Merci merci à filament-de-lune, janeandteresa, Vivi81 et Sweetylove30.
Je devrais presque vous double-remercier puisque la plupart d'entre vous avez aussi commenté Thanksgiving ;)
Après 8 chapitres pépères, on donne un coup d'accélérateur... on s'approche de la fin... j'espère que vous êtes bien accrochés... 'va y avoir des surprises et peut-être un choc... Who knows?
Enjoy!
Ils tournaient en rond dans la cuisine.
Lisbon commençait à accuser le coup d'une nuit blanche. Après tout, elle n'en était qu'à son huitième café et se servait le neuvième avec beaucoup de sucre.
Jane attendait, regardant sa montre de temps à autres.
- Alors c'est comme çà pour toi, toutes les nuits d'insomnie? Demanda Lisbon.
- Presque… Remarque… elles se sont espacées depuis… - il ne finit pas sa phrase -. Enfin, je dors mieux depuis que je suis avec toi… Et il lui sourit. Mais le corps s'habitue… avec le temps, le manque de sommeil, tu arrives à une sensibilité étrange… Parfois, au plus profond de mes crises, je me persuadais que je voyais l'aura des gens… un truc dingue… Puis tu finis par apprécier la nuit… Elle devient ta compagne fidèle parce que tu sais qu'elle sera au rendez-vous, tous les soirs… Je ne souhaite à personne ce que j'ai traversé mais… parfois… je me dis que j'ai appris certaines choses sur l'Homme que je n'aurais jamais apprises…
- Et c'est toi qui dis çà ?
- Salut ! Coupa Cho qui entrait dans la cuisine.
- Salut ! Fit Jane. Comment va Rita ?
- Bien merci… Aucun problème… Elle est chez moi…
- C'est bien. Dit Lisbon. Croisons les doigts pour régler le problème aujourd'hui… on a de bonnes pistes… Elles s'imbriquent bizarrement mais on a au moins un fil qu'on peut tirer…
- Jarvis a bien bossé alors ? Commenta Cho.
- Ouaip, fit Lisbon. Il est bizarre mais gentil dans son genre… Vous saviez qu'il faisait des compet' de bowling ?
- Oui, répondit Cho en se servant un café. Il a été champion universitaire durant toutes ses études… et c'est un médecin… je vous laisse imaginer le temps que ça fait !
Jane et Lisbon échangèrent un regard complice devant le moulin à paroles qu'était devenu Cho.
- Salut la compagnie ! J'ai porté le petit déj'.
Rigsby venait d'entrer dans la cuisine une boite de donuts sous le bras.
- Allez-y… Le gars, en bas de chez moi, m'a ouvert tout exprès… ils sortent de leur bain d'huile !
Il ouvrit la boîte en grand et un effluve sucré mêlé de cannelle envahit la pièce.
Tout le monde piocha avec gourmandise.
Van Pelt apparue alors à la porte, doucement, à petits pas, les traits un peu tirés.
Lorsqu'elle la vit, Lisbon posa immédiatement son café et se précipita pour faire la bise à sa jeune collègue, comme une aînée viendrait encourager sa petite sœur pour un examen.
- Vous êtes affreusement en avance Van Pelt ! Dit-elle
- Je suis convoquée ici par un certain Bonnefeuille pour 8h00… je… J'arrivais pas à dormir… Puis Wayne devait venir…
- Tenez Grace… fit Jane en tendant la boite… Prenez un beignet…
- Vous permettez que je vous donne un conseil ? demanda Lisbon.
- Bien sûr patron… Dit Van Pelt.
- Restez vous-mêmes… j'ai confiance en vous… je sais que ce que vous avez fait… C'était de la légitime défense… pour protéger votre partenaire qui se faisait agresser… pas pour protéger votre… petit ami… Je sais que si cela avait été moi, entre les mains de ce type… vous auriez fait exactement la même chose…
Van Pelt avait d'abord regardé Rigsby puis par terre en hochant la tête.
- Alors restez vous-même, continua Lisbon… Ils vont essayer de vous avoir… répétez votre version… Si vous ne mentez pas, elle restera identique… Courage… je suis passée par là, moi aussi…- Elle fit une grimace - Ce n'est pas drôle mais vous serez parmi nous en deux temps, trois mouvements… J'en suis persuadée…
- Merci patron, fit Van Pelt.
Lisbon regarda sa montre et tapa dans ses mains.
- C'est l'heure… on y va… On va cueillir cet enfoiré de Danny Anderson chez lui…
Comme un seul homme, l'équipe sortit de la cuisine. Cho fit un signe de la tête à Van Pelt, Rigsby lui caressa l'épaule, Lisbon, un pas en arrière, jeta le regard maternel d'une poule sur ses petits… Quelle équipe !
Juste avant de sortir, Jane se pencha sur l'oreille de Van Pelt pour lui glisser.
- Grace… S'il vous impressionne, imaginez Bonnefeuille en caleçon… Ca marche toujours, pour moi…
- Qu… ?
Mais le consultant était déjà loin.
Ils prévinrent Hightower qu'ils partaient. Elle leur confirma l'adresse de Pimpleton qu'elle avait vérifiée auprès de Lundt.
Elle resterait au bureau, elle attendait des nouvelles de leur part dès que possible.
Et pas de conneries ! Leur cria-t-elle juste avant qu'ils n'entrent dans l'ascenseur.
.
Le petit immeuble était minable, les escaliers étaient minables, le couloir était dégueulasse et minable. Ca sentait l'urine de vieux chien et la bouffe mexicaine réchauffée au micro-onde…
Ils n'avaient en tout cas pas repéré la voiture sur les parkings environnants.
Peut-être qu'Anderson avait tout simplement filé. Ce qui aurait été logique.
Rigsby et Jane attendaient dehors, en soutien, juste au cas où Danny décide de jouer les filles de l'air.
Lisbon et Cho iraient l'interroger.
Elle n'était pas sûre de résister à l'envie de démonter la tête du gamin mais elle essaierait de se contrôler.
Elle frappa à la porte à grands coups de poing. Une dizaine de fois. Elle continua et fila même des coups de pieds dans l'entrée qu'elle sentit à deux doigts de céder.
Une voix leur parvint de l'intérieur, une voix grave et endormie.
Ils se collèrent contre le mur, arme à la main.
La porte s'ouvrit.
- Mouaiiii… 'tain… c'est quoi c'teu mêêr-deuuu…
Un homme d'une vingtaine d'années, en caleçon, les cheveux ébouriffés, les yeux gonflés et injectés de sang était sorti sur le seuil. Une odeur de fauve sortit de l'appartement, mêlant transpiration, nourriture, gaz en tout genre et fumée de marijuana.
Lisbon posa le canon de son arme sur la tempe du jeune homme faisant sauter, dans un cliquetis ostensible, la sécurité.
- Danny Anderson ?
Le type la regarda du coin de l'œil et un sourire apparut sur son visage. Le mec était à l'ouest complet, shooté jusqu'à l'os.
- Hey Danny ! Fit-il. Putain, elle était trop bonne ton herbe… je me fais braquer par la sœur cadette de Lara Croft ! Géant !
Cho poussa le gusse dans la pièce par l'épaule, s'en servant de bouclier humain. L'homme se laissait faire. Un sourire, grand comme une plantain, barrait son visage.
- Putain, Danny ! C'est trop fort ! Elle fait équipe avec Tony Ja !
Dans l'appartement, ils furent assaillis par une chaleur qu'expliqua rapidement l'armada d'ordinateurs montée contre les murs. A vu d'œil, il y en avait bien bon sept ou huit, reliés par des fils et des câbles qui couraient sur les murs et sur le sol.
Sur le canapé, par terre, assis sur une chaise, la tête sur la table, des clones du « happy face » qu'ils tenaient entre leurs mains se réveillaient péniblement. La même tête, la même dégaine et probablement la même haleine et le même mal de crâne.
Danny apparut dans la pièce dans un t-shirt qui arborait le logo de Superman, se grattant les fesses.
- 'Fais chier Hector… Si t'es pas capab…
La vue de Lisbon le tenant au bout de son arme le sortit du coma dans lequel il était. Il leva les mains en l'air. Lisbon sentit tout de suite qu'un truc allait de travers. Encore une fois.
- Wow ! Eh ! Agent Lisbon… Si vous vouliez pas sortir avec moi, il fallait le dire… j'ai l'habitude de prendre des vestes vous savez ?
- M. Anderson ?
Hector pouffa de rire.
Elle interrogea Cho du regard.
- Matrix… fit-il en poussant Hector sur une chaise libre.
Putain de geeks, pensa Lisbon.
- Danny, Où étiez-vous hier soir, vers… - elle hésita, la nuit avait été tellement longue- … entre 22h00 et minuit ?
Anderson fit un geste qui embrassa tout l'appartement.
- Ici, avec mes potes… - il y eut dans la pièce quelques grognements et un ou deux types levèrent la main pour dire bonjour - on avait un rendez-vous World of Warcraft. On a commencé vers 19h00 et on a fini y'a pas une heure… Un problème ?
- Où est votre voiture ? Coupa Cho.
- C'est Andy qui me l'a empruntée…
- Andy Pimpleton ? Rugit Lisbon en s'approchant de Danny.
De surprise ou de peur, il fit un pas en arrière.
- Ouai…Andy Pimpleton… et son frère… Petit Doyle, Doyle bouton-ton… vous les connaissez ? Doyle bosse à UPS… Vous l'avez peut-être croisé… - il mit un doigt sous son nez le temps de réfléchir – ouai… je crois qu'il bosse dans votre secteur…
Un frisson caressa l'épine dorsale de Lisbon. La boule au creux de l'estomac qu'elle portait depuis la veille fit un nœud supplémentaire.
- 18 ans environs ? Cheveux péroxydés ? le visage comme un clafouti ?
Le visage de Danny s'éclaira.
- Ouaii ! C'est petit Doyle… vous le connaissez ?
Lisbon se tourna vers Cho.
- C'est le type qui m'a livré le colis…
Ca prenait une très mauvaise tournure.
Cho et Lisbon se précipitèrent vers la sortie. Avant de quitter l'appartement, Lisbon s'adressa une dernière fois à Danny.
- Vous bougez pas d'ici… personne… on enverra une équipe recueillir vos témoignages…
Et elle fila.
Au bout du couloir, elle entendit Hector hurler.
- Hey, M'zelle Croft ? Vous êtes aussi sexy que vot' sœur !
Putain de geeks.
.
Ils se rendirent le plus rapidement possible à l'adresse d'Andy Pimpleton.
C'était facile à cette heure de la journée, les commuters n'avaient pas encore entamé leur transhumance quotidienne et la ville peinait à se réveiller. L'heure terne où le jour chasse la nuit. Rigsby fit crisser les pneus à plus d'une reprise et Jane et Cho furent plus d'une fois à deux doigts de finir cul par-dessus tête à l'arrière de la voiture.
Lisbon le félicita d'un « espèce de sauvage » lorsqu'ils arrivèrent au pied du petit immeuble de quatre étages où habitait Pimpleton.
- On y va tous, dit Lisbon donnant ses derniers ordres avant la bataille. Pas le temps de finasser. Dernier étage. Rigsby vous ouvrez la marche, arrivé là-haut vous me défoncez la porte. Patrick ? Tu restes en retrait… Allez, go !
L'immeuble était bien entretenu, simple mais propre. Ils gravirent les étages au pas de charge, essayant toutefois de faire le moins de bruit possible.
Ils arrivèrent rapidement devant le 12, l'appartement de Pimpleton.
Presque dans la foulée de sa course, Rigsby lança le plat de son pied contre la porte. La serrure, modeste, ne tint pas le choc et s'envola au fond de l'appartement, laissant un trou au milieu des échardes de bois. La porte pivota sur ses gonds dans un grand mouvement ample et rapide pour aller se cogner contre le mur. Elle revint, ralentie, vers l'équipe du CBI mais tous étaient déjà dans le salon. Une pièce peu fournie mais propre et bien rangée. Sur la droite, la cuisine et au fond, deux autres pièces : les chambres.
Sous le coup de l'émotion et de la tension, ils ne repérèrent pas immédiatement ce qui n'allait pas mais rapidement, ils mirent le doigt dessus : l'odeur de la mort.
Pas celle, aseptisée, qui voletait chez Jarvis mais une odeur aigre dans laquelle on devinait des relents d'urine et de merde.
Ils se précipitèrent dans la chambre dont la porte était ouverte et ils découvrirent sur le lit le corps d'Andy Pimpleton.
L'odeur était insoutenable et pourtant la mort ne devait remonter qu'à deux ou trois jours.
Il était torse nu, le ventre ouvert et une partie des intestins avait été délicatement placés en un tas à côté de la tête. A ses pieds, des bouts d'autres organes avaient été mis là, découpés n'importe comment ou carrément arrachés du corps de Pimpleton.
La bouche était ouverte dans un cri inaudible et les orbites vidées de leurs yeux.
Le travail d'un fou.
Jane réprima un haut le cœur, Rigsby et Cho se bouchèrent le nez alors que Lisbon leur faisait signe de la suivre dans le salon.
Elle décrocha son téléphone et appela immédiatement une équipe médico-legale.
Ils se trouvaient à nouveau dans un cul-de-sac.
Elle composa à la suite le numéro de Hightower. Elles firent le point rapidement.
- Oui, Madame, continuait Lisbon… on soupçonne le frère, Doyle… On ne sait pas où il peut être… On va essayer de le localiser… peut-être avec la voiture d'Anderson… Oui, Madame… nous allons faire le possible… oui… oui… Je vous tiens au courant.
Elle raccrocha et fit le tour du salon. Quelques livres d'auto-motivation, une photo où l'on voyait les deux frères, bras dessus, bras dessous, souriant à l'appareil… ils devaient avoir dans les dix ans…
Le portable de Cho sonna.
- Agent Cho à l'appareil...
La voix au bout du fil était faible et suppliante.
- Allo ? Kimball ?
Cho fit signe au reste de l'équipe de s'approcher et mit la communication sur haut-parleur.
- Allo ? Rita ? Qu'est-ce qu'il y a? Qu'est ce qu'il se passe ?
La voix de Cho était tombée dans les graves, il parlait vite et par saccades.
Rita pleurait.
- Je suis désolée Kimball… j'ai cru que c'était une livraison que tu attendais… je suis désolée…
Il y eut un rire derrière elle, un rire maléfique, hystérique, inhumain presque.
Rita cria. Un cri bref, effrayé. Un cri de terreur.
- RITAAA! hurla Cho.
Et les premières mesures de Be my Baby par les Ronettes sortirent du téléphone alors que toute l'équipe courait hors de l'appartement.
The night we met I knew I needed you so
And if I had the chance I'd never let you go
So won't you say you love me
I'll make you so proud of me
We'll make 'em turn their heads
Every place we go
So won't you please
(Be my be my baby) Be my little baby
(I want it only say) Say you'll be my darling
(Be my be my baby) Be my baby now
(I want it only say) Ooh, ohh, ohh, oh.
