- Tu écoutes aux portes maintenant ?
- avoue que c'était difficile de ne pas vous entendre !
- Oscar, tu vas vraiment aider Fersen et te déguiser une nouvelle fois en fille ?
- En quoi cela te concerne-t-il ?
- C'est de la folie Oscar et tu le sais, tu l'as dit toi mˆeme. Et ton père, comment crois-tu qu'il réagira en te voyant habillée en femme ?
- Mon père est parti cette après-midi pour Harras. Il doit y rester un mois.
- Je vois que tu as pensé à tout. Oscar, tu vas te perdre à ce jeu là.
- André, je sais ce que je fais. Vas te coucher maintenant il est tard et nous devons partir tôt demain.
- Oscar, je persiste à croire que c'est une erreur mais je serais toujours là si tu as besoin de moi.
- Je te remercie André mais pour cette mission, j'agirais seule. Je ne veux pas éveiller les soupçons, tu comprends ?
- Bien comme tu voudras Oscar. A demain alors.
- A demain André.
Ils regagnèrent leurs chambres, chacun perdu dans ses pensées, l'une se remémorant le contact des lèvres de Fersen sur sa main, l'autre réflêchissant au meilleur moyen d'arrêter cette quête chimériques.
Après une courte nuit, ils partirent à l'aube pour Versailles, Oscar devant le soir même se rendre à l'un de ses bals tant appréciés par la gente féminine mais qui pour elle ne représentaient qu'une activité frivole qu'elle avait toujours détesté. Elle avait essayé toute la journée de ne pas penser à cette soirée mais c'était plus fort qu'elle: elle s'imaginait déjà dans ses bras. Est-ce que quelqu'un allait la reconnaître et si Fersen ne pouvait finalement pas venir, que fera-t-elle alors ?
Après une journée éreintante, elle rentra à la propriété des Jarjayes, grand-mère lui tendit un paquet avec un message à son attention qu'un coursier venait d'apporter. Elle donna congé à André et prise par la curiosité se réfugia dans sa chambre.
Elle ouvrit le paquet et découvrit une magnifique robe du même bleu que son uniforme et cousue de fil doré. Elle n'avait rien d'extravagant, et n'était pas recouverte de dentelle à n'en plus finir ...elle suivait de ses doigts le dessin de cette robe qui, elle devait reconnaîte lui plaisait beaucoup, plus qu'elle ne l'aurait cru. Elle lut le message et n'en revenait toujours pas: Fersen lui offrait cette robe en espèrant ainsi compenser l'imposture qui lui infligeait et pour laquelle il souhaitait être pardonné. Il lui indiquait qu'il s'occuperait de sa tenue pour chacun des bals où ils paraîtraient, ainsi il serait sûr de la reconnaître.
Elle fit appeler grand-mère, lui expliqua ses intentions en lui faisant promettre de garder le secret et lui demanda de l'aider à s'habiller. Bien que grand-mère fut également contre cette idée, elle consentit à la seconder dans sa démarche. Oscar fût surprise de constater que la robe lui était parfaitement ajustée, et lorsque Grand-mère la coiffa du diadème de saphir assorti à la robe et qu'elle se présenta devant le miroir, elle paniqua: elle n'arrivait pas à se reconnaître et c'est qui lui faisait peur.
Et si André avait raison: si elle en perdait son âme comme il lui arrivait souvent de lui répéter. Elle demanda à grand-mère de rester seule un moment, s'encourageant intérieurement à se jeter dans l'arène. Puis elle descendit l'escalier et se dirigea vers la porte d'entrée où un carrosse l'attendait, tout en tenant sa robe avec précaution ayant peu l'habitude de porter ce genre d'accoutrement.
André ne l'avait rejointe prétextant qu'il ne voulait pas assister au spectacle de cette comédie elle entra dans la salle de bal, elle se présenta comme étant Isabelle, une cousine éloignée des Jarjayes et au fur et à mesure qu'elle avança dans la pièce, elle remarqua effectivement que les hommes se retournaient effectivement sur son passage et les femmes commencèrent leurs commérages à voix basses.
Fersen vint à son secours, la prenant par le bras pour la conduire au milieu de la pièce pour danser afin de la détendre un peu. Ils évoluèrent ainsi au rythme de la musique tels deux papillons multicolores virevoltant dans les airs.
A suivre ...
