« Oui ? C'est vrai ? On y va ? »

Jenny sautait partout devant le TARDIS, elle était excitée comme une puce et ne pouvais contenir sa joie. Le Docteur l'avait rarement vu aussi enjouée.

« Oui, on y va ! C'est ton cadeau d'anniversaire, ma chérie ! Et je te le promets depuis si longtemps ! »

« Oh, Docteur, ce n'est pas ta faute si la dernière fois, on s'est retrouvé piégé par les Mortiproy. Ils ont réussis leurs coups en envoyant un message de secours, tu ne pouvais pas y résister. »

« Je me fais prendre à chaque fois ! » sourit le Docteur en baissant la tête, faussement honteux.

Sous l'effet de l'excitation, Jenny n'avait pas encore remarqué que le Docteur était tout seul.

« Mais…Docteur, tu es tout seul ? »

« Oui, répondit-il avec un sourire qui étonna la jeune fille… enfin, pas tout à fait, Rose est chez Jacky, elle avait quelqu'un à présenter à sa maman, quelqu'un dont c'est l'anniversaire et comme je n'avais pas fêté le tient, elle m'a conseillé de venir t'offrir ton cadeau tandis qu'elle fêterait le tient… enfin, le sien… je m'exprime mal, désolé… »

« Le Timey Wimey te perdra, Doc » s'exclama Jenny en lui sautant au coup. « Mais ne t'en fais pas, ce n'est pas un souci, continua-t-elle en l'embrassant sur la joue, je suis tellement contente d'aller là-bas… la planète Jenallia et sa forêt aux milles chansons, c'est un rêve qui devient réalité… le plus beau cadeau que je puisse imaginer ! »

Elle continua à parler alors qu'ils entraient dans la cabine.

« Et pour aller sur jusqu'à la planète, tu vas prendre les manettes du TARDIS ! Tu as prouvé que tu étais capable de la piloter aussi bien que moi ! »

« Mieux que toi, oui… »

« Oui, peut être bien… en tout cas, tu mérites d'aller toi-même jusqu'à cette splendide destination. » expliqua le Docteur en jetant son manteau sur le pilier.

« C'est vrai, je vais la piloter ! »

« Yep ! » claqua le Docteur en s'adossant sur les fauteuils de la salle des commandes. « Elle est toute à toi ! »

Jenny s'approcha de la console, un sourire d'extase sur le visage.

« Quelle est la meilleure époque pour aller visiter Jenallia ? L'an 6000 et sa grande nuée de Melina ? »

« Je pensais plus à son ciel d'argent, en l'an 7833 »

« Oh oui, excellent idée ! Alors, je suis la Terre des années 90 et je tourne à gauche une fois qu'on les a passé jusqu'à la galaxie du Dauphin nacré, c'est bien ça ? »

« Tout à fait ça ! C'est à toi, ma grande ! Amuse-toi bien !»

Dans un silence absolu, Jenny tourna la roue devant elle, puis appuya sur le bouton gris à sa droite. Enfin, elle monta la manette à sa gauche et le TARDIS dans une avalanche de cliquetis joyeux, s'ébranla doucement. Le Docteur sourit en silence alors qu'il regardait sa petite protégée tourner autour des commandes avec précision. Quelques minutes plus tard, le son des moteurs diminua et le TARDIS ronfla gentiment alors qu'il se posait dans la plus grande des douceurs.

« Fantastique ! Je n'aurais pas fait mieux, ma Jenny ! »

« Vraiment ? »

« Vraiment ! » affirma-t-il en attrapant son manteau et ouvrant la porte en bois bleu.

Il se retrouva alors bouché bée. Les troncs multicolores et les chants mélodieux n'emplirent pas ses yeux et ses oreilles.

« Euh…. »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Jenallia semble avoir beaucoup changé»

« Oh ! » s'exclama Jenny en sortant du TARDIS.

« Oh ! Comme tu dis ! »

« Je suis pourtant certaine de… »

« Tu n'y es pour rien, tu t'es parfaitement débrouillée… mais… c'est comme si nous avions été retenus durant notre voyage… apparemment au cœur des années 90, sur Terre, affirma-t-il en repérant une télévision,… et dans une magnifique demeure, à ce que je peux voir »

Ils se retrouvaient dans le silence feutré d'un salon d'une maison très chic. Jenny s'approcha de la cheminée où un feu réconfortant craquait doucement tandis qu'il s'approchait de la fenêtre où il pouvait apercevoir de gros flocons tomber et recouvrir un peu plus le sol déjà tout blanc. La nuit était tombée et rien ne bougeait dehors. Plus loin, il pouvait entrevoir des décorations de Noël à une des maisons de la rue suivante.

« Certainement une source d'énergie déviante qui nous a attiré ici ! »

« Nous sommes certainement chez quelqu'un… et le feu brûle, nous ferions peut être mieux de quitter les lieux avant d'être prit pour des cambrioleurs » chuchota Jenny dans un sourire gêné.

« Tu as raison, et Jenallia nous attend ! »

Ils quittèrent le salon et retournèrent dans le TARDIS. Jenny se remit aux commandes. Il resta derrière elle pour vérifier qu'elle ne se trompait pas. Tout était parfait. Et encore une fois, dans un grognement complice, le TARDIS les transporta avec délicatesse. « Certainement le doigté féminin » pensa-t-il.

Seulement quelques minutes plus tard, le Docteur attrapa la main de Jenny et se précipita vers les portes de sa chère boite bleue.

« Jenallia nous voilà ! » s'écria-t-il avant de sortir pour de bon…

« Mais…mais qu'est-ce que… »

« C'est pas possible, mais… »

Le Docteur et Jenny en perdirent leur vocabulaire. Se retrouvant une fois de plus à l'intérieur d'une maison. Mais cette fois-ci dans une pièce bien différente. Le salon qui les accueillait précédemment s'était transformé en salle d'eau des plus raffinées. Le carrelage gris bleu recouvrait l'ensemble des murs jusqu'au plafond. Une baignoire était remplie d'une eau parfumée, les lumières étaient tamisées, exactement comme si quelqu'un allait arriver pour prendre son bain.

En silence, le Docteur sorti dans un couloir tandis que Jenny tournait dans la pièce, inspectant chaque élément. Le miroir biseauté lui renvoyait son regard étonné et émerveillé. Le Docteur écarta doucement un rideau, jetant un œil dehors. La même rue que cinq minutes plus tôt s'offrait à lui, mais sous un angle différent et il n'était plus au rez-de-chaussée.

« Étrange ! » s'exclama-t-il.

« Quoi ? » demanda Jenny.

« Étrange ! Nous sommes toujours dans cette maison ! Comme si quelque chose nous retenait ici»

« En tout cas, nous sommes dans un décor magnifique, et rien ne semble dangereux ici… »

« Si ce n'est que le TARDIS ne semble pouvoir quitter ce lieu… »

« Pouvoir… ou vouloir… On dirait que notre chère amie est à son aise ici ! »

Le Docteur retourna dans la salle de commande et du avouer que les cliquetis et les grésillements de joie de sa boite bleue n'étaient pas du genre à être effrayants.

Pourtant, ils devaient bien quitter cette demeure. Ils ne pouvaient rester ici.

« Que faisons-nous alors ? On retente un départ pour Jenallia ? »

« Bien entendu ! »

Or, ils étaient sur le pas de porte du TARDIS lorsque d'en bas, un cri s'éleva :

« Hey, vous, là-haut, montrez-vous, vous ne nous faites pas peur ! »