Chapitre 3: Risèd, le retour

Un rêve n'est pas significatif!

Il pouvait assumer le fait d'avoir rêvé deWeasley, il pouvait aussi assumer, et cela totalement, d'avoir donner deux heures de colle à Weasley dans ce même rêve, mais il n'allait pas assumer d'avoir embrassé et...et, enfin fait le truc avec lui!

C'était du grand n'importe quoi!

Il avait du boire quelque chose de pas net. Le cidre avait-il un effet aussi dévastateur après en avoir bu plus que raison?

Non, impossible, cela faisait des années qu'il en buvait et il n'avait jamais eu cet effet sur lui.

Mais alors quoi?!

La crise de la trentaine!

Oui, c'était ça. La frustration et le manque d'activité sex...uelle, associés au cidre, le rendaient plus sensible, donc il avait les hormones en ébullition.

« Severus tu racontes n'importe quoi! ».

« Monsieur a des problèmes? »

« Non! ».

Le brun souffla bruyamment en appuyant ses mains sur le rebord du lavabo. Il fixa son reflet dans le miroir perplexe.

« Faire cours à ses gnomes n'est pas sans risque pour mon état mental ».

Le brun regarda une dernière fois son reflet et sortit de la salle de bain. Il fut de suite happé par l'elfe, nouvellement nommé « Elfe de Malheur ».

« Monsieur va bien? Twini a eu peur quand Monsieur a crié. Alors Monsieur va bien? ».

Severus regarda d'un oeil morne l'elfe légèrement sur-excité et se dirigea vers le fauteuil, pour y tomber comme une masse.

« Twini, peux-tu, s'il te plait, te taire une heure...voir deux? ». L'elfe regarda son maitre surprit et fit un grand sourire se rapprochant plus d'une grimace.

« Bien sûr Monsieur, Twini peut le faire, Twini va laisser Monsieur se reposer et aller aux cuisines.

Si Monsieur besoin Twini, Monsieur l'appelle ».

L'elfe transplana à la fin de son discours et le brun soupira d'aise.

« Enfin tranquille. Béatitude comme tu es douce à mon état et le silence est une mélodie enchanteresse ».


« N'oubliez pas de nettoyer vos chaudrons avant de partir...Parks! Votre camarade n'est pas censé vous servir de serpillère afin de nettoyer les résidus déplorables de votre mixture! ».

Quelle vie de martyr!

Mais il ne lui restait plus que trois jours. Trois jours avant le week-end, il pouvait tenir le coup. Il avait réussi à tenir jusqu'ici, il pouvait tenir encore un peu, non?

« Professeur? ».

Peut-être s'était-il avancé en sous-estimant son quotat de résistance?


« Albus...vous n'êtes pas sérieux! Par la barbe de Merlin, c'est de la folie! ».

Merlin était dur avec lui. Que lui avait-il fait, à part jurer deux...ou trois mille fois dans sa vie sur la barbe du vieil homme?

« Un bonbon au citron pour remonter le moral mon cher Severus? ».

Ce vieux était infernal!

« Non. Albus ». Voix glaciale?...On est bon à ce niveau. « Vous semblez penser que c'est une bonne idée mais je continue à désapprouver et nous nous trouvons donc dans une impasse ».

Oui, exactement. Il ne sera pas dit que Severus Snape, maitre ès potion, maitre ès sarcames, élu professeur le plus détesté depuis des années et ayant un degrès de haine jusque-là inégalée- sauf par le Lord envers Potter- en la personne du feu-Sirius Black, perdra sur son propre terrain. La manipulation et le monopole du dernier mot lui étaient réservés.

« Vous m'avez juré loyauté Severus ». Phrase laissée en suspend agrémentée d'un regard fortement accusateur avec la pointe de déception qu'il faut à tout bon mage blanc manipulateur et défenseur invétéré du citron sous toutes ses formes, qui se respecte.

Voilà comment toutes vos illusions sur le contrôle et le monopole du dernier mot s'écroulent tel un ivrogne après une forte consommation de Whisky-pur-feu de chez Abelforth- et douteux le dit Wisky-pur-feu, très douteux.


« Quelle corvée...si j'en trouve un, ses oreilles vont douloureusement lui chauffer » marmonna avec fureur Severus, occupé à surveiller les couloirs d'un, ou d'une, ou des probable(s) resquilleur(s) qui aurait l'idée saugrenue de sortir après le couvre-feu.

Dommage pour lui que depuis qu'un petit malin- ou un saleté de petit empêcheur de sadisme aigu- avait eut l'audace- cela ne pouvait être qu'un gryffondor, il en mettrait sa licence de maitre ès potion au feu- de 'zieuter' le planning des tournées du dit- maitre ès potion, aucun élève n'osait se montrer dans les couloirs. C'est qu'ils préfèraient se promener lors des jours de Minerva- trop conciliante, surtout avec ses gryffons- ou ceux de Filius. Pas la peine de parler des jours de Pomona, cette femme pourrait tout aussi bien leur proposer des friandises, infamie!

Sans doute pensait-elle qu'en leur donnait une rage de dent ou un mal de ventre, ils allaient éviter de retenter l'expérience?...D'un certain côté, c'était du sadisme, mais d'un autre genre.

Bref, Severus s'ennuyait ferme et il est vrai que de la compagnie n'était pas pour lui déplaire. Qu'il ne se soit pas balader dans les couloirs, tel un détraqueur en quête d'élèves à assassiner à coup d'heures de colles toutes plus horribles les unes que les autres, pour rien au moins!?

Clac

« Ah mon cher Severus, il semblerait que tu ais trouvé ta victime ». Se frottant presque les mains d'anticipation, il avança à pas feutrés vers l'origine du bruit. Alors qu'il tournait à l'angle du couloir, il ne vit que le vide, aucun élève à l'horizon. Loin d'être abattu, il leva sa baguette de sorte qu'elle entre menaçante, la première, dans la vision du jeune- ou de la jeune- écervelé(e).

Il avança lentement, donnant l'impression de glisser sur le sol, et se rendit compte qu'il se trouvait en fait dans le couloir où on ne pouvait trouver qu'une seule porte, si on cherchait bien.

« La salle sur demande...intéressant ».

Severus n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour formuler sa demande et il passa trois fois devant ce qu'il savait être l'endroit d'apparition de la porte. Celle-ci apparut presque instantanément, en bois, sans plus.

« Je te tiens mon gaillard ». Ricanant sous cape, il ouvrit la porte brusquement, tout était dans l'effet de surprise.

« Alors on se croit au-dessus du règlement...? ».

Figé dans son élan théatral, il fixa deux yeux bleux qui lui renvoyaient le même regard surpri qu'il qu'il devait afficher. Dans un toussotement loin d'être naturel, Severus s'approcha avec ce qu'il voulait être une démarche assurée.

« Alors Monsieur Weasley, il semblerait que tout comme votre meilleur ami, vous ayez développé une certaine résistance à suivre le règlement ».

Ron, encore sous l'effet d'une pseudo-crise cardiaque, se leva mal à l'aise sous le regard sombre de son professeur. Sa dégaine ne l'aidait pas vraiment à paraître aussi revêche qu'Harry si il avait été dans une situation similaire.

« Pas d'explication Weasley?...vous savez ce qu'il en coûte de se promener dans les couloirs après le couvre-feu pourtant? ».

Le rouquin hocha la tête en fuyant avec énergie le regard de l'adulte. Severus haussa un sourcil dubitatif au comportement étrange de l'avant-dernier Weasley de la fratrie. Il s'attendait à plus de fougue, de hargne, pas à une résignation silencieuse.

Même pas un peu d'action? ¨Pourtant il avait bien un gryffondor en face de lui à ce qu'il sache?

Le meilleur ami de son cauchemar personnel et perpétuel, c'est-à-dire, Harry Potter. Alors qu'est-ce qui n'allait pas chez ce rouquin de malheur?!

« Weasley, à moins de vous être rendu compte que vous paraissiez plus intelligent en fermant la bouche, vous pourriez au moins avoir la décense de répondre à une question lorsqu'on vous en pose une?! ».

« Désolé professeur...oui je sais ce qu'il arrive à un élève qui désobéit au règlement ».

Bien! Il avait dû lui arracher cette réponse de la bouche, mais il avait réussi et Weasley n'avait donc pas été victime d'un sort de silence.

« Suivez-moi, je vous ramène donc à votre tour ».

Severus lui emboita donc le pas, passant la porte de la salle sur demande, sans remarquer un miroir anodin à première vue mais qui ne l'était pas pour autant. Ron suivit son professeur, sa propre image disparaissant dans le miroir derrière lui, où il s'était vu, non pas meilleur gardien de Quidditch entouré de fille, mais tout simplement heureux, entouré de deux bras fermes aux manches d'une robe noire.