Tu te rappelles que j'avais préparé le repas, quand même ! répondit le jeune homme, les yeux rieurs.
– Bien sûr, nous avons pris un en-cas, reste à s'occuper le plat principal, fit-il en basculant Ianto sur le lit.
– Jack, tu es impossible, j'ai faim moi !
– Ok, laisse-moi faire, je t'apporte ton plateau.
– Mais je peux me lever, je ne suis pas handicapé, fit-il en s'arrêtant brusquement.
Le Capitaine le regarda un instant, il voyait briller des larmes dans les yeux bleus de son partenaire.
– Ce n'est pas ce que j'ai voulu que tu penses, dit-il en le serrant contre lui, je voulais juste que tu te reposes, je veux m'occuper de toi. Laisse-moi faire pour une fois.
Ianto acquiesça sans rien dire, il n'aimait pas dépendre de quelqu'un, il était trop fier pour ça, mais Jack avait raison, il avait encore besoin de lui.
L'immortel se leva et quitta la chambre. Il prépara le plateau et déposa les assiettes réservées au chaud par le jeune homme. Il ajouta les couverts et les verres ainsi qu'une bouteille d'eau minérale et retourna dans la chambre avec son chargement. Ianto l'attendait, confortablement calé contre ses oreillers, un sourire sur les lèvres quand il le vit entrer.
– Monsieur est servi, fit Jack les yeux rieurs en posant le plateau.
Il prit son assiette et s'assit sur la chaise près du lit. Ils dînèrent en silence, appréciant de nouveau les talents de cuisinier du Gallois. Lorsqu'ils eurent fini, Jack rapporta le café puis quand ils eurent terminé, se lovèrent l'un contre l'autre, se laissant gagner par le sommeil.
Au matin, quand Ianto ouvrit les yeux, il croisa le regard insistant de son amant. Il resserra sa prise autour de sa taille en soupirant doucement, il était bien.
Finalement, ils se levèrent pour prendre une douche rapide et Ianto laissa le Capitaine terminer seul pour aller préparer un café, simplement enveloppé d'une serviette.
De retour dans la chambre, le Gallois s'habilla et attendit patiemment le retour de son amant puis lui tendit sa tasse qu'il prit en souriant. Lorsqu'ils furent prêts, Jack attrapa son manteau et se tourna vers Ianto.
– Je vais demander à Owen de commander des béquilles pour toi, mais tu crois pouvoir aller à pied jusqu'au Hub ?
– Non, je vais y aller avec le fauteuil, je pense que je n'aurais pas la force de marcher autant, c'est encore trop tôt. À la base, ce sera différent et je les aurais toujours pour m'aider. J'ai vraiment hâte que tout redevienne comme avant.
– Tu sais qu'il est possible que tu ne puisses plus participer activement aux chasses, tu t'en rends compte j'espère ! dit le Capitaine.
– Oui, bien sûr, mais il y a toujours le SUV, je pourrais être là en renfort. C'est bien pour ça que tu l'as acheté, non ?
– Évidemment, mais je veux dire que tu devras nous attendre.
– Aucun problème, de toute façon, il y a aussi pas mal de boulot au Hub et ce sera plus facile debout que le cul vissé sur un fauteuil, crois-moi.
– D'accord, mais promets-moi de l'utiliser si tu en sens le besoin. Tu as fait d'énormes progrès, je ne le nie pas, mais ce n'est pas la peine d'exagérer.
– À vos ordres, mon Capitaine, fit-il en se touchant le front.
– Je vais d'en donner moi, du Capitaine, tu vas voir, répondit Jack en l'attrapant pour l'embrasser.
Quand ils se séparèrent, Ianto sourit, il se sentait bien. Maintenant, tout ira beaucoup mieux et il avait bon espoir de quitter ce fauteuil rapidement et définitivement.
– On devrait y aller, fit-il, Owen et Tosh doivent avoir besoin de nous, cela fait un moment qu'ils se débrouillent tout seuls.
– Tu as raison, on y va, répondit Jack en attrapant le siège pour l'amener près du Gallois.
Celui-ci s'installa et posa ses mains gantées sur les roues, puis réfléchit un instant et leva les yeux vers l'immortel qui le dévisageait.
– Tu as un problème Ianto ? demanda-t-il en le voyant hésiter.
– Non, mais je ne vais bientôt plus avoir besoin de ces gants, fit-il en montrant ses mains. Que vais-je en faire ?
– Et bien, tu n'auras qu'à te mettre au vélo ! lança Jack en d'éclatant de rire.
– Et tu trouves ça drôle, répondit le Gallois, après tout, pourquoi pas ! Mais il faudra t'y mettre aussi !
– Tu m'imagines sur ce genre d'engin, tu te moques de moi, n'est-ce pas ?
– Autant que toi, Jack, autant que toi !
Reprenant leur sérieux, ils quittèrent l'appartement et traversèrent la place. Ils entrèrent par l'office de tourisme et descendirent dans les profondeurs du bâtiment.
– J'ai hâte de voir leur tête, fit Ianto.
– Moi aussi, répondit Jack en se penchant pour l'embrasser. Tu devrais rentrer debout qu'en penses-tu ?
– Ok, mais reste près de moi, on ne sait jamais.
Dans la zone principale, Tosh était installée à son poste et finissait d'étudier des graphiques quand l'alarme du sas retentit. Elle leva les yeux et resta figée. Owen qui revenait de la cuisine, fut étonné par sa réaction. Il tourna la tête en direction de son regard et en comprit la raison : Ianto, le visage radieux, avançait dans la pièce en marchant, suivi de près par le Capitaine.
La jeune femme poussa un cri et se précipita vers le Gallois, le prenant dans ses bras. Ianto, légèrement déséquilibré, agrippa le bras de son amant pour ne pas tomber.
– Doucement Tosh, lui dit le Capitaine, il est encore un peu bancal.
– Oh pardon, fit-elle des larmes dans les yeux, mais depuis combien de temps marches-tu ?
– Environ quinze jours, dit-il.
– Mais tu ne m'as rien dit ! répondit Owen, visiblement surpris par les progrès considérables de son collègue.
– Je voulais réserver la surprise, dit-il en regardant le Capitaine.
Celui-ci posa un baiser sur ses lèvres, sans se préoccuper de la présence des autres membres de l'équipe. Owen, un peu gêné, détourna les yeux et Tosh les fixa avec un grand sourire. Quand Ianto et Jack montèrent les escaliers pour se rendre dans le bureau, le médecin interpella le Gallois.
– Excuse-moi Ianto, mais je voudrais savoir une chose, il est évident que Jack y est pour quelque chose dans ta guérison, mais ce n'est pas tout, qu'y a-t-il d'autre ?
– La volonté, Owen, répondit-il, on arrive à bien des chose à force de volonté !
Puis il continua lentement à monter, soutenu par Jack qui souriait. Owen secoua la tête en voyant la porte du bureau se refermer.
– Elle a bon dos la volonté ! fit-il avant de retourner à son travail, accompagné par le rire de Tosh.
FIN
