La suite! Bon, pas de review mais il semble quand même qu'il y a des lecteurs. Donc merci de me lire et si jamais un courageux ou une courageuse veut commenter, je suis toute ouïe :)

Excellente lecture!


L'influence du cyclone

Cela faisait une semaine que Chloé n'avait plus croisé Lex et Léa. Pourtant, la petitesse de l'île ne donnait pas des masses de cachettes. Elle savait, grâce à une des femmes de chambre que la dessinatrice était sortie de l'hôpital le lendemain de leur sortie sur le lagon et elle avait eu la confirmation par le directeur de l'hôtel que les cookies n'étaient pas responsables de l'état de la jeune femme.

Que diable pouvait-elle avoir ?

Elle n'avait pas eu le temps de mener sa petite enquête, elle était trop occupée avec Tom. En effet, le potier ne la quittait plus d'une semelle et la suppliait en permanence de devenir son élève privilégiée et sa muse.

Perry était plus que ravi des aventures rocambolesques de Chloé sur Funafuti. Le potier fou, les voyages en pirogue et le mystère de l'épouse du King. Les histoires que Chloé écrivait sur les quelques détails de Rosalinda donnait une touche d'humour à ses articles et Perry ne jurait plus que par sa journaliste en vacances et sa journaliste spécialiste des cookies. Le duo Sullivan/Lane avait la cote au journal et ce n'était pas peu dire.

Lorsqu'elle sortit de sa chambre, le ciel était empli de nuages menaçant et Chloé sentit dans l'attitude des Tuvaluans que quelque chose n'allait pas. Bien sur, les autres touristes ne semblaient pas plus préoccupés que cela et prévoyaient leur journée.

Le petit déjeuner se passa rapidement avec un simple café accompagné d'un morceau d'ananas. Tous les Tuvaluans de l'hôtel l'évitaient, elle en était persuadée. Ils ne manquaient jamais un impair et le café-ananas en était un. Elle avala bon gré mal gré l'étrange mélange. Alors qu'elle retournait dans sa chambre pour se changer, Rosalinda, vêtue d'un immense paréo multicolore qui volait au vent, lui attrapa le bras.

- Demi-tour, joli cœur. Ming rode autour de ton bol.

Telle une mère poule, elle avait décidé d'aider Chloé. Elle était devenue une véritable espionne qui surveillait la plupart des allées et venues du potier, ce qui permettait à la jeune journaliste de l'éviter efficacement.

- Cette phrase code me fera toujours rire. Je suis sûre qu'à cent ans, je m'en souviendrai toujours. Et je jure de bassiner mes arrières petits enfants avec !
- On va déjà essayer de survivre à ces vacances, ma chère.
- Vendu, Rosa.

Elles se séparèrent. Chloé partit en direction du bâtiment d'accueil de l'hôtel tandis que Rosalinda se dirigeait droit vers Tom pour le stopper dans sa recherche. Chloé croisa le directeur qui s'empressa de changer de direction. Il lui cachait quelque chose ! Elle le coinça dans un bureau et s'empressa de commencer l'interrogatoire.

- Que se passe-t-il ?
- Mademoiselle Sullivan ! » Il était un piètre menteur et son improvisation était vraiment mauvaise. « Monsieur Tom vous cherchait, il y a à peine cinq minutes !
- Je sais. » Répondit-elle en chassant la sujet d'un geste de la main. « Que se passe-t-il ici ?

Le soupir était puissant et révéla à Chloé qu'elle avait à faire à un gros souci.

- Tempête… Qui peut virer en une horreur.
- Tornade ?
- Cyclone. Les tornades ont lieu uniquement sur la terre ferme.

Chloé se sentit soudain mal. Elle avait vu la vétusté de certaines habitations. Un bon nombre d'entre elle ne tiendrait pas longtemps contre une tempête et encore moins contre un cyclone.

- Est-ce sûr qu'il se dirige vers Tuvalu ?
- Pas nécessairement mais les pluies diluviennes vont faire des dégâts. Pour le moment, il ne fait rien dire. C'est peut-être une fausse alerte.
- Mais vous n'y croyez pas…
- Pas vraiment. Le pire cyclone est passé, il y a quelques années et j'ai vu les dégâts. Nous devrons probablement évacuer des gens vers les grosses îles. Par exemple les Fidji.
- A ce point là ?
- Nous ne voulons pas risquer de perdre encore des vies…
- Quand vous en saurez plus, dites-le-moi au plus vite… Je veux vous aider. Vraiment.

Un sourire léger vint naitre sur les lèvres du directeur.

- Vous êtes une drôle de touriste mais ce n'est pas pour me déplaire.
- Et encore, vous n'avez pas tout vu…

Avisant le potier qui se rapprochait, elle prit vite congé et courut se cacher derrière un palmier. Elle jeta un regard suppliant au directeur pour qu'il ne la dénonce pas.

- Tom ! Justement, j'ai besoin de vous ! Il faut que vous alliez chercher les terres dont vous avez besoin pour vos prochains cours. Je ne peux pas me permettre d'envoyer un de mes employés pour le moment à cause de… » Chloé le vit désigner le ciel d'un mouvement de la tête.
- Mais… D'accord. Juste... Je voudrais parler à Mademoiselle Sullivan mais elle est introuvable.
- Elle est… sur le lagon. Elle travaille sa technique en Va'a. sa technique est catastrophique.
- A ce point là ?
- Pire.

Levant les yeux au ciel, elle retint un juron. Sa réputation était à l'eau, au sens propre du terme, à cause d'un Luthor.

Le reste de son avant-midi se passa tranquillement en l'absence de Tom et c'est le cœur léger qu'elle se rendit au restaurant pour déguster un copieux déjeuner. Elle avait besoin de force pour bien préparer son plan d'aide au Tuvaluans.

A peine fut-elle assise que Lex et Léa s'installèrent quelques tables plus loin. Enfin, ils osaient se montrer. Elle mangea tranquillement mais son regard finissait toujours sur leur table. Léa avait le teint encore un peu pâle et son compagnon lui, semblait la traiter comme une enfant.

Son repas finit, elle remercia la serveuse et la pria de transmettre ses plus vifs compliments au chef. Puis, elle se rendit à la table de Lex et de Léa.

Ces derniers ne cachèrent pas leur mécontentement face à son intrusion. Depuis son « petit problème » Léa la jugeait seule et unique coupable. Même l'intervention du médecin n'y avait rien fait, pour la jeune femme, elle et ses cookies étaient une incarnation du diable. Enfin, c'était ce que Chloé ressentit sous le regard foudroyant de la jeune femme. Lex semblait un peu en retrait comme s'il craignait une effusion de sang.

- Comment vas-tu Léa ?
- Merveilleusement. Tu préfères me donner directement le cyanure ou tu comptes le glisser dans mes plats ?

C'était la voix du milliardaire qui les interrompit d'un doux mais néanmoins ferme « Léa ». Chloé y sentit une certaine menace et elle en fut déstabilisée. Ces deux là mijotaient quelque chose, elle en aurait mis la main au feu.

- Bon, je sens bien que je ne suis pas la bienvenue. Je vais vous laisser. De toute façon, votre escapade se termine bientôt, je vous promets de ne pas me dresser sur votre chemin trop longtemps. Bonne journée.

Elle était vraiment en colère et cela se ressentait dans son discours. Léa était une femme agréable mais là, elle l'avait poussée à bout. Comment pouvait-elle insinuer aussi ouvertement de telles inepties ? Elle leur fit son sourire le plus mesquin et se retourna.

Dans sa chambre, elle hésita longuement sur la marche à suivre. Devait-elle se retourner contre le couple et divulguer en entier et en détails l'histoire de leur escapade ? Elle savait que cette trahison serait sévèrement punie par le milliardaire… et cela leurs donnerait une raison supplémentaire de critiquer son métier.

Un coup bref sur la porte l'avertit de la présence d'un visiteur. Tom devait toujours être à la chasse à la terre de poterie. Elle autorisa donc son visiteur à entrer.

C'était la deuxième fois qu'elle se retrouvait dans cette chambre avec le milliardaire. Il se tenait droit à coté de l'entrée, attendant probablement qu'elle se lève de son lit. Loin de vouloir le mettre à l'aise, elle se mit en tailleur sur l'édredon et attendit.

Le silence devenait de plus en plus étrange et elle sentait un rire nerveux naître dans sa gorge qui fut aussitôt coupé par l'intervention de Lex.

- Léa s'excuse.
- Hein ? » Elle était stupéfaite, la situation était vraiment ridicule. « Elle s'excuse ? L'enfer vient de périr sous la glace ?
- Bon… » Il la regarda de manière telle qu'elle comprit qu'il n'accepterait aucune remarque. « D'accord. Elle ne s'excuse pas et si elle apprend que j'ai pris cette initiative, elle me tuera sans aucun regret. C'est moi… Je suis désolé de cette attaque qui n'est absolument pas méritée. Enfin, je veux dire que ça m'étonnerait beaucoup de vous voir en Locuste.
- Locuste ?
- L'empoisonneuse des empereurs romains. Elle concoctait des poisons redoutables et pour se protéger, elle avalait un peu de poison tous les jours… » Il eut alors un grand sourire moqueur.
- Quoi ?
- Elle me fait penser à vous. Si c'était réellement un cookie empoisonné, vous vous avez avalé la boîte… peut-être pour vous immuniser.
- Venant de vous, c'est assez flippant. Mais merci pour les excuses.

Elle était étonnée de la sincérité de Lex. Il agissait comme une personne raisonnable et modérée, ce qui contrastait grandement avec ses agissements à Métropolis et aux quelques attaques qu'il avait proféré à son égard. Et son petit discours sur Locuste semblait montrer qu'il avait au moins un minimum d'humour et de connaissances.

- Monsieur Luthor, puis-je vous demander quelque chose de personnel ?
- Non.
- Ce n'est pas pour le journal.
- En tant que journaliste, vous aurez toujours bien un moment de doutes qui vous mènera vers… et bien vers un article juteux sur moi.

Il n'avait pas tord. Cinq minutes auparavant, elle y pensait sérieusement. Pourtant, elle tenta sa chance.

- Vous avez deux personnalités ou bien c'est juste votre manière d'être ?
- Et vous avez l'art de lancer le couteau pile où… Enfin. J'ai parfois des périodes de stress, comme tout le monde et oui, parfois, je n'y vais pas de main morte. Mais c'est vrai aussi que je suis un homme parmi tant d'autres. Ce n'est pas les possessions matérielles qui peuvent y changer quelque chose.

Son stress, si cela était réellement la cause de ses sautes d'humeur, devait être à des niveaux jamais atteint. Il cachait la véritable raison, elle en était sûre. Tout comme elle était sûre qu'il ne se confierait jamais à elle.

Ils sursautèrent lorsque de grosses gouttes de pluie vinrent s'abattre sur les fenêtres. L'atmosphère perdit quelques degrés et Chloé en frissonna.

- Je croyais que ce n'était pas la saison des pluies…
- Ça n'a rien à voir avec une saison des pluies, on dirait plus un gros orage.

Elle était inquiète, si la fameuse tempête était déjà là… Les problèmes sur Tuvalu ne faisaient que commencer. Elle ferma les yeux, espérant que ce n'était pas encore le début de l'apocalypse.