Chapitre 2: Problèmes de tenue
Une nouvelle journée venait de commencer dans cette grande école de sorcellerie qu'est Poudlard, mais cela n'allait pas du tout.
« Twini! ». Quel Dieu avait-il insulté pour en arriver là?
« Oui Monsieur. Twini a fait quelque chose de mal Monsieur? Si c'est le cas, Twini va se punir... ».
« Stop! ». Pouvait-il en placer une?
« Qu'est-ce que cette chose? ». Parce-qu'il n'y avait pas d'autre mot pour qualifier l'immondice lui faisant face.
« Votre robe Monsieur ».
« Une robe ça! Cette chose est rose! ». Merlin tout puissant, comment en était-il arriver là?
« Twini a voulu s'occuper des robes de Monsieur après hier et Twini a donc mit un produit spécial pour que Monsieur n'est plus le corps rouge et... ».
« Si c'est le cas, pourquoi est-ce que cette robe est rose? ». Allait-il enfin lui répondre!
« Peut-être Twini mit trop de produit pour être sûr que Monsieur ne soit plus rouge ». L'elfe se ratatina devant le regard ô combien ténébreux du professeur.
« Il n'est pas question que je sorte accoutrer de la sorte ». Les plaques rouges l'avaient déjà suffisamment humilié.
« Twini désolé Monsieur mais...Twini a lavé toutes les robes de Monsieur avec le produit ». Merlin, faites que cet imbécile d'elfe ait oublié une robe.
Une demie-heure plus tard
« Ne pouvais-tu simplement pas me laisser une robe, au moins!? ». Aucune robe. Toutes ses robes étaient devenues roses ou violettes selon la quantité de produit auquelle elles avaient été en contact.
« Twini désolé, Twini va aller se punir ». Quel imbécile!
Pendant que l'elfe se frappait la tête contre un mur, Severus s'asseyait désespéré dans un fauteuil du salon.
« C'est de pire en pire... ». Une main sur le front et l'autre tenant un verre de cidre, le brun marmonnait sur l'injustice dont il était victime. Alors qu'il commençait à se plaindre de ses propres années à Poudlard, sous le joug de « ces pouilleux de Maraudeurs », des coups à la porte se firent entendre.
Lasse, Severus se leva pour ouvrir.
« Qu'est-ce qu'il y a!? ». Le brun fixait furieux l'importun, dont les joues s'embrasèrent.
« Professeur...Snape...je ». Le dit-importun ne pouvait s'empêcher de bégayer.
« Qu'est-ce que vous voulez Weasley!? ». Le roux devint rouge pivoine et pointa du doigt le professeur, qui fixa lui-même le doigt sans comprendre.
« Qu'est-ce qu'il... ». Le brun baissa la tête perplexe et la remonta vivement, les joues légèrement rosies.
« Je...Dégagez d'ici Weasley, et vingt point en moins pour les gryffondors ». Sur ce, le serpentard referma la porte sèchement et jura comme jamais il ne l'avait fait.
Qu'est-ce qui lui avait pris d'ouvrir la porte en boxer!?
Personne dans les couloirs. Bien. Il allait pouvoir profiter du peu de temps qu'il lui restait de dignité.
Y avait-il eu pire matinée que celle-ci?
Oui. Celle où ce stupide elfe avait fait pour la première fois la cuisine, celle où il s'était levé avec un mal de chien à la jambe à cause d'un stupide clebs à trois têtes, celle où il n'avait pas dormi de la nuit pour faire des potions afin de sauver les imbéciles stupéfiés, celle où il s'était levé avec un mal de côtes insoutenable après une nuit avec le trio d'abrutis de gryffondors accompagnés de Black et Lupin, celle où il s'était levé avec un mal de bras pas possible à cause de ce stupide tatouage, et enfin celle où il avait, la veille, sauvé la vie de Potter et le même Potter qui avait regardé dans sa pensine.
Non vraiment, il n'était pas du matin, il n'aimait pas le matin, il allait tuer le soleil pour empêcher le matin de se ramener.
En plus il était en train de délirer, il avait l'art et la manière de se ridiculier!
Avec l'aide particulière de son « charmant » elfe et...de ce « charmant » directeur.
« Ouvrez vos livres à la page 220, et sans bruit, ou vos misérables êtres depourvus de la moindre once d'intelligence subiront une série d'heure de colle digne d'avoir un abonnement à vie ».
Oui il était de mauvaise humeur, et alors!
Saleté de gryffondors sans cervelle! Non seulement son premier cours de la journée était avec eux, mais en plus c'était avec les 6ème année, donc avec cet abruti de rouquin.
Comme si il ne s'était déjà pas assez ridiculisé devant lui!?
D'abord les plaques, ensuite une entrevue en ptites tenues, et maintenant ça!
« Professeur? ». Qui osait l'appeler dans sa profonde méditation!?
« Quoi! ». Un serpentard...c'est pas une raison!
« Vous avez...enfin...votre robe ». Non...pas encore!
Il n'aurait jamais dû emprunter une robe à Albus, surtout lorsqu'elle était rouge avec des petits coeurs et un message qui passait maintenant en boucle: « I love everybody, peace and love ».
Non vraiment, il allait massacrer le matin.
Finie. Cette journée était finie. Il allait enfin pouvoir retrouver son fauteuil et son cidre. Enlever cette ignoble robe et se relaxer dans un bon livre.
« Professeur? ». Allait-il devoir tuer le soir aussi!?
« Qu'est-ce qu'il y a? ». Dernières minutes de self-control avant l'explosion.
« Je... ». Encore ce rouquin, qu'avait-il à vouloir le voir depuis ce matin?
« Et bien qu'attendez-vous? Je ne suis pas censé deviner M.Weasley ». C'est vrai quoi!
« Merci ». Qu'est-ce qu'il avait encore?
« Merci pour quoi Weasley, avez-vous perdu l'esprit à force de cotoyer Potter? ». Après tout, cet imbécile de Potter tombait vraiment dans la paranoia, alors pourquoi n'aurait-il pas contaminé son fidèle larbin?
« Pour hier professeur mais...je vais y aller. Bonsoir ». C'est tout?
« Weasley? ».
« Oui? ». Allez Severus, tu peux le faire comme même!
« Evitez à l'avenir de vous faire mordre, je n'aimerais pas, de nouveau, devoir vous évitez de profonds traumatismes ». Pourquoi lui ais-je dis ça moi?
« J'éviterai professeur ». Ce rouquin est plutôt mignon avec ce petit sourire en coin...Qu'est-ce je viens de dire!?
« Monsieur devrait éviter de boire autant. Monsieur va avoir mal à la tête demain sinon ».
« Twini? ».
« Oui Monsieur? ».
« Apporte-moi une autre bouteille ». Mignon? Weasley mignon? Depuis quand un stupide gryffondor, larbin de Potter en plus, était mignon?
Cette journée était un calvaire de plus, à cocher sur son calendrier post-rentrée.
Il avait besoin de cidre, beaucoup de cidre.
