Chapitre 2
Cette fois-ci, le sol est bien plus dur.
Axel gémit, se redresse doucement. Il a un mouvement de recul. Comment est-il arrivé...dans sa chambre ?
Il se relève, frotte son arrière-train douloureux. Il croise son reflet dans le miroir, et s'immobilise aussitôt. Ses vêtements sont couverts de boue.
Axel tend l'oreille. Des pas précipités se font entendre dans l'escalier. La porte de sa chambre s'ouvre à la volée.
"-M'man ?"
Elle le regarde, fronce les sourcils.
"-Qu'est-ce que tu fous là ? Je t'ai pas entendu entrer. Et tes fringues ?"
Axel ne sait pas quoi répondre. Il regarde tour à tour sa mère, puis son reflet sur l'armoire.
"-J'ai dû tomber en rentrant." Il finit par dire.
"-Tssss, ces gosses ! Je fais vingt lessives par jour avec toi ! Et c'était quoi ce bruit ? Tu t'es cassé la gueule ?
-J'ai dû tomber de mon lit."
Elle s'approche, soupçonneuse.
"-T'as fumé de la drogue ?
-Non.
-Viens par là." Il s'avance. Elle le renifle, il sourit. "Tu pus le cheval, Axel ! Où tas traîné après les cours ?
-J'ai accompagné Franzie à son cours d'équitation !" Il invente, tout sourire.
Elle hausse un sourcil, croise les bras tout en le toisant.
"-Franzie fait de l'équitation ? Vraiment ?"
Axel acquiesce, peu sûr.
"-Allez, viens dîner." Elle fait volte face, sort de la chambre. Axel sait qu'elle ne le croit pas.
OoOoOoO
Axel est étendu dans son lit. Il regarde le plafond. Pourquoi le sommeil ne vient pas ?
Des tonnes de questions se bousculent au creux de sa boîte crânienne. Cet après-midi, c'était un rêve ? Oui, forcément. Comment je me suis mis à rêver en pleine journée, en pleine rue ? Comment je me suis retrouvé couvert de boue ? Comment j'ai atterri dans ma chambre ? Paf ! D'un coup ?
Il ne sait pas.
Il s'éjecte du lit. Cherche son portable dans la poche de son jean, l'allume. Cinq appels en absence, cinq nouveaux messages, indique l'écran lumineux dans la chambre noire. L'un est de sa mère, il coute "...fils indigne ! Je me plie en quatre pour toi ! Rentre la maison !" plus doucement "Bisou bébé."
Les autres sont de Franzie. Il ne les écoute pas. Il sait ce qu'elle dit. Elle se lamente "excuse-moi ! Je ne voulais pas !"... Il la rappelle.
"-Hum ?
-Franz ?
-Axel ! Je suis tellement dé...Axel, il est trois heures purée !
-Je sais. Il faut que je te demande...
-Oui ?" Elle a l'air anxieuse.
Axel est en caleçon, au milieu de sa chambre. Il souffle :
"-Qu'est-ce qui s'est passé cette après-midi ?
-J'ai fait fuir le chat, mais je l'ai fait parce que...je suis allergique, tu vois ? Si tu l'avais touché...
-C'est pas important, ça. Qu'est-ce qui s'est passé après ?
-Après quoi ?
-Quand le chat est parti.
-Ben...Tu lui as couru après. Pourquoi ?"
Le jeune homme s'impatiente, il a froid, reste pourtant debout.
"-Tu m'as vu courir après ?
-Oui.
-C'est tout ?
-Mais...Oui.
-...
-Axel ?"
Axel s'assoit sur son lit, hébété. Puis il se reprend.
"-Je suis tombé ?"
Il y a un silence dans le téléphone.
"-Axel, mais de quoi tu parles ? T'es sûr que ça va ?
-Je crois que je suis rentré dans quelqu'un.
-Peut-être, je ne sais plus, Axel...Tu as tourné, et je t'ai plus vu.
-Ah.
-Je peux dormir, maintenant ?"
Il raccroche, s'étend sur les couvertures. Il est certain d'avoir percuté quelqu'un. D'être tombé par terre...Non. Pas par terre.
Dans le vide.
OoOoOoO
Le réveil sonne. Axel l'éteint, se lève. Il na pas fermé l'oeil de la nuit.
"-Déjà debout ?" La mère sourit.
"-Bonjour, m'man.
-T'as une sale gueule." Elle l'embrasse. "Je t'ai fait du chocolat au lait."
C'est vrai, ça sent bon dans la cuisine.
"-Merci." Il murmure. "J'ai réfléchi cette nuit.
-Ah ? quoi ?
-Je ne sais pas...Il m'est arrivé un drôle de truc, hier.
-Je le savais !" Elle s'appuie d'une main contre l'évier, l'autre sur sa hanche. Elle le fixe, là, dans son tablier, du haut de ses talons aiguilles. Toujours les mêmes.
"-Mais," Axel reprend. "je ne sais pas ce que c'est.
-Dis-moi.
-C'est comme si j'avais eu...une absence, tu vois ? Comme si je m'étais évanoui, ou endormi, que j'aie fait un drôle de rêve pendant un certain temps...
-Un rêve ?
-Un rêve qui fait très réel, mais ça ne peut pas être autre chose qu'un rêve...Et puis je me retrouve ici. Enfin, pas ici. Dans ma chambre."
Elle le regarde d'un drôle d'air.
"-Tu te fous pas de moi ?" Elle dit, suspicieuse. Il lève les sourcils.
"-Pourquoi j'inventerai un truc pareil ?
-C'est ce que je me demande."
Il baisse les yeux vers son chocolat. Il y a de la mousse sur le dessus. Il le boit, doucement parce que c'est chaud.
"-Hier," Elle reprend. J'ai entendu comme une chute en haut. C'est pour ça que je suis monté si vite. Je ne me suis même pas demandé si c'était toi. Ça me semblait évident, que c'était toi."
Il écoute, il ne dit rien.
"-Le plus étrange, c'est que je ne t'ai pas vu rentrer. Et d'habitude tu es rentré avant moi...Tu n'étais pas ici quand je suis arrivée, hier soir. Et je ne t'ai pas entendu rentrer..." Elle répète.
"-Finis, tu va être en retard."
OoOoOoO
La balle rebondit haut. Trop haut.
Elle file à une vitesse effarante. Glisse dans les mains, sous les jambes, voltige dans les airs.
Axel hait le sport. Il aimerai ça si on lui laissait la balle de temps en temps. Mais on ne la lui laisse pas. Pire, on s'amuse à le faire zigzaguer d'un bout à l'autre du terrain de basket. C'est le nouveau jeu.
Le prof siffle la mi-temps.
Ce prof est un con. Comme la plupart des profs dans ce lycée, d'ailleurs. Il voit le jeune garçon sans le voir, ou feint de ne pas avoir vu. C'est comme ça tout le temps.
Axel souffle, éreinté de courir tant pour si peu. Il s'assied contre la grille qui clôture le stade. Franzie le rejoint. Elle est toute rouge.
"-Il fait chaud, purée !" Elle s'effondre à ses côtés, essoufflée. Son visage ruisselle, elle sent mauvais.
Axel détourne la tête, remonte les genoux contre son abdomen. Il repense à ce fameux après-midi. Ça fait une semaine maintenant.
"-Ça va ?"
Laisse-moi, il voudrait lui dire, fiche-moi la paix rien qu'un moment...
"-Oui, ça va.
-Je n'ai pas touché le ballon depuis le début du match. Les filles sont de vraies teignent, quand elles veulent.
-Moi non plus.
-Quoi toi non plus ?
-Je n'ai pas touché la balle."
Silence...Il fait beau pour une fois. Le vent souffle légèrement, c'est agréable.
"Triiiiiiiiiiiit !" Le jeu reprend. Les adolescents se lèvent. Franzie regagne son terrain.
"-Où tu vas comme ça ?"
Axel lève les yeux. Pourquoi faut-il qu'il soit toujours le plus petit ?
"-Sur le terrain." Il répond.
La grande brute se marre. Pousse Axel du bout des doigts.
"-T'as rien à faire sur le terrain des mecs." Susurre-t-il tout bas. "Ta place c'est là-bas, avec ta grosse copine." Il montre la rouquine du doigt.
Axel regarde droit devant lui, comme toujours. Il retire les doigts déposés sur son torse d'un revers de main, s'avance.
"-How !" Il saisit le T-shirt du plus petit. "On parle pas la même langue ?
-Navré, je ne parle pas le primate."
Le coeur d'Axel manque un battement. C'est sorti tout seul. Le type lève le poing.
"-Oh ! Tweed ! Wood ! Sur le terrain ! Illico !"
Tweed lâche Axel.
L'entraîneur ne s'intéresse plus à eux.
Tweed regarde Axel droit dans les yeux, lui balance une droite magistrale dans l'estomac, puis se barre.
Axel sait qu'il tombe. Il tombe lentement.
OoOoOoO
BLAM !
Ça y est. Il s'est écrasé.
Il fait plus froid tout d'un coup. Axel ouvre les yeux. Sourit malgré lui.
"-Madre de Dios ! D'où qu'tu tombes p'tit empaffé ?"
Axel tourne la tête. Assis là, juste à côté du lui, un petit vieux. Sa barbe lui mange le visage, il semble ne voir que d'un oeil.
Le jeune homme regarde autour de lui. Il est tombé dans une ruelle étroite. C'est sombre. C'est sec.
Il est assis sur le tas de fringues crasseuses qui sert visiblement de matelas au vieux mendiant. Il le regarde, bizarrement.
"-Eh bé alors ? T'vas foutre ton p'tit cul d'là oui ?"
Axel s'empresse de se lever. Il reste là. Hésitant. Il a mal au ventre.
"-Mais fout l'camp, j'te dis !" Le mendiant brandit une sorte de canne usée.
"-Attendez..." Axel bafouille. "Vous savez pas...Où on est ?"
Le vieux s'esclaffe.
"-Un peu que ch'sais ! On est dans la Porter Street. Enfin...on est pas d'dans. On est à côté quoi. Cest là." Il pointe la rue du doigt.
Axel sent une tension le prendre au niveau de la poitrine. Comme une soudaine excitation.
"-On est à Londres, alors ?"
Nouvel éclat de rire.
"-D'où qu'tu sors toi ? Un peu qu'on est à Londres !"
Axel tressaille, ce qu'il est en train de faire lui paraît totalement dingue.
"-Dites, m'sieur ?
-Voui ?
-On est en quelle année, là ?"
Là, le vieux manque de rendre l'âme tellement il rit.
"-Bé dis donc !" Il fait entre deux gloussements. "T'sais qu'tes un sacré numéro, toi !" Axel sourit. "On est en 1887, tout rond !"
Le jeune homme pâlit...Tant que ça ?
"-1887...
-Ben voué !
-Putain..."
Blam !
"-Aïe !
-Comment qu'tu parles ! Va voir ailleurs si t'y m'trouves, tiens !"
Axel sautille sur un pied, se rattrape au mur d'en face. Il ne doit surtout pas tomber.
"-Une dernière chose, m'sieur !" Il se masse le tibia, accroupit. "Vous connaissez...Sherlock Holmes ? Peut-être ?"
Le vieux sort un cigarillo de sa veste, l'embouche et le mastique sans même l'allumer. Il scrute le gamin assis en face de lui.
"-Sherlock Holmes ? Pourquoi qu'tu l'cherches celui-ci ?"
Axel s'immobilise. Son coeur bat fort contre sa poitrine.
"-Il existe ?
-Un peu voué ! Tout l'monde connaît l'Sieur Holmes ! C'est comme qui dirait l'plus fameux des détec...dété...décte...
-Détective ?
-Voué ! L'plus fameux déctectif ! Du monde !" Il a levé les bras bien haut, la canne tendue. "Manque de pot, personne sait ou i crèche. Ceux qu'on b'soin d'lui l'envoient une lettre chez l'docteur...
-Watson ?
-Voué, voué. Un bon bougre c'te gosse-là."
Axel s'est relevé tout doucement. Il a froid comme ça, dans son sweet rouge pétant et son bas de survêtement gris clair, les mêmes Adidas plus tellement blanches aux pieds...
L'énumération de ce quil porte le rend soudainement anxieux. Le vioque semble s'en rendre compte tout juste.
Il le regarde d'un drôle d'air.
"-D'quel cirque t'sors, toi ?" Il demande, un oeil à moitié fermé, l'autre complètement écarquillé.
"-Heu...C'est que...Je viens de me faire engager," Il sourit. "je connais pas encore le nom par coeur. Mais dites," Il ajoute. "le docteur Watson il habite bien au 221b Baker Street, hein ?
-Bé voué. M'semble qu's'est juste à côté," Il secoue sa canne vers la rue. "t'as qu'à d'mander avec ton joli p'tit sourire, on t'refusera rien, tiens !"
Axel saisit la main libre du vieux, la secoue promptement.
"-Merci m'sieur ! Merci beaucoup !" Il disparaît parmi la foule de la Porter Street.
OoOoOoO
Holmes s'est réveillé tôt, ce matin.
C'est rare. Très rare. S'il devait se souvenir de la dernière fois qu'il s'est levé à neuf heures...
Tssss. Pas important de toute façon.
L'important, c'est le pourquoi de la chose. Il s'est levé tôt pour faire les courses. Pour Watson. Ça fait une semaine que Watson dort chez sa chère et tendre. Hier, il est rentré. Il dort encore.
Il enfile son pardessus, dépose son chapeau sur la masse de cheveux qui se dressent sur sa charmante tête et sort mains dans les poches, la pipe en bouche.
Dehors, il fait gris.
Londres est en éveil depuis cinq heures, tous les commerces sont en mouvement ce Samedi 16 Octobre 1887.
Holmes flâne. Il ne sait pas vraiment par quoi commencer. Baker Street étant, comme son nom l'indique, la rue des boulangers, les relents nauséabonds qui empuantissent Londres se révèlent presque inexistants ici. Les odeurs tendent plus au sucré, au farineux, au croustillant...
Le détective s'arrête à la première boulangerie, achète pain et croissants en profusion, tout sourire et fier de lui. Il ne bronche pas lorsque la boulangère lui lance "Pourriez pas fumer vot' truc ailleurs ? C'est une boulangerie ici, pas un fumoir !", il lui prend même une tarte aux fraises, histoire de se faire pardonner.
Et puis, Watson aime bien les fraises.
Il ressort, rembouche sa pipe, tourne dans la Melcombe Sreet suivit de l'odeur de pain frais. Là, le sol est fangeux, les pavés s'enfoncent sous la boue épaisse.
Il hausse un sourcil moqueur face la rue qui s'étale devant lui. Des dizaines de fiacres à moitié embourbés, mêlés à quelques omnibus aux chevaux impatients, sont bloqués par un passage de boeufs menés à l'abattoir. Les bêtes meuglent ou hennissent à tout va, les cochers aussi...
Il poursuit sa route, l'avantage d'être piéton dans cette cité, enjambant les tas de crottins fumants avec une certaine nonchalance, chaque moyen de transport possède son petit inconvénient.
Puis tourne de nouveau, délaissant la grande rue et ses mugissements abrutissants pour la Glentworth Street bien moins encombrée. Il regarde les passants.
Ceux-là ne sont pas des flâneurs. Ils fourmillent de commerce en commerce, les commis filent des paquets pleins les bras, les marchandes gueulent leur prix comme au marché.
Soudain, Holmes s'immobilise. Là-bas, droit devant, il y a le garçon vêtu n'importe comment... Le rouge éclatant de son étrange pardessus fait mal aux yeux. Il parle à un gros type à la tronche noircie qui le dévore des yeux d'un air malsain.
Le détective s'avance plus vite, droit sur eux. Il faut qu'il sache d'où vient le gosse. Au loin, l'homme pose sa main sur la joue blanche, le garçon la repousse, tente de s'éloigner, il le rattrape, le retient par l'épaule.
"-Hey !" Crie Holmes, à une centaine de mètres de la scène.
Le gamin est en proie à la panique, les gens s'écartent sans le voir, l'abandonnant aux grosses paluches qui le retiennent.
Holmes arrête un commis. "Voulez-vous me tenir cela un instant, jeune homme ?" Il lui tend ses paquets farineux, reprend sa marche jusqu'à l'étrange couple, se stoppe devant eux.
"-Veuillez lâcher cet énergumène, Monsieur." Fait Holmes calmement.
L'énergumène en question tourne la tête vers lui, une fort jolie tête remarque Holmes, et pousse une exclamation de surprise enjouée. L'homme qui le retenait alors par le bras le lâche brusquement, le gosse bascule en arrière, disparaît derrière un fiacre.
"-Nom de...
-Vous désirez, M'sieur ?" Holmes se tourne vers l'homme.
"-Nom de Dieu." Finit-il. "Je me disais seulement qu'il est fort mal élevé de retenir une quelconque personne contre sa volonté. Avez-vous vu ?" Ajoute-t-il en montrant le sol du doigt. "Il a disparu."
Holmes s'esclaffe au nez du type. "disparu...comme c'est ironique" Sans perdre plus de temps, il se penche sur le sol boueux, inspecte les traces des chaussures étranges que portait le môme. Elles sont si singulières...et disparaissent un mètre seulement de là.
"-Étrange..."
Holmes s'avance sans quitter le sol des yeux, continue sa route jusqu'à la Marylebone Road, fouille la boue de ses pupilles de faucon.
"-Ahah !" Il les retrouve.
Peu fraîches, mais bien présentes. Il suit les marques, le môme doit chausser du 39-40, pas plus. Il croise Bikenhall Street, tourne à gauche dans cette même rue. Les traces sont plus nettes, figées dans la bourbe par le froid. Porter Street, il continue, tourne à droite.
La ruelle est sombre. Un petit vieux roupille sur un monticule de frusques dépareillées. Holmes sourit. Comment s'est-il retrouvé là ? Les traces débutent ici, juste à côté du mendiant...
"-Berny ?" Holmes secoue le vieux. Celui-ci fait un bond, brandit sa canne, l'oeil valide écarquillé.
"-Qu'est-ce qu'on m'veut ?" Il reconnaît Holmes. "L'Sieur Holmes ! Ça fait un bail dîtes ! C't'étrange, m'semble pourtant avoir parlé d'vous y a peu." Le vioque se creuse la mémoire, tout en se gratouillant la barbe du bout des doigts. "C'matin même, m'semble..."
Holmes s'accroupit à ses côtés, la pipe fumante.
"-Vraiment ? S'agirait-il d'un étrange garçon vêtu de rouge et de gris ? Avec des drôles de petites chausses plus ou moins blanches ?
-Mais...Voué ! Voué, voué ! I m'semble même qu'il était un peu paumé, l'gamin. Savait même pas où qu'on est, quelle date qu'on est...C'est ben simple ! Ma même d'mandé l'année, tiens !"
Holmes se gratte la tête, le chapeau dangereusement de travers, pensif.
"-Vous dîtes...qu'il a parlé de moi ?
-Voui.
-En quels termes, je vous prie ?" Sourit le détective.
"-Connaîtriez pas Sherlock Holmes ? qu'il a dit ! Moi : Ben pour sûr qu'j'le connais ! C'est y pas l'plus grand déctectif ? qu'j'ai dit." Le sourire d'Holmes s'élargit. "Ben mon vieux, l'a eu l'air content l'gosse. M'a même dit quelqu'chose comme : l'existe vraiment ?" Le vieux s'esclaffe. "Un peu qu'il existe j'y dis !"
Holmes remet son chapeau en place, satisfait, se relève et ajoute :
"-Dites-moi une dernière chose Berny, comment est-il arrivé jusqu' à vous ce joli jeune homme ?"
Le vioque lisse un moment sa barbe hirsute. Puis il regarde Holmes de son gros oeil gris clair.
"-V'sen en penserez c'que vous voudrez, l'Sieur Holmes...Mais pour ma pomme, l'est tombé du ciel le p'tit gars !
OoOoOoO
