Merci, merci pour tous vos commentaires Sweetylove30, LAurore, Janeandteresa et Vivi81 (je connais le refrain, mais comme pour une bonne chanson, ça fait toujours plaisir de le réentendre :D...).

La tension devrait monter d'un cran et les révélations tomber les unes après les autres... Comparé à ce qui précède, c'est plutôt le grand huit aujourd'hui...

Accrochez vos ceintures!

Enjoy!


Bonjour, vous êtes bien sur le téléphone de Madeleine Hightower. Laissez un message.

- Et merde ! fit Lisbon en lançant son portable sur le canapé. Elle a éteint son téléphone… Je te jure… Madame « je suis joignable à tout moment »…

- Calme-toi, Térésa…

Lisbon faisait les cent pas dans son salon, trépignant et tournant en rond comme un animal sauvage en cage. Pour la calmer, Jane s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. Elle frémissait doucement contre lui. De colère. De peur. D'anxiété. Il la serra et il commença à la bercer.

- Calme-toi… On va s'occuper de tout ça… shhh…

Elle se détacha de son compagnon et planta ses yeux dans les siens. Ce n'est pas ce soir qu'il la borderait avec une comptine.

- Je veux… Je t'assure que si je mets la main sur ce salaud…

Elle se saisit de la plaque d'immatriculation et l'agitant devant le nez de Jane,

- Si je mets la main sur ce salaud… il va passer un sale quart d'heure…

Elle regarda autour d'elle comme si elle cherchait quelque chose.

- Je peux pas rester là… Je vais au CBI, il faut que je sache à qui appartient cette voiture…

- Tu veux que j'appelle le reste de l'équipe ? Demanda Jane.

- Non, c'est bon… On ne pourra rien faire avant demain matin de toute façon…- Elle regarda sa montre -… Merde… 23h45… Pfff, comme le temps passe lentement… On les chopera au saut du lit.

Elle récupéra son portable qui avait glissé entre deux coussins et alla chercher les clés de la voiture dans le vide-poche près de la porte d'entrée.

- Tu viens ? Demanda-t-elle à Jane.

- C'est une vraie question ? Dit-il en prenant sa veste sur le porte-manteau.

Et ils sortirent dans le jardin.

.

Ils retournèrent au CBI sans encombre. Pas de Lincoln. Pas d'autre filature.

Arrivés dans le garage, Lisbon descendit de la voiture. Jane passa alors côté conducteur en enjambant d'un coup de rein le levier de vitesse.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle.

- Un truc à vérifier… Maintenant que tu es au bureau, je sais que tu ne risques rien… Ne bouge pas d'ici… j'en ai pour trois-quarts d'heure maximum…

Il ferma la portière d'autorité et redémarra.

Lisbon le regarda partir en se demandant quelle mouche l'avait bien piquée.

Elle traversa le parking largement éclairé et, avant de monter dans l'ascenseur, lança une numérotation rapide sur son portable.

Bonjour, vous êtes bien sur le téléphone de Madeleine Hightower. Laissez un message.

.

- Ou byen ? Dit-il

- Tout ko… mwen… cho… hésita-t-elle

Bonnefeuille partit d'un grand rire clair, venant du plus profond sa gorge.

- Tu viens de me dire que ton corps est tout chaud…

- Je sais… Fit Hightower en plissant les yeux.

- Non… que ton… oh laisse tomber…

Il se cala un peu mieux, elle réajusta sa robe de chambre et se poussa contre lui qui était en caleçon et t-shirt. Ils se tenaient sur le canapé, blottis l'un contre l'autre, un verre de vin posé sur le sol. La chaine hifi passait en sourdine un disque de Chucho Valdez et quelques bougies vivotaient de-ci de-là dans une pièce plongée dans le noir.

- Tu as toujours aimé la pénombre, hein ? Lui dit-il.

- Question d'habitude… cela me rassure… c'est comme si je contrôlais entièrement toute la partie illuminée… enfin, je sais pas trop…

- Hum… commenta-t-il… jusqu'à quand tes filles sont chez leur père ?

- La semaine prochaine… Ca te laisse plein de temps pour te consacrer à moi…

Ils s'embrassèrent tendrement.

- Je ne pensais pas retomber dans tes bras de sitôt, Maddy… après ton mariage…

- Ouai… Fit-elle incrédule. Et il a suffit que tu traînes tes guêtres par hasard jusqu'à Sacramento, hein ?

- J'ai toujours eu de la chance… dit-il un sourire en coin.

- Au fait… Tu interroges Van Pelt demain, n'est-ce-pas ?

Bonnefeuille agita un doigt.

- Ah. Ah. Qu'est-ce qu'on a dit ?

- On couche ensemble mais on compartimente avec le boulot… soupira-t-elle.

- Je ne me rappelais pas cela en ces termes mais en gros c'est ça…

- Mais, je…

- Je ne veux rien entendre… tu veux qu'on m'accuse de ne pas être objectif ? Et même pour toi… fricoter avec un mec de l'IGS…

- Dac'… Compartimentons alors… Et elle déposa un baiser sur son torse.

Ils commencèrent à se caresser, d'abord le visage, s'embrassant doucement puis petit à petit s'explorèrent un peu plus loin.

Un léger signal sonore continu et strident retentit dans la cuisine.

Hightower se redressa, rabattant instinctivement les pans de sa robe de chambre. Bonnefeuille se leva à son tour d'un bond.

- Qu'est-ce que c'est ? dit-il

- Le système d'alarme… quelqu'un est entré dans le périmètre de sécurité de la maison… Je l'ai installé quand on a emménagé avec les filles…

Hightower regarda l'heure au lecteur de DVD. 00h15.

Bonnefeuille avait plongé sur son arme et jeté un coup d'œil par l'œil de boeuf de la porte d'entrée.

Une silhouette s'avançait lentement vers la maison. Regardant à gauche et à droite. Elle monta les quelques marches pour accéder au porche. Elle s'approchait de la porte.

Bonnefeuille arma son pistolet et, ouvrant la porte en grand d'un seul coup, planta le canon directement dans le visage du visiteur.

- Bouge pas connard ! Dit-il entre ses dents.

Patrick Jane leva les mains en l'air, écarquillant les yeux.

- Wow, wow, wow ! Calme là ! J'ai déjà eu ma dose d'adrénaline ce soir.

La peur du moment s'évanouit lorsque Jane s'aperçut que Bonnefeuille se tenait devant lui, jambes plantées bravement dans la moquette de l'entrée, en caleçon de flanelle à carreaux et t-shirt qui lisait « Born to B wild ». Un sourire éclaira son visage.

- Et bien, et bien, et bien… fit Jane sur un ton énigmatique.

Bonnefeuille dégagea son arme et, baissant la tête, se rendit compte de l'accoutrement dans lequel il se trouvait. Une fraction de seconde, il imagina si cela avait été Van Pelt qui avait sonné… Belle autorité qui aurait disparue

Hightower apparue à son tour, les sourcils froncés, enveloppée dans une couverture.

- Non mais… Jane ! Cela ne vous suffit pas de pourrir mes journées… il faut aussi que vous m'emmerdiez chez moi !

- Madeleine… si cela peut vous rassurer… Personnellement, moi aussi, je vous vois assez au bureau… Je ne me permettrais pas de venir pour rien chez vous, à des heures indues, lorsque… enfin… vouuuus – Il ajouta un signe de la main vers Bonnefeuille - … vous vous occupez… Je comprends pourquoi vous ne répondiez pas au téléphone…

- Quoi ?

Hightower tira son téléphone portable de la poche de sa robe de chambre, y jeta un coup d'œil et lança un regard furieux à Bonnefeuille lorsqu'elle s'aperçut qu'il était éteint.

- Une fois n'est pas coutume… fit-il en haussant les épaules.

- Qu'est-ce qu'il se passe, Jane ? Demanda-t-elle. Entrez…

Jane fit alors un pas dans la maison de sa supérieure et commença le récit de la soirée.

.

Lisbon n'eut pas à attendre longtemps avant d'avoir la réponse qu'elle attendait.

En fait, elle avait mis plus de temps à allumer son ordinateur qu'à trouver la voiture qui correspondait à la plaque « BmyB8B ».

Danny Anderson.

Le petit con d'UPS qui lui avait fait du rentre-dedans.

Elle revoyait son visage porcin et son bouc. Un tsunami de fureur l'emporta.

Il aurait été devant elle à ce moment là, elle lui aurait d'abord explosé les genoux à coup de barre de fer, planté un crayon bien profond dans une de ses petites oreilles puis elle l'aurait achever sans hésitation d'une balle dans sa nuque replète et boudinée. Et pour couronner le tout, elle aurait envoyé sa facture de pressing à la famille.

Elle prit soudain conscience de ce à quoi elle pensait.

Elle s'en voulut d'abord puis décida qu'après tout, elle n'avait rien demandé : elle n'avait pas demandé qu'un type totalement givré la suive, prenne des photos d'elle à son insu, lui envoie les yeux d'un inconnu – elle avait bien remarqué que Danny avait toujours les siens, et elle se ferait un plaisir de les lui arracher dès que possible -, lui envoie des mots doux, la file jusque chez elle et pire que tout, essaie d'écraser l'homme qu'elle aimait, elle qui avait mis tant de temps à trouver celui qui compterait vraiment dans sa vie…

- Danny, murmura-t-elle, tu peux prier pour qu'on ne se retrouve pas en tête à tête.

Elle regarda sa montre et s'aperçut qu'elle avait encore quelques heures devant elle avant de pouvoir débouler – légalement - chez les gens…

Le petit post-it de Danny lui revint en mémoire… Elle l'avait confié à Rigsby… Avant de le renvoyer sans ménagement auprès de Van Pelt… ce n'était pas si grave dans la mesure où elle venait d'avoir la confirmation de ce qu'elle avait pressenti.

Mais elle avait encore cette désagréable sensation, ce goût étrange dans la bouche, métallique, comme si elle avait sucé un dime – ça lui était arrivé toute petite et elle s'en souvenait encore-, la sensation, donc, que tout se liguait contre elle, que tout ce qu'elle entreprenait tendait à partir en eau de boudin, à attirer la catastrophe.

Et Patrick qui ne revient pas.

Elle cliqua sur son mail et fit un tri dans tous ses messages. Cela servirait au moins à cela son insomnie puisque, officiellement, elle venait de découvrir que c'était pendant la nuit que les lutins informatiques remplissaient sa boite…

Elle supprimait la tonne de convocations à des réunions auxquelles elle ne se rendrait pas, lorsqu'une clochette lui annonça un nouveau message.

Un nouveau mot de Jarvis. Laconique parce que tout était contenu dans le titre.

Objet : Explosion de mon record. Infos pour vous dès votre arrivée au bureau. Appelez-moi.

Elle décrocha son téléphone – Il marquait 00h33 – et composa immédiatement le numéro du bureau de Jarvis.

- Jarvis le rat, toujours dans sa roue, pour vous servir…

Même si elle s'attendait à ce qu'il réponde, Lisbon fut malgré tout surprise par l'accueil.

- Euuuhhh… bonsoir Jarvis… C'est Lisbon… je viens d'avoir votre message… De quoi s'agit-il.

A l'autre bout, l'expert eut un petit rire timide de jeune fille, pas étonné de trouver Lisbon au CBI à cette heure-ci de la nuit.

- Oh… Hello, Agent Lisbon… J'espère que ça va ?... Heum… Si je vous dis ce qu'il s'est passé, vous allez en rester baba… vous ne dormirez plus de la nuit…

- Allez-y Jarvis… Je crois que pour ce qui est de ma nuit, c'est déjà foutu… et je peux difficilement avoir plus grosse émotion après ma soirée… sauf si vous me dites que les yeux qu'on vous a confiés appartiennent à Elvis… Et encore…

- D'accord, fit Jarvis avec une pointe de gourmandise dans sa voix. J'ai fait un relevé d'empreintes sur tous les éléments à ma disposition : photo, intérieur de la boite, « mot doux » et même sur les yeux…

- Et ?

- Toutes les empreintes sans exceptions appartiennent à la même personne…

- Laissez-moi deviner… Danny Anderson…

Il y eut d'abord un silence gêné puis Jarvis reprit.

- Euuuh, non…

- Non ?

- Non… toutes les empreintes appartiennent à Andy Pimpleton. Mon ordinateur a failli « retourner vers le futur » tellement il est allé vite pour le trouver dans la base de données.

- Andy Pimpleton ? Mais qui c'est celui-là ?

Lisbon se trouvait maintenant entre embarras, colère et frustration. Rien de bien original dans la mesure où elle traînait ces sentiments depuis presque 24h00. Ils avaient simplement gravi un échelon de plus, montés en pression comme dans une cocotte-minute. C'est tout. Encore un petit niveau supplémentaire et la réaction nucléaire se produirait, elle imploserait.

De l'autre côté de la ligne, Jarvis semblait feuilleter un dossier.

- Agent Lisbon, un conseil… n'essayez pas d'imprimer le dossier d'Andy Pimpleton… vous éradiqueriez la forêt amazonienne juste pour produire le papier nécessaire… - Il rit à sa blague – Ce n'est pas un malfrat de grande envergure mais il mériterait une cellule à son nom dans nos locaux…

- Jarvis… ce que vous m'annoncez n'empêcherait même pas la Belle au bois dormant de faire la sieste… vous êtes allé un peu vite…

Lisbon imagina Jarvis se trémoussant sur son siège, dans sa morgue. Il avait peut-être un « client » sur une des tables. Peut-être que le dossier était consulté à même le corps. Elle eut un petit frisson à cette image. Le grand échalas à la tête d'épingle eut un nouveau rire de fillette.

- Hi, hi, hi… Agent Lisbon… J'avais une compèt' de bowling ce soir… j'ai déclaré forfait pour bosser sur votre dossier… Alors, croyez-moi, quand je dis que ce que j'ai, ça défrise… Alors, accrochez-vous bien… les prélèvements sur les yeux ? Ils montrent que ce sont ceux d'Andy Pimpleton que vous avez reçus…

- Que… Quoi ? Vous me dites qu'Andy Pimpleton s'est arraché les yeux et me les a envoyés ?

- C'est ce que je dis… Il faut croire qu'il a pris un peu trop à cœur l'expression « vous êtes la prunelle de mes yeux »…

Lisbon ne répondit pas. Abasourdie.

Lorsqu'elle raccrocha, ébétée, Jarvis riait encore à son mot d'esprit tout en expliquant qu'il lui ferait suivre son rapport préliminaire aux aurores.

Lisbon n'en revenait pas. Elle eut la tentation de vérifier qu'un chat noir ne vivait pas dans les tiroirs de son bureau mais elle renonça. Trop idiote comme idée.

Qu'est-ce qui allait lui tomber dessus maintenant ?

- Pizza ?

Jane avait passé la tête dans son bureau, une boîte odorante à la main et des boissons dans l'autre.

Et Hightower qui le suivait.

Ben voilà ma réponse… Et merde…