Je ne pouvais rien faire.

Je me dois de de garder une distance, comme je l'avais toujours fait avant.

Je reste juste derrière Molly qui donne un grand sourire à Mycroft qui la dévisage presque sévèrement.

«Monsieur Holmes, nous n'avions pas eu le temps de nous présenter.

Je suis Molly Hooper, au fond John Watson et juste derrière moi c'est..

-Sherlock. »

Molly et John me regardent avec de grands ne comprennent pas pourquoi je n'ai révélé que mon prénom.

Moi non plus, au fond, je ne le sais pas.

Je veux qu'il récupère sa mémoire le plus vite possible bien sûr, il en va du gouvernement britannique, même si d'habitude, je m'en contrefiche.

John, après avoir secoué sa tête d'incompréhension, s'approche de mon frère, laissant apparaître un léger rictus.

«Sherlock..est dans votre entourage et c'est sûrement lui qui vous connaît le plus..alors pour votre..bien et votre mémoire, vous passerez du temps ensemble. »

Si Mycroft n'avait pas perdu sa mémoire pendant son voyage, je serais en train de crier l'horreur tandis qu'il soupirerait lourdement devant mon immaturité.

Mais là..il soulève juste un sourcil devant mon râle de mécontentement.

Comme il le faisait souvent avant mais..c'est différent..

Idiot n'est-ce pas ? Trouver des différences à des détails aussi bêtes.

Peut être que moi c'est l'habitude mais je ne le fais qu'à mon travail ou pour les sorties de John mais c'est tout.

Je tend juste la main en grognant légèrement à Mycroft.


J'observe le dit Sherlock de haut en bas, scrutant son langage corporel qui ne le trahit pas. Il semble confiant, quelque peu agacé de devoir me tenir compagnie.

Je ne suis finalement pas étonné si certains prétendent qu'il m'était proche.

J'ai cette vague impression qu'il me ressemble, ne se rabaissant pas à la foule. Et même si je ne me souviens que de peu de choses, je me connais encore un minimum.
Dans d'autres circonstances ce voyage m'aurait ennuyé, mais quelque chose d'étrange me guidait vers Sherlock. Cette impression ne me quitta pas durant le trajet, assis a l'arrière du véhicule, mes yeux ne quittaient pas sa silhouette enfoncé dans le siège. Pourtant trop de questions restaient encore sans réponses, et je voulais absolument me souvenir.

« Sherlock? » Ma voix le fit sortir de ses songes, comme s'il dormait éveillé. Voyant que j'étais desormais le centre de son attention e continuais mon interrogatoire.

« Pouviez vous m'expliciter notre rencontre? Nous étions proche ?
-Pas vraiment et j'étais trop jeune pour me souvenir » répondit il séchement les sourcils froncés, tournant la tête vers le paysage.

Evidemment je ne sais pas ce qu'il s'est passé autour de moi le jour de ma naissance.
Tout ce que je sais c'est que ma mère avait accouché à la maison, dans sa sublime chambre, dans son lit prestigieux.
J'ai entendu dire que mon père était juste à côté, lisant les mémoires de Churchill dans son fauteuil en cuir rouge.
Tandis que Mycroft était dans sa chambre, accroupit sur son lit aussi prestigieux.
Il tremblait de tous ses membres, m'avait dit la Père entrait dans sa chambre soudainement pour révéler avec une émotion à peine voilée.
"Ton frère est né maintenant."

Agé seulement de sept ans, j'avais toujours dû être irréprochable, mais à cet instant alors que je ne me savais plus seul, j'avais bondi disgracieusement de mon lit, faisant grogner mon père. Mais je m'en fichais j'avais couru jusque dans la chambre de ma mère.
Elle était alité ,épuisée dans son lit tenant sous son sein le petit être a qui elle avait donné vie. Essayant de reprendre un semblant d'allure, je croisai mes mains dans le dos, la saluant comme il se devait.

« Mère, je suis heureux pour vous
-Approchez Mycroft »

Il n'en fut pas plus pour que j'avance à pas trop rapide sûrement vers le lit. La petite tête brune, déjà bien touffu me lança un regard tendre. Et mon coeur de glace fondit.

« Je vous présente votre frère cadet Mycroft, Sherlock Holmes
-Enchanté Sherlock »

Le paysage se défile sous mes yeux épuisés.

Je n'ai pas dormi depuis tellement longtemps et j'allais sombrer de fatigue si le téléphone n'avait pas sonné.
Pendant que John était je ne savais où avec son ami et que madame Hudson me surveillait comme si j'étais un aliéné, j'étais partagé entre l'épuisement et quelque chose qui me tenait bien éveillé..quelque chose de plus..le choc..
Comme une de ses drogues que je prenais à une époque.
Mais plus puissant encore et plus..désagréable.

Quand John m'avait forcé à être au chevet de mon frère, je voyais les couleurs se couleurs que formaient les lumières de Londres réunies se mélangeaient à toute vitesse dans un néant profond.
Mais j'étais toujours dans cet état second que tout à l' êt à tout moment de s'effondrer de fatigue mais tellement éveillé à la fois.

« Sherlock ?
-Oui ?
-Où allons nous ?
-A la endroit que tu..vous..erm..aimais...aimiez..arg..être."
Mycroft semble vraiment surpris.C'est sûr que son costume ne sied pas si bien les paysages lointains, la boue et autres "dangers" des nobles, hommes politiques et autres personnes je me rappelle que mon grand frère aimait prendre l'air, étudier, et peut être rêver..comme je le faisais..

« Je n'en suis pas certain, mais je me demandais si vous êtes venu avec moi a cet endroit?
- Tout les étés.
-Je comprend... cela vous gène t-il te devoir m'accompagner?"

Je relève la tête soudainement, les yeux grands ouverts, je laisse échapper un petit sourire.

« Non.. »
Je ris doucement avant d'enfouir mon visage sous mon écharpe.

« Nous avons un programme chargé ou vous fiez a mon sens de l'organisation? Je ne vais jamais à la campagne " Il me sourit en indiquant la grande villa au loin . « je présume que c'est ici? C'est un très belle endroit? Une promenade pour se détendre ? »

-Volontiers monsieur Holmes.. »Je répond en riant de suite, je ne comprend toujours pas pourquoi je ne dis pas notre nom de voiture s'arrête bientôt et j'ouvre vite ma portière pour ouvrir celle de mon grand frère.
La fatigue doit vraiment me tenir, maintenant que je deviens gentleman..avec mon frère qui plus est.
Je baisse la tête pour ne pas voir la réaction de Mycroft et ainsi ne pas m'humilier pour la première fois de ma vie..quoique..
Dans mon enfance, j'ai souvent fais des conneries pour mon grand frère.

L'herbe n'a jamais été aussi verte qu'aujourd'hui.

On est en fin d'après midi et il fait plutôt bon.
Le ciel et les collines sont teintés d'une légère couleur ambrée avec une teinte or.
Comme il y a très peu de circulation voire jamais donc nous marchons sans crainte au beau milieu de la route goudronnée, entourés de longues étendues d'herbe, de maisons de campagnes qui sont au delà des collines et de la villa qui se situe non loin de nous.

Mon grand frère ne semble pas gêné de marcher dans une campagne poussié fait un peu attention à son costume mais c'est observe chaque détails de l'un de nos terrains où on s'échappait pour pouvoir souffler sans que Mère nous gronde et que Père nous hurle dessus.


Les fleurs sont épargnées des mains des hommes car elles peuplent les bords des routes.

Je m'égare dans mes songes, me demandant si je connais cet endroit.

Mes yeux fixant le chemin, marchant vers l'horizon comme un automate, une fleur blanche caché par les tiges vertes qui l'entourent.

M'accroupissant maladroitement au sol, je le cueille pour la montrer a Sherlock, c'est idiot je le sais.

« Cest un Sceau de Salomon, il signifie que le secret sera bien gardé.

-Vous vous interessez aux fleurs?
-Je crois que quelqu'un aimait me donner des fleurs quand j'étais plus jeune, et avec je lui confessionnait des couronnes que j'accrochais dans ses cheveux.. mais vous devez me trouvez stupide. »


Un ange souvenirs remontent tout à coup à nouveau.

Je fixe un point imaginaire dans le vide, le vent souffle sur ma nuque et fait voltiger mes boucles indisciplinées.

Je murmure enfin dans un souffle :
"Non...pas du tout..."
Que faire ? Dois-je lui dire que cette personne était moi ? Que l'homme qui est devant lui, qui est sensé être si froid (je sais que mon aura est sombre car j'entends bien souvent les autres le dire.) souriait et gloussait ?
Pendant les vacances d'été, jusqu'à assez tard, nous étions tous les deux après avoir échappé à la famille et à leurs repas mondains, nous courions dans les champs et dans ces plaines et je cherchais frénétiquement plusieurs fleurs, les plus belles si possible, avant de les offrir à mon grand frère.
On le faisait soit pendant les repas, quand le soleil se couchait, les doux matins avec le soleil levant, les chaudes après midi et rarement, en pleine nuit.
Il me souriait tendrement et il me confectionnait des magnifiques couronnes de fleurs agilement pendant que je le regardais, émerveillé, couché sur le ventre.

« Je vous remercie de ne pas vous moquer Sherlock. »

je tordis un peu la tige pour que celle ci tienne derrière son oreille, mais à la dernière minute, je me défile et place la fleur dans la petite poche de son veston.
« Vous êtes très élégant. »

« Merci... »
Nous continuons notre route, une légère gêne dans ma poitrine est en train de me comprimer.

Comme si la campagne de notre enfance est une personne, je la lui présente avec le peu de souvenirs plaisants qui restent dans ma mémoire.
Mycroft m'écoute attentivement tandis que je continue à parler en caressant la fleur.

Je m'éloigne soudain De Mycroft, pour courir vers la villa, m'approche d'un des rosiers, pour en cueillir à mon tour une fleur.
Mon grand frère me rejoint bientôt et je donne à mon tour en faisant attention aux épines pour lui.


Je prend la fleur dans ma main,lui souriant. Je ne savais pas pourquoi j'avais accepté,mais je sentais comme un gage d'amitié naître entre nous.
« Je ne saurai jamais assez vous remercier Sherlock, cependant - ses iris qui ne pétillaient plus me fixèrent sans cesse- aimeriez vous m'accompagner dans le petit salon et même si cela semble égocentrique,me parler de moi-même ? »


« Oui mais si vous voulez garder une bonne humeur ce sera à vos risques et périls. »
Je répond en éclatant de rire, devançant Mycroft.
Le salon est toujours comme dans mes meubles hors de prix et luxueux.
Je m'installe sur le canapé tandis que Mycroft s'assoit sur le fauteuil le plus proche.


Je regarde la pièce qui nous entoure,les immenses rideaux rouges noués qui traînent par terre, recouvrant les grandes fenêtre à l'ancienne.

Les plantes exotiques en pot placés à chaque extrémités de la pièce.

Il y a aussi un grand tapis épais oriental au centre de la pièce encerclaient par les différents meubles, un canapé dans lequel Sherlock est installé, ainsi que deux fauteuils en cuir sur les côtés. Mon regard tombe sur Sherlock une tasse de thé à la main qui me regarde aussi.

Je lui souris tendrement, et prend ma tasse ne le quittant pas des yeux.

Il m'a souris..sincèrement...Ca fait tellement longtemps..Je me sens étrange.
« Eh bien..Vous travaillez dans le gouvernement britannique..Vous n'êtes pas marié..

Vous aviez failli épouser une coincée mais elle est partie.

Vous habitez dans cette vous ai reconduit chez vous..Evidemment cette maison est proche de celle de vos parents ,qui eux, ont un manoir.
Vous étiez froid, aviez tout le temps votre parapluie avec vous, et n'arrêtiez pas de m'espionner et d'enlever mon colocataire qui m'avait accompagné à l'hôpital.

« Pourquoi je vous surveillais?
-Parce que vous vous inquiétez pour moi?

-Et désormais... c'est à votre tour?"
-En quelque sorte... » Je me levais pour m'asseoir à ses côtés en prenant sa main

« Vous m'aiderez Sherlock? Je sens qu'il faut que je retrouve la mémoire, je me sens attiré vers vous. que cachez vous? »

Je fixe soudain sa main chaude qui tient fermement la mienne.

Une douce chaleur naît au creux de mon ventre...comme dans mon enfance..Mais qu'est-ce que c'est ?
C'est étrange, énervant et agréable en même temps.
« Oui..je vous aiderai...quant à ce que je cache...je ne peux pas.. »


« Vraiment pas? »Il se pince les lèvres, refusant de me connaître le moindre indice.

Je soupire en lâchant sa main pour retourner à ma place initiale.
« Une autre activité en tête? »


Avant d'avoir à nouveau la capacité à contrôler mon corps, je lance un regard déçu à mon frère quand il a lâché ma main.
« Qu'aimeriez vous savoir ?

"Je voudrais connaître les lieux secrets de cet endroit, mes parents, et si j'ai d'autres membre de la famille, et je voudrais vous connaître aussi .

-On ne va pas procéder de la même manière que les autres d'accord ?

C'est tellement ennuyeux.. »
Il relève ses sourcils d'étonnement devant mon "insolence" comme disait souvent Père.
Nous nous levons pour rejoindre un long couloir dont les murs sont surchargés de portraits de famille.

Ca faisait tellement longtemps pourtant je me rappelle de chaque recoins de la maison comme si c'était hier.
J'ouvre une porte au hasard et laisse Mycroft entrer le premier.
« C'était votre chambre.. »


J'observe la chambre dans son ensemble, je ne suis pas surpris la chambre me correspond parfaitement, pas trop de luxe mais de quoi attirer l'oeil. Je tend la main à Sherlock.

« Vous n'entrez pas? »


La chaleur au creux de mon ventre renaît.
« I..Il..y..c'est qu'avant vous m'interdisiez d'entrer... »

Je me sens attendris par ce regard si triste.

« C'est un temps révolu Sherlock entrez donc »

J'agite ma main devant lui pour qu'il la prenne pour entrer.


« Nous n'avions pas l'habitude de se tenir la main non plus.. »

Je je ne la lâche pas pour autant, je la serre même.

Sa main est si é moi, je regrette nos disputes qui ont gâché les minutes qui auraient pu être passées en se tenant par la main.
Je recommence vite à parler calmement pour que Mycroft ne se doute de rien.
« Vous passiez votre temps à réviser, reclus dans cette chambre.

Evidemment pas tout votre temps libre.

Vos parents vous aiment profondément.

Pour eux, vous êtes le fils , apprenant bien ses leçons, intelligent..très intelligent je dois l'avouer..Mais je vous entraînais dans mes bêtises..

-Vos bêtises? Donc nous nous connaissons depuis longtemps? Quels bêtises est ce a cause de cela que j'ai perdu la mémoire?
-Non..Je vous l'ai déjà dis, vous travaillez dans le gouvernement.

Il y a eu..eu...un attentat contre vous.
Et "bêtises"...des bêtises d' me protégiez avant.J'étais tellement fier de vous.

-L'êtes-vous encore aujourd'hui ? Aurais-je changé en grandissant, vous-ai je fais du mal autrefois?

-Oui..je veux dire non ! ce sont vos parents c'est tout..Et puis après avoir eu votre place dans le gouvernement, vous êtes devenu froid et distant..donc, j'ai fais la même chose pour ne..essayer de m'éloigner de cette tristesse que votre changement a causé..

-Oh Sherlock... serait il possible de cicatriser vos blessures? Comment puis je me faire pardonner de m'etre si mal comporter envers vous ?"

Comment cet homme si doux et délicat peut il être mon frère ?Je toussote soudain, le rouge aux joues
Enfin...il ressemble un peu à celui de notre enfance mais il n'a aucun point commun avec celui qui me donnait des enquêtes pour son compte.
« Comme vous voulez. » Dis-je enfin, une lueur de défi dans ma voix que je cache pas.


Je m'approche, saisit délicatement son visage entre mes mains et dépose mes lèvres sur les siennes, après avoir dit : « J'espère que vous comprendrez. »


Si je serais dans mon état normal, je l'aurais repoussé en me moquant.

Mais là...c'est tellement différent..
Je ne sens plus mes genoux, mes jambes risquent de ne plus me tenir.
Je ne rends pas le baiser, je ne bouge pas, les bras ballants.

Ses lèvres sont tellement douces mais pour rien au monde je ne l'avouerai.

Que dois-je faire ? Il me détestera si je lui dis que nous avons le même sang.

Il sera dégoûté..et j'ai peur..
Tant pis je dois le recule doucement et sans préparation, je lâche d'un coup :
« Je suis Sherlock oui..mais je me suis mal présenté.Je suis Sherlock Holmes. »


Mon coeur rate un battement subitement, je l'observe cherchant une ressemblance avec moi.

Un membre de ma famille...un cousin, un demi-frère...

« Qui êtes vous réellement ?

-Ton..petit frère..Je suis désolé de ne pas te l'avoir dit plus tôt.

« Mon petit frere... » pourtant je ne me rappelle d'absolument rien le concernant.

Je retourne a ma place en silence, le visage crispé.

« Je suis désolé Sherlock... mais je ne me souviens pas de toi.

-Je sais..c'est pour ça que je suis là..Alors...es-tu dégoûté ? tu veux bien encore de moi ?

-Je ne sais pas Sherlock... je.. j'ai besoin de temps s'il te plaît.

-Tu..je..si tu veux je vais t'attendre dehors d'accord ?

Et..une question seulement..pourquoi m'avoir embrassé ?

-J'en mourrais d'envie... »


Je sens soudainement mes joues me brûler et mon cœur se serrer.

Je sors donc en vitesse et ébouriffe mes cheveux pour tenter de reprendre contenance alors que je prends le chemin du jardin et de ses rosiers.
Avec Adler, c'était à peu près la même chose mais ça avait duré que très peu de temps comme un éclair ou une crise pour un malade et...vraiment fade par rapport à ce que je "ressens" là maintenant...
Le ciel prend une teinte grisâtre mais je ne rentre pas.J'attend fiévreusement mon frère.