Coucou !
Et voici le chapitre 3 ! Je sens que je vais me faire trucider à la fin du chapitre... xD Je vous souhaite quand même une bonne lecture !
Coco : Tout d'abord, merci pour ta review ! Je suis contente que ma fic te plaise. x3 Le HaiKise est très peu répandu, alors je fais en sorte de le propager dans le fandom. Si ce pairing te plaît, sois sans crainte, j'ai beaucoup de projets pour eux... 8D Je ferai de mon mieux pour updater régulièrement !
Chapitre 3 : Déclenchement
Murasakibara avait eu la décence de garder secret l'altercation avec Haizaki, et Kise lui en fut extrêmement reconnaissant. Le déjeuner se déroula donc dans une atmosphère paisible, comme à l'ordinaire, où Aomine se battait de toutes forces pour éviter de manger la nourriture de Momoi, où Kuroko les observait avec un sourire en coin, où Midorima les réprimandait, où Akashi mangeait calmement, où Murasakibara plongeait son regard dans son bentô, et où Kise se moquait d'Aomine et de ses manières. Naturel au possible ; le mannequin se rendit compte qu'il éprouvait moins de difficultés à être lui-même lorsqu'ils étaient tous ensemble. Seul avec l'as de Teikou, il ne parvenait pas à garder son sang-froid et à contrôler ses émotions. Il s'agissait au moins d'une bonne chose.
Kise remarquait qu'Aomine et Kuroko n'interagissaient pas si différemment d'autrefois ; leur complicité avait toujours été présente, aussi il ne nota pas de changement flagrant. Peut-être qu'ils passaient plus de temps côte à côte ? Se lançaient plus de regards ? S'ils le faisaient, Kise ne les remarquait pas. Et honnêtement, cela l'arrangeait ; il n'avait pas à être témoin de scènes indésirables. Mais peut-être que voir les choses en face et concrètement l'aiderait à renoncer ? Il s'agissait d'une vision plutôt simpliste… Un sentiment aussi puissant ne pouvait décemment pas disparaître aussi rapidement. Il allait devoir supporter ce poids encore un long moment.
Ainsi, la pause déjeuner se termina sans accroc, et chacun retourna dans leur salle respective. Kise sentait que la journée s'écoulerait sans qu'il ne s'en rende compte, maintenant que la matinée s'était terminée – le moment le plus épuisant d'un jour d'école. L'après-midi il n'aurait que quelques cours à suivre avant d'aller en entraînement avec les autres. Il était déjà un peu plus rassuré de savoir qu'il pouvait se tenir près d'Aomine, lorsque les autres se trouvaient là, sans entrer dans une crise d'angoisse. Le travail d'équipe n'en pâtirait donc pas, s'ils étaient amenés à se coordonner. De plus, les matchs en un-contre-un s'avéraient beaucoup trop prenants pour qu'il se soucie réellement de la situation. De ce fait Kise ne s'inquiétait plus trop concernant les séances de basketball ; tant que son esprit se concentrait sur une autre activité, cela se passerait bien. Il avait hâte de jouer.
Malheureusement, la première personne à laquelle il fit face en posant le pied sur le terrain ne fut ni Kuroko, ni Aomine, ni même Midorima, mais Haizaki. Toujours lui. Kise ne savait vraiment pas quoi penser de cette attitude imprévisible, d'autant plus qu'il ne connaissait pas le personnage ; impossible de le sonder entièrement. Il détestait ne jamais pouvoir lire dans les pensées et les gestes de ses interlocuteurs. Aucun moyen de défense en cas de problème. Il ressentait une espèce de malaise chaque fois qu'il se trouvait en compagnie du numéro 8, lequel ne se gênait pas pour enfoncer le clou en arborant un sourire moqueur et en proclamant des paroles déstabilisantes.
Haizaki attendait près des bancs, là où les joueurs poseraient leurs serviettes et leurs gourdes, et accosta Kise dès qu'il l'aperçut. Il fit abstraction de l'œil observateur et désapprobateur de son vis-à-vis, et se maintint sur ses positions.
— Dis-moi Ryouta, ça va faire presque un mois que t'as été admis dans le premier gymnase, déclara-t-il tranquillement. Mais j'ai encore jamais pu me frotter à toi.
Les yeux se Kise se plissèrent tandis qu'il croisait les bras, ne voyant pas où Haizaki voulait en venir.
— Il me semble qu'on a déjà été dans des équipes différentes pour des matchs, indiqua-t-il.
— Ha, je m'en fous des matchs, je parle des un-contre-un !
Un match en un-contre-un avec Haizaki. L'idée n'avait pas une seule fois traversé l'esprit du mannequin, et pour cause, il n'en voyait pas l'intérêt. D'après ce qu'il avait vu, le numéro 8 n'exploitait pas toutes ses capacités pendant les entraînements et ne déployait pas de techniques extraordinaires ; Aomine représentait toujours un meilleur challenge. De ce fait Kise haussa les épaules.
— Je vois pas pourquoi je jouerai contre toi alors qu'Aominecchi est plus fort.
— Tu tiens vraiment à ton Daiki, hein ? s'esclaffa Haizaki. T'auras beau me dire tout ce que tu veux, les faits sont là et je les vois. Je suis pas aussi con que tu le penses.
— Pourquoi est-ce que tu insistes sur ça ? soupira bruyamment Kise.
— Tu pourras pas le cacher longtemps.
Le coach annonça le rassemblement, et cela coupa donc court à leur conversation. Haizaki fut le premier à bouger et à rejoindre les rangs, et Kise observa sa silhouette, avant d'en faire de même et de se placer près des autres. Il ne comprenait vraiment pas ce qui se passait dans la tête de l'autre joueur. Pourquoi tant d'intérêt soudain ? Surtout qu'il continuait à faire ces sous-entendus, comme s'il savait tout.
— Ne fais pas attention à Haizaki.
Kise cligna des yeux et tourna la tête sur le côté, apercevant Midorima remonter les lunettes sur son nez. Ils avaient été vus et clairement entendus ?
Devant le silence et l'incompréhension de Kise, Midorima lui lança un regard en biais et susurra :
— Il cherche simplement à te provoquer. Ne te laisse pas influencer par ce qu'il dit.
— Pourquoi est-ce que tu dis ça ? chuchota Kise, dépaysé.
— Ce n'est pas une personne fréquentable. Il attire les ennuis où qu'il aille, et c'est même un miracle qu'il n'ait pas encore été expulsé du club. Je pense que cela est dû aux efforts et au traitement de Nijimura-senpai.
Kise se rappela soudainement d'un jour où effectivement, Nijimura courait après Haizaki juste avant l'entraînement, lui criait quelques mots, parfois accompagnés de coups, et les deux revenaient au gymnase comme si de rien n'était – Haizaki en mauvais état, mais ça, c'était un détail. C'était une scène assez étrange, surtout à cause de la facilité avec laquelle le capitaine de l'équipe recourait à la force afin de persuader son kouhai. Dans un certain sens, cela prenait une dimension terrifiante – tout le monde sut qu'il ne fallait absolument jamais désobéir ou chercher à avoir le dessus en face de Nijimura.
Cependant, ce qui surprit le plus Kise, ce fut tout de même le commentaire de Midorima à propos du comportement de Haizaki. Le numéro 7 ne semblait pas porter son coéquipier dans son cœur, et tentait de mettre son ami en garde. Kise hocha la tête, mais intérieurement, il avait d'ores et déjà senti le danger.
Quelque chose d'étrange se déroula pendant l'entraînement. Il était impossible de passer à côté, et autant Nijimura qu'Akashi furent surpris par ce qu'ils voyaient. Des équipes de trois avaient été composées, et s'affrontaient tour à tour.
Haizaki marquait constamment Kise et ne voyait aucune autre cible.
Etrange, pensait Nijimura. Il n'imaginait pas que Haizaki prendrait réellement Kise au sérieux puisque les dernières semaines, il proclamait qu'ils ne s'entendraient certainement pas. A moins qu'il ne faisait que le tester ? Certes, les deux small forwards s'étaient déjà affrontés à plusieurs reprises, mais cette fois-ci, Nijimura sentait qu'il s'agissait d'un règlement de compte. Peut-être qu'il se trompait… Il gardait en tout cas un œil sur ce duo qui ne présageait rien de bon – dès que Haizaki était impliqué de toute manière, il devait le surveiller.
Kise lui ne pensait pas que son adversaire resterait ancré dans l'idée qu'ils devraient faire des matchs en un-contre-un. Ce n'en étaient pas de vrais, mais Haizaki en donnait l'impression au vue de la manière dont il jouait. Il se précipitait toujours vers la balle dès qu'elle se trouvait à la portée de Kise, ou lorsque celui-ci s'apprêtait à marquer – qu'il s'agisse d'un dunk ou d'un lay-up. Cela ne pouvait paraître que normal d'éviter à tout prix qu'un panier soit fait, mais lorsqu'il s'agissait de l'un des coéquipiers de Kise, Haizaki n'interférait pas.
Là, encore une fois, Haizaki bloqua la trajectoire du ballon alors que Kise tentait un lay-up. Les deux joueurs retombèrent au sol, en même temps que le coach siffla la fin du match. L'équipe de Haizaki menait avec dix points d'avance. Kise se racla la gorge et essuya la sueur sur son front, fronçant les sourcils et observant l'expression satisfaite de son opposant. Le numéro 8 sembla le remarquer puisqu'il le fixa en retour, un sourire carnassier sur les lèvres.
— Il y a définitivement une différence de niveau, entre toi et moi, ricana-t-il. Si tu peux même pas me battre, je comprends pas pourquoi t'essaies de te mesurer à Daiki.
Kise soupira bruyamment, exaspéré, et une lueur d'agressivité s'anima dans ses yeux.
— Ok Shougo-kun, qu'est-ce que tu veux à la fin ? siffla-t-il, sur un ton lui étant peu caractéristique. Laisse Aominecchi en dehors de ça, tu cherches à faire quoi ?
— Pff, t'es tellement raccroché à Daiki que t'es prêt à le défendre alors que je dis rien de mal, railla Haizaki. Avoue c'que t'as sur le cœur, ce sera plus facile ! Tu vas pas le cacher éternellement, puisque de toute façon j'le sais !
Kise, dans sa colère et sa frustration, aurait frappé Haizaki si Midorima ne s'était pas calmement interposé entre eux deux afin de les empêcher d'envenimer la situation. Le shooting guard lança un regard d'avertissement en direction de Kise, lui faisant bien comprendre qu'il ne devait pas continuer davantage. Le small forward se mordit la lèvre inférieure, se calmant intérieurement, puis acquiesça lentement. Haizaki quant à lui pouffa de rire.
— Shintarou, t'as pas besoin de t'occuper de lui, c'est une poule mouillée de toute faç—aïe, aïe !
— Tu vas la boucler Haizaki ou sinon je te tabasse, tonna Nijimura alors qu'il tirait l'oreille de son kouhai.
Kise et Midorima assistèrent au départ de Haizaki, traîné par un Nijimura agacé, en direction des bancs où très certainement, selon le shooting guard, on lui passerait un savon. Une démarche certes indispensable pour éviter d'autres débordements, mais qui n'affecterait sûrement pas le numéro garçon demeurait impossible à raisonner.
Midorima indiqua à Kise qu'ils devraient retourner s'entraîner, l'exercice des matchs en équipes de trois s'étant terminé. Le small forward lui emboîta le pas, non sans être légèrement embarrassé et redevable à son ami.
— Merci Midorimacchi, bredouilla-t-il. Je crois que si tu n'étais pas intervenu, j'aurais eu d'énormes problèmes…
— C'est bien pour cela que je l'ai fait, répliqua Midorima en remontant ses lunettes. Tu es trop stupide pour réfléchir avant d'agir.
— Hé, c'est méchant ça !
L'atmosphère se détendit instantanément, plongés dans une dynamique ordinaire, où l'un taquinait l'autre et celui-ci y répondait avec des remarques enfantines. Midorima ne l'avouerait pas, mais ces échanges lui avaient manqué ; cela faisait un petit moment que Kise et lui ne s'étaient pas parlé ainsi, aussi bref que ce soit. Même s'il avait remarqué des changements dans le comportement du mannequin, il ne parvenait toujours pas à en déterminer la cause. Il devait sûrement exister plusieurs facteurs, puisque Haizaki seul ne pouvait sans doute pas provoquer cela ; Kise agissait déjà de manière inhabituelle avant même son altercation avec l'autre joueur de la même position. Akashi devait sans doute savoir.
Durant le reste de l'entraînement, Nijimura tenta d'éloigner Haizaki le plus possible de Kise, ayant le pressentiment que rien ne finirait bien s'il les laissait ensemble une fois de plus. Il avait également reçu des coups d'œil significatifs de la part d'Akashi, qui lui faisait bien comprendre qu'il était du même avis. Le capitaine garda donc Haizaki près de lui, ne manquant aucune occasion pour le rappeler à l'ordre. C'était vraiment dur de s'occuper de lui… Mais s'il ne le faisait pas, qui s'y intéresserait ?
Kuroko était sceptique. Il se doutait bien que personne ne s'entendrait avec Haizaki à cause de ses paroles et de son comportement, mais le numéro 8 ne se lâcherait-il pas un peu trop ? Il semblait vouloir pousser Kise à bout, à le faire sortir de ses gonds à tout prix, comme s'il cherchait à lui faire avouer quelque chose. Aurait-il entendu une information dont il désirait la preuve, ou bien essayait-il de répandre des rumeurs d'une certaine façon ? Le membre fantôme ne comprenait pas, il manquait d'éléments concrets afin de trouver la réponse. Néanmoins, il avait des soupçons. Des soupçons peu réjouissants dont il aurait aimé ne pas connaître l'existence.
— Tetsu, je dois partir d'abord ! l'interpela Aomine. Désolé, ma mère m'a demandé de faire une course, tu vas devoir rentrer sans moi.
— Pas de souci Aomine-kun, répondit Kuroko. A demain.
— Ouais, à demain !
Aomine termina de boutonner sa chemise et sortit en vitesse des vestiaires dans un vacarme assourdissant – bruits de pas, vêtements qui se froissaient, sacs qui se cognaient. Les autres joueurs le fixèrent s'en aller telle une tempête, puis retournèrent à leurs activités. Kuroko se rendit compte qu'à l'exception de lui et de Kise, il ne restait que deux senpai. Parfait. Il n'avait plus qu'à retenir son coéquipier suffisamment longtemps, ou mieux ils pourraient faire le chemin du retour ensemble. Dans pareille situation, le small forward ne manquait pas une opportunité pour faire la proposition, mais comme ces derniers temps il n'abordait pas le sujet, Kuroko se lancerait à la place.
— Kise-kun, on peut rentrer ensemble si tu veux.
Kise, qui écrivait un message à quelqu'un avec son portable, lança un regard confus en direction de Kuroko.
— Euh… D'accord, ça me va. Mais je pense pas pouvoir passer au convenient store, j'ai un job juste après.
— Ce ne sera pas nécessaire, ne t'inquiète pas, rassura le membre fantôme.
Le mannequin hocha alors la tête, et envoya son texto – confirmation de l'heure de son travail. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas rentré avec Kurokocchi.
Kise commença donc à parler de tout et de rien, mais surtout de rien, puisque Kuroko paraissait totalement désintéressé et faisait des remarques froides, comme à son habitude – qui finissait sur un « c'est méchant ! » de Kise. Le sixième membre voyait au loin le carrefour auquel ils se sépareraient, et si jusque là il ne parlait pas réellement, il décida qu'il s'agissait du bon moment pour s'exprimer – et coupa la parole à son interlocuteur.
— Kise-kun, j'ai une question à te poser.
Le jeune homme, forcé de s'arrêter, pencha la tête sur la côté, un peu pris de court par cette déclaration.
— Oui, Kurokocchi ?
— J'ignore comment tu vas réagir, mais sache en tout cas que je ne te jugerai pas, poursuivit Kuroko.
— … J'ai peur de ce que tu vas me dire, là.
Au coin de la rue, là où ils se quitteraient, Kuroko s'immobilisa et regarda son vis-à-vis droit dans les yeux. Ce dernier déglutit, s'attendant au pire.
— Est-ce que tu éprouves des sentiments pour Aomine-kun ?
Respirer. Il fallait respirer. La question était juste trop soudaine, il ne s'attendait juste pas à cela. Comme avec Shougo-kun, il fallait nier. Faire abstraction du regard perçant de Kuroko.
Ses oreilles bourdonnaient. Kise ne parvenait pas à retrouver son sang-froid. Il ne parvenait pas non plus à soutenir ces yeux, qu'il fuyait de toutes ses forces. Cela s'avérait ardu pour lui de répondre naturellement. Son cœur battait trop vite. Il y avait encore le sourire, peut-être, il ne s'en rendait plus compte. Il ne le sentait plus vraiment.
— P-Pourquoi tu me poses une question pareille, Kurokocchi ? rit-il nerveusement. Tu sors avec lui, non ?
— Kise-kun, réponds-moi sincèrement, insista Kuroko. J'ai besoin de savoir.
— Ah mais je vais pas interférer dans votre relation, si c'est ce que tu demandes !
— S'il te plaît, Kise-kun.
— Non, non, vraiment, je t'assure, je ferai pas de chose aussi ignoble !
Il se laissait emporter lui-même. Il s'enfonçait lui-même. Kurokocchi ne lui avait posé qu'une simple question, à laquelle il pouvait répondre par « oui » ou par « non ». Il n'avait pas besoin de se justifier ainsi. C'était sûr, il ne trompait personne, à présent. Maudite soit son impulsivité.
Lorsqu'il croisa le regard résigné, mais triste de Kuroko, Kise se tut soudainement et baissa la tête. Il aurait dû faire plus attention au sens de l'observation du membre fantôme.
— Je suis désolé, Kurokocchi, murmura-t-il.
— Tu n'as pas à t'excuser, rétorqua Kuroko sur un ton neutre. Nous ne pouvons pas prévoir ce genre de choses.
Kise sentait des larmes se former au coin de ses yeux, et il dut se faire violence pour ne pas éclater en face de Kuroko. C'était horrible. L'un des pires scénarios qu'il pouvait imaginer. Il ressentait trop d'émotions à la fois pour décrire son état moral – culpabilité, peine, effroi, frustration. C'était injuste.
— Tu dois me détester, Kurokocchi…, hoqueta-t-il.
— Je ne te détesterai pas à cause de ça, contredit Kuroko. J'avoue que la situation est un peu embarrassante et incontrôlable, mais ce n'était pas comme si quelque chose d'irréparable avait été commis. C'est plutôt à moi de m'excuser, Kise-kun.
S'agissaient-ils de mots sincères ? Kise n'arrivait pas à se concentrer suffisamment longtemps pour le déterminer. Il avait peur de la suite. La relation qu'il avait tant bien que mal essayé de maintenir s'apprêtait à se briser en un instant. Rien ne serait comme avant. Il voulait tout oublier et faire comme s'il ne s'agissait que d'un cauchemar. Un très mauvais cauchemar. Il fallait qu'il en sorte rapidement.
— Pardon, mais je dois y aller, lança-t-il expressément.
Il tourna les talons et courut, s'enfuyant le plus loin possible, ignorant la voix dans son esprit qui lui disait qu'il n'était qu'un lâche. S'échapper ainsi, sans entendre un mot de plus, simplement parce qu'il ne désirait pas se faire davantage de mal, c'était un comportement digne du plus couard des hommes. Que devait-il faire ? Quelle attitude adopter ? Comment vivre dans un tel cercle vicieux ? Il ne souhaitait que le bonheur de tous, auquel il s'adapterait ; mais si son entourage ne montrait aucun signe de sérénité, de succès, que pouvait-il faire ? Rien. Rien, surtout si la cause de ce mal-être avait été générée par lui.
Il franchit la porte de l'agence, fit à peine attention à ce qui l'entourait, salua vaguement le personnel et l'équipe, avant de s'enfermer dans l'une des cabines d'essayage. Il se laissa glisser contre la porte, et enfouit son visage dans ses genoux repliés. Des sanglots s'échappèrent de sa gorge. Il serrait fermement ses yeux, jusqu'à voir des points blancs, afin de ne pas pleurer, afin de ne pas rendre ses yeux gonflés et rouges, afin de toujours paraître naturel. Les gens commenteraient, poseraient des questions, seraient trop curieux. Il ne voulait pas de cette attention.
— Ryouta-kun, tu es là ?
Kumiko-san. Elle l'appelait doucement, comme pour ne pas le brusquer. Elle s'inquiétait. Elle n'avait que rarement vu Kise arborer une telle expression sur le visage. Cela ne lui ressemblait pas d'être aussi troublé et de se précipiter ainsi.
Kise inspirait, expirait, longuement, plusieurs fois. Il était à l'agence. Il avait du travail dans quelques instants. Il ne pouvait pas se montrer ainsi.
— Ryouta-kun, réponds-moi, murmura Kumiko. Il s'est passé quelque chose ?
Il n'avait pas à embarrasser les autres avec ses problèmes et ses réactions puériles. Kumiko-san était très gentille et compréhensive, mais cela en valait-il la peine qu'il en parle ? De plus, cela ne servirait à rien. Le mal avait été fait, les relations ne pouvaient pas indéfiniment rester stables avec de tels sentiments. Il l'avait cherché, il l'avait trouvé.
Kise soupira calmement, chassa toute pensée de son esprit, puis se redressa et ouvrit la porte. Il ne releva pas tout de suite la tête, essayant d'afficher un beau sourire, un sourire qui le protégerait.
— Tout va bien Kumiko-san, j'avais besoin d'un petit moment pour me calmer, lança-t-il tranquillement. Désolé d'avoir bousculé tout le monde dans ma précipitation !
Lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de Kumiko, il sut immédiatement qu'il ne la trompait pas. Elle ne dit rien.
Et donc, heu... au prochain chapitre ? *pan*
J'espère que ça vous a plu ! xD
