Coucou !
Merci beaucoup à ceux qui ont reviewé/fav/follow ! Je ne m'attendais sincèrement pas à autant de succès pour un pairing si inhabituel. xD Soyez assurés que vous en mangerez, de l'HaKise. *sort*
Je n'ai pas énormément de choses à dire... Juste que l'intrigue avance doucement, et l'angst s'installera petit à petit. :)
Bonne lecture !
Chapitre 2 : Tourbillon
Nier. Nier tout en bloc. L'information ne devait en aucun cas circuler. Et surtout pas en commençant par le biais de Haizaki ; ce que ce type pourrait faire avec cette simple donnée effrayait d'ores et déjà Kise. Il ne le connaissait pas, ou en tout cas jamais fréquenté en dehors des entraînements, mais les rumeurs qui couraient sur lui et l'image qu'il donnait de lui-même en se comportant de manière aussi désinvolte en disaient long sur son caractère. Une seule erreur et la réputation que Kise entretenait s'envolerait aussitôt.
Il serra les poings.
— Arrête de raconter n'importe quoi, souffla-t-il sèchement.
— Eh, ça sert à rien de mentir tu sais.
Haizaki posa une main sur l'épaule de Kise et y maintint une ferme prise.
— Ton secret est entre de bonnes mains. ~
— Je vois pas pourquoi tu continues de croire à des conneries ! s'écria Kise en se dégageant de Haizaki.
Kise perdait rarement son sang-froid, et ne répondait généralement pas aussi agressivement. Là, il avait du mal à rester lui-même, et cela le frustrait.
Le numéro 8 ricana et rangea ses mains dans ses poches, admirant le visage tordu par la colère de son vis-à-vis. Conneries, hein ? C'était plutôt sa réaction, la connerie ; s'il proclamait que tout ceci s'avérait insensé, il n'en ferait pas tout un foin. Haizaki sentait qu'il allait bien s'amuser les prochains jours.
— Kise, qu'est-ce que tu fous ?
Le sang de Kise se glaça instantanément, alors qu'il aperçut sur le visage de Haizaki une lueur de malice qui conduirait inexorablement à quelque chose de vicieux. De nouveau, l'angoisse et la panique s'installèrent en Kise, qui fit face à Aomine en essayant d'écourter la conversation avec Haizaki.
— J'arrive, j'arrive, dit-il nerveusement. Tu n'as pas besoin de m'attendre, ça va me prendre un certain temps pour me changer.
Aomine, déjà vêtu de son uniforme et prêt à partir, fronça les sourcils lorsqu'il vit Haizaki. Il n'aimait pas ce type ; ils avaient beau tous deux être titulaires, les manières de Haizaki lui déplaisaient fortement et il ne lui faisait absolument pas confiance. Il demeurait bien trop dangereux pour être considéré comme fréquentable. Le voir alors en compagnie de Kise lui paraissait suspicieux, surtout avec ce sourire mesquin qui n'embellissait pas son image.
— Ouais, ouais, dépêche-toi, grommela-t-il sans pour autant détacher ses yeux de Haizaki.
Kise hocha la tête et partit le plus vite possible, sentant la tension monter dans l'air. Il ne parviendrait pas à en supporter plus. Il aurait voulu rester et connaître les intentions de Haizaki, mais la forte impression que la situation ne ferait que s'aggraver s'il se tenait plus longtemps auprès de l'autre joueur, Aomine y compris, s'empara de lui. Envenimer les choses s'avérait la dernière de ses priorités.
Lorsqu'Aomine s'assura que les bruits de pas disparurent, il décida de parler librement.
— Tu veux quoi, Haizaki ?
— Moi ? Rien, répliqua Haizaki avec une fausse innocence. J'ai pas le droit de rester après l'entraînement et d'avoir une petite conversation avec le nouveau venu ?
— A d'autres ! Toi-même t'as dit que tu saquais pas Kise. Si tu tentes quoi que ce soit, je me ferai un plaisir de te refaire le portr-
— Oh là, oh là, mais c'est que tu t'emportes vite Daiki.
Aomine serrait les dents, et se retenait furieusement d'abattre son poing sur le visage de son vis-à-vis. Ce dernier avait le don de l'énerver au plus haut point en l'espace de quelques secondes, et cela n'allait pas bien se finir.
Comme si Haizaki avait perçu toute l'aura meurtrière d'Aomine, il leva les bras et ferma les yeux.
— D'accord, d'accord, tu veux pas t'amuser, déclara-t-il. Mais moi j'dis, les prochains jours, ou les prochaines semaines, vont devenir très intéressants, crois-moi.
Haizaki tourna les talons et avança tranquillement jusqu'à la sortie du gymnase, ignorant le regard foudroyant que lui avait lancé Aomine. Après tout, les choses venaient à peine de commencer ; Daiki n'était pas obligé de connaître tous les détails maintenant, il fallait maintenir le suspense encore un peu… Ah, qu'il avait hâte.
Aomine se racla la gorge et retourna près des vestiaires, où il se laissa glisser contre le mur en attendant Kise. Il avait un mauvais pressentiment. Cette histoire n'était pas nette. Il savait parfaitement que Kise était capable de très bien se débrouiller seul, mais il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter ; après tout, l'on n'était jamais trop prudent lorsque cela concernait ses amis et les ennemis naturels. Haizaki « volait » les choses, incapable d'obtenir quoi que ce soit par lui-même – jusqu'à son style de basketball. Aomine concevait qu'il s'agissait là d'une compétence plutôt pratique et impressionnante, mais pas au point de dire qu'elle était louable, loin de là. Certes, cela les avait sauvés plusieurs fois dans le passé étant donné que leurs opposants se retrouvaient dans l'incapacité d'utiliser leurs techniques, mais il y avait quelque chose d'assez malsain dedans.
Peut-être que son jugement s'avérait tout simplement biaisé à cause de l'individu lui-même.
— Tu m'as attendu, Aominecchi ?
Aomine releva la tête et vit que Kise le regardait avec des yeux ronds comme des soucoupes.
— Bah oui, j'allais pas me barrer sans toi, rétorqua-t-il comme s'il s'agissait d'une évidence.
Il se redressa et s'étira, ayant hâte de rentrer et de se reposer. Une journée qui se terminait sur un accroc. Kise quant à lui détourna rapidement la tête afin de cacher son embarras, se donnant des claques mentales pour s'empêcher de penser à des inepties – mais était-ce vraiment sa faute si les mots d'Aomine le touchaient autant ? Il ne pouvait que se sentir gêné et heureux en même temps en pensant que son coéquipier ne l'avait pas laissé derrière. Néanmoins, sa joie fut de courte durée puisqu'Aomine prit un ton sérieux et n'hésita pas à aller droit au but.
— Il te voulait quoi, Haizaki ?
Ils franchissaient le portail de l'école, et Kise espérait sincèrement que Haizaki ne les espionnait pas quelque part, tapi dans l'ombre et prêt à déblatérer toutes sortes de choses la prochaine fois qu'ils se verraient. Il haussa simplement les épaules.
— Honnêtement j'en ai aucune idée, murmura-t-il. Il racontait n'importe quoi, ça n'avait pas de sens.
— Il m'a mis sur les nerfs juste en lui parlant, grogna Aomine. Ce mec est insupportable.
— Je savais pas que tu le détestais à ce point.
— Moi non plus.
Un silence s'installa alors qu'ils marchaient, l'un peu sûr de ce qu'il devrait dire et de l'attitude à adopter, l'autre trop plongé dans ses pensées à décoder tout ce qui passait autour de lui. C'était la première fois depuis une semaine qu'ils rentraient ensemble, et pourtant ni l'un, ni l'autre n'avait ce sentiment de réjouissance, de simple plaisir comme avant. Kise le blâmait sur ses émotions trop instables ; Aomine accusait Haizaki de mettre la pagaille où qu'il allait.
Kise jugeait bon de briser la glace ; rester ainsi le mettait mal à l'aise. Et la première chose qu'il prononça lui donna envie de se frapper lui-même.
— Comment ça va avec Kurokocchi ?
Il retournait le couteau dans la plaie sans même y penser. Il prétendait que ses sentiments s'étaient atténués ; et c'était un pur mensonge, car dès qu'il se remettait à penser à ses deux meilleurs amis, ensemble, son cœur se serrait toujours autant, sans jamais cesser de lui rappeler qu'il était trop têtu. Mais l'on ne se débarrassait pas de tels sentiments si facilement, n'est-ce pas ?
Cela en tout cas adoucit l'atmosphère et fit sourire Aomine, un trait que Kise aimerait voir tous les jours, adressé à son intention, de cette manière particulière.
— Heh, ça fait seulement un peu plus d'une semaine tu sais, précisa-t-il avec une pointe d'enthousiasme. On y va doucement pour pas tout gâcher dès le début, je crois.
— Je vois… C'est bien le genre de Kurokocchi ! Toi Aominecchi, je suppose que tu aurais voulu être plus direct ?
— Qu- Dis pas de conneries ! J'ai pas envie de forcer mon partenaire !
Kise rit légèrement face à ces paroles – ne pas penser, juste écouter, assimiler les informations. Aomine était heureux. Il montrait des signes de bonheur, il parlait de son couple avec tellement de tendresse mêlé à de la gêne et de la joie, cela en devenait presque mignon. Kise n'aurait jamais soupçonné un tel comportement par rapport à l'amour. Dire qu'il aurait pu… Il aurait pu se trouver à la place de Kurokocchi— stop, il ne fallait pas réfléchir, simplement écouter.
— Au fait Kise, t'es le premier à qui on l'a dit, indiqua Aomine en le prenant par les épaules. T'es un bon pote, alors je suis sûr que tu diras rien, hein ? On sait que t'es pas le genre à dire tout et n'importe quoi à haute voix. Enfin, presque quoi…
Un sourire. Toujours le même sourire.
— Oui, bien sûr. Je vais quand même pas détruire le bonheur d'Aominecchi et de Kurokocchi.
Le lendemain matin, Kise se réveilla en se traitant d'imbécile. Il n'avait pas pu se contrôler, et voilà où il en était : attaché et amoureux comme au premier jour. Un simple contact, de simples mots, et une simple attention suffisaient pour faire chavirer son cœur et de le rendre impuissant face à ce sentiment indomptable. S'il fallait vraiment couper les ponts avec Aomine pour l'oublier complètement, il ne s'en sentirait probablement pas capable… C'était impensable, et infaisable de toute manière.
En arrivant en classe, inlassablement accosté par des filles, il tenta de supporter toute cette foule sans faiblir, mais cela l'agaçait quelque peu, dès le matin. Il savait que cela se produisait très fréquemment, mais ce jour-là il ne tenait pas spécialement à « entretenir ses fans » ; malheureusement il n'avait pas non plus le droit de les congédier en se montrant méchant – sinon elles « s'inquiéteraient » et demanderaient les détails de son mal-être. Et sincèrement, il ne voulait rien expliquer.
— Kise-chin, tu veux des bonbons ?
A l'approche du géant de la classe, certaines filles se poussèrent, comme mues dans l'obligation de le laisser passer à cause de sa carrure. Murasakibara ne fit pas attention aux personnes l'entourant, se focalisant uniquement sur son coéquipier auquel il tendit un paquet de bonbons. Kise cligna des yeux, passa son regard des friandises à Murasakibara, puis de Murasakibara aux friandises, avant de sourire et d'accepter avec joie – au diable son régime et ses principes alimentaires. Murasakibara s'installa à la table à côté de celle de Kise, et lorsqu'il commença à parler, cela sonna comme un avertissement aux oreilles des filles, qui durent alors s'éparpiller afin de ne pas s'immiscer dans leur conversation – à leur grand regret.
— Ils sont bons, commenta Murasakibara d'un ton nonchalant.
— Merci Murasakicchi, s'enthousiasma Kise en gobant la dragée à la fraise.
Cela faisait un petit moment qu'il n'avait pas mangé de sucreries, et il avouait que cela le revigorait un peu. L'on disait souvent que les friandises remontaient le moral – surtout le chocolat –, mais il ne pensait pas que cela puisse être aussi vrai. Il mâchouillait le bonbon, souriant, un petit plaisir en ce début de journée, et rendit le paquet à Murasakibara. Celui-ci secoua la tête, et de son ton toujours aussi las, il dit :
— Nan, prends-en plus si tu veux, Kise-chin.
Kise arqua un sourcil, surpris par la proposition généreuse de son camarade de classe. D'ordinaire ce dernier ne laisserait personne s'emparer de ses collations, et encore moins de ses friandises ; lorsqu'il en donnait, cela se limitait à un ou deux, mais jamais plus. De ce fait le mannequin se trouvait un peu désarmé face à cette offre.
— C'est un jour spécial, Murasakicchi ? s'enquit-il. D'habitude tu nous laisserais pas prendre tes bonbons.
— Oui je sais, mais aujourd'hui tu as l'air un peu déprimé… et embêté à cause des filles.
Honnêtement, Murasakibara avait de bonnes notes. Cela s'était prouvé lorsque les deux joueurs de basketball comparèrent leurs examens, l'un brandissant un quatre-vingt-onze, l'autre se cachant derrière un trente-trois. Mais le plus grand des deux se montrait tellement ennuyé, captivé uniquement par la nourriture et réagissait lentement, à son rythme, Kise n'aurait jamais douté qu'il possédait un tel sens de l'observation. Et c'était étrange rien que d'y penser, il devait l'admettre.
Néanmoins, il se prit à esquisser un sourire, touché par le geste de Murasakibara.
— Heh, je pensais pas que quelqu'un remarquerait, je devrais améliorer mes talents d'acteur, ironisa-t-il.
— Kise-chin n'est jamais triste normalement, rétorqua Murasakibara.
— Il semblerait que certains jours soient plus durs que d'autres… En tout cas ça me fait vraiment plaisir, Murasakicchi ! Puisque tu le proposes, j'en reprendrai bien. Mais pas trop, je dois quand même surveiller ce que je mange…
Kise prit une poignée de bonbons dans sa main et rendit le paquet à Murasakibara, qui cette fois le reprit et se servit à son tour. Ils avaient encore dix minutes avant le début des cours, alors ils pouvaient bien grignoter un peu en attendant.
— Je ne sais pas comment tu peux vivre en ne mangeant presque jamais de bonbons, déclara Murasakibara.
— C'est parce que j'en ai pratiquement jamais mangé, rit Kise. Du coup je ressens pas le besoin d'en manger à chaque fois que j'en vois.
Murasakibara hocha lentement la tête, apparemment peu convaincu par la réponse, mais s'en contenta. Cela fit rire Kise ; il trouvait le comportement de son vis-à-vis plutôt attendrissant, presque comme un enfant. Il aurait bien voulu l'écraser dans un câlin, mais il doutait qu'il s'agisse d'une idée judicieuse en pleine classe – remarque, il ne s'en formalisait pas lorsqu'il attaquait Kuroko… Mais de toute évidence, cela n'affecterait pas vraiment Murasakibara, n'est-ce pas ? Oh puis zut, il sauta de sa chaise et se jeta sur l'autre collégien, en entourant fermement ses bras autour de ses épaules, un large sourire aux lèvres.
— Tu es vraiment adorable, Murasakicchi ! s'exclama-t-il.
— Kise-chin, tu m'écrases.
Kise rit en entendant cette remarque et se détacha, tapotant un peu l'épaule de l'autre joueur avant de se réinstaller à sa table. Il ignora juste les regards curieux et intrigués que les élèves lui lançaient, se contentant de sourire bêtement. Il n'aurait jamais imaginé que sa journée commencerait aussi bien – malgré son irritation au début.
Murasakibara quant à lui pencha la tête sur le côté, légèrement perturbé par cette démonstration d'affection, mais il ne dit rien. Bah, tant que Kise-chin avait retrouvé le sourire… Cela ne le gênait pas.
Kise avait dit qu'il se sentait d'extrême bonne humeur grâce à Murasakibara. En revanche, son moral fut bien vite victime d'une baisse brutale de régiment une fois que les cours commencèrent, durant lesquels son cerveau fut mis à rude épreuve. Il implorait la sonnerie de le sauver de la fin de l'heure de mathématiques, de le réveiller en cours d'histoire et de réactiver ses fonctions neuronales après celui de japonais. Sincèrement, il avait l'impression d'avoir été exposé aux pires tortures possibles après un merveilleux moment. Tout ce petit plaisir pour être finalement écrasé par le poids de l'intellect…
— Je vais mourir, marmonna-t-il, le front contre sa table et les bras de part et d'autre de sa tête.
— Tu exagères Kise-chin, intervint Murasakibara.
— Tu as dormi pendant la moitié des cours ! Comment tu peux avoir de bonnes notes si tu suis pas ?
— Hm ? Je sais pas.
La vie était injuste, voilà. Certains possédaient des dons que d'autres n'avaient pas. Kise pouvait s'estimer tout de même chanceux d'être capable de reproduire n'importe quel mouvement sportif… Mais s'il avait également l'intelligence, ce serait pas mal. Midorimacchi devait sûrement se sentir fier.
Une heure d'anglais plus tard, un peu plus supportable que les autres – il s'agissait de la matière dans laquelle il s'en sortait le mieux –, Kise s'étira de tout son long, comme libéré d'un joug infernal, et se prépara pour aller déjeuner – son estomac réclamait virulemment de la nourriture. Cependant, il se souvint de quelque chose de crucial.
Ils mangeaient tous ensemble. Sur le toit. A six.
Un autre coup fatal à son moral. Il allait voir Aomine, il angoisserait encore et finirait par agir bizarrement. Il aimerait autant ne pas tomber plus bas, à être tellement attaché à quelqu'un d'aussi inaccessible. Il avait beau se le dire, il ne s'y résolvait pas. Ou tout du moins, son cœur ne voulait pas.
Kise soupira et extirpa son bentô de son sac, puis se leva de sa chaise. Murasakibara était encore dans la salle, alors peut-être que cela serait moins éprouvant de rejoindre les autres, accompagné ? Il l'espérait, en tout cas. Pour le moment il attendait que son coéquipier termine de ranger ses affaires, appuyé sur sa table, dos tourné à la porte.
— Oh, mais si c'est pas Ryouta.
Kise se figea un instant. Cette simple voix lui fit rappeler les événements de la veille, et immédiatement, il prit soudainement peur. Une angoisse l'assaillit alors qu'il entendait des bruits de pas se rapprocher, tandis que lui n'osait pas se retourner pour faire face à ce visage narquois. Il regardait fixement le bout de ses chaussures, apercevant du coin de l'œil Murasakibara hocher la tête en guise de salutation, même si une expression perplexe s'installa peu à peu sur son visage.
— Vous comptez aller manger avec les autres gens du club ? poursuivit Haizaki.
— Comme d'habitude, répondit Murasakibara en haussant les épaules.
— Dommage, mais je me joindrai pas à vous. Pas comme si je l'avais déjà fait.
Kise restait muet et refusait tout contact avec Haizaki. Il pressentait le pire ; une aura malveillante planait dans l'air, et malgré le ton détendu du numéro 8, rien ne paraissait normal du tout. Cela sonnait exagérément faux. Murasakibara quant à lui ignorait pourquoi Haizaki prenait tout à coup un intérêt pour eux, et s'étonnait du silence de son camarade de classe. Il observait Kise, mais ce dernier ne réagissait pas.
— Ce serait quand même intéressant de voir Daiki et Tetsuya ensemble, soupira Haizaki. Ils ont l'air d'être de super bons potes, c'en est presque écœurant.
— Shougo-kun, tais-toi.
Kise se maudit intérieurement. Il n'aurait pas dû répondre ainsi. Il ne s'agissait que d'une simple petite phrase, une stupide provocation dans laquelle il était tombé. Il ne savait cependant pas s'il était en colère à cause du sous-entendu de Haizaki, ou si les mots tels quels l'avaient réellement énervé – traiter la relation d'Aominecchi et de Kurokocchi « d'écœurante ».
Le sourire de Haizaki s'élargit jusqu'aux oreilles, et il passa un bras autour des épaules de Kise. Ce dernier resta immobile, serrant les dents et s'empêchant d'agir impulsivement. Il devait rester calme quoi qu'il arrive.
— Au fait Ryouta, il me semble pas que j'aie ton numéro de portable, fit remarquer Haizaki. On pourrait commencer par devenir amis, non ?
— Je vois pas pourquoi je te donnerai mon numéro, maugréa Kise, cette fois plantant ses yeux ambrés dans ces pupilles grises. On est même pas proches.
— C'est bien pour ça qu'on devrait apprendre à se connaître.
— Zaki-chin, on a envie d'aller manger, on pourra parler plus tard ? intervint doucement Murasakibara.
Ce mec était une bénédiction, pensa Kise tandis qu'il poussa le bras d'Haizaki avant de se redresser. Le numéro 8 fronça les sourcils, dévisageant son coéquipier titulaire, puis leva les yeux au ciel en soupirant et tourna les talons. Il sortit de la salle en quelques enjambées, les mains dans les poches.
Lorsqu'il fut hors de vue, Murasakibara se leva de sa chaise et entreprit d'ouvrir la marche, invitant Kise à le suivre. Celui-ci hésita un instant, mais se dit que cela s'avérait absurde de rester constamment dans la nervosité. Il pivota sur ses pieds et suivit alors l'autre joueur, en offrant l'un de ses sourires factices ainsi qu'un semblant d'enthousiasme. Cela n'eut toutefois pas l'effet escompté, puisque Murasakibara ne se laissait pas tromper.
— C'est à cause de Zaki-chin que tu étais triste ce matin ?
Le sourire sur le visage de Kise se transforma en un autre plus nerveux, et l'obligea à se frotter l'arrière de la nuque.
— On va dire que c'est assez compliqué…
Kise savait qu'il ne s'en sortirait pas si facilement.
C'est un peu stupide comme remarque, mais je n'aime pas écrire le nom de Mukkun. J'ai toujours l'impression que je vais me gourer. xD
Enfin, j'espère que ça vous a plu ! Une petite review ? :3
