Chapitre 6

Ses bras se resserrent autour de mes épaules et son visage plongea vers mon cou. Il posa son front sur ma peau encore mouillée et me prit contre lui. Je sentis des larmes couler le long de ma gorge et de mon torse tandis que mon ami se mit à sangloter sans retenue. Mes bras se levèrent alors d'eux-même pour étreindre cet être si malheureux et misérable en ce moment. Mon coeur reprenant peu à peu un rythme plus naturel, ma main se posa sur sa tête en un geste rassurant et réconfortant. Alors que Nino tentait tant bien que mal de se calmer, mon anxiété disparu et je me sentis alors étrangement bien.

Je me dégageai enfin de son étreinte désespérée et lui adressai un sourire bienveillant. Ses yeux, que je n'avais jamais vu aussi rouges, semblaient être plein de gratitude. Je le prit par l'épaule et le conduisis vers mon canapé sur lequel je le fis s'assoir.

Moi : Attends deux minutes, le temps que j'aille m'habiller, je reviens tout de suite.

Nino : Fais vite s'il te plait.

Avec un sourire approbateur, je me précipitai vers ma chambre dont je fermai la porte derrière moi, et me dirigeai vers mon armoire. J'en sortis les premiers vêtements qui me tombèrent sous la main et m'empressai de les enfiler, puis essuyai furtivement mes cheveux à l'aide de la serviette déjà trempée que j'avais utilisée auparavant. Enfin, je ressortis de la chambre, une paire de chaussettes propres dans une main, et un peigne dans l'autre. Je m'installai sur le canapé, à côté de Nino, et tentai des mettre mes chaussettes sans le quitter des yeux.

Moi : Je t'écoute. Dis-moi ce qu'il se passe, Nino.

Nino : Je suis complètement perdu, Masaki. Je ne sais plus où j'en suis...

Moi : A propos de Sho ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu l'as vu ?

Nino : Non, je l'ai pas revu depuis la répétition, mais... Je me demande si je l'aime vraiment en fait. Depuis qu'il connait mes sentiments, j'ai l'impression qu'il m'évite... Il m'a beaucoup déçu ces derniers temps...

Moi : Possible, mais c'est quoi le rapport avec ce que tu éprouves pour lui ? Tu penses que cette déception a affaibli tes sentiments pour lui ?

Nino : Pas vraiment... mais plutôt comme s'ils s'étaient d'eux-même tournés vers une autre personne.

Moi : Tu veux dire que tu es amoureux de quelqu'un d'autre ? Et que tu l'aimes plus que Sho ?

Nino : C'est ça. Mais c'est encore assez confus, c'est sûrement trop récent.

Moi : Je vois... et donc tu te demandes si tu te dois de rester accrocher à Sho où si tu peux tourner la page et te diriger vers cette autres personne, non ?

Nino : Tu as deviné tout ça tout seul ?

Moi : Bon, dis moi qui est cette personne, je peux peut-être t'aider...

Nino : Non non, tu en déjà trop fait pour moi, Masaki. Tu n'es pas obligé...

Moi : Alors laisse moi deviner. C'est un Johnnys ?

Nino : Oui.

Moi : Un Arashi ?

Nino : Oui...

Moi : Ce n'est pas Sho. Donc il reste Jun et Ohno.

Nino : Et toi...

Il avait à peine murmuré mais j'avais pu entendre distinctement ses mots. Pourquoi avait-il prit la peine de me rajouter dans la liste ? Étais-je celui qu'il aimait ? Moi ? Non, impossible. Ça ne pouvait être moi. J'avais bien trop peur de l'amour. Alors pourquoi m'aurait-il rajouté ? C'est vrai que j'avais été très gentil avec lui, en le conseillant et l'aidant, mais ça ne prouvait rien...

Alors que je m'égarais dans mes justifications et mes suppositions, Nino se tourna face à moi et, en un geste décidé, me prit le visage dans ses mains. Elles étaient douces et chaudes, et après m'avoir vrillé du regard pendant une fraction de seconde, il fondit sur moi.

Ses lèvres rencontrèrent les miennes pour la seconde fois. Je ne pouvais m'échapper, mon visage était prit dans l'étau de ses doigts. Le premier baiser qu'il m'avait fait n'était vraiment rien comparé à celui-ci. Il était franc, décidé, et passionné. L'une de ses deux mains glissa le long de ma joue pour venir s'accrocher à mes cheveux encore mouillés.

De mes yeux grands ouverts, je pouvais voir le grain fin de la peau de Nino. L'arrête droite de son nez, ses cils noirs qui tombaient sur ses joues encore rougies par ses précédentes larmes.

Il ne s'était écoulé qu'une seconde.

Curieusement, je sentis la raison me quitter, je la vis s'envoler hors de moi. Et, alors qu'elle me riait au nez, je perdis toute notion d'espace et de temps.

Mes mains se levèrent vers le corps en face de moi et se posèrent sur lui. Mes yeux se fermèrent et mes lèvres finirent par répondre à ce doux baiser. Mon coeur partit brutalement dans une course violente qui fit monter en moi une bouffée de chaleur. Reprenant mon souffle comme si j'étais en apnée, mes lèvres plongèrent de nouveau vers Nino, mes mains glissant de ses épaules jusque dans le creux de son dos. Notre baiser devint encore plus fort alors qu'il se mit à tirer sur mes cheveux, m'arrachant des gémissements qui ne le troubla pas. Je me penchai alors en avant, vers lui, et il finit par se retrouver allongé sur le canapé, moi au-dessus de lui, cherchant de mes mains à atteindre la peau douce de son dos et de son torse. Il s'agrippa alors à mon t-shirt, le déformant, et le tira vers lui pour m'obliger à me rapprocher. Mon genou glissa du canapé et je me retrouvai affalé sur lui, nos deux corps dans un contact électrique. Je frissonnai, me redressant en posant mes mains de part et d'autre de son visage d'ange et profitant de cette petite distance pour reprendre mon souffle. Il enroula ses jambes autour de moi, me forçant à me coucher de nouveau sur lui, et chercha mes lèvres avec une terrifiante avidité, en même temps qu'une puissante sonnerie retentit dans mon appartement, nous refaisant prendre conscience de ce que nous étions en train de faire.

PS : Merci de m'avoir lue ! Chapitre un peu plus long que le précédent, mais j'espère qu'il aura plu !

PS 2 : Etant donné que j'ai déjà terminé d'écrire cette fiction, les chapitres sortent environ tous les deux/trois jours (je vais quand même pas tout poster en un seul jour, non ?

PS 3 : Excusez moi aussi pour les fautes de frappes ! Je ne me suis pas relue à partir de ce chapitre.