Chapitre 6 :
Quand les professeurs commencèrent à se lever, les élèves firent de même. Lihin était dans le tas, elle se mêla à la foule de petits sorciers. Elle n'était pas vraiment à l'aise et s'écarta du troupeau, quittant ainsi sa nouvelle connaissance.
Si elle avait bien compris, c'était l'heure de se rendre dans les différentes salles communes. Elle suivit du regard les Serpentard qui suivaient un préfet blond sur un escalier qui bougeait tout seul. Lihin suivit l'escalier du regard, elle le vit s'arrêter à un étage et les Serpentard continuèrent dans un couloir.
Vite Lihin regarda les escaliers, lesquels elle pouvait prendre d'où elle était et ceux qui pivotaient vers l'étage visé. Ce n'était pas évident. Elle sauta dans un escalier qui lui semblait être le bon, mais qui, juste avant l'arrivée fit demi tour. Elle essaya encore une fois avec un autre, mais ce n'était pas le bon étage. Malgré la lenteur des escaliers, il semblait qu'ils s'étaient ligués contre elle pour ne jamais atteindre l'étage qu'elle souhaitait. Les élèves étaient partis maintenant, elle ne voyait plus personne.
« Arrange-toi pour ne pas être seule dans les escaliers Miss… »
Lihin se retourna et reconnu le préfet blond de sa maison. Elle ne connaissait pas son nom, mais lui, semblait chercher le sien.
« …Slast, »termina-t-elle. « Pourquoi ? »
« Ce sont les escaliers de Dumbledore, va lui demander toi-même pourquoi ils n'en font qu'à leur tête » lui répondit-il comme s'il lui était supérieur.
Lihin n'apprécia pas vraiment le ton qu'il avait employé et elle lui demanda qui il était.
« Préfet en Chef, attrapeur et capitaine de l'équipe de quidditch. Drago Malefoy. »
Si elle avait osé, Lihin l'aurait sûrement regardé de façon méprisable. Cette manière qu'il avait de s'adresser à quelqu'un était insupportable. Il y avait un air aristocratique dans sa voix, un air qui donne envie de le remettre à sa place.
« Que fais-tu ici ? » lui demanda-t-elle de manière la plus neutre possible.
Car si elle avait bien suivit, après être entré dans la salle commune, on ne doit plus y sortir jusqu'au petit matin. Le couvre-feu devait déjà être dépassé. Elle regarda sa montre et relaissa tomber son poigné quand elle se rappela qu'elle ne fonctionnait plus.
« On m'a dit que qu'une nouvelle s'était égarée dans les escaliers » continua-t-il.
Il semblait avoir remarqué que la jeune fille en face de lui ne supportait pas son ton. Et il l'utilisait davantage.
« C'est faux… Je sais que c'est par là, fit-elle en désignant le couloir inaccessible. Qui t'as dis ça ? »
Drago esquissa un sourire avant de lui dire « Tout faux, notre salle commune est par là » dit-il en lui montrant un couloir opposé.
« Je vous ai vu entrer dans ce couloir ! » réaffirma-t-elle sûre d'elle.
« Peut-être n'as-tu pas les yeux en face des trous, Slast » la provoqua-t-il.
La jeune fille se dit qu'il valait sans doute mieux ne pas répondre. Elle garda alors la réplique dans sa gorge et approuva.
« Peut-être… ».
Il passa alors devant elle pour montrer le chemin qui se trouvait être à l'opposé du fameux couloir. Une question en tête et ne sachant si elle devait l'appeler par son nom ou son prénom elle se contenta de manifester sa présence.
« Hum… C'est qui "on" ? ».
« Quoi ? » dit-il sans comprendre.
« Tu as dis il y a deux minutes "on m'a dit qu'une nouvelle s'était égarée dans les escaliers" » répéta-t-elle.
« Oh, c'est un professeur. »
A ces paroles, un homme habillé de noir s'imposa dans l'esprit de la jeune fille.
« Dis, en tant que préfet, quel rôle as-tu ? »
« En quoi cela te regarde ? répondit-il comme s'il était dans une bataille verbale, puis il se reprit. J'ai la charge des plus petits, autrement dit, des six premières années. J'ai des tours de garde à faire après le couvre feu et je fais aussi rôle d'intermédiaire entre profs, élèves et directeur si cela est nécessaire. Ai-je répondu à toutes tes questions ? » termina-t-il en reprenant son ton d'enfant gâté.
« Sans doute. Pourquoi est-ce toi le préfet ? »
« Parce que l'on m'a choisit. »
« Qui ? »
« Qu'est-ce que j'en sais ? Les professeurs ou le directeur ! Je corresponds sans doute au profil d'un préfet. C'est pour ça ! Arrête avec tes questions ! »
Le préfet blond avait l'air en colère, même irrité par ces questions. On aurait dit un mini-Rogue, sauf que le mini n'était vraiment pas de taille face au vrai. Lihin n'était pas le moins du monde impressionnée.
« Je veux comprendre un peu comment ça fonctionne. Surtout à Serpentard. Comment est-ce par rapport aux autres maisons ? »
Le jeune préfet fit d'abord la moue, il souffla un coup et dit que c'était à peut près pareil dans toutes les maisons mais que celle-ci était la meilleure car elle permettait aux élèves de mieux s'élever.
« Mais au niveau des pensées les Serpentard ne sont-ils pas un peu moins ouverts d'esprit ? Sans vouloir t'offenser, reprit-elle précipitamment, je veux dire, les plus jeunes, n'acceptent-ils pas mal la présence de nés-moldus dans leur maison ? »
« Il n'y a pas de nés-moldus à Serpentard, jamais cette maison ne sera faite pour ceux-là. » répondit-il comme si c'était une évidence que tous savaient et personne ne niait.
Le cœur le Lihin rata un battement. Il l'avait dit avec un tel détachement que cela ne pouvait qu'être vrai. Que racontait donc Rogue ? Il avait pourtant l'air sincère derrière ses attaques…
« Les sang-de-bourbe nous pompent l'air, il y en a de plus en plus à Poudlard. Heureusement que c'est la dernière année que je passe ici, » continua-t-il sans se rendre compte qu'il parlait à l'un d'eux.
Il avançait dans les couloirs, tournait à droit, parfois à gauche, Lihin ne savait plus. Elle le suivait, les yeux fixant un point devant elle pour ne pas que les larmes lui montent aux yeux. Elle ne lui fera pas remarquer que ces parents sont… humains. Le mot moldu ne sonnait que péjorativement à ses oreilles. Elle ne lui dira pas qu'elle en côtoie depuis qu'elle est enfant, ni qu'elle a aimé l'un deux. Elle ne lui dira pas que toute sa famille est humaine, du moins, pas ce soir. Ce soir, elle irait se coucher pour simplement attendre le lendemain sa première heure de cours.
Sans dire plus de mots, elle monta dans sa chambre dès qu'il l'eut raccompagnée. Elle se faufila en silence dans le dortoir des filles de Serpentard qui jacassaient sur un sujet que Lihin n'avait pas envie d'écouter. Les filles la regardèrent bizarrement, l'une d'elle lui montra le lit qu'elle occuperait cette année. Génial, se dit-elle, elles m'ont laissé la place dans le coin isolé. Le jeune fille prit son pyjama et alla dans la salle de bain commune. Elle n'aimait pas montrer son corps. Elle avait son franc parler, oui, mais elle était malgré tout pudique. Elle ne trouvait pas son corps spécialement hideux, elle était plutôt bien proportionnée, mais elle ne voulait pas que d'autres le voient.
Une fois changée, elle mit ses affaires sales dans un sac que les elfes de maison récupèreraient dans deux jours et alla tout droit dans son lit. Elle dit bonne nuit à ses nouvelles camarades de chambre pour leur faire baisser d'un ton la conversation. Cela marcha très bien et elle ferma les yeux en se promettant d'écrire à son père le lendemain.
Elle n'avait pas le moins du monde l'impression d'être une « fille à papa » en le tenant au courant de ce qu'il se passait. Il était seul et elle était seule, du moins pour l'instant, et, envoyer des nouvelles au seul membre de la famille qu'il lui reste est un minimum à faire.
Les autres élèves ne font presque jamais cela. Elle aime son père sans doute autant qu'eux aiment leurs parents, sauf qu'elle, elle s'en rend compte pour en avoir perdu un. D'ailleurs, elle allait en faire deux des lettres. Une pour son père et une pour sa mère…
