Apocalypse zombies 2014.

Partie #2 « Une nouvelle équipe ».

Merci à toutes pour vos reviews !

Je sais, cette histoire est très bizarre...

Mais tout finira bien, hein !

Il y aura une partie 3 et se sera la dernière.

(Merci à Nathalie, ma correctrice)

...

Dès que les rayons du soleil éclairèrent le ciel, Dean mit l'Impala en route. Le frère n'avait pas dormi de la nuit, passant tout son temps à maugréer et préparer les armes. Sam, quant à lui, était parti voir Rick, lui disant qu'ils quitteraient la prison pour secourir Castiel. Le chef ne trouva rien à redire, à part de garder le secret sur l'emplacement du camp et que ses hommes ne se joindraient pas au sauvetage. Il se devait de garder son groupe en vie. Le cadet le comprit et ne contra pas ses volontés. Mais lorsque la voiture allait quitter la prison, un bruit de moteur se fit entendre. Dean coupa le contact pour sortir du véhicule et se poster devant Daryl.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Bougonna l'aîné.

- Je viens avec vous.

- Pourquoi ?

Sam sortit à son tour de la voiture pour entendre l'homme répondre.

- Cass est mon ami et hier soir, il nous a grandement aidés.

- Ne l'appelle pas « Cass », maugréa le Winchester.

- Dean... Gronda le cadet. Daryl, tu ne veux pas monter dans l'Impala ?

- Nan, je préfère ma bécane.

- Bon ok, on y va, décida Dean.

Les deux véhicules quittèrent donc la prison.

Pendant ce temps, Castiel passait la pire nuit de sa vie. Les grognements des zombies le rendirent à moitié fou. Mais il n'y avait pas que ça. L'ex-ange découvrit une sensation nouvelle traverser son corps. Il tremblait et il transpirait, sans même savoir pourquoi. Ses poignets liés lui faisaient affreusement mal et sa migraine ne partait pas. Ses yeux le brûlaient encore, il les ferma lorsque la porte s'ouvrit enfin. Le gouverneur entra en jetant des coups d'œil aux morts-vivants, qui essayaient encore d'avancer sans y parvenir. Il sortit alors une arme de sa ceinture pour coller une balle dans la tête des créatures. Le bruit fit sursauter Castiel, dont les maux martelaient encore plus sa tête meurtrit. Le chef se posta ensuite devant le prisonnier, le toisant de haut.

- Bon, je peux utiliser la manière douce ou...

- Je ne sais pas où se trouve la prison, coupa l'ex-ange.

Déjà énervé, le gouverneur décocha un coup de poing dans le visage du prisonnier. Ce dernier se mit alors à sourire en répliquant.

- Vous ne comprenez pas. J'étais défoncé quand je suis arrivé dans le camp de Rick et j'étais encore défoncé en sortant de la prison. Même si je voulais y retourner aujourd'hui, je ne retrouverais pas la route.

L'homme armé le considéra un moment. Il voyait bien que Castiel tremblait et suait à cause du manque.

- Putain, mais t'es qui, toi ?

Il rit derechef en avouant.

- Je ne suis qu'un simple humain, désormais. Avant j'étais un ange du Seigneur...

Il balança cette phrase sachant très bien que son interlocuteur ne le croirait pas. Mais contre toute attente, le gouverneur ne fut pas surpris. Il rétorqua même.

- Dans ce cas, j'ai quelqu'un à te présenter.

Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit en criant.

- Milton ! Va le chercher !

Le scientifique, comprenant apparemment de quoi parlait son chef, partit en ville. Castiel interrogea le gouverneur du regard, mais ce dernier se contenta de sourire en attendant que son ami revienne. Quelques minutes plus tard, un homme pénétra dans la pièce sombre. Lorsque l'ex-ange comprit qui se tenait devant lui, un air paniqué s'afficha sur son visage ravagé.

- Lucifer ?

- Hello, Cassy.

Le chef se posta de nouveau face au prisonnier en expliquant.

- Je suis au courant pour les démons et les anges. Ton pote m'a briefé sur les vraies raisons de notre fin du monde. Si tu es bien celui que je crois, tu mérites de mourir dans d'atroces souffrances...

Lucifer se mit à rire.

- Oh oui, c'est bien celui à qui tu penses. Castiel, l'ange du Seigneur. Il s'est rebellé contre Père pour faire joue-joue avec les Winchester sur Terre. Répandant le chaos autour d'eux. À cause de leurs conneries, le virus Croatoan a ravagé la planète.

Choqué et angoissé, l'ex-ange tenta de se défendre.

- Nous avons empêché l'Apocalypse des dizaines de fois ! Et c'est toi, Lucifer, qui a provoqué l'Armageddon !

- C'est ta parole contre la mienne, bro. Sauf que, tu n'as plus rien pour te sauver. Plus d'ailes, plus de pouvoirs et regarde ce que l'humanité a fait de toi ! T'es devenu un junky en manque, c'est comme ça que tu comptes réparer tes conneries ?!

Castiel, qui justement ressentait les effets secondaires de son jeûne, baissa les yeux de dépit.

- Non, je...

- Tu te détruis, Cassy. Tu te suicides à petit feu. Et pour quoi ? Pour un humain ?!

- Q-Quoi ? Non, je...

Lucifer s'approcha de son ancien frère.

- Tu ne comprends donc pas que c'est à cause des humains que Père m'a chassé de la maison ? Et c'est à cause de ce Dean, que tu te retrouves dans cet état ! Tu es pathétique, Cassy...

L'ex-ange serra les lèvres, il foudroya le démon des yeux.

- Je n'ai aucune leçon à recevoir de toi. Tu as trahi ta famille, tu as renié la création de Père.

Lucifer se mit à rire aux éclats.

- Toi aussi, Castiel. Tu nous as tous tourné le dos pour le Winchester. À cause de toi, les anges sont tombés du ciel. Et cette création de Père, que tu aimes tant, c'est transformé en mort-vivant par ta faute.

Le prisonnier baissa les yeux de culpabilité. Le démon se tourna alors vers le gouverneur.

- Fais ce que tu veux de lui. Il ne sait peut-être pas où se trouve le camp que tu cherches, mais il doit savoir qui vit à l'intérieur.

Le chef sourit en attrapant un couteau, tandis que Lucifer claqua la porte de la cellule en partant.

L'ambiance à bord de l'Impala fut, une nouvelle fois, morose. Dean ne desserra pas les dents, rongeant encore son frein, la rage se lisait dans ses yeux verts. Sam lui jeta un coup d'œil avant de dire.

- Dean... Tu n'y a peut-être pas pensé, mais... Daryl va forcément voir qu'on ne se bat pas uniquement contre des zombies et des humains. Il va comprendre ce qui se passe concernant les démons.

L'aîné attendit quelques secondes avant de rétorquer.

- Rien à foutre, Sammy. Il voulait venir, il est là. Qu'il se démerde pour le reste. La seule chose qui m'importe, c'est de ramener Cass en lieu sûr. Et je le prendrais par la peau du cul s'il le faut. Freakin' angel !

- Dean, pourquoi tu réagis toujours de la sorte en parlant de Castiel ?

Cette fois, le Winchester se tourna vers son frère en criant.

- Pourquoi ?! Pourquoi ?! Mais parce que ce douchebag est en train de se foutre en l'air sans même penser que...

- Que quoi ? Que ça te fait du mal ?

L'aîné frappa le volant d'une main en s'énervant.

- Ouais ! Il ne pense qu'à lui. Et moi, je dois subir son suicide ! Désolé, j'peux pas accepter ça, j'peux pas...

Ses yeux commencèrent à briller, Sam baissa la tête.

- Tu l'aimes, pas vrai ?

Dean se frotta le visage d'une main en chuchotant presque.

- Je l'aime à crever, mais il n'en a rien à foutre. Il préfère mourir que de rester avec moi.

Contre toute attente, Sam esquissa un sourire.

- Je ne suis pas sûr de ça, tu sais. À mon avis, son truc avec la drogue et l'alcool, c'est juste pour faire taire cette sensation en lui qu'il ne comprend pas. Il n'a pas l'habitude des sentiments humains, Dean. Il faut que tu lui apprennes.

- Mais il ne pige rien !

Cette fois, le cadet rit.

- Non, il ne veut rien piger, c'est différent. Il a juste peur. Il meurt de trouille, en fait. Et c'est pour ça qu'il se détruit.

- Merde, il peut pas causer comme tout le monde !

- C'est de Cass dont on parle, hein. Dean, mets-toi à sa place cinq minutes. C'était un être millénaire avec des pouvoirs, c'était un ange. Il a perdu son Père, ses frères, toute sa famille est morte pour sauver l'humanité. Il n'a plus de pouvoir, plus d'ailes et il a peur que tu le rejettes parce qu'il est un fardeau pour toi. Il a passé deux mille ans à observer la création de Dieu et la seule fois où il est venu sur Terre, c'était pour toi. Il ne sait pas comment fonctionne l'être humain. Imagines que tu deviennes un ange ou un démon du jour au lendemain. Tu serais aussi paumé que lui, tu deviendrais fou, toi aussi. Il nous a sauvé des dizaines de fois, maintenant, c'est à notre tour de l'aider.

- Encore faudrait-il que ce débile nous laisse faire ! Il ne veut pas être sauvé !

- C'est ce dont il essaye désespérément de se persuader. La vérité, c'est qu'il est trop fier pour crier à l'aide. Sur ce point, il est comme toi. Ta personnalité est aussi insupportable que la sienne.

- Merci, grommela Dean.

Sam sourit.

Castiel encaissa un autre coup. Le gouverneur le torturait lentement pour faire durer le plaisir. Mais l'ex-ange ne disait rien. Il ne voulait pas trahir ses nouveaux amis comme il avait pu le faire par le passé avec ses frères. Le corps tremblant de plus belle, les plaies ensanglantaient commencèrent à le faire craquer. Alors il se força à penser à Dean, pour se raccrocher à quelque chose. Il souhaitait mourir là, de suite, plutôt que de ressentir toutes ses sensations humaines qui le détruisaient petit à petit. Il sentait ce vide en lui, son cœur se serrer, sa gorge se nouer, les larmes monter jusqu'à ses yeux bleus. Finalement, il se dit que la création de son Père avait beaucoup trop de faiblesses. Il commençait presque à comprendre Lucifer.

- Castiel ! Hurla le chef. Combien de personnes se trouvent à la prison !? Je ne peux pas lancer une attaque sans savoir contre qui je me bats !

- Alors, ne lancez pas d'attaque, rétorqua-t-il.

Sa bouche encore pâteuse avait désormais un goût de sang. Maintenant, il avait envie de vomir à cause du manque et de la douleur.

- Castiel ?! Dernière chance !

L'ex-ange se força à sourire.

- Allez vous faire foutre.

Enragé, le gouverneur leva le couteau avant de l'enfoncer de toutes ses forces dans la cuisse de Castiel qui se mit alors à hurler.

Dean gara son bébé au même endroit que la veille au soir. Daryl descendit de sa moto, il arma son arbalète puis se dirigea vers les frères.

- Vous avez un plan ?

- Le plan, c'est de choper Cass et de tuer toutes les personnes qui nous barrent le chemin, grogna le frère.

- Ça m'va.

Sam souleva le coffre de l'Impala pour attraper le couteau de Ruby, des fusils chargés de sel ainsi que de l'eau bénite. Lorsque Daryl jeta un coup d'œil dans le véhicule, il découvrit l'armada du chasseur avec un pentagramme peint sous le capot.

- C'est quoi tout ça ?

Le cadet lança un regard à son frère en répliquant.

- Hum... C'est compliqué à expliquer. Mais, crois-moi, ces armes seront très efficaces contre les gens de Woodbury.

- Ah ouais ? Depuis quand vous tuez des gars avec du sel et de la flotte ?

Dean se tourna vers Daryl pour lâcher.

- Depuis que se sont des démons.

D'abord choqué, le guerrier se mit à rire avant de répliquer.

- C'est ça, ouais. Et Cass, c'est un ange, hein ?

Les deux frères considérèrent l'homme quelques secondes. L'aîné reprit.

- Comment tu le sais ?

Daryl avait dit ça en rigolant, mais face aux visages sérieux de ses amis, il perdit son sourire.

- C'est une blague, pas vraie ?

- Comment tu sais que Cass était un ange ? Réitéra Dean.

- Il me l'a dit, une fois. Mais il était complètement bourré, j'pensais que l'alcool parlait à sa place. Ne me dites pas que... ?

- Comme je le disais, reprit Sam. C'est compliqué.

Il ferma le coffre, armes en main. Ils commencèrent à se diriger vers la ville, lorsque Daryl interrogea le cadet.

- C'est vrai ? Tout ce que Cass m'a dit, c'est vrai ?

- Je ne sais pas ce qu'il t'a raconté, mais sache que Castiel ne ment jamais.

- Non, il cache juste la vérité, railla Dean. Et arrête de l'appeler « Cass » !

Daryl sourit en blaguant.

- Pourquoi, c'est ton p'tit copain ?

Les deux frères se tournèrent vers l'homme en lui jetant un regard interrogateur. Ce dernier se figea, comprenant enfin.

- Merde... Est-ce que toutes les conneries que je vais dire vont s'avérer être vraies ?

Dean souffla avant de reprendre la route.

- Ça dépend.

- De quoi ?

- Ça dépend si tu décides de la fermer, ou pas, railla le frère.

Daryl secoua la tête en maugréant.

- Et bien, t'es pas gai comme type, toi.

Dean se tourna vers l'homme en le foudroyant des yeux. Ce dernier comprit que « gai » sonnait également comme « gay », se rendant compte de sa bourde, il reprit.

- Nan, mais je veux dire...

- T'as fini ? S'énerva Dean. On peut sauver mon pote, maintenant ?

- Ouais... J'espère qu'il a encore des clopes sur lui, ton Castiel. J'ai envie de m'en griller une, là.

Sous le coup de la douleur, Castiel sombra dans un sommeil sans rêve. Le gouverneur nettoyait ses instruments de torture en jeta des regards amusés sur le prisonnier. Alors qu'il se dirigeait vers l'homme avec une nouvelle arme à la main, la porte de la pièce se détacha de ses gongs. Trois hommes entrèrent en le mettant en joue. Dean profita de l'effet de surprise pour se jeter sur lui et le frapper de toutes ses forces. Une fois à terre, le frère continua de ruer le chef de coups. Daryl resta à côté du bourreau, le menaçant de son arbalète tandis que le Winchester ne s'arrêtait pas de le cogner. Sam courut vers Castiel pour le détacher. Il essaya désespérément de réveiller son ami, mais sans succès. Il découvrit également la blessure sur la cuisse de l'ex-ange qui saignait abondamment. Paniqué, le cadet hurla.

- Dean ! J'ai besoin de toi !

Le frère se leva. Il jeta un regard à Daryl, ce dernier comprit.

- Va-y, je surveille le gouverneur.

Le Winchester se rua à son tour sur Castiel.

- Cass ?!

Il plaqua ses mains sur le visage ravagé de son ami.

- Cass ! Bordel de merde ! Réveille-toi !

Mais il ne bougea pas d'un pouce. Dean commença à porter ce corps qui ne pesait presque rien.

- Sammy, aide-moi à le caler sur mon épaule.

Le cadet enroula le bras de Castiel autour du cou de son frère. Dean attrapa les jambes de son ange pour le porter des deux mains. Sam récupéra les armes de son aîné et tous les quatre quittèrent cette sinistre salle. Dehors, ils tombèrent sur un démon. Choqué face aux yeux noirs de la créature, Daryl recula. Sam en profita pour tirer une balle chargée de sel dans le front de l'ennemi. Ils coururent aussi vite que Castiel le leur permettait. Après avoir tué d'autres démons, ils arrivèrent à leur planque.

- Sammy, prends le volant ! Ordonna Dean.

L'aîné déposa son ami sur la banquette arrière, il s'assit également à ses côtés, posa la tête de l'ange sur ses genoux. Sam attrapa une trousse de secours dans le coffre pour la donner à Dean. Ensuite, il s'installa à l'avant pour démarrer l'Impala. Daryl enfourcha sa moto et ensemble, ils quittèrent enfin Woodbury.

Sam roulait vite sur les routes sinueuses de la forêt. Derrière lui, Dean commençait déjà à soigner son ami, versant les flacons d'antiseptique sur ses plaies tout en essayant de le réveiller.

- Cass ?! Tu m'entends !? Freakin' angel ! Si tu meurs, je te tue !

Il attrapa un vieux bandage pour pansait sa plaie à la cuisse afin d'éviter une hémorragie.

- Plus vite, Sammy ! Hurla l'aîné.

- Si je vais plus vite, je risque de crever une roue dans les trous !

- Bordel de merde !

Un peu plus d'une heure plus tard, ils arrivèrent enfin à la prison. Michonne leur ouvrit les grilles et les deux véhicules se garèrent à l'entrée de la bâtisse grise. Avec l'aide de Sam, Dean sortit Castiel de l'Impala. Il emmena alors son ami jusqu'à sa cellule où il allongea le corps meurtrit sur le lit. Daryl posa son arbalète au pied du mur et répliqua.

- Je vais chercher Hershel.

- C'est qui ça ? Maugréa l'aîné.

Mais le guerrier était déjà parti alors se fut Sam qui répondit.

- C'est le toubib du groupe.

Dean s'accroupit par terre, la tête penchait vers Castiel. Il lui prit sa main pour la serrer fermement.

- Cass ?! Tu vas te réveiller, oui !

Un vieil homme aux cheveux gris et une canne à la main, entra dans la cellule. Dean lui jeta un regard interrogateur.

- C'est vous Hershel ?

- Oui. Sort de là, fiston. Je vais m'occuper de ton ami.

- J'bouge pas d'ici, grommela le frère.

Sam attrapa son aîné par le col de sa veste pour le sortir de la cellule.

- Dean, arrête de faire le gamin et laisse-le soigner Castiel.

Hors de la « chambre », l'aîné jeta un coup de poing rageur dans le mur en béton. Daryl retint le bras de son ami lorsque ce dernier allait encore taper contre le crépi.

- Hey, hey, mec. Relax.

- Toi, la ferme !

Mais l'homme, plus fort que le frère, lui tordit son bras dans le dos pour ensuite coller son visage contre le mur.

- Ok, Dean, tu ne laisses pas le choix.

Le Winchester tenta de se défaire de cette emprise, mais sans succès. Daryl s'approcha de lui pour lui chuchoter.

- Je suis de ton côté, d'accord ? On essaye de t'aider, alors arrête de faire le con et attend sagement. Hershel est doué, il va sauver ton copain. Cesse de vouloir buter tout le monde et ronge ton frein. Sinon, je te jure que je te refais le portrait, compris ?

Il lâcha enfin le frère qui se tourna vers Daryl avec colère. Sam s'interposa entre les deux pour calmer la situation. Dean s'écroula au sol, assit contre le mur, ses mains plaquées sur le visage. Le cadet remercia son ami du regard avant de s'installer aux côtés de son frère par terre. Sans rien dire, ils attendirent tous les deux que le médecin fasse un miracle.

Dean s'était endormi, lorsque Hershel se dirigea vers lui quelques heures plus tard. Sam secoua son frère pour le réveiller. Encore dans le cirage, le Winchester grommela. Le médecin essuyait ses mains pleines de sang avec un vieux chiffon tout en briefant les deux hommes.

- Il va s'en sortir.

L'aîné put enfin respirer.

- Par contre, il doit rester alité quelque heures pour ne pas que sa blessure à la cuisse se rouvre. Et... J'ai récupéré ça dans les poches de sa veste.

Une fois ses doigts à peu près propres, il donna à Dean les paquets de cigarettes, la flasque d'alcool, les boîtes de pilules et le sachet de poudres blanches. Il expliqua alors.

- Je le mets sous antibiotiques et sous anti-inflammatoire. Je ne veux pas qu'il avale ces cochonneries, ça risque de faire une interaction avec mes médicaments. Et puis... Il doit arrêter de prendre ces trucs, de toute façon.

Le frère attrapa les drogues qu'il rangea dans sa veste. Le toubib reprit, en soufflant un coup.

- Vous allez devoir faire preuve de volonté pendant quelques jours. Il va ressentir le manque et la douleur sera insupportable. Surtout, ne flanchez pas.

Dean se leva et serra la main du médecin.

- Merci pour tout. Et... Désolé pour tout à l'heure.

Hershel haussa les épaules.

- J'ai l'habitude, les proches des victimes sont plus insupportables que les blessés. Et puis, Castiel a sauvé Maggie. C'est ma fille. Je vous dois bien ça. Vous pouvez aller le voir, mais attention, il est encore dans le cirage.

- Ouais, j'ai l'habitude, chuchota Dean.

Le frère entra, seul, dans la cellule. Il s'assit par terre à côté du lit pour se pencher vers son ami.

- Cass.

Ce dernier faisait peine à voir, avec ses cernes dévorant son visage, sa barde de trois jours, ses cheveux en bataille, ses blessures et ses yeux rouges. Il tourna lentement la tête vers le Winchester.

- Dean ?

Il essaya de se lever, mais son ami le retint.

- Wow, doucement buddy. Le doc a dit que tu ne devais pas bouger pendant quelques heures.

Castiel posa sa main sur sa cuisse qui le lançait atrocement.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- T'as fait le con, comme d'habitude, lâcha le frère. On est venu sauver tes fesses pour que je puisse te les botter. J'en ai marre de ton attitude de merde. Mais ça va changer, maintenant. Capiche ?

Pour toute réponse, Castiel ferma les yeux.

- J'ai soif.

Dean attrapa une bouteille d'eau qu'Hershel avait laissée dans la pièce. Il aida son ami à boire lentement.

- Je t'apporterais à manger tout à l'heure.

- Merci, Dean...

Il commença ensuite à fouiller les poches de sa veste et de son pantalon, se rendant bien vite compte que ces dernières étaient vides.

- Où sont mes cigarettes ? S'inquiéta-t-il.

Le frère se mit à rire en rétorquant.

- Ah ça, tu vas pouvoir faire une croix dessus. Comme tout le reste, d'ailleurs.

Il lut l'angoisse dans les yeux de son ami. Mais il ne se laissa pas piéger.

- Pas besoin de me faire ton air de chien battu, tu peux t'en prendre qu'à toi-même, hein.

Derechef, le blessé glissa ses doigts dans ses fringues.

- Où sont mes pilules ?

Énervé, Dean lui jeta les médicaments du docteur au visage, en maugréant.

- Tiens, ce sont tes nouvelles pilules, espèce de junky. Antibio et anti-inflammatoire. C'est tout ce que tu auras.

Les yeux de Castiel se mirent à briller en regardant le frère.

- Fais pas cette tête, Cass. T'as cherché la merde et tu l'as trouvé.

- T'en a fait quoi ?

- Pardon ?

- T'en a fait quoi de mes cachets, de mes clopes et de ma flasque ?

Cette fois, Dean se mit en colère pour de bon.

- Tu fais chier, Cass !

Le blessé se mit alors à trembler. Le frère comprit que ce dernier était en train de souffrir intérieurement. Il se pencha alors près de lui pour le serrer dans ses bras et le rassurer.

- Chut, Cass, ça va aller. Ok ?

- Je... Je ne comprends pas ce qui m'arrive, Dean.

- Tu m'étonnes ! Sur tes sachets d'héroïne y'a pas écrit : « Effets secondaires : tremblements, sueurs froides, nausées, vomissements » et tout le blabla. Normalement, les humains le savent déjà. Tout comme la phrase : « fumer tue. ». Et je dirais même : « fumer tue lentement et rend les fumeurs exécrables s'ils n'ont pas leurs doses de nicotine ».

Castiel laissa couler une larme le long de sa joue.

- I'm sorry, Dean.

- Ouais, je sais. Change de disque, mec.

- Je... Je n'arrive pas à être...

- Un humain ? Termina le frère. Parce que tu crois que nous, on a le mode d'emploi dans le sang, ou quoi ? On fait avec, c'est tout. Tu vas devoir apprendre.

Le blessé ferma les yeux et serra les dents.

- Ça fait si mal...

- En même temps, il t'a bien amoché l'autre taré. Et le sevrage ne sera pas une partie de plaisir.

- Non, c'est... Ce n'est pas ça qui fait si mal.

Dean tiqua. Son visage au-dessus de son ami, il demanda.

- C'est quoi alors ? Où est-ce que tu as mal ?

Castiel posa ses doigts sur sa poitrine, montrant l'emplacement de son cœur. Dean lui prit alors la main et l'ex-ange expliqua.

- J'aimerais faire taire cette douleur, remplir ce vide en moi...

- Et c'est à ça que servaient ta drogue et ton alcool ? Mec, heureusement que les gens qui ne savent pas parler ne font pas tous comme toi, hein.

- Je... Je ne sais pas exprimer ce que je ressens, parce que je ne comprends pas ce sentiment.

- J'ai peut-être une idée. Cass, laisse-moi faire et dit-moi si ça va mieux, ok ?

Le blessé acquiesça. Dean se pencha encore plus près de lui pour déposer ses lèvres sur les siennes. D'abord sous le choc, Castiel se laissa ensuite faire, ouvrant la bouche pour inviter le frère à aller plus loin. Ce qu'il fit. Alors que leurs langues dansaient entre elles, Dean passa ses mains dans les cheveux du brun. Lorsque le Winchester releva enfin la tête, il admira son amant et demanda.

- Alors ?

- Ça fait du bien, avoua-t-il.

Dean sourit.

- C'est plus sympa que le Whisky, non ?

L'ange esquissa lui aussi un sourire.

- Oui. Merci, Dean.

Ils s'embrassèrent de nouveau. Sam les vit échanger leur baiser lorsqu'il passa furtivement la tête à l'entrée de la cellule. Après ça, il décida de rejoindre Daryl.

Le guerrier était dehors en train de fabriquer des flèches pour son arbalète. Il releva la tête quelques secondes pour voir Sam débarquer. Il lui demanda, tout en continuant sa tâche.

- Comment va Cass ? Enfin, Castiel, je veux dire.

- Il va s'en sortir. Si mon frère le laisse respirer entre deux baisers.

Le cadet se mit à rire et Daryl esquissa lui aussi un sourire.

- C'est pas un gars facile, ton frère.

- Ouais... Disons que, on a eu une vie un peu étrange.

Le guerrier stoppa ses mouvements pour regarder son ami en demandant.

- Les démons, c'est ça ?

- Je sais, ça fait un choc au début. Si jamais tu veux en parler...

Daryl haussa les épaules.

- Tu sais, c'est pas si illogique que ça...

Sam tiqua.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Regarde autour de toi. Notre maison est une prison. Dehors y'a des zombies qui veulent nous bouffer. Si jamais on meurt, on se transforme en mort-vivant même sans morsure. Plus de la moitié de la population a disparu et on arrive quand même à être en guerre contre d'autres humains. En quoi l'existence des démons et les anges est-elle impossible ?

Sam souffla un coup.

- Vu comme ça, tu n'as pas tort.

Daryl se remit au travail en continuant de questionner le chasseur.

- Alors, Castiel était un ange ? Genre, avec des ailes et tout le barda ?

Le cadet sourit.

- Hum... En gros, oui. On ne voyait pas ses ailes, mais il se volatilisait trop souvent.

- Wow, j'ai du mal à l'imaginer en enfant de Dieu, hein.

- Disons que sa condition d'être humain ne l'aide pas vraiment.

- Tu m'étonnes, j'suis pas sûr que les anges apprennent ça dans leur école paradisiaque.

Sam rit de plus belle, cette discussion lui faisait du bien. Il pouvait enfin parler à quelqu'un de sa vie de chasseur.

- Ouais... Et puis Cass, il est... Disons que Dean et lui, c'est : « Je t'aime, moi non plus ».

- J'avais remarqué. J'espère que ton frangin sera cool avec le p'tit angelot, sinon je lui fracasse la tête. Il est sympa Castiel.

- Ouais, c'est bien ça son problème. Au fait, merci de nous avoir aidé à le sauver. Dean est trop fier pour te le dire, alors je le fais. Et je le pense, surtout.

- T'en fais pas, je n'attends rien des gars comme ton bro. C'est le genre qui joue les gros durs et les soldats sans cœur alors qu'au fond, ce sont justes des gars paumés.

Sam comprit qu'il parlait aussi pour lui, mais il ne releva pas cette remarque. Daryl leva la tête vers le cadet.

- Hey, tu pourras me filer les clopes de Castiel ? S'il est d'accord, bien sûr.

- Je ne vais pas lui demander la permission. Je t'apporterai ça tout à l'heure. Je vais lui chercher à manger.

- Demande à Carol, elle te donnera ce que tu souhaites.

- Merci.

Sam entra dans la cellule avec un plateau à la main. Il toussota devant les deux hommes en train de s'embrasser.

- Hum... Dean, laisse-le respirer un peu.

Mais ce dernier continua son baiser.

- Dean !

Le frère leva enfin la tête.

- Oh ça va, espèce de rabat-joie !

Le cadet posa la nourriture sur les genoux de Castiel qui maugréa.

- J'ai pas faim...

- Mange, ordonna l'aîné.

Sam fit un signe de tête à Dean, qui le suivit quelques mètres plus loin de la cellule.

- Quoi, Sammy ?

- Daryl voudrait récupérer les cigarettes de Cass.

- Quel vautour celui-là.

Il plongea ses mains dans sa veste pour ressortir les paquets. Mais Sam le gronda tout de même.

- La ferme, Dean ! Il nous a aidé à sauver ton copain ! C'est un gars sympa et c'est le pote de ton chéri, alors montre un peu de respect pour lui, tu veux ?

- Ouais, ronchonnant le frère.

Il sortit également les autres drogues de Castiel et la bouteille d'alcool.

- J'en fais quoi de tout ça, moi ?

- File-moi la flasque. Je vais foutre en l'air le reste.

L'aîné lui donna le tout.

- Bon, je vais voir si Cass mange. Sinon je vais devoir lui donner la béquer à ce junky.

Sam partit rejoindre Daryl tandis que Dean retourna dans la cellule. Comme il s'y attendait, Castiel n'avait pas touché son plat. Le frère claqua des doigts en ordonnant.

- Mange.

Mais l'ex-ange commença à tourner de l'œil.

- Je... J'y arrive pas... Je ne me sens pas bien, j'ai envie de vomir...

Dean leva les yeux au ciel, il reprit le plateau pour le poser par terre, puis il entreprit de lever son amant pour le faire sortir dehors. Castiel se servit de Dean comme d'une béquille pour soulager sa cuisse meurtrit. Ensemble, ils clopinèrent jusqu'à la cour de la prison.

L'ex-ange se laissa tomber sur l'herbe fraîche pour vider son estomac. Le frère passa une main dans ses cheveux.

- Ça va mieux, Cass ?

- Non.

Il l'aida à se relever pour l'asseoir un peu plus loin. La nuit était tombée, ils respirèrent l'air pur de l'extérieur. Dean donna à Castiel une bouteille d'eau.

- Tiens, bois pour te réhydrater.

Encore tremblant, il but quelques gorgées puis il rendit la bouteille à son ami. Ce dernier fit une moue de dégoût en répliquant.

- Hum, nan, ça va, garde-la. Et tiens, prends ça. Histoire d'enlever ce goût affreux que tu dois avoir dans la bouche.

L'ex-ange analysa les pastilles de Dean, de simples bonbons à la menthe qu'il avait sortis de la poche de sa veste. Le jeune homme mastiqua les sucreries avant de considérer son ami. Avec les quelques forces qu'il lui restait, Castiel se pencha sur Dean pour l'embrasser passionnément. Ce dernier se laissa faire jusqu'à ce qu'il sente les mains baladeuses de son amant qui fouillaient frénétiquement les poches de sa veste en cuir. Il stoppa le baiser et attrapa le poignet de l'ange en maugréant.

- Tu fais quoi, là ?

Pris sur le fait, le blessé esquiva la question.

- Je... Rien...

Dean sentit son amant trembler, il lui toucha le front brûlant en rétorquant.

- C'est lâche de profiter de moi pour chercher ta dose, mec.

Castiel tout penaud, sanglota.

- Dean, je... Je suis désolé... Qu'est-ce que t'en a fait ? Où as-tu caché mes affaires ?

Le frère prit son amoureux dans ses bras pour essayer de stopper ses tremblements. Il s'allongea sur l'herbe, son ange contre son torse.

- C'est un mauvais moment à passer, Cass. Ton corps se désintoxique, ça fait mal, je sais. Je suis là...

Tremblant de plus belle, il se serra dans les bras de son chasseur. Il essaya de respirer l'air frais de la nuit pour se calmer. Dean ferma les yeux, se laissant bercer par les battements de cœur de son amoureux.

Allez, un dernier chapitre pour clôturer cette histoire !

J'espère que ça vous plaît, je sais, c'est un peu particulier comme fic...