Voilà enfin la suite des aventures du pauvre docteur Watson et de l'insupportable Sherlock Holmes !
Je m'excuse d'avance pour les éventuelles fautes de temps mais j'ai parfois un peu de mal avec cette fic et malgré 2 corrections de 2 personnes différentes, ainsi que mes modifs, il est fort probable qu'il est quelques concordances de temps bizarre ! J'espère que cela ne dérangera pas votre lecture et que vous apprécierez quand même ce 4ème chapitre !
Sur ce , bonne lecture...
Chapitre 4 : Premiers Soins
Voilà maintenant 6 mois que je vis au 221 B Backer Street. Ma vie est simple et monotone, bien loin de ma vie de soldat, mais j'apprécie cette stabilité. Bien qu'elle m'ait fait peur au début, je l'embrasse pleinement désormais. La vie au front est dure, bruyante et stressante. Elle empeste la mort, la sueur, le sang mais aussi la poudre et le désespoir ! Mais ici, à Londres, tout me semble paisible et silencieux, même aux heures les plus agitées.
Les rares moments où la vie de soldat semble me manquer sont indubitablement liés à Sherlock Holmes. Qu'il soit en train de tirer sur l'un des murs de sa chambre, de concocter quelques étranges mixtures explosives ou bien qu'il dévale les escaliers d'un pas alerte, il fait ressortir mon instinct de combattant.
Dans ses instants, je contemple pendant quelques minutes mon ancien uniforme et me remémore la folie du champ de bataille. Je me rappelle pourquoi je ne veux plus d'aventures dans ma vie. Mais plus que mon uniforme, c'est ma jambe qui me rappelle à l'ordre ! Elle qui autrefois était fringante, n'est désormais qu'un lot d'ennuis et de douleurs avec lesquels je dois apprendre à vivre.
Heureusement ces moments d'égarements où je repense à ma vie de soldat/cette vie-là se font de plus en plus rares. En effet, ces dernières semaines, je n'ai presque jamais croisé Monsieur Holmes. Tout ce que je sais, c'est qu'il est en vie et en bonne santé. Du moins, est-ce ce que j'en ai déduis en apprenant au fil des mois à reconnaître sa démarche ou plutôt ses démarches. Tantôt légère et rapide, tantôt lourde et lente et parfois même, sa démarche se fait gracieuse, presque dansante. Il me semble même l'avoir entendu porter des talons ! Mais surement est-ce mon esprit qui m'a joué des tours à une heure indue de la nuit.
Parfois, le soir, je me surprends à attendre le bruit feutré de ses pas. Mais je dois bien avouer que je finis souvent par m'endormir avant de l'entendre rentrer.
Cependant hier soir, je ne me suis pas endormi. Je lisais l'article fort intéressant de l'éminent Professeur Moriarty quand j'ai entendu la porte d'entrée se refermer précautionneusement. Cela ne pouvait être que M. Holmes puisque la nuit, Gladstone monte la garde tel un cerbère contrairement à la journée où il semble ne faire que dormir. Je soupçonne mon cher détective d'être le responsable de cet étrange comportement !
Je disais donc qu'il me semblait l'avoir entendu monter les escaliers hier soir. Mais quelque chose n'allait pas ! La démarche que j'entendais était bien trop hésitante pour être celle de M. Homes.
Croyant à un voleur, j'avais dégainé silencieusement mon sabre et éteint ma lampe, avant de me faufiler hors de ma chambre.
« Rangez-donc ce sabre avant que vous ne vous blessiez ! » Avait retenti une voix.
Surpris, j'avais lâché un juron.
« Pourquoi diable boitez-vous ?
- J'ai rencontré un infirme qui m'a affirmé qu'avec sa jambe folle, il lui était difficile de gravir certains escaliers et que personne ne consentait à installer des accès facile pour eux. Je ne fais que vérifier ses dires. Et je peux vous affirmer, mon bon docteur, qu'il a raison !
- C'est moi qui vous ai dit cela…il y a trois semaines.
- C'était donc vous ! Je n'arrivais absolument pas à me remémorer qui pouvait bien m'avoir dit cela. »
Je levais les yeux au ciel. Cependant, doutant de son histoire, je tâtonnais sur la droite sachant qu'un interrupteur s'y trouvait.
Je le vis se redresser en grimaçant. Il tenait ses côtes de sa main droite et du sang tachait l'espèce de chemise trop lâche qu'il portait.
« Bon Dieu, mais qu'avez-vous fait pour vous retrouver dans cet état !
- Faites attention à votre langage Watson, le Bon Dieu pourrait vous en vouloir. M'avait-il répondu avec un petit sourire en coin. Et pour répondre à votre question, j'ai simplement trébuché dans la rue. Je crois que mon 4ème verre de whisky était de trop !
- Vous ? Trébucher ? Me prendriez-vous pour une imbécile ?
- Loin de là mon cher Watson, loin de là !
- Peu importe, suivez-moi que j'arrange tout ça. »
Il avait semblé hésiter à me suivre mais mon regard insistant avait fini par le décider. Du moins, c'est ce que je pense.
Contrairement à ce que son apparence laissait paraître, il n'était pas si amoché que cela. Hormis l'énorme hématome sur son côté gauche, une légère entorse à la cheville et quelques égratignures, il était en parfaite santé. Alors à qui appartenait donc le sang sur sa chemise ? Je ne lui avais pas posé la question, sachant pertinemment que je n'aurais pas de réponse.
Après notre petite entrevue, j'eus du mal à me rendormir. Curieux que je suis, j'avais donc décidé de le suivre le lendemain en espérant découvrir dans quelle sale situation il s'était mis.
Aujourd'hui, j'ai donc mis en action mon plan, fort simple s'il en est : suivre M. Holmes.
Je l'avais suivi pendant ce qui me sembla être une éternité. Passant devant la très réputée boulangerie française et l'Opéra, puis traversant de nombreuses ruelles sombres et peu recommandables. J'avais cru le perdre à un moment mais je réussis à le voir entrer dans une sorte d'entrepôt désaffecté. J'y entrais à sa suite et je dois admettre être encore un peu abasourdi par ce que j'y ai vu.
Je mis du temps à retrouver M. Holmes parmi cette foule mais après avoir bataillé pendant un certain temps, je réussis à me rapprocher du ring. C'est là que je l'avais vu, faisant face à un adverse deux fois plus grand et large que lui. Cependant sa posture ne trahissait aucune inquiétude. Il se tenait droit mais loin d'être tendu, sa respiration était calme mais dans son regard brillait une lueur presque animale. Un coup de sifflet avait retenti et les deux hommes avaient commencé le combat.
Je suis encore impressionné par ce que j'ai vu. Holmes dansait littéralement autour de sa cible et les quelques coups qu'il recevait n'avaient pour but que de déterminer les capacités de son adversaire. Après quelques minutes à observer son opposant, il était passé à l'attaque. Souple, agile et maitrisé, il avait mis KO l'homme en quatre coups. Des cris d'excitation et déception s'étaient alors élevés de la foule.
Je l'avais regardé enchainer plusieurs combats sans jamais perdre puis je le perdis cette fois de vue pour de bon lorsqu'il sortit du ring. N'arrivant pas à le retrouver, j'avais décidé de rentrer en tentant de me remémorer le chemin que j'avais emprunté pour venir.
Et lorsque j'ouvris la porte de notre maison, j'avais sursauté en entendant la voix de M. Holmes, assis sur l'escalier
« Que faisiez-vous donc dehors à une heure si tardive mon bon docteur ?
- Et vous que faites-vous assis sur notre escalier ? Et pour votre gouverne je me promenais !
- A cette heure-ci ?
- Parfaitement !
- Allons M. Watson, nous savons tous les deux ce que vous faisiez dehors. Avait-il dit en se levant et se rapprochant de moi. Si vous teniez temps que ça à découvrir ce que je faisais le soir, vous n'aviez qu'à me poser la question !
- Parce que vous m'auriez dit la vérité peut-être ! »
Il avait souri. Nom de Dieu, qu'il pouvait être agaçant !
Il avait commencé à monter les escaliers, avant de faire volte face et redescendre vers moi en cherchant quelques choses dans la doublure de sa veste.
« Ah oui, avant que j'oublie, avait-t-il lâché en me tendant une enveloppe. J'ai misé pour vous et vous avez gagné. Voilà votre gain. »
Je suis désormais dans ma chambre. Je suis épuisé et perplexe. Dans la chambre d'à côté, Holmes semble dormir. Je viens d'ouvrir l'enveloppe et d'y découvrir 100£ et une petite note :
Je retournerais combattre demain, vous pouvez m'accompagner si le cœur vous en dit.
Si cependant vous veniez à être absent, je miserais pour vous.
Bien à vous,
S.H.
Premièrement comment a t-il découvert que je le suivais ? J'ai pourtant été discret ! Du moins je l'espère ! Et surtout comment diable peut-il connaître mon addiction pour le jeu ! Ou alors ne serait-ce qu'un simple hasard ? Cet homme me fait tourner en bourrique et je n'aime pas cela, pourtant…
Je ferais mieux de me coucher. L'on dit que la nuit porte conseil. Peut-être arriverais-je à mieux comprendre M. Holmes demain. Peut-être….
