Disclamer : Aucun des personnages cités ne m'appartient. Heureusement pour leur intégrité physique et mentale, d'ailleurs.

Notes :
- Comme j'emplois (un peu) le langage de l'escrime, je fais quelques précisions : une épée bâtarde est une épée à une main et demi. La lame est plus courte, plus légère et la pointe est plus fine que celle des grosses épées du Moyen-Age (qui pouvaient peser entre dix et quinze kilos). L'épée bâtarde est faite pour transpercer les armures. L'estoc et la taille sont les deux coups de base que l'on peut porter avec une épée. L'estoc (qui est aussi le nom d'une épée conçue pour porter ce coup) désigne le coup que l'on fait quand on attaque avec la pointe de l'épée pour transpercer son adversaire. La taille est quand on fait "glisser" son épée en l'enfonçant le long du corps de l'adversaires, en provoquant de longues et de sanglantes blessures. Si le coup de taille est le plus impressionnant, le coup d'estoc est bien plus grave, car il transperce les chairs et les organes. Et vue la qualité des soins à l'époque, on pouvait guérir d'une plaie superficielle faite par une attaque de taille si la blessure ne s'infectait pas, mais quand un coup d'estoc nous transperçait un organe, on avait presque aucune chance de survie.

Seifer : Contente de ramener ta science ?
Nied : T'es méchant.
Seifer : T'es pas mieux non plus. Et pis, t'aimes me faire souffrir, nan ?
Nied : J'avoue, j'avoue.

- Sinon, cet one-shot doit être aussi long que les deux premiers réunis. J'avais pas mal d'inspiration, sauf pour la fin qui est un peu plate, je trouve.

Genres : ça commence en Angst (d'ailleurs ma bêta adore le pasage Angst) pour finir en truc sucré à la fin. Ouais, je sais, c'est assez space. Un scénar un peu bancal, mais un scénar quand même. Parce que les deux dernières fois, j'avais pas vraiment pris la peine d'en faire un. ;)

Remerciements : d'abord à ma bêta flammulanette (pas taaaaaper... xD ), ensuite aux gentilles personnes qui m'ont posté des reviews, c'est à dire à Redfoxline et à squallyboy. Je vous aime, les filles.


C... comme Cauchemar.

Une lumière rougeâtre l'aveuglait. Partout autour de lui, d'innombrables cadavres étaient jetés en tas comme des ordures, formant de gigantesques montagnes, et tous le fixaient de leurs regards morts à l'air accusateur. Le jeune homme baissa les yeux pour éviter cette vue avant de se figer d'effroi. Il pataugeait jusqu'aux genoux dans un liquide carmin et il mit plusieurs secondes avant de réaliser, sous le choc, que c'était du sang qui s'écoulait de tous les gens morts en ce lieu. Une telle quantité de sang... Il en était malade au point d'avoir des nausées, et il devait se retenir pour ne pas vomir. Les montagnes de cadavres ruisselaient de ce liquide vital et lui marchait dedans. C'étaient des victimes de la guerre. Des victimes de sa folie meurtrière. Ces personnes étaient toutes mortes par sa faute. Pris d'une panique incontrôlable, le jeune homme se mit à courir droit devant lui pour fuir cette terrible vision. Mais ce sinistre paysage s'étendait à perte de vue et il avait beau courir jusqu'à en perdre haleine, il ne pouvait échapper aux regards dénonciateurs de ses morts qui le jugeaient, lui et sa folie.

Puis la vision changea et il se retrouva dans un château hors du temps et de l'espace, se tenant aux côtés d'une femme aussi belle que mortelle. Ses ennemis approchaient, il le sentait, et il devait La protéger, peu importait le prix à payer. Même si au fond de lui, une petite voix lui criait de toutes ses forces de ne pas se battre contre eux, que c'était une terrible erreur, il le ferait. Car cette petite voix ne résistait pas longtemps à l'assaut de Sa puissance. Personne d'autre qu'Elle n'existait à ses yeux et il pourfendrait tous Ses assaillants. Il s'avança pour combattre, la lame au clair, lorsqu'une personne sembla l'appeler au loin, mais l'exclamation était trop faible pour le tirer du charme dont il était prisonnier. Il n'y fit pas attention et commença à se battre, défaisant rapidement ses opposants. Il allait tuer leur chef, un jeune homme à la chevelure brune mi-longue, et son épée était en train de tomber lorsqu'il entendit la voix de la personne devenir plus forte. Il se sentit pris de violents tremblements puis tout devint flou autour de lui.

« Seifer ? Seifer, bordel, réveille-toi ! »

Le jeune homme blond ainsi appelé ouvrit soudainement les yeux en se redressant brutalement, faisant sursauter Irvine qui le tenait par les épaules, manifestement en train de le secouer pour le réveiller. Dans la pénombre de la chambre où il dormait encore quelques minutes plus tôt, le sniper distingua les traits tirés et hagards de son vis-à-vis qui ne semblait pas se rendre compte de là où il se trouvait et qui paraissait complètement perdu. Apparemment, le rêve de l'épéiste - ou plutôt son cauchemar - avait été suffisamment profond pour forcer le roux à le secouer comme un prunier pour qu'il en sortît. Le gunbladiste leva une main tremblante jusqu'à son front moite pour en écarter ses cheveux rendus collants par la sueur. Resserrant son poing autour de quelques mèches de sa chevelure dorée, il tenta de calmer sa respiration haletante et les battements frénétiques de son coeur. Il soupira de manière presque imperceptible, mais qui ne cachait pas son mal-être, avant de relever la tête et de croiser le regard inquiet d'Irvine dont la main lui broyait gentiment l'épaule en un geste de réconfort. Le roux observa un peu tristement le blond. Non, il n'aimait pas du tout le voir dans cet état. Il avait entendu Seifer bouger et gémir dans son sommeil, au point d'en être réveillé. Il avait hésité à intervenir et à tirer le jeune homme de son cauchemar jusqu'au moment où il vit des larmes glisser le long des joues de l'épéiste. À partir de là, il n'avait plus attendu et avait franchi en trois grandes enjambées l'espace qui séparait son lit de celui de l'endormi puis l'avait appelé, espérant ainsi le sortir des bras de Morphée. Voyant que cela n'était pas suffisant pour tirer Seifer de sa transe, il l'avait alors secoué pour le réveiller, tout en s'inquiétant de plus en plus pour son ami. Et là, devant le tableau misérable de Seifer en train de grelotter de fatigue et d'horreur, Irvine se sentait totalement désemparé. Il n'avait jamais vu l'autre dans un tel état de faiblesse et de vulnérabilité, c'était juste totalement anormal ! Le blond était égocentrique, violent mais surtout très fort. Il restait néanmoins un être humain et, malgré tout, il n'était pas encore complètement sorti de l'adolescence. Le roux se mordit les lèvres. Évidemment que Seifer se sentait coupable de tout ce qu'il avait fait pendant la guerre, même si il avait été entièrement contrôlé par Ultimécia et, en tant que tel, pas responsable des actes qu'il avait commis. Mais pour le blond, ça n'atténuait pas la culpabilité. Irvine passa timidement un bras autour des épaules du plus âgé et le serra contre lui quelques minutes trop courtes, jusqu'à ce que son vis-à-vis ne se dégage avec une maladresse un peu brutale. Il devait se sentir vraiment mal à l'aise de s'être laissé aller ainsi, lui qui tentait toujours d'avoir l'air fort. Le jeune homme blond fixa un moment le sol avant de relever la tête et de croiser le regard d'Irvine, un air résolu plaqué au visage. Le message était clair : « Ne parle pas de ce qui vient de se passer. ». Mais Irvine ne l'entendait pas de cette oreille. Non, il n'allait pas laisser Seifer seul avec ses démons, pas après avoir vu l'état dans lequel ça le mettait. Il ouvrait la bouche pour protester lorsque le gunbladiste lui coupa la parole.

« On ferait mieux de retourner dormir. La mission continue demain. »

Ah oui, bordel, c'était vrai ! Irvine était si concentré sur l'état de Seifer qu'il en avait oublié la mission qu'il était censé accomplir avec le blond. Le roux soupira. Depuis plusieurs jours, ils aidaient la police de Laguna à traquer des trafiquants de drogue esthariens car leurs gardes du corps s'étaient montrés suffisamment coriaces pour supprimer les simples soldats envoyés arrêter leurs patrons. Le président avait alors fait appel aux Seeds, ce qui fit que Seifer et Irvine furent envoyés sur cette mission. Comme l'épéiste l'avait judicieusement fait remarquer, ils allaient probablement être obligés de tuer les mercenaires, qui ne se laisseraient sûrement pas capturés vivants. Bah, Laguna n'avait pas précisé qu'il les voulait en vie. Les deux jeunes gens étaient même sûrs qu'il serait ravi de les voir disparaître définitivement du paysage. Le vieux ne plaisantait pas lorsqu'il s'agissait de la sécurité de sa ville et de ses habitants. La traque des deux Seeds durait déjà depuis plusieurs jours et les avait menés loin au nord d'Esthar, dans une petite ville un peu perdue, mais très discrète. Idéale pour qui voulait se faire oublier. Malheureusement pour les trafiquants, les Seeds n'avaient pas l'habitude de relâcher leurs proies, sauf si un contre-ordre les y obligeait. Les deux jeunes gens et les quelques policiers, dirigés par Kyros qui les accompagnaient s'étaient arrêtés dans ce petit village pour se reposer, car ils manquaient tous cruellement de sommeil. Irvine soupira. Si Seifer se mettait en plus à faire des cauchemars, sûr qu'ils allaient avoir du mal à se reposer convenablement. Et la journée de demain s'annonçait déjà suffisamment dure, le roux n'avait pas besoin en plus d'un partenaire complètement crevé sur le terrain. Le tireur d'élite hésita quelques instants avant de soulever les draps et de se glisser dans le lit à côté du blond, provoquant un sursaut de surprise chez celui-ci.

« Qu'est-ce que tu fous, bordel d'Hyne ?
- Ça t'aidera à dormir tranquille, tu ne serviras à rien demain si tu ne dors pas maintenant, répondit très vite l'interrogé. Et puis, chuis trop fatigué pour rejoindre mon lit.
-... Nuit. »

L'épéiste calla confortablement son dos contre le torse d'Irvine (vue l'étroitesse du lit, les deux jeunes gens étaient bien serrés) puis rejoignit rapidement les bras de Morphée, trop épuisé par son cauchemar pour ne serait-ce que songer à protester contre la décision d'Irvine. Celui-ci devait d'ailleurs avouer qu'il avait plus ou moins menti sur les raisons qui l'avaient poussé à accomplir un tel geste. En fait, il n'avait pas tellement menti. Les deux raisons qu'il avait données étaient vraies, c'était juste qu'il n'avait pas dit la principale. Son estomac s'amusait toujours à faire des triples sauts périlleux à chaque fois qu'il entrait dans la même pièce que Seifer et son rythme cardiaque s'accélérait dès qu'il croisait le regard émeraude si charismatique du jeune homme. Et là, à le voir ainsi si vulnérable, si fragile, son coeur se serrait douloureusement dans sa poitrine et l'envie farouche de le protéger montait inexorablement en lui. Le roux sortit de ses pensées et redescendit sur Done pour se perdre dans la contemplation du garçon qui le perturbait tant. Doux euphémisme pour dire qu'il l'aimait, trois petits mots que le sniper n'avait pas l'habitude de penser, lui qui virevoltait toujours de conquête en conquête et que le gunbladiste n'avait pas non plus l'habitude d'entendre. Pour l'instant, Irvine ne distinguait de Seifer que le haut de son dos, sa nuque si tentante et sa courte chevelure dorée, bien qu'il la laissât pousser depuis quelques temps. Quelques mèches se collaient à son cou, attirant le regard du châtain sur cette partie de l'anatomie du bel endormi. Dans la pénombre de la chambre, ses cheveux avaient la couleur de l'or sombre. Le tireur d'élite laissa son regard remonter le long de la courbe de la nuque si attirante qu'il avait en face de lui et se perdre dans la masse soyeuse de la chevelure de l'épéiste. Il se demanda si ses cheveux étaient aussi doux qu'ils le paraissaient, si il pouvait passer ses doigts dedans pour le vérifier, si Seifer se réveillerait si il le faisait et surtout quelle sensation ça lui ferait. Irvine mordilla sa lèvre inférieure, avant de toucher d'une main timide et tremblante la chevelure blonde. Voyant que Seifer ne se réveillait pas, il s'enhardit et laissa ses doigts glisser entre les mèches dorées. Hyne, que les cheveux de l'épéiste étaient doux ! L'auburn délaissa ensuite la chevelure de son ami pour laisser ses mains s'aventurer sur la nuque et le haut du dos de l'endormi. Il déposa un léger baiser dans le cou, respirant l'odeur chaude et cuivrée qui s'en dégageait et la savourant avec un délice infini. C'était dur de se retenir pour ne pas aller plus loin, mais Irvine se doutait que Seifer ne serait pas très spécialement heureux de se réveiller pour se rendre compte que l'autre profitait de son sommeil pour assouvir quelques uns de ses fantasmes. Le roux grimaça. Dit comme ça, il avait l'air d'un vrai pervers. Il soupira. Ce serait bien qu'il pense à dormir. Ça serait vraiment stupide que lui soit claqué le lendemain après avoir insisté pour que Seifer se repose. Avec un instant d'hésitation, il passa un bras autour de la taille du blond et l'enlaça avant de fermer les yeux et de s'endormir.

Lorsque Seifer se réveilla le lendemain matin à l'aube à cause d'un poids sur sa poitrine, il sentit un souffle chaud dans son cou. Il bougea doucement afin de se retrouver face à la source de cette perturbation pour ouvrir de grands yeux en tombant nez à nez avec Irvine qui était encore endormi. Pardon ? Il s'était passé quoi la veille ? Les battements de coeur de Seifer se calmèrent lorsqu'il se rappela l'enchaînement des événements. Il avait par ailleurs étonnement bien dormi dans les bras du roux, bien mieux que depuis des mois. Le jeune homme rougit légèrement lorsque son regard tomba sur leurs deux mains enlacées. Apparemment, Irvine avait passé un bras autour de sa taille pendant son sommeil, lui avait dû saisir une des mains du sniper et la serrer sans s'en rendre compte. Le blond se mordilla doucement les lèvres. Plutôt gênant comme situation, surtout si Irvine se levait maintenant. L'épéiste se dégagea gentiment et sans à-coups de l'étreinte pour éviter de réveiller le dormeur. Cependant le tireur était un mercenaire surentraîné et, malgré tous ses efforts, Seifer bougea suffisamment pour déranger le roux dans son sommeil. Irvine se réveilla en baillant et en clignant des yeux et sourit à Seifer sans la moindre gêne devant leur position. C'est vrai qu'ils avaient ainsi plus l'air d'amants que de simples amis, mais cela ne dérangeait absolument pas le rouquin qui se leva tranquillement, avant de se tourner vers le blond, encore au lit.

« Tu devrais te lever, les hommes de Laguna ne vont pas tarder à venir nous chercher.
- Ouais, soupira l'épéiste en commençant à s'habiller. J'espère qu'on aura fini ce soir.
- Ça devrait normalement. Ils vont boucler les trafiquants et nous, on est là pour empêcher que les gardes du corps les descendent. Kyros et ses hommes ramèneront ces pourris à Esthar dans la soirée.
- Mouais, je ne sais pas si on pourra facilement arrêter les gardes du corps. Ils vont probablement être assez chiants. Enfin, on verra. »

Les deux jeunes gens descendirent l'escalier pour tomber nez à nez avec Kyros, qui venait apparemment les chercher. Le bel afro leur sourit sincèrement en guise de salut, avant de les entraîner à sa suite jusqu'à la salle à manger, où le groupe se restaura et peaufina les derniers détails de leur plan, somme toute très simple. Les policiers et Kyros se chargeraient d'arrêter les trafiquants, tandis que les deux Seeds empêcheraient leurs gardes du corps de faire la peau des hommes de Laguna. L'ensemble se dirigea discrètement vers le repaire des malfaiteurs. Arrivés là-bas, les deux jeunes mercenaires se faufilèrent silencieusement à l'intérieur de la bâtisse par une fenêtre ouverte avant d'aller ouvrir la porte pour permettre aux autres de rentrer. Kyros hocha la tête en voyant que les deux Seeds avaient réussi la première partie de la mission puis leur fit un signe de la main pour leur indiquer de passer au second stade, c'est à dire la neutralisation des gardes du corps. Le groupe entier se déplaça prudemment à travers toute la maison jusqu'au jardin, pour apercevoir les mercenaires embauchés par les trafiquants les regarder froidement tandis que leurs patrons étaient prostrés dans un coin, à moitié morts de peur. Seifer renifla d'un air dédaigneux en voyant ces « caïds » totalement terrifiés. Enfin, c'était pas tout, mais lui et Irvine avaient du boulot. Le chef des tueurs à gages leur sourit d'un air glacial avant de tourner des talons et de s'enfuir avec ses deux partenaires par une porte qui menait vers la forêt. Le message était clair. Il mettait au défi les deux jeunes Seeds de battre son groupe sur leur terrain. Seifer leva les yeux au ciel, agacé. Ils allaient devoir leur courir après et les affronter dans un endroit qu'ils ne connaissaient pas mais qui était familier à leurs adversaires. Il croisa le regard d'Irvine qui avait tiré la même conclusion que lui. Ils étaient bien dans la merde, cependant ils n'avaient pas le choix. Les deux jeunes gens firent un signe de la tête pour indiquer à Kyros qu'ils s'occupaient des trois qui venaient de partir. Le noir les regarda se mettre en chasse avec une certaine appréhension. Les deux Seeds étaient très forts et avaient surmontés beaucoup d'obstacles, mais il avait un très mauvais pressentiment.

Seifer, une fois entré dans les sous-bois, jura très vulgairement. L'endroit était très sombre, relativement dense et parfait pour les embuscades. Irvine le poussa légèrement dans le dos pour le faire avancer et il se souvint que le tireur était parfaitement capable de le couvrir en cas de problème. Les deux garçons progressaient le plus discrètement possible parmi les branches tombées au sol et les fougères, Seifer ouvrant la marche, Hypérion à la main, lorsque le roux aperçut l'éclat luisant d'un canon de revolver briller brusquement entre les arbres et vit un doigt appuyer lentement sur la gâchette. Sans réfléchir aux conséquences, il hurla à l'épéiste de se baisser. De toute façon, ils avaient déjà été repérés donc ils n'avaient plus vraiment besoin de rester discrets. Seifer aperçut le danger au dernier moment et plongea vers la droite. La balle le frôla et lui entailla la hanche, faisant couler une bonne quantité de sang. Irvine répliqua aussitôt et abattit le premier tireur, pendant que le gunbladiste contournait les obstacles pour atteindre les deux autres mercenaires, qui l'accueillirent en tirant leurs épées bâtardes et en se ruant vers le Seed. Le manieur d'Hypérion évita sans mal leurs premières attaques, se fendit d'estoc et frappa à mort le premier de ses assaillants. Le second adversaire profita du fait que le jeune homme lui tournait le dos pour tenter de le tuer, lorsque Irvine lui tira une balle dans l'épaule. Seifer se retourna et frappa de taille son ennemi, l'achevant sans pitié. Le roux le rejoignit rapidement et examina sa blessure qui saignait encore légèrement. Il allait jeter un rapide sort de soin pour la refermer lorsque le blond l'arrêta. Bordel d'Hyne, Seifer faisait chier à détester à ce point qu'on utilise la magie sur lui. Enfin bon, il ne pouvait rien y faire. Les deux jeunes gens vérifièrent que leurs ennemis étaient bien morts avant d'abandonner leurs cadavres aux monstres sans sourciller. À partir du moment où ils avaient remplis leur mission et où rien ne pouvait compromettre la BGU, ce n'était plus leur affaire.

Lorsqu'ils regagnèrent la maison plusieurs heures après l'avoir quittée, Kyros les informa que lui et ses hommes repartaient directement pour Esthar dans l'heure qui suivait mais qu'eux pouvaient rester ici pour la nuit. Irvine annonça tranquillement qu'ils dormiraient dans la même auberge que la veille, s'attirant par là un regard noir de la part de son coéquipier qui aurait aimé pouvoir aussi donner son avis. Mais le roux n'y fit pas attention. Seifer avait besoin de soin, quoiqu'il en dise, et surtout il savait qu'une fois de retour à la BGU, le blond se refermerait complètement sur lui-même et qu'il n'obtiendrait jamais le fin mot sur ses cauchemars. Et leur retour à la maison signifiait aussi qu'il ne pourrait plus voir l'autre jeune homme dormir et c'était un spectacle qu'il appréciait trop pour ne pas vouloir en profiter une dernière fois. Seifer hocha sèchement la tête en direction de Kyros avant de se détourner et de partir, obligeant Irvine à presser le pas pour le rattraper. Le black sourit discrètement, secrètement amusé par le manège des deux jeunes gens, avant de se tourner vers ses hommes pour régler les derniers détails de l'opération de rapatriement. Il allait bientôt partir pour Esthar avec les siens et les prisonniers et ce qu'allaient faire les deux Seeds ne le concernait pas, même si il avait sa petite idée sur la manière dont risquaient de tourner les choses.

Seifer passa les heures qui précédèrent la tombée de la nuit à bouder dehors de façon assez puérile d'après Irvine, mais qui n'osa pourtant pas le remarquer à haute voix. Le blond sentait sa hanche le tirailler désagréablement, mais il n'avait aucune envie que le tireur d'élite le soigne. Et il ne voulait pas non plus bouger, il aimait bien la vue qu'il avait et il devait réfléchir à certaines choses. Comme pourquoi il avait aussi bien dormi la veille dans les bras du roux, pourquoi il lui avait pris la main dans son sommeil et pourquoi il avait été aussi gêné le lendemain matin. Et les réponses qu'il obtenait à ses questions ne lui plaisaient pas franchement. Seifer soupira une dernière fois avant de regagner sa chambre d'hôtel, où Irvine l'attendait. Le roux le soigna calmement, sans écouter ses protestations. La plaie était encore vilaine mais ne saignait plus depuis longtemps et avait commencé à se refermer. Ça ne ferait qu'une cicatrice de plus dans la collection déjà impressionnante du jeune homme. Une fois la blessure soignée, les jeunes gens regagnèrent leurs lits, avec chacun l'appréhension de ce qu'il allait se passer ce soir. Seifer se mordit les lèvres, sachant parfaitement que ses cauchemars reviendraient (ils revenaient toujours chaque soir) et ne voulant pas se montrer une nouvelle fois faible devant son camarade. Il se coucha en lui tournant le dos et se retrouva face à la fenêtre, par laquelle il pouvait voir la lune briller faiblement. La pâle lueur de l'astre le berçant doucement, il rejoignit sans même sans rendre compte les bras de Morphée et cauchemarda à nouveau pour se faire encore une fois réveiller par Irvine. Le jeune homme n'avait pas réussi à s'endormir, trop inquiet à l'idée que Seifer puisse s'égarer à nouveau dans une rêverie terrifiante. Lorsqu'il avait vu le corps du blond se crisper dans son sommeil, il n'avait ,cette fois-ci, pas hésité avant d'aller le tirer de sa transe. Le blond hoqueta et se mit à trembler au point que le sniper crût qu'il allait faire une crise d'angoisse. Puis des larmes commencèrent à perler au coin des grands yeux verts pour finir par dévaler le long des joues du jeune homme. Irvine sentit son ventre se tordre douloureusement, avant de lever la main pour essuyer tendrement l'eau salée qui coulait le long des pommettes de son ami. Le sentant nerveux, le roux prit tendrement le menton du blond pour lui faire relever la tête et lui donna un de ses fameux baisers "spécial Kinnéas", avant de le renverser sur le lit. Hyne, que Seifer était beau avec les pommettes rougies par la gêne et les lèvres gonflées par le baiser que le sniper lui avait imposé. Les mains du plus jeune coururent sur le corps en dessous d'elles, ouvrirent le gilet bleu qui leur faisait obstacle, caressèrent voluptueusement la peau offerte et s'arrêtèrent au niveau de la ceinture, faisant gémir le mercenaire blond.

« Chut, le réprimanda gentiment Irvine. Tu veux arrêter maintenant ?
- Non, continue... »

Le rouquin sourit avant de déposer des baisers papillons dans le cou et sur les épaules de Seifer. Les mains de l'épéiste se perdirent dans ses cheveux, avant de lui enlever son haut et de descendre le long de ses flans et de son dos. Puis les deux garçons se sourirent et plus rien d'autre n'exista pour Irvine que le jeune homme en dessous de lui, que son odeur enivrante, que ses mains étonnement douces pour un manieur de Gunblade et que le désir et le plaisir dans ses yeux. Lorsque son univers implosa et qu'il s'effondra encore légèrement ébloui sur le corps sous lui, la seule chose qu'Irvine put dire fut :

« Je t'aime. »

Et à sa grande surprise, Seifer se blottit plus étroitement contre lui et murmura :

« Je t'aime aussi. »


Nied : c'est niais la fin. Ils font un peu ooc, je trouve. Enfin surtout Seifer.
Seifer : Je ne chiale pas, je n'ai pas besoin qu'on prenne soin de moi, je suis pas ce genre de truc romantique, évidemment que c'est un OOC, bordel.
Nied : Language, Seifer ! Ou je sors mon parapluie vert pomme. Alors, sage ?
Seifer (gromelle dans son coin.) : Ya pas un truc qui interdit les auteurs de torturer leurs persos ?
Nied (grand sourire) : Malheureusement pour toi, nan. Et puis, rappelle-toi que je peux faire bien pire. ^_^
Seifer : Te connaissant, j'en doute pas.
Nied : Et dis-toi que c'est parce que je t'aime bien que je fais ça.
Seifer : Tu peux pas m'aimer un peu moins, dans ce cas ?

Après, tout le pataclès sur les reviews, vous connaissez, hein, je vais pas vous le refaire à chaque fois. Oubliez juste pas que j'ai mon parapluie vert sous la main au cas où...