Chapitre 4
Gin et Grimmjow marchent pendant plusieurs semaines pour sortir du désert, et décident de s'arrêter définitivement au milieu d'une forêt, dans une cabane abandonnée.
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La vie suivait son cours, monotone. L'ex Shinigami et l'Arrancar avaient fini par s'habituer tout naturellement à la présence de l'autre, et l'idée de suivre des chemins différents ne les effleurait même pas. Dans un sens, la solitude était le meilleur moyen pour courir à leur perte.
Grimmjow se sentait moins mal depuis qu'il arrivait à vivre en compagnie de quelqu'un. Cela l'empêchait de trop penser. Car lorsque cela se produisait, il se souvenait d'Ichigo, et ça lui faisait mal. Il souffrait de ses actes, de ses paroles, de son ignorance. Il ne comprenait pas. Pourquoi Ichigo avait-il agit ainsi envers lui ? Pire encore : Pourquoi Grimmjow lui-même avait-il été aussi barbare ?
Gin aussi avait été coupable d'actes immoraux : il avait trahi les siens. Mais c'était dans le but de venger cette femme dont il avait parlé sans cesse, sans jamais prononcer son nom. Jamais, à aucun moment Gin n'avait eu soif de sang, jamais à aucun moment il n'avait aimé voir les autres souffrir, et jamais à aucun moment il n'avait souhaité la mort de quelqu'un d'autre qu'Aizen.
Grimmjow, lui, n'avait jamais été fidèle à personne. Il avait suivit son instinct animal, qui l'empêchait de se rebeller contre un être plus fort que lui, mais qui l'incitait à s'en prendre aux plus faibles. Il avait adoré tuer. Il avait adoré massacrer. Plus le sang giclait, plus il s'amusait. Mais s'amusait-il vraiment ? A présent, il en doutait. Il ne voyait pas, ou ne voyait plus ce qui était aussi divertissant dans toute cette tuerie. Au contraire. Il y avait quelque chose de purement malsain, de purement horrible, de purement cruel. Et ça le dégoûtait.
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— Aide-moi espèce de feignant !
Grimmjow avait décidé que s'en était assez. Quand il pleuvait la nuit, ça inondait sa paillasse, et c'était vraiment désagréable. Il fallait réparer ce foutu toit. La cabane tombait en ruine. Gin faisait une sieste à l'extérieur.
— Mais je t'aide... !
— A bon ? J'ai pas l'impression.
— Si si ! Je te regarde !
Grimmjow failli balancer la pierre qui lui servait de marteau sur la tête d'Ichimaru.
— Ça m'aide pas imbécile !
— Ecoute... J'suis bien là... Le soleil est vraiment très agréable. Viens te reposer toi aussi !
— Nan ! Ce soir il va pleuvoir et j'ai pas envie d'être encore tout trempé !
— C'que tu peut être douillet ! Ah la la...
Gin se leva et s'étira.
— Tu faisais quoi, le questionna Grimmjow.
— Je pensais...
— A elle ?
Gin ne répondit pas. Grimmjow considérait cela comme une marque d'approbation.
— Ne te torture pas mec. Fait comme moi. Tu t'occupes les mains toute la journée, et tu penses moins. A la fin, ça s'atténuera. D'ailleurs ça ne te fera pas de mal de m'aider parce qu'il y a beaucoup de boulot.
— Oh t'inquiète, je suis assez grand pour contrôler mes sentiments. Moi au moins, tu ne risques pas de me retrouver pendu à une branche d'arbre.
Il avait dit cela sur un ton soupçonneux.
— Ne change pas de sujet ! Et puis moi je ne suis pas assez con pour me pendre !
— Ah oui ?
— Passe-moi une planche.
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Toute la journée, ils réparèrent le toit cassé. Quand cela fut terminé, il faisait nuit, et ils entreprirent de préparer à manger. Pendant que le poisson cuisait, Gin s'assit et contempla les étoiles.
— Le ciel est clair ce soir. On ne dirait pas qu'il va pleuvoir.
— Je ne me trompe jamais sur ça, répondit Grimmjow.
— C'est vrai. Peut-être ta partie animale.
— Peut-être.
Grimmjow fit tourner machinalement les poissons sur le feu.
Quand ils eurent fini de manger, Grimmjow alla s'allonger dans l'obscurité de la cabane. Il était satisfait de ne plus voir le ciel à travers le plafond. Il sentait le sommeil le gagner. Le travail, ça fatigue, et l'air était lourd.
Cela ne dura pas. Bientôt, il se mit à pleuvoir. La température descendit rapidement, et il s'enveloppa dans sa couverture. Tout d'un coup, il réalisa qu'il était seul. Gin était encore dehors ?
Il se leva brusquement et alla jusqu'au seuil. Il pleuvait des cordes. Gin était bien dehors. Il se tenait debout, le nez en l'air, les yeux fermés. Ses vêtements ruisselaient. La pluie cachait ce qu'il était en train de faire.
Il pleurait.
