Nous voici de retour pour ce troisième chapitre !
Je poste à la place d'Orwen qui est partie en vacances ce chapitre qui a un thème un peu spécial : Noël ! (Comment ça tout le monde a deviné ?)
J'en profite aussi pour remercier Barragan : merci d'avoir pris le temps de laisser un ptit mot et pour tous ces compliments, ça fait toujours super plaisir ! Et oui, Watson a un tout petit peu de mal à cerner Holmes ^^ On est ravie que ça te plaise et on espère que la suite te plaira aussi =) !
Merci à toutes celles et ceux qui nous lisent, en sous-marin, qui nous mettent en favoris ou en follow, merci, merci, merci ! Et n'hésitez pas à faire un tour sur notre profil pour avoir des infos sur l'avancée de la fic !
Et on vous souhaite un Joyeux Noël et une bonne lecture à tous
P'tite Moustache
Premier Noël
L'hiver est déjà là et Baker Street est recouvert de neige. J'ai toujours aimé l'hiver. Cet air frais qui vous caresse le visage. Hier Holmes a ronchonné à propos de la fraicheur de la température. Selon lui, la météo le déteste et l'empêche sciemment de faire son travail. Je n'ai pas réussi à le raisonner et je pense de plus en plus qu'il est impossible de le faire.
La maison est silencieuse aujourd'hui. Mon cher colocataire a disparu une fois de plus. Il me semble l'avoir entendu partir très tôt ce matin, mais ce n'était peut-être qu'un rat qui passait par là. Quant à Mme. Hudson, elle est partie chez sa famille ce matin. Elle a eu la gentillesse de décorer le sapin avant de partir, et le rez-de-chaussée sent désormais la sève et les aiguilles de pins. Chose dont s'est aussi plaint Holmes. Il ne semble pas apprécier Noël et cela m'attriste. Ou bien peut-être est-il trop occupé par ses enquêtes pour s'intéresser à cette fête. Cela n'est pas mieux.
Je me suis rendu compte de quelque chose récemment. Quelque chose qui m'a surpris car je ne m'attendais pas à cela de la part de Holmes. A chaque enquête résolue, il n'en retire aucune gloire. Je n'ai jamais vu son nom ou une photo de lui apparaître dans les articles des journaux. Hors je sais fort bien qu'il a été d'une grande aide notamment pour l'affaire des bijoux volés de la comtesse, ainsi que sur l'affaire du meurtre du boulanger. Cela m'a grandement étonné, car je le pensais egocentrique et prêt à tout pour se faire remarquer. Cependant il semble discret et humble concernant l'aide qu'il apporte à Scotland Yard. Cet homme ne cessera de me stupéfier. Dès que je pense l'avoir cerner, il fait tout pour me prouver le contraire. Je suis impatient de voir comment il réagira à la présence du chien que j'ai recueilli ce matin.
Il se fait tard, du moins c'est ce que je déduis de la faible luminosité qui provient de dehors. Ma montre à gousset est malheureusement cassée depuis quelques temps et je n'ai pas les moyens de m'en racheter une pour le moment. Holmes n'est toujours pas rentré mais cela est plutôt normal. Il revient toujours à des heures ingrates, quand tout le monde dort. Peut-être même dort-il chez des amis quand il se fait trop tard, ou trop tôt ! A t-il seulement des amis ? A la vérité, je ne connais rien de lui, si ce n'est son nom, son prénom, son adresse et sa « profession ». Il m'est tout de même difficile de l'imaginer discuter du beau temps avec des amis de longues dates. Holmes ne semble pas être homme à se lier d'amitié.
Le nouvel habitant de la maisonnée aboie, Holmes est peut-être rentré ? Je n'entends pourtant ni claquements de porte ni jurons.
Il n'y avait personne en bas, hormis le sapin et le chien Il serait peut-être de bon ton que je lui trouve un nom ! Mais j'ai beau me creuser la tête, aucune idée ne me vient.
Je commence à avoir faim, mais je ne sais si je dois attendre M. Holmes ou si je dois manger seul. Mais que pourrais-je bien manger de toute façon. Mme. Hudson n'est pas là et je suis un bien piètre cuisinier. Quel triste Noël ! Si le sapin ne trônait pas fièrement à l'entrée, je pourrais presque oublier que nous sommes le 25 décembre.
Le chien aboie de nouveau. Mais cette fois-ci, je discerne le craquement de la porte. Et un juron « Sapristi, quelle est cette infâme créature ?»
C'est bien Holmes. Il peste contre l'animal depuis dix bonnes minutes. Il m'a déjà averti qu'il n'irait jamais le promener et que son espace vital, c'est-à-dire sa chambre lui était interdit. Et selon lui, le chien ressemble à l'ancien Premier Ministre William Ewart Gladstone.
Je ne sais pas si j'ai fait le bon choix, mais je viens d'accepter la proposition de Holmes de diner avec lui au restaurant. Je suis un peu inquiet. Je ne sais ni où il m'emmène, ni comment il va se comporter. Je prie pour que l'esprit de Noël l'apaise un peu. Je me fais surement beaucoup d'illusions !
Je dois me dépêcher, j'entends déjà Holmes me crier que je suis lent. A ce que je vois, il est toujours aussi rustre.
Il est tard, je suis fatigué, mais je me dois de poser sur papier cette soirée. Il m'a emmené dans ce fameux restaurant de Londres. J'avais eu peur de ne pouvoir m'offrir qu'une simple salade, mais à ma grande surprise, le serveur m'a donné une carte sans prix. Quand j'ai demandé une explication à Holmes, celui-ci m'a répondu le plus naturellement du monde qu'il m'invitait et que pour commander, je n'avais en aucun cas besoin du montant des plats. J'ai été vexé au début, mais plus j'y réfléchis, plus je pense que Holmes tentait d'être un gentleman. Même si sa façon de faire laisse à désirer.
Et contre toute attente, nous parlâmes de choses anodines, et même de mon travail au cabinet. Il semblait intéressé, mais je n'arrive à déterminer s'il l'était réellement ou s'il était excellent comédien ! Peut-être un peu des deux.
Nous sommes restés longtemps au restaurant, mais il a bien fallu que nous rentrions. Gladstone nous a chaleureusement accueillis quand nous sommes rentrés. Holmes semble toujours un peu réticent à l'idée d'avoir un chien dans la maison, mais il n'a rien fait pour le faire partir. J'en déduis qu'il accepte qu'il reste.
J'aurais bien aimé continuer à discuter un peu avec Holmes, mais sitôt rentré, il m'a fait part de son intention à aller se coucher. Je dois l'avouer, j'ai été un peu déçu. Il est monté dans sa chambre en me souhaitant une bonne nuit. J'allais faire de même quand Gladstone jappa. Il se trouvait vers le sapin et grattait quelque chose à son pied. Un peu intrigué par son comportement, je me suis approché. Entre ses pattes se trouvait un petit paquet. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un cadeau de Mme. Hudson mais dessus, écrit d'une très belle écriture, le mot disait « Joyeux Noël Watson, votre dévoué Holmes. »
A l'heure qu'il est, je n'ai toujours pas ouvert le paquet. Après sa découverte, je suis allé toquer à la porte de Holmes, mais celui-ci ne m'a pas répondu, et je n'ai pas insisté.
J'hésite à ouvrir ce cadeau, car je n'ai rien à offrir en retour. Mais en même temps je suis curieux de voir ce qu'il renferme. Peut-être que ce n'est qu'une farce, et qu'un petit diable va surgir de la boite. Cela ne m'étonnerait pas de sa part.
J'ai finalement décidé de l'ouvrir. A l'intérieur, un très bel écrin en cuir noir qui à lui seul valait surement une petite fortune, abritait une magnifique montre à gousset en argent. Comment Holmes a-t-il su que la mienne était cassée ? Ses trois dernières semaines, je l'ai vu en tout quatre fois. Nous sommes échangé quelques civilités à chaque fois, mais à aucun moment je n'ai parlé de ma montre, ni ne lui ai montré. Je suis perplexe, heureux, surpris ! Cet homme a le don de me troubler.
Il est maintenant minuit passé et il est peut-être temps que je pose ma plume et que je m'endorme au son des tic tac de ma montre.
Joyeux Noël à vous aussi, Monsieur Holmes.
Joyeux Noël ! Ho ho ho !
