Re bonjour les gens! Et bien je viens de pondre ça à la supplique d'Akanchan qui voulait que Jack souffre et que ce soit à la fois fluffy et drôle (non elle n'est pas du tout exignte). Ca a été écrit très vite et ce n'ets pas très original mais bon, ça peut plaire ;)


The advantage of emotions is that they lead us astray and the advantage of science is that it's not emotional.

Oscar Wilde.

Domestic Rules

« Je devrais m'en débarrasser, non ? » lança brusquement Carter, et Jack sursauta parce qu'il n'avait absolument pas suivi le reste de la conversation, perdu dans l'étude du match de hockey qui défilait en silencieux sur la petite télé de sa chambre à coucher. Son regard coupable se déplaça de l'écran à la jeune femme, prêt à se justifier ou à s'excuser…

Le fait qu'elle lui tourne le dos tendait à prouver qu'elle ne s'était aperçue de rien et en conséquence, il éteignit discrètement la télé. Il ne fallait pas non plus tenter le diable…

« Mmm ? » demanda-t-il négligemment, étudiant les formes de la jeune femme. La vue était trop belle et il n'était qu'un vieil homme sans doute un peu trop obsédée par le corps de son ancienne subordonnée, mais hé ! Que pouvait-il faire d'autre que regarder quand elle était debout devant lui et qu'il était si confortablement installé sur son lit ?

« Le jean. » soupira-t-elle et il pouvait dire qu'elle était agacée de son manque d'attention. C'était quelque chose qu'il avait appris à mesure que leur relation se développait… Carter n'aimait pas être ignorée.

Légèrement anxieux de se voir chassé de sa chambre le premier soir de son emménagement, Jack se redressa quelque peu de là où il était avachi. Il avait proposé de l'aider à déballer ses affaires pourtant. Il avait proposé. Mais elle avait jugé que son armoire était mal organisée et que si elle devait entreposer ses vêtements dedans, il allait falloir ranger. A ce stade, le militaire s'était sagement replié vers le match de hockey. Sans compter qu'elle essayait certaines de ses fringues avant de les jeter sur une pile ou une autre. Il pensait qu'elle avait parlé d'en donner quelques une à Cassie… mais il n'avait pas véritablement fait attention.

« Le jean ? » répéta-t-il avec prudence. Oh, il ne se souvenait que trop bien comment ce genre de choses marchait dans un couple. La femme posait une question, l'homme répondait inévitablement à côté et la débâcle s'en suivait…

« Crois-tu que je devrais m'en débarrasser ? » insista-t-elle en se trémoussant pour avoir un aperçu de l'arrière. Il avait un très bel aperçu de l'arrière de là où il était et il aurait pu lui dire que rien ne clochait avec ce pantalon mais la règle numéro 1 l'en dissuadait.

Il y avait une science de la vie de couple. En réalité, c'était très simple. Toujours acquiescer si on voulait être tranquille.

En l'occurrence, il ne voulait que ça.

« Peut-être, oui. » répondit-il en hochant la tête d'un air entendu.

Elle tourna légèrement la tête pour lui sourire et ôta rapidement le jean avant de le jeter une des piles. Jack, expira, soulagé.

« De toute façon, soit ce jean a rétréci, soit j'ai grossi. » continua-t-elle pensivement et Jack grimaça. Ca, c'était la question que tous les hommes redoutaient d'entendre. Il n'y avait pas de bonne réponse à cette question. Dire oui revenait à une insulte, dire non c'était se faire accuser de mentir. Et aucune ligne de conduite n'avait jamais été décidée pour ce cas de figure.

Son dilemme lui fut enlevé des mains quand Carter écarquilla les yeux, interprétant évidemment à tort sa grimace.

Une panique qu'une armée de Jaffas n'avait jamais réussi à provoquer se distilla petit à petit en lui. Comment exactement allait-il se sortir de ce mauvais pas ?

« Tu es parfaite. » se hâta-t-il de déclarer dans un sourire qu'il espérait assez nonchalant pour passer comme spontané.

« Tu te moques de moi ? » rétorqua-t-elle, les sourcils froncés.

Sa contrariété aurait été nettement plus impressionnante si elle avait eu quelque chose en bas…

« Bien sûr que non, bébé. » réfuta-t-il sur le champ. « Tu es parfaite. »

C'était encore ce que la majorité des hommes auraient répondu à sa place et qui était-il pour ne pas suivre le chemin tout tracé ?

Elle étudia son visage quelques secondes puis au lieu de s'énerver comme la plupart des femmes l'aurait fait, ses traits se décomposèrent.

« Je suis grosse. » déduisit-elle d'il ne savait quoi.

« Carter… » soupira-t-il en se levant. Il fit un pas vers elle mais elle leva la main et peut-être était-elle un peu énervée finalement.

« Non, tu aurais dû me le dire avant si tu trouvais que je grossissais. » l'accusa-t-elle.

Oui… Il se voyait absolument se réveiller un beau matin et lui lancer en pleine figure qu'elle avait quelques kilos en trop… Elle lui botterait les fesses jusqu'à Netu… En plus de ça…

« Carter, ne sois pas ridicule. Si quelqu'un pinaillait sur ta silhouette, il dirait que tu es squelettique. Pas grosse. »

Il sut que les mots étaient une erreur à la seconde où ils quittèrent sa bouche. Voilà pourquoi il ne fallait jamais perdre son sang-froid en pareille situation et s'en tenir à la règle tacite. Acquiescer. Acquiescer quoi qu'il en coute.

« Ok, ce n'était absolument pas… »

Il n'eut pas l'occasion de terminer ce qui aurait sans doute été les excuses les plus ratées de toute l'histoire de l'humanité, elle le coupa avant, dans une exclamation outrée dont il ne l'aurait jamais crue capable.

« Tu me trouves squelettique ! »

Une nouvelle fois, le militaire grimaça.

« Bien sûr que non… » protesta-t-il. « C'était un exemple. »

Un putain d'exemple dont il aurait mieux fait de se passer.

Suivre la règle. Toujours suivre la règle.

« Tu dis que je suis parfaite et la seconde d'après je suis squelettique ! »

Avait-elle besoin d'en remettre une couche. Acquiescer voulait la règle. Toujours acquiescer.

« Tu n'es pas squelettique. Tu es juste maigre. » Les yeux bleus se plissèrent et il rectifia immédiatement le tir. « Normale. Tu es normale. Parfaite. »

Mais parfaite ne semblait pas être un bon mot dans le dictionnaire de Carter et avant qu'elle ait pu exploser une nouvelle fois il décida que c'était le moment de laisser libre court à ses impulsions. Tant pis pour les règles de conduite tacite, dans ces cas là, chacun son canot de sauvetage.

« Merde, Carter ! » s'exclama-t-il « Je t'aime comme tu es. Point. Grosse, maigre… je m'en fous ! »

C'était une bonne chose qu'elle choisisse ce moment pour éclater de rire, savourant apparemment ce qui n'avait été qu'une vaste plaisanterie de sa part, parce qu'il se serait probablement enfoncé davantage. La seconde suivante, les bras de la jeune femme se nouaient autour de son cou et il hésitait à bouder… mais ensuite, elle laissa courir ses lèvres sur sa clavicule et il en oublia la notion même.

« Maintenant que tu ne regardes plus ton match… » susurra-t-elle contre sa peau « Tu peux peut-être m'aider à ranger ? »

La règle voulait qu'il acquiesce. Il acquiesça.

Une vague partie de son esprit se rendait compte qu'elle l'avait manipulé de bout en bout mais quand elle était pressée contre lui comme ça… Il s'en foutait royalement.

« Bien. » commenta-t-elle en plaquant un bref baiser sur ses lèvres.

Après quoi elle recula et ouvrit un nouveau carton, laissant Jack bras ballant au milieu de la pièce. Finalement, il secoua la tête pour s'éclaircir les idées et la rejoignit rapidement. Il y avait moins de chance de dérapage s'il faisait ce que Carter voulait au lieu d'écouter le vieux célibataire grincheux qu'il avait trop longtemps été…