Chapitre 5

Matsumoto et Ichigo ont quitté le Seireitei depuis maintenant plusieurs mois. Leur route les conduit à travers divers villages, et dans des forêts sombres...

bleach

— Ichigo, marche moins vite ! J'suis fatiguée !
— Rah mais qu'est-ce que t'as encore ?
— On n'a pas mangé depuis hier matin ! Et puis il fait chaud !
— Bon on va faire une pause pour essayer de trouver à bouffer...
Il posa son sac contenant leurs maigres affaires à l'intérieur. Rangiku s'effondra sur le sol, épuisée. Elle sortait d'une grippe, car ils avaient traversé une région qui était en pleine saison des pluies. Cela l'avait considérablement affaiblie, sans compter qu'ils économisaient le plus possible le peux de provisions qu'il leur restait, c'est-à-dire une poignée de fruits secs et quelques morceaux de viande séchée. Mais là, la faim devenait insoutenable. Ils marchaient toute la journée, ils avaient les pieds gonflés, et dormaient mal la nuit.
— Au prochain village, suggéra Ichigo, on s'arrêtera quelques jours pour reprendre des forces.
— Et comment tu payeras pour manger et loger ?
— Je suis sûr qu'on se débrouillera. En attendant reste-là je vais voir si il n'y a pas un animal à attraper, ou des fruits.
Rangiku ouvrit de grands yeux en regardant derrière Ichigo.
— Attention ! Derrière-toi !

bleach

Ichigo ouvrit les yeux. Il faisait sombre. Il n'arrivait pas à bouger. Il était assis, les poings liés dans le dos à un pique qu'on avait planté là. Il avait mal au crâne. On l'avait assommé par derrière. A présent il se trouvait à proximité d'un feu de camp, où un groupe de personnes parlaient très fort, quelques dizaines de mètres plus loin. Dès que sa vision fut moins trouble, il regarda autour de lui et chercha des yeux sa coéquipière. Elle était attachée de la même manière, sur un autre piquet à côté de lui. Elle était réveillée et fixait d'un œil somnolant ses pieds douloureux. Elle sentit Ichigo bouger et leva le regard.
— Comment tu te sens ?
— Ça va... Qu'est ce qui s'est passé ?
Rangiku commença à parler très vite.
— Ils t'ont assommé, et ils nous ont emmené ici ! J'ai essayé de les en empêcher mais tu comprend ce sont des armoires à glaces ces mecs là et puis j'avais plus de forces alors quand je leur tapait dessus ça faisait rien alors du coup j'ai rien pu faire je suis désolée pardon !
— Shhhuuut ! Calme toi enfin ! Respire !
Elle inspira un grand coup.
— Qui nous a enlevé ? demanda calmement Ichigo.
— Des brigands. Cette région en regorge.
— Mais pourquoi ils ont pris la peine de nous emmener là ? On a rien sur nous à part quelques vêtements et un peu de bouffe...
— Tss... t'as jamais entendu parler du commerce d'esclaves ? C'est interdit au Seireitei mais ça se pratique dans certaines régions du Rukongai. Ils ont trouvé que t'étais assez musclé et bien bâtit pour accomplir des travaux difficiles dans les champs ou ce genre de chose. Ils te vendront un bon prix.
— Euh... Mais et toi ?
— Ce que tu peux être naïf... dit-elle d'un rire nerveux.
Ça aussi ça se fait ?
— Malheureusement oui.
Ils se turent. Ichigo avait conscience que son sort n'était pas enviable, mais pouvait imaginer combien celui de Matsumoto était bien pire... Il fallait absolument trouver un moyen de fuir le campement.
Un tas de muscle monté sur deux jambes d'acier et doté de bras gigantesques s'approcha d'eux. Ichigo était sûr de deux choses : Un, c'était un brigand, deux, il avait un peu trop bu...
— Alors là on a eu du pot de se croiser aujourd'hui mes p'tits agneaux, ricana-t-il. Vous allez nous rapporter un bon prix. On a bien travaillé !
Il s'approcha de Rangiku en émettant un rot absolument immonde et s'agenouilla devant elle.
— Tu nous appartient maintenant ma jolie, et ce serait dommage de ne pas en profiter avant de te vendre tu ne crois pas ?
Elle retenait sa respiration le mieux qu'elle pouvait pour ne pas sentir l'odeur infecte qui émanait de la bouche du brigand. Elle ne pouvait pas bouger et commençait à paniquer. Ichigo cherchait désespérément un moyen de couper ses liens. L'homme prenait déjà ses aises avec la pauvre Matsumoto, qui hurlait autant qu'elle en était capable. Les gros doigts touchaient sa peau. Le contact avec ces mains était encore plus écoeurant que l'haleine du géant.
Soudain la corde qui retenait les mains d'Ichigo se relâcha. Il regarda derrière lui et aperçut un enfant d'une dizaine d'année qui lui faisait signe de fuir silencieusement. Il avait une touffe de cheveux blancs et des yeux bleus perçants. Ichigo ne pris pas le temps de remercier le gamin et bondit sur ses jambes. Il envoya son pied frapper le fessier de l'homme qui agressait sa compagne de voyage. Celui-ci poussa un cri de surprise et de douleur et se tourna vers le rouquin sans se préoccuper de l'absence de vêtement pour couvrir son bas ventre. Matsumoto en profita pour frapper par derrière le brigand à la tête. Rapidement, à deux, ils le mirent hors d'état de nuire.
— Grouillez-vous ! cria le gamin. Les autres vont arriver !
Rangiku se rhabilla du mieux qu'elle pu à toute vitesse et ils tachèrent de se faufiler vers la forêt en silence. Quand ils s'arrêtèrent assez loin du campement pour reprendre leur souffle, elle explosa en larmes.