Disclamer : Encore à Square Enix. Je les emprunte juste.

Note : C'est neuneu et même mièvre à mort, mais ils sont tellement choupinets qu'on leur pardonne.


« Aujourd'hui c'est la fête du printemps, mes chéris ! » Annonça la gouvernante à un groupe d'enfants surexcités par cette journée spéciale et par l'orage qui approchait. La fête du printemps qui célébrait le premier jour de la saison était un jour joyeux et festif, où on s'amusait et on jouait afin d'attirer les faveurs d'Hyne pour qu'il offre aux hommes des récoltes abondantes et des naissances heureuses. Symboliquement, chaque village ou chaque famille organisait un « mariage » qui durait le temps des festivités. Le (ou la) premier(ère) marié(e) était désigné(e) au hasard par un jeu et il devait choisir l'élu(e) de son cœur.

Édéa sourit en voyant le spectacle que lui offraient ces enfants qu'elle aimait comme ses propres petits. La veille, ils avaient décoré la salle à manger de bouquets de fleurs, de couronnes tressées et de dessins représentant une nature florissante et épanouie comme la coutume le dictait. Les deux plus grands garçons, Seifer et Irvine, avaient même tendu un grand drap blanc au mur, sur lequel les filles avaient accroché des attrapeurs de mauvais rêves faits de plumes multicolores et des porte-prières. Et maintenant, tous ses adorables petits monstres attendaient sagement autour de la table pour manger le gâteau traditionnel, dans lequel était cachée la fève qui désignait l'amoureux du jour.

« Il faut que le plus jeune aille sous la table, leur rappela-t-elle en souriant.
- Allez, Irvine dépêche-toi, ordonna Selphie en gigotant sur sa chaise, impatiente.
- Oui, oui c'est bon, j'y vais, répondit le roux en disparaissant sous la table. C'est pas juste d'ailleurs, pourquoi c'est toujours le plus jeune ? Ça peut pas être le plus grand, pour une fois ? râla-t-il. Aïeuh, Seifer tu fais mal, » se plaignit-il après avoir reçu un coup de pied du blondinet plus âgé.
- Arrête ça, Seifer, le gronda tendrement la gouvernante, incapable d'être réellement dure avec ce si adorable garçon. Pour qui la part, Irvine ?
- Selphie.
- Et celle-ci ?
- Quistis. »

La répartition continua jusqu'à ce que chacun ait sa part. Irvine avait choisi pour lui la dernière disponible, comme à chaque fois, et commençait à la manger lorsqu'il croqua quelque chose de dur, se faisant mal aux dents. Il venait de tomber sur la fève, qu'il exhiba fièrement devant tout le monde, provoquant les râlements de Zell, dépité de ne pas l'avoir eue.

« Tu dois maintenant choisir ta fiancée, annonça Édéa en souriant.
- Je veux Seifer, » déclara gravement le petit garçon en embrassant sur la joue sa « fiancée », provoquant un silence stupéfait dans la salle. Selphie se mit à bouder, déçue de ne pas avoir été choisie, tandis que Zell et Squall regardaient d'un air stupéfait Seifer qui, dégoûté, se frottait la joue avec sa manche là où Irvine l'avait embrassé.

« Tu ne peux pas choisir un garçon, protesta Quistis du haut de ses neuf ans.
- Et pourquoi pas ? Répliqua le roux, en resserrant sa prise sur le poignet du blond qu'il tenait. C'est lui que je veux. Tu dis ça juste parce que tu es jalouse, c'est tout, na ! Ajouta-t-il en lui tirant la langue.
- Gouvernante, dites-lui que j'ai raison ! » gémit la petite fille en agitant ses jambes sous la table.

La jeune femme hésita. Comment pouvait-elle leur expliquer l'implication du choix d'Irvine, fait en toute innocence, et la signification des paroles de Quistis ? La petite blonde avait probablement dit ça parce que, dans toutes les histoires qu'elle avait lues, le prince se mariait avec la princesse et non avec un autre garçon. La gouvernante vit la main de Seifer se glisser discrètement dans celle d'Irvine. Elle sourit devant ce spectacle si mignon, avant de faire un signe de dénégation à Quistis.

« Ce n'est pas grave, ma chérie, si Irvine choisit Seifer. L'important, c'est qu'il désigne la personne avec laquelle il souhaite être. Vous venez, les deux garçons ? Je dois vous nouer le ruban rituel. »

Comme le désirait la tradition, Édéa noua autour de chaque poignet droit des deux garçons un joli ruban rouge sur lequel était brodé le nom de l'année correspondante. Ravi, Irvine se tourna vers Seifer et lui fit un bisou sur le nez.

« Voilà, maintenant tu es à moi pour toute la journée ! » S'exclama le rouquin, inconscient du double sens des paroles qu'il venait de prononcer. Pour lui, cela signifiait juste qu'ils allaient tous les deux s'amuser toute la journée, sans que personne ne vienne les embêter. Ils avaient tous les droits, même celui de faire toutes les pires bêtises qu'ils pouvaient trouver (enfin presque toutes, il ne fallait pas exagérer non plus). Et Seifer avait vraiment une bonne imagination dès qu'il s'agissait d'élaborer des plans géniaux (selon le critère des enfants. Beaucoup plus tard, tout le monde serait d'accord pour admettre que c'étaient plus des coups foireux qu'autre chose). Comme la fois où ils avaient suspendu la Barbie de Quistis au-dessus du poêle pour voir si elle allait fondre. Ils s'étaient d'ailleurs faits prendre et avaient été sévèrement punis ce jour-là, mais aucun des deux ne regrettait cette bêtise. Ils avaient pu s'amuser à faire de la « chirurgie plastique » ce jour-là. La tête qu'avait faite la Gouvernante lorsque le blond lui avait sorti ça avait d'ailleurs été impayable. Mais pour le moment, les réjouissances étaient ailleurs. Joyeusement, Irvine attrapa Seifer par la main, le tira derrière lui et ils quittèrent la salle en courant.

« Viens Seifer, on va à la plage ! » Piaula le roux d'une petite voix ravie, tandis que le léger bruit de leurs pas décroissait rapidement. Édéa leva les yeux au ciel en pensant que les autres ne risquaient pas de revoir de si tôt les deux garçons. Il ne lui restait plus qu'à prier Hyne que ses deux enfants lui reviennent en vie et si possible en un seul morceau. Les connaissant, ce n'était pas gagné d'avance.

Seifer et Irvine, conformément au souhait du petit rouquin, se rendirent sur la plage, une courte bande de sable fin coincée entre deux falaises et qui bordait la mer. Les jeunes enfants ramassèrent des galets sur le sol encore humide de la précédente marée et s'amusèrent quelques instants à faire des ricochets. Puis ils enlevèrent timidement leurs chaussures et leurs pantalons pour finalement tremper leurs pieds dans l'eau glaciale de la saison. Ils s'avancèrent jusqu'à avoir de l'eau jusqu'en haut des cuisses, s'amusant trop pour ressentir la morsure du froid. Une forte houle agitait la mer et les deux garçons regardaient les eaux se déchaîner sans paraître effrayés par la tempête qui sévissait au large. Ils avaient l'habitude des orages violents qui se déclenchaient à la fin de l'hiver et au début du printemps sur les côtes de l'île. Soudain, une vague plus grosse que les autres les renversa et Irvine se retrouva ballotté par le tonneau, la tête sous l'eau. Il commençait à paniquer, totalement désorienté et ne distinguant plus le bas du haut lorsque deux mains fermes le tirèrent à la surface. Seifer était resté sur ses pieds, habitué aux grosses vagues à force de s'amuser dans la houle de l'océan, et l'avait sorti de l'eau. Les deux enfants grelottaient à cause de leurs vêtements trempés et de la frayeur qu'ils avaient eue, et décidèrent d'un accord tacite de regagner la terre ferme. Ils remirent rapidement les habits qu'ils avaient enlevés avant de se regarder. Leurs vêtements étaient imbibés d'eau de mer et s'ils rentraient dans cet état à la maison, nul doute que la Gouvernante les punirait très sévèrement car ils étaient tous frappés de l'interdiction formelle de se baigner en son absence. Et vu le temps qu'il faisait, ils n'auraient jamais le temps de sécher avant d'arriver à la maison. Irvine, encore sous le choc de ce qui venait de lui arriver, reniflait misérablement, la morve au nez. Il voulait rentrer au chaud et rester à l'abri, mais il avait peur de se faire gronder. Soudain, Seifer sourit, heureux d'avoir trouvé la solution à leur problème. Il tira la manche trempée du roux avant de lui montrer le ciel, où des nuages sombres chargés de pluie s'accumulaient.

« Vu le temps qu'il fait, l'orage risque de péter dans moins de dix minutes. Il suffit qu'on reste un peu dehors sous la pluie, la Gouvernante ne remarquera pas qu'on est mouillés parce qu'on est allés dans la mer. Pis c'est sympa, la pluie. »

Irvine sourit, réconforté par l'idée de son aîné. Le blond attrapa son ami par le bras pour l'aider à se relever au moment même où l'orage éclata. Le plus jeune eut un petit cri surpris, tandis que l'autre éclatait de rire avant de tourner comme une toupie en laissant aller sa tête en arrière pour mieux profiter de la pluie. Irvine ne mit pas longtemps avant de se remettre de sa soudaine frayeur et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les deux enfants jouaient sous la pluie, complètement inconscients du reste. Le futur sniper attrapa la main de son copain avant de le tirer derrière lui en une folle course, qui n'avait aucune autre finalité que celle de se laisser gagner par l'ivresse que la vitesse pouvait procurer. Les garçons auraient probablement continué à s'amuser longtemps comme ça, si un soudain éclair ne s'était pas abattu au loin. Irvine n'y fit pas attention, par contre il sentit derrière lui Seifer se figer au même moment que la main de ce dernier broyait la sienne. Intrigué, il se retourna pour faire face au visage livide du blond.

« Tu as peur des éclairs ? lui demanda-t-il, surpris.
- Nan, même pas vrai, commença à protester son vis-à-vis avant de sursauter une nouvelle fois quand un autre coup de tonnerre retentit dans le ciel.
- C'pas grave, t'sais, si tu as peur, tenta de le réconforter le roux.
- J'ai pas peur, cria d'une voix aiguë Seifer. La gouvernante elle dit que c'est un trauma... un tramau... un tramutisme de quand j'étais bébé. »

Un nouvel éclair apparut dans le ciel, faisant trembler le plus âgé. Irvine serra très fort la main de son copain, avant de l'emmener vers la maison.

« Je m'en fiche que t'aimes pas les éclairs. Les autres sont pas obligés de le savoir. Moi, je te protègerai.
- J'ai pas besoin d'être protégé, renifla Seifer. Plus tard, je serai celui qui protégera tout le monde !
- Hum, hum... répondit distraitement le roux avant de réfléchir. Dis, tu veux bien être mon amoureux, Seifer ?
- Tu as déjà Selphie, lui fut-il répondu.
- Mais c'est une fille ! Elle peut pas être mon amoureux ! Et puis, elle est gentille mais c'est embêtant au bout d'un moment ! Alors tu veux bien ? »

Pour toute réponse, le blond hocha la tête timidement. Irvine poussa un petit cri de joie et noua ses bras autour du cou de son amoureux pour lui faire un bisou sur la joue. Puis, les deux enfants se donnèrent la main pour rentrer chez eux. Nul doute que les autres allaient être bien surpris par leur décision !

Des années plus tard, dans un meuble en bois moisi d'un vieil orphelinat décrépi, six jeunes gens redécouvraient des souvenirs d'enfance. Une des boites attira particulièrement l'attention d'un grand blond qui l'ouvrit en souriant. Dedans se retrouvaient rangés de petits rubans rouges, noués par couples. Un large sourire radieux vient illuminer le visage du jeune homme, ce qui attira l'attention du roux près de lui. Rouquin que ne tarda pas lui aussi à sourire avant de pêcher une certaine paire de rubans dans la boîte.

« Au final, on s'était quand même fait gronder pour être restés aussi longtemps sous la flotte, remarqua Irvine en souriant à ce souvenir. Tu vois, j'étais déjà amoureux de toi à l'époque.
- Et déjà à l'époque tu courrais après moi et Selphie, répliqua l'autre.
- Hé ! protesta le sniper. J'ai fait mon choix maintenant !
- T'en a fallu du temps, quand même, constata le blond. Juste une petite dizaine d'années.
- T'es dur, chéri. Et puis, t'étais mignon à l'époque à avoir peur des éclairs. D'ailleurs, t'en as toujours peur.
- Je pensais que tu allais dire que j'étais toujours mignon, bouda son petit ami.
- T'es pas mignon, t'es beau, rit doucement son vis-à-vis. Je t'ai toujours aimé, Seif', murmura-t-il doucement. C'est pas aujourd'hui que ça changera.
- Et après, on dit que c'est moi le romantique ? Je t'aime aussi, crétin de cow-boy. »

Et dans la vieille maison qui contenait tous leurs souvenirs d'enfance, liés désormais par bien plus que deux rubans rouges, les deux enfants qui avaient grandi s'embrassèrent.


J'aime la logique d'Irvine. "C'est une fille, elle peut pas être mon amoureux." Vraiment chou !
Verdict ?

Seifer : C'est mièvre ! Et t'aimes me coller des traumatismes sur le dos, sadique !

Nied : j'avoue, j'avoue. Mais c'est tellement mignon que j'ai pas pu m'en empêcher.

Seifer : Pour un peu, on verrait de la guimauve, des p'tis anges et des p'tits oiseaux se cognaient dans les coins de partout. C'est dégoulinant de mièvrerie.

Nied : Oui, mais c'est tellement mignon... Je fonds !

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