Chapitre 5 :
Lihin avait passé le reste de l'après-midi à l'extérieur, seule. Elle avait vu quelques élèves se promener en groupe près du lac. Elle n'était pas allez les aborder, ni l'inverse d'ailleurs.
Elle s'était mise à penser là, allongée sur l'herbe non tondue du grand parc de Poudlard. Elle reprendrait les cours demain, avec les Serpantard et sans affaires scolaire. Elle avait l'impression d'être une touriste dans une école. Lihin n'était pas à l'aise dans ce nouvel univers.
Le parc commençait à se vider lorsque qu'elle se réveilla de ses songes. Elle regarda sa montre, en effet,… elle avait oublié qu'elle s'était cassée. Mais si les élèves commençaient à rentrer au château, c'est que l'heure du dîner devait approcher. Elle s'étira et se mit en position assise, les genoux entre les coudes. C'était beau Poudlard, frais et apaisant lorsqu'on est seul dans cette immensité. Lihin eu un frisson à cette pensée, oui, elle était toute petite, comparé à tout cela. Elle se demandait comment allait se passer la suite.
Cela lui fit penser à quelque chose, alors elle sortit de sa poche ce que Rogue lui avait donné quelques heures plus tôt. Son emploi du temps. Demain, elle commencerait avec de la métamorphose, avec la femme sévère. Lihin ne se rappelait déjà plus de son nom. Qu'importe. Elle parcouru des yeux le reste de son emploi du temps, il s'avéra que les Serpentard avaient tout le temps cours avec les Griffondor. Les deux maisons qui se détestaient le plus… quelle coïncidence. Il y avait décidemment des choses qui n'allaient pas dans cette école. C'était incohérent pour la plus renommée du monde sorcier.
Perdue dans ces critiques, Lihin n'entendit pas des pas s'approcher derrière elle.
« Je vous avais dit que je voulais vous voir avant le repas, Miss Slast » annonça une voix grave.
Cette voix qui eu le don de la faire sursauter continua :
« J'ai oublié de vous en parler tout à l'heure quand nous avions le temps. C'est à propos de votre intervention dans le bureau du directeur tout à l'heure… Vous rappelez-vous ? »
Lihin se rappelait très bien ce qu'elle avait dit : ils ne prônent que le sang pur. Cette phrase qui avait fait réagir le professeur au quart de tour. Jamais Lihin ne se serait douté de la portée de sa pensée. Mais n'était-ce pas la réputation des Serpentard ? C'est ce qu'elle avait toujours entendu dire d'eux. Mais elle avait parlé trop vite, comme à son habitude, et, c'est pour cette raison que cette fois, elle prit son temps pour répondre. Elle ne voulait absolument pas que la situation tourne au vinaigre, surtout avec ce professeur qui semblait avoir le dernier mot à chaque fois. Il semblait à-même de pouvoir lui jeter des sorts de mort ou de torture pour qu'il garde le dessus. Lihin préférait dire amen à tout ce qu'il disait plutôt que tirer des conséquences désastreuses à des mauvaises paroles.
« Je me rappelle » souffla-t-elle en se retournant doucement pour l'avoir dans son champ de vision.
Elle était nettement en position d'infériorité. Le professeur se tenait debout, ses grandes robes noires le recouvrant des pieds à la tête, et elle était toujours assise, face à lui, dans ses habits moldus. Comme cet après midi, lorsqu'il avait ignorée, elle se sentit pitoyable face à la présence qu'il dégageait, aussi malsaine soit-elle.
« Il faut vraiment mettre ceci au clair, Miss. Depuis quelques années, Serpentard accueille tout le monde correspondant aux critères de la maison, qu'importe leur rang ou leur sang. Ne croyez pas que vous serez mal accueillie car vous avez un de vos parents moldu. Entendu ? »
Lihin, ne l'avait pas lâché du regard pendant qu'il parlait. Elle avait tendu l'oreille, s'attendant à se faire remonter les bretelles. Mais cela ne s'était pas produit. Lihin, s'attendait tellement à voir son visage crispé de colère, ou son regard noir, déjà légendaire pour elle, refaire surface, qu'elle avait presque savouré ce moment où il s'était adressé à elle comme à une élève. Son visage blanc ne s'était pas contracté, elle n'avait pas aperçu toutes ses dents comme lorsqu'il crie, et son regard n'était pas envenimé. Même si ce dernier restait noir, il paraissait abyssal et envoûtant. En résumé, Lihin n'avait pas écouté les dernières paroles de son directeur de maison. Elle se contenta d'hocher la tête pour signifier qu'elle avait compris que Serpentard ne jugeait pas les sorciers par leur sang. Elle avait envie de lui dire « et mon œil, tu l'as vu ? », mais elle se contenta de partir :
« Excusez-moi,… je dois y allez. »
« Si c'est pour ne pas être en retard, vous pouvez toujours courir, vous le serez. » répondit-il d'un ton sec et autoritaire.
Voilà son air familier qui reprenait le dessus. Peut-être n'aimait-il pas que l'on change de sujet de conversation à sa place ? De plus, c'était lui qui venait la mettre en retard, pour son premier repas à Poudlard. Cette école et ces professeurs semblaient lui en vouloir. Lihin se sentait terriblement rejetée de son ancienne école, si la nouvelle s'y mettait aussi, elle ne saurait que faire.
Elle ne répondit pas à la remarque, elle avait déjà le dos tourné, et, sans le regarder, elle commença à courir.
Elle partie sans attendre un mot de plus, de toute façon, pourquoi y en aurait-il ? La jeune fille avait les lèvres pincées pour empêcher ses yeux de briller. Elle n'allait pas être acceptée, surtout à Serpentard, elle le savait. Voilà pourquoi le professeur lui avait parlé si… normalement.
Essayait-elle de se convaincre que personne ne l'aimait ? Voulait-elle être triste ? Qu'on la remarque ? Ces pensées eurent le don de lui mettre les larmes aux yeux. Elle se cacha rapidement derrière le premier arbre qu'elle vit. Elle se l'était dit. Elle se l'était juré. Elle ne pleurerait plus pour quelques mièvreries d'adolescente.
Elle avait honte, même s'il n'y avait personne qui était présent, donc personne qui ne la regardait, elle avait préféré se mettre dans le creux de l'arbre qui se trouvait là. Le temps que son élan d'angoisses s'en aille. Lihin avait la respiration qui augmentait rapidement, il fallait qu'elle se calme, sinon elle risquait encore de faire une crise, et il en était hors de question ici. Voyant que le malaise ne passait pas, elle s'assit, les genoux entre ses coudes en prenant de grandes bouffées d'air. Mais ses pleures ne le lâchaient pas.
Un courant d'air frais lui ébouriffa les cheveux, seul en cette saison chaude. Elle pu respirer un grand coup, comme si ce courant d'air était empli d'oxygène. Ses secousses cessèrent rapidement. La jeune fille regarda sa montre, ce geste l'énerva d'autant plus qu'elle savait qu'elle ne marchait plus depuis son arrivée ici. Et c'est avec consternation qu'elle constata à quel point rien ne se déroulait normalement depuis ce jour là. Alors elle se releva, aussi naturellement qu'elle puisse le faire et alla dans la grande salle en marchant, de toute manière, courir n'aurait servit à rien à l'heure qu'il était.
Lihin entra par la grande porte, qui avec la chance qu'elle avait aurait pu être fermée, mais non. Ce qui lui permi d'entrer sans trop se faire remarquer. La disposition était la même qu'à son arrivée, quelques heures plus tôt, avec des élèves bruyants et des professeurs qui surveillaient les dits-élèves ou discutaient calmement entre eux. Et dans cette table, elle vit s'assoir l'homme habillé de robes noires, qui s'installait en s'excusant de son retard à l'homme assit à ses côtés, le fabuleux grandissime Dumbledore… La jeune fille s'assit à la première place qu'elle vit. Ce n'était sûrement pas la table des Serpentard puisqu'elle semblait être plus chargée que d'autres tables. Elle s'en fichait, ce n'était pas elle qui avait choisi sa maison.
Elle se servit un peu à manger, dont une viande qui ressemblait à du canard, et un accompagnement de légumes. Après une ou deux bouchées, Lihin n'avait déjà plus faim et massacrait les haricots verts pour leur enlever leurs petites graines et ainsi les disposer distraitement en file indienne sur sa viande. Ce n'était pas très passionnant, mais mine de rien cela lui faisait passer le temps.
« Tu es étrange » constata une voix féminine à côté d'elle.
Lihin ne releva pas la tête, mais ne fit pas mine de l'ignorer non plus.
« Je suis comme je suis, je suis faite comme ça » chuchota-t-elle en guise de réponse, plus pour elle-même, que pour sa voisine.
« Quand j'ai envie de rire, oui je ris aux éclats, continua cette dernière. J'aime celui qui m'aime, est-ce ma faute à moi, si ce n'est pas le même, que j'aime chaque fois. Je suis comme je suis, je suis faite comme ça… »
Lihin releva la tête vers elle, bouche bée. Elle connaissait Jacques Prévert, le poète des moldus, et mieux, elle lui avait récité un de ses poèmes.
Jusqu'à présent personne n'avait remarqué qu'elle récitait les premiers vers d'un poème quand elle chuchotait cela. Elle le récitait de temps à autre, et personne ne trouvait rien à lui répondre lorsqu'elle disait ça. Alors Lihin s'était contentée de cette réponse, et elle ne savait si elle voulait ou non que quelqu'un repère le poème. Mais cette fois-ci, quand elle entendit la suite, elle s'avoua à quel point cela était satisfaisant. Elle dévisagea la fille. Elle était blonde, les yeux extrêmement clairs et un léger sourire aux lèvres.
« Tu me regardes fixement » constata la jeune fille, ne lâchant pas non plus son regard sur elle.
« Excuse-moi. »
Lihin était littéralement sous le charme de cette personne. Un visage si pâle, si énigmatique que ça en devenait attractif.
« Tu es d'origine moldue ? » demanda subitement Lihin.
« Non »
La réponse était douce et souriante. Cette fille était intrigante.
« Cette table appartient à quelle maison ? » continua–t-elle.
« On est à Serdaigle. Tu n'es pas dans cette maison, Lihin Slast ? »
Elle fut un peu surprise qu'elle l'appelle ainsi. Et en effet, elle n'était pas dans cette maison. Elle était avec les verts. Elle tourna la tête sans réfléchir pour regarder son directeur de maison.
« Non, on m'a mise à Serpentard cet après midi, car il y avait moins d'élèves là bas, répondit la jeune fille avec nonchalance en continuant de fixer le professeur.
Celui-ci tourna d'ailleurs son regard vers elle. C'était un regard étonné. Presque agréable sur ce visage aux nombreux traits. Mais le regard se durcit bien vite, et elle le vit s'adresser, les lèvres pincées, au directeur de l'école qui tourna à son tour la tête vers elle. Lihin décrocha ses yeux de la table des professeurs en faisant comme si ne rien était.
« Quelle est leur table, d'ailleurs ? » demanda-t-elle sur le ton de la conversation à sa voisine.
« Contre le mur en face. Il y a les couleurs de chaque maison sur les draps en haut. » fit-elle en désignant celui de sa table en levant les yeux.
Sa voix était tellement douce, qu'on aurait pu croire qu'elle le faisait exprès. Et le sourire ne quittait pas son visage. Lihin s'aperçu qu'elle ne connaissait toujours pas son nom. Elle le lui demanda.
« Luna Lovegood »
Un nom qui lui allait étrangement bien, mélodique et fou. Lihin l'aimait déjà.
« Enchantée, Luna »
