Chapitre 5

Oui, j'étais foutu. Je ne savais absolument pas ce que voulais mon coeur. Je me retournais pourtant toujours vers une jolie fille, mais il semblait qu'en moi quelque chose était en train de changer. De l'amour ? Non, sûrement pas. Il était trop tôt. C'était mes opinions et mes pensées qui étaient en train de se transformer. J'avais la confirmation que l'on pouvait vivre heureux quelle que soit la personne que l'on aimait. Et peut-être qu'en moi quelque chose venait de s'éveiller. Ce n'était plus une alarme aux sentiments, mais une sorte de détecteur de bons plans. Je pouvais voir quelles étaient les personnes que je pouvait aimer.

Nino. Nino. Nino.

Alors que j'arrivais chez moi, je me forçai de ne plus penser à tout ça. Je commençai à me perdre moi-même... Ou du moins, je ne me reconnaissais plus.

Sous la douche, l'eau chaude coulait le long de mon corps, suivant les lignes de mes muscles. Je fermai les yeux.

Nino. Nino. Nino.

Non ! Arrête d'y penser ! Pourquoi est-ce que je voyais son visage lorsque je fermai les yeux ? Est-ce que c'est son baiser qui m'aurait fait perdre la tête ? Non, impossible, j'étais plus rationnel que ça d'habitude... Alors pourquoi ?

Soudain, me faisant sursauter au risque de glisser sur le carrelage de la douche, on sonna à ma porte. Je m'empressai de sortir, éteignant l'eau d'une main tandis que je saisis une serviette de l'autre. Je la nouai autour de ma taille, essorant rapidement mes cheveux trempés, et sortis. Je me dirigeai vers la porte puis l'ouvris, en me cachant à moitié derrière celle-ci. Dans la pénombre, je reconnu ce visage torturé et anxieux.

Moi : Nino ? Qu'est ce que tu fais là ?

Il ne répondit pas, comme devenu muet. Son regard, tellement triste en ce moment, me noua la gorge et je poussais alors la porte sur le côté.

Moi : Bah rentre, reste pas dehors. Installe-toi dans le canapé, je m'habille et j'arrive.

Je refermai la porte derrière lui puis me retournai vers ma chambre. Je n'avais même pas encore eu le temps de me demander pourquoi mon ami se trouvais là que je me retrouvai plaqué contre le mur dans un tourbillon de gouttelettes d'eau de senteurs de gel douche. Nino posa ses mains sur mes épaules, et leva ses yeux désespérés vers moi. Son visage s'approcha lentement du mien alors que mon coeur commençait à s'emballer. Est-ce que j'avais peur en ce moment ?

Le sombre chocolat de ses pupilles se vida en moi et mon corps ne sembla plus pouvoir bouger, comme si j'étais paralysé.

Moi : Euh... Nino ? Qu'est-ce que tu fais ?

Ma voix sembla venir d'un autre corps, je ne la reconnu pas. Elle sonna grave et effrayée. Nino se figea alors, à moins d'une vingtaine de centimètres de mon visage devenu d'un rouge écarlate et sembla réfléchir un instant. Son silence était une torture. A quoi pensait-il ? Pourquoi était-il là ? Que me voulait-il ?

J'eus l'impression que le temps s'était arrêté, Nino s'était immobilisé, et mon coeur avait cessé de battre momentanément. Je sentais la pression de ses paumes sur ma peau humide, et son souffle saccadé sur mon visage. Une mèche de cheveux se décolla de mon front et tomba devant mes yeux effarés. Ce n'était qu'une hésitation, en réalité. Mon coeur reprit alors sa course effrénée, en même temps que Nino reprit son mouvement. Mes yeux brûlèrent enfin, et je les refermai pour me soulager de les avoir gardé ouverts si longtemps. Lorsque mes paupières se levèrent de nouveau, Nino achevait sa course.

PS : Gomen, encore un chapitre ultra court... mais en compensation, la suite arrivera très bientôt !