Chapitre 3 :

Dumbledore avait disposé six sièges en cercle et chacun avait pris place. Lihin ne savait où se mettre, elle restait aussi fermée que possible et pensa réussir à ne pas montrer son malaise face à ses nouveaux professeurs. Pourquoi fallait-il tout ce remue-ménage pour une nouvelle arrivante ? Etait-il nécessaire que toutes les personnes importantes de Poudlard soient réunies ici seulement pour son arrivée ? Mais Dumbledore savait mettre les gens à l'aise, il fit apparaitre une petite table de salon avec du thé et des bonbons jaunes. D'un coup de baguette il servit le thé à chacun et Lihin attrapa sa tasse bien chaude ainsi qu'un bonbon que le directeur lui tendait en souriant. Elle s'aperçu qu'aucune des autres personnes présente n'en prit, elles avaient refusé poliment.

« Bien, commençons. Voici Lihin Slast qui débute une septième année avec nous. Lihin, je vous présente les quatre directeurs des maisons de Poudlard. »

La jeune fille parcourue des yeux les personnes qui lui était présenté. Elle reconnu tout de suite l'homme noir à la voix si grave qui avait fait taire entièrement la grande salle. Vu de près, elle le trouvait vraiment intimidant.

« Voici le Professeur Rogue, fit Dumbledore en le désignant de la main. Il est directeur de la maison des Serpentard et professeur de potion ».

L'homme noir la regardait sans un signe de tête ou un mot pour lui souhaiter la bienvenue.

« A sa gauche, je vous présente le professeur Flitwick, directeur de la maison des Serdaigle et professeur de sortilèges. » continua Dumbledore sans se soucier de l'absence de réaction du professeur Rogue.

Lihin détourna alors les yeux de ce dernier et remarqua un tout petit professeur avec de grandes chaussures. Elle le trouvait ridicule. Jusque dans son nom il l'était : Flitwick.

« Bienvenue Miss Slast » fit ce dernier en se levant pour aller lui serrer la main.

« Merci, professeur » répondit-elle en lui prenant la main.

Il était peut être ridicule, mais il lui semblait être le plus sympathique des professeurs pour l'instant. Elle le regarda se rassoir et tourna la tête lorsqu'elle vit la main de Dumbledore lui désigner la personne à sa gauche. C'était une dame assez ronde et habillée de vert qui lui fit un petit signe de main en guise de bienvenue. Elle avait un visage violet… comment dire ? C'était violet, et au milieu il y avait un petit sourire.

« Voici la directrice de la maison des Poufsouffle, professeur de botanique, madame Chourave, reprit le directeur. Et enfin, je vous présente le professeur Macgonagall, termina-t-il en désignant la femme assise à gauche de Lihin. Directeur de la maison des Griffondor et est également professeur de métamorphose. »

« Bonjour Miss Slast » dit cette dernière à la jeune fille.

« Bonjour » répondit-elle en la regardant.

A-t-elle toujours les lèvres aussi pincées ? Cette femme était impressionnante elle aussi. Droite comme un i, des traits durs, elle semblait en avoir vu des choses dans sa vie.

« Bien, nous allons à présent déterminer votre maison » annonça Dumbledore à Lihin. « Severus, auriez-vous l'amabilité d'attraper le choixpeau qui se trouve juste derrière vous, s'il vous plait. »

Lihin vit l'homme noir se lever et prendre un vieux tissu poussiéreux, posé en haut d'une bibliothèque. L'homme se tourna vers la jeune fille pour lui tendre froidement l'objet. Elle leva les yeux vers son visage pour voir si cette froideur n'était pas le fruit de son imagination. Le regard austère qu'il avait vers elle lui révéla que non. Lihin s'étonna de cette attitude distante, cet homme avait quelque chose d'insolite, toute sa façon d'être le disait. Mais elle eu pris soin de ne pas montrer son étonnement. Elle attrapa l'infâme « choixpeau » se demandant toujours qu'est-ce que cela pouvait bien être.

« Mmmhh… Que se passe-t-il ? »

Et il s'avéra que c'était un chapeau qui parle. Lihin sursauta de surprise. Les professeurs eurent un petit rire discret, sauf l'homme en noir et la dame sévère. Cette dernière lui prit le choixpeau et l'installa doucement sur la tête de Lihin. La jeune fille resta immobile, elle attendait de voir se qu'il se passait, elle sentit le chapeau bouger sur sa tête, elle voyait sa couronne onduler autour de sa tête. Lihin fit la grimace, elle avait l'étrange impression qu'il fouillait dans sa tête, qu'il pénétrait ses pensées. Il faisait du bruit, comme s'il réfléchissait. Mais à quoi pouvait bien servir cette chose là ? Elle ne posa pas la question, préférant garder sa langue dans sa poche pendant qu'elle y pensait.

Le choixpeau avait l'air d'être confronté à un dilemme, il poussait des soupirs, et le temps commençait à être un peu long. Lihin vit les professeurs froncer les yeux et se regarder entre eux. Quelque chose semblait ne pas se dérouler comme prévu. Elle regarda le renommé directeur qui fixait le chapeau d'un œil brillant, mais qui ne laissait rien transparaître de ce qu'il en pensait.

« C'est drôlement long, Albus » constata finalement Flitwick.

L'intéressé se tourna alors vers lui et fit un geste négatif de la tête, signe qu'il ne savait rien. Il se retourna vers Lihin demanda :

« Que se passe-t-il ? »

Ne sachant que dire, la jeune fille allait ouvrir la bouche pour dire qu'elle ne savait rien

« C'est difficile, elle ne correspond à aucun des critères des maisons » annonça le chapeau en lui coupant son élan.

Elle avait oublié pendant quelques instants qu'elle avait un chapeau vraiment bizarre sur la tête, notamment qu'il avait le don de parole. Et en comprenant ce qu'il venait de dire elle poussa un petit soupir. C'est bien ma veine. Lihin ne voulait pas rester longtemps ici. Vite qu'il me choisisse une maison, n'importe laquelle fera l'affaire.

« Ne sois pas si impatiente jeune fille » clama le choixpeau. « Mmhh… N'importe laquelle te satisferait, en es-tu sûre ? »

Lihin baissa la tête lorsqu'elle constata que son couvre chef pouvait lire dans ses pensées. Elle s'efforça à ne penser à rien, juste à oui.

« Comment ça elle ne correspond à aucun des critères ? Que cela veut-il dire, Albus ? » s'inquiéta Macgonagall.

Dumbledore ne su que répondre, pour toute réponse il se tourna de nouveau vers le choixpeau. Ce dernier prit le temps de réfléchir encore quelques secondes avant de répondre au professeur de métamorphose.

« Si je ne me trompe pas, c'est en raison de l'âge de l'enfant » commença le choixpeau.

Lihin se ratatina, elle n'aimait pas du tout qu'on la compare encore à un enfant à son âge, elle voulait qu'on la voit plus grande.

« En temps normal, » continua-t-il « ils n'ont que onze ans lors du choix des maisons, leur esprit est beaucoup plus simple à analyser que celui d'un enfant de dix-sept ans. Autrement dit, ce n'est pas qu'elle ne détient aucun des critères, au contraire, elle les détient tous, comme chacun de vous. Cependant, il n'y en a pas un qui ressort plus que l'autre, son esprit lui-même ne sait pas encore ce qu'il veut. Typique des adolescents. »

Lihin aurait bien mis ce chapeau ridicule dans une broyeuse, il se permettait de dire des choses qu'elle ne supportait pas. Elle espérait qu'il trouva vite une maison dans laquelle la mettre. Elle n'aimait pas cette situation.

« Je propose » reprit le choixpeau « que vous choisissez vous-même la maison dans laquelle elle sera cette année, je ne peux déterminer sa place puisqu'elle-même n'en désire aucune en particulier. »

On n'est pas arrivé. Pourquoi on ne tirait pas ça à la courte paille ? Et ce chapeau, pourquoi ne pouvait-il pas choisir une maison pour elle ?

« Simplement parce que je ne connais pas le hasard, Miss Slast. Je suis un esprit fonctionnel qui n'obéit qu'à ce qu'il lit, » répondit le choixpeau à sa pensée.

Lihin cru qu'elle allait le mordre, elle repensa à la broyeuse. Ce n'était définitivement pas suffisant de le jeter dedans... Elle pensa d'abord à lui découper les bords en triangle, puis passer un filer d'acide bien puissant sur la couronne, arracher violemment les bandeaux qui lui tombaient sur le côté de la tête. Puis enfin le jeter dans la broyeuse après lui avoir passé un coup de plumeau.

« Je te serai gré d'arrêter de penser à ses choses là. »

Je vais le tuer. Lihin s'empara du choixpeau avec énervement pour qu'il ne puisse plus savoir ce qu'il se passe dans sa tête, elle le posa sur ses genoux brutalement sous les regards attentifs des personnes présentes.

« Maintenant je vois deux maisons en particulier qui pourraient te convenir, celle de Serpentard et de Griffondor de part ton caractère exécrable et pour… Que… que fais-tu ? »

Lihin avait prit le choixpeau par la pointe et était en train de l'étirer. Elle regarda l'immonde objet une dernière fois et l'aplatit d'un coup avec sa paume et laissa cette dernière appuyée dessus pour qu'il ne puisse plus s'exprimer. Lorsqu'elle releva la tête, elle vit cinq paires d'yeux fixés sur le chapeau aplati dont les bords remuaient faiblement. Comment avait-elle pu se laisser aller devant des personnes de si haute importance ? Elle rebaissa les yeux.

« Veuillez m'excuser, professeurs… »

Dumbledore souriait, il lui prit le choixpeau et le tendit au professeur noir pour qu'il le repose à sa place. Ce dernier lui redonna sa forme originelle en jetant un regard noir à l'adolescente et le reposa sur l'étagère en prenant soin de le cacher derrière une petite pile de livre.

« Au moins, nous savons à présent que vous serez bien à Serpentard et à Griffondor » reprit calmement Dumbledor plus pour lui-même que pour Lihin. « N'avez-vous aucune préférence ? » demanda-t-il en se tournant vers elle. La jeune fille posa son regard sur le vieil homme puis sur Macgonagall.

« On m'a parlé de Griffondor déjà… »

« C'est à nous de choisir Albus » coupa la même voix grave du déjeuné. « Dès qu'on leur donne la possibilité de choisir, ils vont directement chez ces Griffondor tête baissée. »

Lihin s'osa rien dire devant les mots du professeur. Elle n'allait pas dire que Griffondor était son choix,… Elle voulait juste demander s'ils avaient bien une trop grande confiance en eux. Elle resta donc muette ayant obtenue sa réponse, même si elle ne s'y était pas attendue de cette manière.

La jeune fille fronça les sourcils en regardant ses genoux, si on commençait déjà à lui couper la parole et à la juger sans qu'elle n'ait pu exprimer sa pensée, c'était un très mauvais commencement. On n'est pas arrivé. Lihin se fit plus petite sur son siège, si ce n'était pas ce professeur là, elle aurait sans doute pu répondre de manière revêche.

Elle regarda discrètement l'heure. Le temps passait tellement lentement qu'on aurait pu croire qu'il était sur pose. Sa faim grondait dans son ventre. Elle se tourna vers le directeur Dumbledore en faisant comme si ne rien était.

« Quelle maison me conseillez-vous, Monsieur ? »

Lihin n'avait pas prévu de créer un silence pareil dans la pièce. Tous étaient tournés vers le directeur en attendant son verdict.

« Je ne peux défendre une maison pour une autre Miss Slast, mais vous devez savoir les caractéristiques propres aux deux maisons. Je vous en laisse le soin » termina Dumbledore en regardant tour à tour les directeurs de ces maisons.

« Bien. Pour Godric Griffondor, l'apprentissage devait se faire en priorité pour les plus hardis et les plus courageux des sorciers, » commença Macgonagall. « Les Griffondor montraient, à tout âge et en priorité, la vertu de leur force. Cela ne veut pas dire qu'il faut obligatoirement être courageux pour y entrer, j'ai un parfait exemple d'un garçon qui cri devant les araignées et un autre dont le centre d'intérêt est fixé sur les plantes. »

Lihin savait déjà cela et connaissait l'étroitesse d'esprit dudit Griffondor. Elle se tourna vers le professeur Macgonagall :

« Et la plupart des Griffondor foncent tête baissée dans les problèmes, non ? » fit-elle remarquer.

Et voilà sa sale manie qui revenait. Lihin se dit qu'elle était allée trop loin, surtout devant un professeur pareil. Le professeur Macgonagall la regarda, étonnée du culot qu'avait la jeune fille, mais elle ne dit rien. C'est à ce moment là que choisi le directeur des Serpentard pour intervenir.

« Les élèves de Serpentard réfléchissent et rusent. Ils arrivent souvent à leurs fins qui sont, pour ainsi dire, ambitieuses. »

« Professeur, c'est un euphémisme, les Serpentard sont assoiffés de pouvoir et ils ne prônent que le sang pur. »

Aïe aïe aïe… J'ai peut être fait la pire stupidité de ma vie. Elle le savait avant de prendre la parole qu'elle aurait du se coudre la bouche, et sans anesthésiant, ça lui aurait apprit à tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de dire ce qui lui passe part la tête. Elle se fit davantage plus petite sur sa chaise, ce professeur avait un air terrifiant.

« Je vous défend de tenir de tels propos ! » cria l'homme noir en la fusillant du regard.

Lihin eu la peur de sa vie, pendant un instant, elle cru qu'elle allait tomber raide morte sous l'intensité du regard tant il était meurtrier. Tremblait-elle ? Elle ne le savait pas ni ne voulait le savoir. Elle n'osa pas quitter le professeur des yeux une seconde de peur qu'il se lève et la frappe sous la colère. Mais elle le vit se détendre imperceptiblement, puis il continua.

« Les temps ont changés depuis que Salazar Serpentard a annoncé de pareilles exigences pour sa maison. Elle accepte dorénavant chacun sans distinction de sang, vous devriez le savoir, Miss Slast. Et j'aimerai vous voir avant le dîner, que l'on règle ce différent, parler de cela ici ne rime à rien. »

Le maître des potions semblait indigné par les propos qu'elle a tenus. Jamais elle n'aurait dû ouvrir la bouche. Mais au moins, maintenant elle savait, que des deux professeurs les plus impressionnants de Poudlard, le plus terrifiant était le maître des potions.

Lihin s'était fait son avis, elle n'aimait aucune des deux maisons, l'un des fondateurs ne voulait que le pouvoir et pour cela, n'importe quel moyen était suffisant, et l'autre voulait juste que tout le monde voit son courage et sa force…

« Serdaigle ? » parvint à dire timidement la jeune fille.

« Pardon ? » demanda le professeur Flitwick.

« Dites-moi, s'il vous plait, quelles sont les caractéristiques de votre maison. »

« Le choixpeau vous a pourtant guidée vers ces deux maisons, Miss Slast, nous n'arriverons à rien si exploitons toutes les possibilités » s'éveilla enfin Dumbledore

Lihin, l'ignora, elle ne voulait pas passer son année avec n'importe qui, surtout pas avec cet homme noir, et elle répéta lentement sa question au directeur des Serdaigle.

« Et bien, c'est une maison pour les élèves sages et intelligents qui ont soif de connaissance. Pour faire court… » bâcla-t-il.

« Vous ne défendez pas vraiment votre maison » constata Lihin avec un sourire.

« C'est que j'ai de nombreux élèves à m'occuper déjà, » se justifia-t-il. « Ne croyez pas que je ne vous veux pas comme élève à Serdaigle, j'en serai enchanté, mais c'est la maison la plus chargée de Poudlard. »

Cette maison lui paraissait très bien, mais elle ne se qualifierait pas d'intelligente, encore moins d'assoiffée de connaissance, et sage… après ce qu'il venait de se passer, elle pouvait être qualifiée de tout, sauf de sage.

Et ça allait durer encore longtemps cette histoire ? Lihin en avait marre, et n'avait-elle pas dit, au départ, qu'elle se fichait éperdument de la maison dans laquelle elle serait ? De toute manière, les cours étaient les mêmes, il n'y avait donc pas de raison de choisir entre un aigle et un serpent.

« Quelle est la maison qui compte le moins d'élèves, Monsieur ? » demanda-t-elle en se retournant vers le directeur.

« Severus, combien d'élèves as-tu ? » questionna ce dernier.

« Soixante-quinze. »

« Bien, à ce qui me semble, vous avez chacun plus d'élèves que Severus, n'est-ce pas ? »

Lihin les vit hocher de la tête. Et voilà, elle savait dorénavant où elle allait être casée…

« Miss Lihin Slast, bienvenue chez les Serpentard » annonça Dumbledore en lui tendant à nouveau le plat de bonbons jaunes.

…et flûte.