Chapitre 2 : Entrée fracassante

Lihin arriva après quelques secousses. Elle n'aimait pas, mais alors pas du tout les portoloins. Elle n'en avait prit que très rarement et c'était contre son gré la plupart du temps. Elle retient parfaitement l'envie de vomir que procure un tel voyage lorsqu'elle vit l'endroit dans lequel elle avait atterri.

« Je vous présente Miss Slast, qui sera avec nous cette année »

Lihin se retourna, d'où venait cette voix ? Elle était forte, comme amplifiée. Il y avait beaucoup de monde autour d'elle, des yeux ouverts la regardaient comme une étrangère. Elle percevait quatre grandes tables longitudinales aux différentes couleurs. Elle reconnu ce qu'on lui avait dit à propos des quatre maisons du collège Poudlard. Devant elle, s'étendait une grande table, mais disposée face aux autres tables. Celle des professeurs. Et elle le vit, au milieu de cette table, en face d'elle, le renommé Albus Dumbledore, sa baguette pointée sur sa gorge. Il lui accorda un sourire avant de se lever et de descendre la rejoindre.

Les chuchotements autour d'elle s'intensifièrent au point que l'on ne puisse plus appeler cela des chuchotements, le brouhaha la perturbait. Depuis combien de temps n'avait-elle pas entendu autant de bruit ? Il lui sembla que ce fut une éternité qu'elle s'était sombrée dans le silence. Elle pinça ses lèvres et contracta sa mâchoire, le directeur mettait un temps fou à arriver. La jeune fille se sentait de moins en moins bien. Elle était seule, avec ses bagages encombrant au milieu de l'allée où tous pouvaient l'épier et parler sur elle sans qu'elle ne l'entende. Le malaise s'accentua. Oh non, elle n'allait pas s'évanouir, c'était vraiment la dernière chose qu'elle souhaitait faire devant tout ses élèves et professeurs. Elle n'allait donc pas s'évanouir, n'est-ce pas ?

Elle s'aperçut bien assez vite que son regard diminuait, elle sentait que ses lèvres devenaient blanches. Tiens encore, je t'en pris pas maintenant, se suppliait-elle. Le seul moyen d'éviter ça était de s'assoir, c'est ce que son corps lui dit de faire, elle s'apprêtait à se poser sur une de ses valise lorsque que le directeur la rejoignit, il lui tendit imperceptiblement un morceau de chocolat en lui disant.

« Vous semblez bien pâle Miss Slast, prenez ceci immédiatement. »

Lihin ne se fit pas redire et croqua dedans. Après quelques secondes elle se sentait déjà mieux. Mais ce tapage auquel elle n'était plus habituée cognait fort contre ses tempes.

« Taisez-vous ! » gronda une autre voix à faire trembler des fantômes.

Toutes ces petites têtes se tournèrent vers la table des professeurs. Plus un bruit ne se faisait entendre dans la grande salle. Lihin dévisagea l'homme qui venait de lui épargner le bruit perturbant des quelques centaines d'élèves. C'était un professeur, habillé tout de noir, un professeur sombre qui semblait faire peur à chacun des jeunes de cette pièce. Son regard croisa le sien et le professeur se rassit.

« Suivez-moi » ajouta Dumbledore avec une voix calme, comme pour ne pas troubler le silence. « Laissez vos affaires, un elfe passera les prendre dans quelques secondes » voyant que la jeune fille s'apprêtait à les ramasser. « Nous allons dans mon bureau ».

Lihin le suivi, et, alors qu'elle allait passer la grande porte, Dumbledore se retourna et fit un signe en direction de sa table. Il reprit sa route.

« Je vous pris de bien vouloir m'excuser pour votre arrivée, j'aurais dû prévoir qu'à cette heure la salle est pleine et que vous ne seriez pas très à l'aise. »

Lihin ne répondit rien, il n'y avait rien à rajouter. Elle était encore terriblement mal à l'aise, le directeur ne semblait pas être très prévenant vis-à-vis d'elle. Le silence s'installa tandis qu'ils marchaient.

« Soit dit en passant, » continua le directeur pour faire la discution, « cette salle est, comme vous l'avez remarqué, celle où l'on se restaure, et le reste du temps pour travailler. Vous trouverez toujours un professeur dans la grande salle. Ah, voici les escaliers, je suis navré de vous faire une si courte visite, mais voyez-vous, c'est la rentrée et je suis débordé, ainsi que mes collègues. Je vous proposerai un élève qui se fera un plaisir de vous présenter cette école. »

« Oh, ce n'est pas la peine Monsieur, je préfèrerai la visiter seule. De toute façon, je ne retiendrai pas longtemps ce qu'on me dira » essaya-t-elle de se justifier.

Lihin n'avait pas envie qu'un élève soit dérangé pour lui faire une simple visite, et elle avait, en réalité, vraiment envie d'être seule à explorer ce château.

« Miss Granger serait parfaite pour ce rôle » ajouta-t-il comme si elle n'avait rien dit.

Lihin ouvrit grand les yeux, comment pouvait-on ignorer son souhait ainsi ? Le directeur ne vit pas son regard, elle se garda bien de le cacher tandis que l'escalier faisait son arrivée devant un nouveau couloir.

« Vous aurez besoin de quelqu'un, miss, expliqua-t-il finalement. Je doute que vous retrouviez votre chemin. A moins que vous ne disposiez de beaucoup de temps libre, comme on en donne aux premières années. Mais je suis en regret de vous annoncer que pour votre dernière année d'étude, les programmes sont chargés, et vous commencerez dès lundi prochain, c'est-à-dire, demain. » D'ailleurs, il faut que nous vous placions dans une des quatre… »

Pour Lihin, le directeur parlait tout seul, elle n'avait pas grand-chose à faire de ce qu'il disait. Même si ça la concernait, elle aurait plutôt voulu qu'il se taise. Elle voulait simplement du silence, elle voulait juste entendre ses pas résonner dans les couloirs sans fin. Elle se demandait si elle avait bien fait de changer d'école, elle voulait du changement certes, mais pourquoi celle-ci ? Elle était plus près de chez son père, et une école de garçon de l'intéressait aucunement, mais Poudlard, semblait ne pas vouloir d'elle. Le retard avec lequel elle était arrivée, la grandeur intimidante du château, et cette façon de séparer les élèves pour les faire s'affronter à la coupe des maisons ne lui convenait pas vraiment. Pour l'instant, elle n'avait pas d'ennemi ici, mais dès qu'elle entrera dans l'une ou l'autre des maisons, la concurrence se fera sans cesse, son amie de Beauxbatons le lui avait assez expliqué. Dans tous les cas, elle se retrouvait ici, alors elle verrait comment cela se passera.

Au bout de quelques minutes, ils s'arrêtèrent de marcher, et se trouvèrent devant une grande statue d'un animal avec des ailes il était entouré d'un escalier qui s'arrêtait à ses pieds. Lihin ne savait pas quel animal magique c'était, car c'était sûr, il provenait du monde magique. Elle se le demandait en l'admirant, il était magnifique.

« C'est un phénix ma chère, la statue identique à celui que j'ai dans mon bureau. Les frères Weasley m'ont forcé à relâcher l'aigle que j'avais autrefois. Si vous voulez bien prendre la peine d'entrer… »

Lihin s'exécuta en s'avançant sur la première marche. Elle entendit Dumbledore dire un mot de passe et l'escalier se mit à bouger. Si elle était sûre de ce qu'elle venait d'entendre, Lihin aurait certainement toussé de surprise. Elle avait entendu le mot de passe comme étant « thé à la menthe ». Mais c'était évident que ce ne devait pas être ce mot de passe, il était le renommé Albus Dumbledore, le seul sorcier pouvant tenir tête à Lord Voldemort. Et après tout, chacun ses mots de passe, elle aussi n'était pas fière des mots de passe qu'elle avait mis sur son ordinateur, elle manquait énormément d'imagination lorsqu'il était question d'en choisir un. Par exemple il y en avait un qui était « montre de lumière », tout ça parce qu'elle avait une montre et qu'elle voyait de la lumière dedans, un autre était « bisous de mathématiques », allez savoir pourquoi, elle-même ne s'en rappelait plus.

Ils arrivèrent enfin dans, ce qu'elle jugea, comme le bureau du directeur. Un cri aigu se fit entendre, elle remarqua un oiseau rouge sur un perchoir près du bureau. Elle l'analysa, c'était donc ça un phénix. Elle en avait entendu parler bien sûr, cet animal alimente bien des contes et des légendes, mais jamais elle n'avait su à quoi il ressemblait véritablement. Son regard restait attaché à l'oiseau, elle l'admirait.

« Ce n'est pas une parfaite représentation que vous avez en bas à votre porte, » dit-elle sans quitter l'animal des yeux. « Vous sous-estimez la beauté de ce phénix, Professeur. »

Dumbledore eu un sourire, et alla s'asseoir derrière son bureau en faisant signe à la jeune fille de faire de même en lui désignant un siège devant lui. Lihin prit place en gardant toujours au coin de l'œil ces plumes rouges qu'elle n'arrivait pas à quitter.

« Cette bestiole attire les regards en effet. Je ne comprends pas pourquoi, n'est-ce pas Fumseck ? Mais je ne parlais pas de lui lorsque j'énonçais la représentation parfaite, je parlais plutôt de ceci » dit-il en avançant vers elle une miniature de la statue qui se trouvait sur le bureau.

Lihin baissa les yeux, en effet c'était la même. Elle le regarda sans expression, pourquoi lui parlait-il de cette babiole sans intérêt ? Elle ne répondit pas et détourna le regard vers l'ensemble de la pièce. Ce n'était pas tellement grand. Des objets et des livres recouvraient les murs. Le bureau était plein de papiers et des portraits ronflants étaient accrochés au peu d'espace qu'il restait. Lihin devina qu'il s'agissait là des anciens directeurs de Poudlard. Elle n'en reconnu aucun, ils n'étaient pas célèbres ici… à part Dumbledore. Mais lui n'était pas encore en état de cadre.

« Comment s'est passé votre trajet, Miss ? » tenta Dumbledore pour lancer la conversation.

Lihin s'en rendit parfaitement compte, et elle ne voulait pas qu'il lui fasse la conversation, elle voulait qu'il en vienne au fait, qu'il lui présente le fonctionnement de l'école, qu'on lui donne des livres, des robes, de quoi travailler. Alors elle lui répondit d'un ton qui ne voulait pas la conversation facile.

« Rapide »

Elle sentit le directeur la regarder par-dessus ses petites lunettes en demi-lune, elle n'en avait cure. C'est lui qui l'a mise en retard, lui qui la fait débarquer grotesquement devant des centaines d'élèves, lui qui la fait prendre un portoloin dont chacun sait que l'usage est très désagréable. Et il lui demande comment s'est passé son trajet ! Qui était donc le grand sorcier qui pouvait faire face à Voldemort ? Pour l'instant, Lihin ne voyait qu'un directeur d'école qui ne savait pas très bien s'occuper d'une nouvelle élève.

« Entrez » dit Dumbledore.

Ce qui eu comme réaction de faire sursauter la jeune fille. Personne n'avait frappé à la porte pourtant. Puis elle entendit la poignée s'abaisser, elle se retourna pour voir qui arrivait dans le bureau.

« Nous n'attendions plus que vous, chers professeurs » dévoila le directeur d'une voix posée.

Lihin se sentit bête, Dumbledore voulait lui faire la conversation en attendant que les professeurs arrivent. Ce n'est pas qu'elle croyait qu'il allait la retenir longtemps avant d'énoncer les points essentiels, mais elle le soupçonnait presque.

Elle vit que Dumbledore s'était levé pour les accueillir. La jeune fille se mit alors debout précipitamment devant quatre professeurs de Poudlard et le sorcier reconnu comme étant le plus puissant de ce siècle.

Merlin… Timidité, éloigne-toi au lieu de me prendre dans tes bras.