Disclamer : C'est une fanfic, vous croyez vraiment que les personnages sont à moi ? Ils sont tous à Square Enix, bande d'ingrats qui les fait souffrir... Bon, j'avoue, moi, c'est pas mieux. :)

Note : Oui, oui, vous ne rêvez pas, moins d'une semaine après avoir posté mon dernier chapitre de Et si et deux semaines à peine après avoir posté le précédent one-shot, en plus du recueil que je commence sur Kingdom Hearts, voici un nouvel one-shot ! J'ai vraiment pas mal d'inspi ces temps-ci ! ;)

Remerciements : à toutes mes lectrices et lecteurs (je suis pas vraiment sûr d'en avoir sur ce recueil. xD ). Merci à Redou pour son commentaire sur mon dernier one-shot. ( Squally-boy, t'as toujours pas posté le tien... u_u )

Rating : T, pour la vulgarité. Bah oui, c'est notre Seify qui parle pendant presque toute la durée du chapitre. :) Et préparez vos mouchoirs, vous allez chialer ! (nan, je ne tue personne, rassurez-vous...)


« Comment tout cela a-t-il bien pu se passer, Irvine ? Qu'est-ce qui nous est arrivé, ce soir-là, pour que tout dérape ainsi ? Comment avons-nous pu laisser les choses merder à ce point, franchir la ligne de non-retour pour finalement nous exploser à la gueule ? Je ne comprends toujours pas ce qu'il nous est arrivé, c'est comme si j'étais pris dans un horrible cauchemar même si je sais pertinemment que je ne me réveillerais pas dans tes bras, prêt à en rire avec toi. Oh, rodéo, je te jure que je n'ai jamais voulu ça, jamais. Mais les emmerdes arrivent même quand on voudrait qu'elles restent tranquillement chez elles, pas vrai ?

Et pourtant... Bordel, pourquoi a-t-il fallu que tout se passe aussi mal ? Que tous ses événements nous tombent dessus en même temps, sans qu'on puisse s'en dépêtrer ? Mais qu'est-ce qu'on a foutu, hein Irvine, pour foirer ainsi dans les grandes largeurs ? Putain, on a vraiment pas assuré, j'ai l'impression d'avoir un champ de bataille entre toi et moi. C'est pire que ça, j'ai même pas de mot pour expliquer, c'est comme si il y avait eu une apocalypse, un armageddon entre nous deux, la fin cataclysmique de tout ce qui était bien.

Je te pose des questions auxquelles tu ne réponds pas et que je ne suis même pas sûr que tu puisses entendre. Comment le pourrais-tu, d'ailleurs, alors que tu es allongé sur un des lits de camp de l'infirmerie, inconscient depuis quatre jours. Je ne sais pas si tu es au courant, mais la mission qu'on devait faire est terminée, on t'a ramené à la BGU pour que tu y sois soigné, si tu te rappelles, tu as été assez salement blessé. La doctoresse dit que tu vas te réveiller bientôt, que je ne dois pas m'inquiéter, que t'es dans un coma léger parce que t'as perdu pas mal de sang quand même mais bordel ! Bien sûr que je m'inquiète ! T'étais déjà censé te réveiller et pourtant ça fait maintenant quatre jours que tu dors et que je reste à tes côtés à me ronger les ongles, assis sur une chaise en plastique à contempler ton visage pour espérer te voir ouvrir les yeux. Tu sais que les autres s'inquiètent maintenant plus pour moi que pour toi ? Ou tu t'en fous royal, bien trop peinard dans le petit océan de lumière dans lequel tu dois nager à l'heure qu'il est pour daigner te soucier de nous, des autres, de moi ? Tu le sais bien, pourtant, que j'ai toujours détesté cette foutue infirmerie, en plus. Trop blanche, trop froide, trop impersonnelle. Trop propre aussi, trop brillante, trop lisse à force d'être passé à la Javel pour détruire tous les microbes qui pourraient terrasser un blessé... Mais cette surdose de propreté un coup, cet endroit paraît tellement vide de vie qu'il en a l'air mort, c'en est flippant. On ne peut même plus parlé de Mort à ce niveau, c'est carrément le Néant qui règne dans ces lieux. C'est vide de tout ici, vide d'espoir, de chaleur, d'amour... De tout ce dont un être humain a besoin. Il n'y a rien qui peut exister ici et tu sais très bien que ce genre de truc me fout les boules, je déteste être fasse au néant, à ce qui nous renvoie à notre condition mortelle, qui nous dit qu'on est rien. Tu le sais alors pourquoi, au nom d'Hyne et de tous les autres dieux, ne te réveilles-tu pas, abruti de cow-boy ? Tu ne m'entends pas t'appeler ? Tu m'en veux encore pour ce qui s'est passé il y a quatre jours ? Mais ce n'était pas de ma faute, je te jure, Irvine. Tu es encore en colère contre moi et tu te plais à me torturer ainsi pour me punir d'une faute qui n'existe même pas ? Non, je délire, pas vrai ? J'ai l'impression de devenir fou, que les murs de ta chambre d'infirmerie se resserre autour de moi, à certains moments, pour me broyer. J'en arrive même à t'oublier, j'en arrive même à te trahir, j'en arrive même à te maudire, parfois Irvine. Alors, je t'en prie, réveille-toi, crétin. Je n'en peux plus de contempler ton visage endormi depuis quatre jours, je n'en peux plus de me repasser en boucle dans ma tête tout ce qui s'est passé avant et pendant cette fameuse foutue mission, je n'en peux plus de me réveiller en sursaut dès que j'arrive à m'endormir à cause d'un fichu cauchemar dû à notre dispute. Irvine, merde, quand est-ce que tu vas te décider à sortir de ton coma, hein ? J'ai besoin de toi alors réveille-toi. N'entends-tu pas ma voix de là où tu es ?

Je ferme les yeux et je repense une énième fois à cette foutue soirée, celle où on a merdé tous les deux dans les grandes largeurs, où tout a basculé et où, si seulement on avait pris la peine de s'écouter, rien ne serait arrivé...

C'était une de nos habitudes, d'aller chaque veille de missions boire un verre dans ce petit pub de Balamb, celui qu'on aime bien tous les deux. Le patron nous connaît bien, à force.

Ce soir-là, j'étais arrivé un peu avant toi et je me suis installé au comptoir boire un coup et discuter avec le serveur en t'attendant. Quand tu es arrivé, je t'ai vu plisser les yeux, tu n'avais pas l'air d'apprécier ce que tu voyais. Sur le moment, je n'ai pas compris et je nous ai commandé un verre chacun. On s'est assis sur une des banquettes au fond du bar et tu as bu silencieusement ta vodka cul sec, sans même me regarder. Ce fut à ce moment-là que je me suis rendu compte que quelque chose clochait sérieusement avec toi et qu'on allait au devant de maxis blèms. Je t'ai imité et j'ai vidé mon verre. J'ai senti la douce chaleur de l'alcool se répandre dans mon ventre, j'aurais peut-être pas dû faire confiance aux dosages du mec, il avait l'air de forcer sérieusement sur les alcools. J'ai posé un billet sur le comptoir pour payer nos consommations et je t'ai tiré par le bras hors du bar. Je sais que le patron nous a suivi du regard, inquiet de nous voir partir si tôt et pressentant qu'un truc allait mal se passer. Je t'ai traîné jusqu'à la voiture que tu avais prise pour venir ici et qui était garée, bien en évidence, dans la rue même du bar. Ce fut quand je te vis devoir t'y reprendre à deux fois pour ouvrir ta portière que j'ai compris ce qui n'allait pas chez toi.

Tu avais bu, avant même de venir me rejoindre au pub. Et le pire, c'était que tu ne voulais même pas me dire pourquoi. J'ai voulu insister mais tu ne m'as pas répondu et tu as fini par te braquer, alors j'ai laissé tomber... Du moins, pour le moment. Je t'ai pris les clefs et je me suis installé derrière le volant, tu avais trop bu pour que je te laisse conduire, même si les risques qu'on ait un accident étaient minimes. J'imagine que je tenais trop à toi pour jouer ainsi avec ta vie ou ta santé.

Je ne te l'ai pas dit ce soir-là, mais j'avais peur. Je t'avais vu, plus tôt dans la journée, flirter joyeusement, comme à ta foutue habitude, avec une jeune cadette de l'université, le genre de filles un peu cruches et carrément mièvres qui te tombaient dans les bras dès que tu daignais leur adresser un regard. Je détestais vraiment cette manie, chez toi. Je détestais ça, parce que ça pouvait nous séparer et que je ne voulais pas te perdre à cause d'une de ces garces. Mais à chaque fois que je tentais de t'en parler, tu écartais la scène et mes protestations d'un geste de la main en plaisantant et en m'assurant que je restais le seul à tes yeux, puis tu m'embrassais avec suffisamment de dextérité pour que j'oublie tout. Mais pourtant, ce soir-là, j'étais terrifié. Tu avais bu avant de me rejoindre au bar au point de ne même plus avoir ton habituelle maîtrise de toi, tu refusais de me dire pourquoi et en plus tu me faisais la gueule ? Mais qu'est-ce qu'il se passait, à la fin ? Je ne comprenais plus ce qui te traversait l'esprit et j'étais terrifié à l'idée que tu ne veuilles plus de moi, que tu préfères une des cruches que tu avais pêché. Je sais, je délire total par moment mais tu ne m'aidais pas spécialement non plus, avec ton mutisme et ton comportement à la con. Tu ne l'as probablement pas remarqué mais ce soir-là, mes mains étaient serrées bien plus que de coutume sur le volant.

Si seulement tout s'était arrêté là ! Si seulement, une fois parvenus dans notre chambre, après n'avoir échangé aucun mot pendant tout le trajet, nous n'avions pas fait explosé nos caractères respectifs qui, il faut bien l'avouer, ne s'accordent pas toujours très bien. J'avais un peu bu, certaines de mes craintes ressortaient bien plus que d'habitude sous l'influence de l'alcool, et toi, tu avais beaucoup trop bu. Je m'en suis assez vite rendu compte, et douloureusement, hélas.

Les bras croisés sur ma poitrine, j'ai exigé des explications de ta part sur le fait que tu avais bu avant de venir me rejoindre. Je sais, mes questions sont assez répétitives mais que veux-tu, je suis comme ça et je déteste qu'on me cache des choses. Tu n'as toujours pas voulu me répondre, tu as continué à bouder dans un de tes foutus silences et moi, je ne savais pas quoi penser. Alors, par désespoir et par colère, je t'ai demandé rageusement si tu t'étais bien amusé avec la greluche que tu t'étais levé l'après-midi même. D'habitude, quand une de nos conversations part sur cette pente, tu as le bon goût de prendre un air coupable, de m'écouter sans rien dire puis de t'excuser dès que tu le peux pour finalement m'embrasser et me pousser sur le lit pour me faire oublier tous mes griefs. Sauf que cette fois, ça ne s'est pas passé comme ça.

Tu as éclaté. Au lieu de dire que tu étais désolé et tout le baratin tu t'es retourné vers moi, l'air furieux et accusateur, et tu m'as fait remarquer que je n'avais aucun commentaire à te faire, pas après ce que j'avais moi-même fait, parce que moi, je ne m'étais pas contenté de flirter avec un autre, je lui avais carrément roulé une pelle ! Au début, je n'ai pas compris de quoi tu parlais, j'étais bien trop stupéfait par ton inattendue colère pour ne serait-ce même que réfléchir. Puis je me suis senti rougir. Ainsi, tu avais vu l'espèce d'imbécile tenter de m'embrasser ? Dommage que tu sois parti sans me voir le jeter. Je connaissais à peine ce type, tu sais, il était venu me draguer puis, je n'ai toujours pas compris pourquoi, il m'a embrassé sans que je puisse le repousser. Bon, après, je dois l'avouer, il s'est pris un bon pain pour son acte et il n'a plus essayé de me recroiser de toute la journée. Enfin, d'un certain côté, je comprenais mieux ton comportement, tu étais jaloux ! Il fallait juste que je t'explique la situation et tout rentrerait dans l'ordre, du moins, je l'espérais. Mais de l'autre, j'étais quand même vexé que tu puisses croire que j'avais volontairement roulé une pelle à ce mec, comme tu le disais si bien. Tu ne me faisais donc pas confiance ? Et puis, pour qui me prenais-tu ?

J'ai ouvert la bouche pour protester quand tu m'as embrassé de force. Tes mains étaient serrées sur mes épaules et tes ongles s'enfonçaient dans ma peau malgré mon tee-shirt, tu mordais ma lèvre inférieure sous l'effet de la rage et de l'alcool. Surpris, j'ai entrouvert mes lèvres et tu en as profité pour glisser ta langue dans ma bouche. Ce fut à ce moment que j'ai réagi et que je t'ai mordu puis j'ai fini par te repousser. Tu as fait un pas en arrière, puis, ivre de colère, tu as tenté de me frapper. Si la situation n'était pas aussi dramatique, elle en aurait été presque drôle. Je suis vraiment désolé, mais en combat au corps à corps, tu n'as strictement aucune chance contre moi, alors que tu essayes de m'en foutre une, c'est assez risible.

Enfin, je t'ai repoussé une seconde fois et tu t'es vraiment mis en rogne, cette fois. Tu t'es mis à me jeter toutes sortes de choses méchantes, odieuses et blessantes au visage. C'est fou la facilité avec laquelle on peut être blessé par les gens qu'on aime, tu sais ? J'aimerais bien oublier toutes les horreurs que tu m'as dites, mais j'entends encore et toujours ta voix me traiter de traînée qui écarte les jambes pour n'importe qui. Si tu savais comme j'ai eu mal, quand je t'ai entendu me dire cela ? J'ai eu l'impression que mon coeur se briser en mille morceaux, que tu me plantais un poignard glacé en pleine poitrine. Puis tu m'as giflé et tu t'es tu. Je pense que c'est à ce moment-là que tu t'es rendu compte que tu étais allé trop loin, bien trop loin. Tu avais l'air vaguement horrifié par tes actes mais je ne t'ai pas laissé t'excuser ou quoique ce soit. Je t'ai pris par le col de ta veste et je t'ai jeté dehors, hors de ma chambre. (oui, à la base, c'était la mienne, mais tu y venais tellement souvent qu'on a fini par dire que c'était la notre.) C'était soit ça, soit je te rendais ton coup. Et je voulais limiter les dégâts, sauver ce qui tenait encore debout dans les ruines de notre relation. Je ne sais toujours pas lequel de nous est le plus coupable. Toi probablement, diraient les autres. Mais ce n'est pas moi qui suis blessé et dans le coma en ce moment, alors je suis le seul encore capable de culpabiliser en attendant ton réveil.

Je t'ai revu le lendemain matin, pendant le briefing de la mission. Les autres voyaient bien que quelque chose de grave s'était passé entre nous, rien qu'à notre attitude respective, on ne se parlait pas, on n'était pas côte à côte, sans vraiment se tenir mais sans vraiment pas se tenir, juste à laisser nos mains et nos bras s'effleurer, mais ils ne firent aucun commentaire et on partit tous.

De la mission en elle-même, je ne me souviens pas de grand-chose, elle n'était pas spécialement intéressante, juste quelques monstres un peu costauds à tuer, mais c'était tout. Rien qui ne craignait spécialement. Sauf qu'on avait plusieurs débutant avec nous, dont un qui tirait sur à peu près tout ce qui bougeait comme un vrai crétin. Lors du trajet de retour vers l'Hydre, tu t'es pris une balle perdue pendant un combat. Je me souviens avoir hurlé ton nom en te voyant tomber, Quistis dit qu'elle ne pourra jamais oublié la façon dont mon cri horrifié a résonné dans la plaine. On t'a soigné de notre mieux puis Selphie a fait décoller le vaisseau à pleins pots pour revenir le plus vite possible à la BGU.

Cela fait maintenant quatre jours que l'on t'a ramené à Balamb et quatre jours que je refuses de te laisser, bien que je déteste cet endroit. Je ne peux pas partir sans t'avoir vu rouvrir les yeux, sans savoir si tu vas bien. Je me demande sans cesse ce qui se serait passé si on ne s'était pas disputé, peut-être que j'aurais pu empêcher ça. Je n'arrive pas à m'ôter cette idée de la tête, que d'un certain côté, je suis responsable de ce qui t'est arrivé. Si tu étais resté à mes côtés, tu ne te serais pas retrouvé sur la trajectoire de la balle et tu n'aurais pas été blessé. Les autres disent que ce n'est pas de ma faute mais j'ai besoin de te l'entendre dire. Alors, je t'en supplie, crétin de cow-boy, réveille-toi. Je sens que mes joues sont humides, mes vannes ont dû lâcher pendant mon petit discours. Je crois que c'est bien la première fois que je pleure depuis la mort de mes parents. Je t'en prie, Irvine, réveille-toi. Je t'aime. »

Le jeune homme plongea son visage dans ses mains, trop secoué pour ajouter encore un mot. Une larme glissa lentement le long de la joue du garçon allongé pour se perdre à la commissure de ses lèvres.

« Pardonne-moi, Seifer, fit une voix rauque de ne pas avoir parlée depuis plusieurs jours. Je t'aime. »


Sérieux, j'ai vraiment hésité à mettre les trois dernières lignes, mais je me suis dit que j'avais assez fait souffert Seifer comme ça et que je pouvais bien les lui accorder.

/Seifer/ C'est trop gentil, fallait pas, vraiment...

Mais de rien, chéri. Bon, c'est vrai que Seify peut faire un peu OOC...

/Seifer/ sans déc', je suis pas un de ses trucs larmoyants que tu adores décrire...

(assome Seifer avec son parapluie vert pomme) ... Mais compte tenu du fait qu'il culpabilise à cause de ce qui est arrivé à Irvine (Hyne, j'en fais un vrai salaud dans mes one-shots. xD) il est un peu instable émotionnellement.

Voilà... Reviews ?