- Fersen ! Mais que faites-vous ici ? Cela fait longtemps que vous etes là ?
- Bonsoir Oscar. Non, je ne suis arrivé qu'il y a quelques minutes. Oscar, je suis désolé de vous importuner mais je dois vous parler d'un sujet délicat avec vous.
- Fersen, si vous me le permettez, je souhaiterais d'abord me changer, la journée a été éprouvante pour moi.
- Mais bien sur Oscar, veuillez pardonner mon manque de civisme.
Oscar monta prestement dans sa chambre et enleva la veste de son uniforme, elle prit une profonde respiration et une fois qu'elle eu réussi à calmer les tumultes de son coeur, elle redescendit au salon.
- Alors Fersen, que me vaut l'honneur de votre visite ?
- C'est au sujet de la Reine, Oscar. J'ai essayé de m'éloigner d'elle, et lorsque je parais à la cour, je m'arrange toujours pour ne pas rester seule en sa présence mais rien n'y fait. Les mauvaises langues vont toujours bon train. Je ne sais plus quoi faire Oscar, car si je pars qu'il lui arrive quelque chose jamais je ne me le pardonnerais et d'un autre coté, si je reste, je sais que je serais responsable de sa perte.
- Fersen, que voulez-vous que je vous dise que vous ne sachiez déjà ? Tant que vous serez à la cour, rien ne pourra les arreter. Néanmoins, je puis comprendre que la situation actuelle de la France et de notre Reine ne vous conduise vers ce choix. La seule façon de mettre à terme à ces rumeurs, serait que vous quittiez définitivement la France.- Mais cela m'est impossible Oscar, la Reine se retrouverais alors seule face à tous ces requins.
Puis Fersen se versa un Cognac qu'il vida d'un trait et se plongea dans ses souvenirs, lors de son retour des Amériques et du bal où il avait fait une brève apparition ainsi que l'instant ou il comprit que la jeune femme qui avait réussi à le subjugué lui et le reste de l'assemblée par sa beauté et sa grace, n'était autre qu'Oscar.
- Oscar, j'ai peut-etre une idée mais je risque de vous choquer en vous l'exposant.
- Fersen, vous oubliez que je ne suis pas l'une de ces jouvencelles mais le Colonnel de la Garde Francaise et donc de ce fait, rien ne peut me choquer. Allez-y, je vous écoute.
- Supposons que je rencontre à plusieurs reprises une meme femme suffisament belle, voir meme plus pour faire oublier la Reine. Supposons également que je cottoie règulièrement cette meme personne pour faire croire à une quelconque relation amoureuse entre nous. Croyez-vous que cela suffirait à faire taire toutes ces médisances ?
- Peut-etre oui mais malheureusement nous n'avons pas beaucoup de temps pour trouver cette perle rare.
- Alors je ne vois qu'une personne capable de relever ce défi." Puis la regardant droit dans les yeux il s'exclama: " Vous Oscar !
- Qu'est-ce que vous dites ? J'ai du mal comprendre, vous n'y pensez pas !
- Non Oscar, vous m'avez parfaitement comprise. Rappelez-vous ce bal où vous m'étiez apparu tel un ange. Vous ne vous en etes pas rendu compte mais tout le monde s'était retourné sur votre passage, meme moi, mérisable que je suis, je m'étais laissé porté par vos charmes.
- Fersen, vos compliments m'honorent mais vous faites erreur. Je suis Colonnel d'un régiment fait d'homme, moi-meme j'ai été élevé comme un homme depuis que je suis en age de marcher. Personne ne se laissera abuser par cette farce.
- Vous vous trompez Oscar. Sous ses vetements d'homme vous cachez une ame pure et noble mais également une magnifique jeune femme qui ne demande qu'à sortir de ce cocon invisible.
- Fersen, vous divaguez. Jamais je ne pourrais ressembler à toutes ces femmes frivoles et perfides.
- Et personne ne vous le demande Oscar. Contrairement à femmes, vous etes intelligente, cultivée et juste. S'il vous plait, Oscar, mon amie, acceptez de jouer ce role, pas pour moi mais pour la Reine. Au nom de notre amitié Oscar, je vous en conjure.
- C'est de la folie Fersen.
- Oscar, je vous promet que si cela devient trop difficile pour vous, alors nous arreterons et je quitterais définitivement la France et vous n'entendrez plus jamais parler de moi. Prenez cette aventure comme un nouveau défi, je sais que les challenges ne vous ont jamais fait peur.
- Combien de temps devra durer cette comédie d'après vous ?
- Un mois, peut-etre plus.
- En résumé, je devrais jouer au Colonnel autoritaire le jour et à la jeune pucelle la nuit.
- On peut dire cela effectivement.
- Quand souhaitez-vous commencer ?
- Le plus tot sera le mieux j'imagine. Oscar, si c'est au-dessus de vos forces je comprendrais, je sais que je vous demande beaucoup.
- Non Fersen, j'accepte bien que je reste persuader qu'il s'agisse de sauver une cause désespérer. Et moi j'espère que mes émotions ne me trahiront pas se dit-elle intérieurement.
Jugeant que la conversation était terminée, elle leva la main prete à serrer la main; il la prit par surprise lorqu'il attrapa au vol pour la porter à ses lévres, scellant leur pacte d'un baiser-main. Sans se le dire l'un et l'autre furent troublés par ce rapprochement et Fersen qu'il était temps pour lui de prendre congé. Après son départ, Oscar s'appretait à remonter dans sa chambre lorsqu'André, qui avait entendu la conversation depuis le couloir, fit erruption devant elle.
