Résumé de l'histoire: America Singer est beaucoup de chose. Une Cinq, une Sélectionnée, mais aussi et surtout une Renégate. Le Prince Maxon, héritier du trône d'Illéa, en est bien conscient. Mais rien n'est plus attirant que de jouer avec le feu.

Crédit: La saga littéraire La sélection appartient à Kiera Cass, tout comme les personnages. Rien n'est à moi, je ne suis pas ayant-droit, et je ne fais qu'emprunter les personnages dans un but de divertissement non lucratif.

N/A: Merci à Riza Deumbra pour son commentaire.


Politiquement incorrecte


« L'oiseau doit un jour s'envoler à son tour"


-4-


Si j'avais cru que La Sélection n'était qu'une vaste plaisanterie où des filles agissaient sans la moindre règle, je m'étais totalement trompée. La Sélection a tellement de règles différentes d'étiquettes, de protocoles ou même simplement d'images que je ne sais plus où donner de la tête. En réalité, je suis même totalement perdue.

Et étonnée d'être encore en vie.

Au court des jours qui suivent les résultats, ma maison devient l'endroit où il faut absolument aller en Caroline. Des filles à qui ne n'ai jamais parlé semblent se considérer comme mes meilleures amies et téléphonent pour me proposer d'aller boire des verres ensemble. Certaines personnes se cachent dans les arbres en face de chez moi pour avoir une photographie. Mon père est même obligé d'embaucher des Six pour surveiller la maison et interdire à des curieux trop téméraires de s'inviter chez nous.

Ce qui me rend folle d'angoisse.

Bien sûr, je n'ai pas été la seule à remarquer la surprise du Prince Maxon lorsque ma photographie est apparue à la télévision. Et d'aucuns ont analysés son étonnement comme un signe que je vais aller loin dans l'aventure. Certains disent même qu'il a eu le coup de foudre. Surtout quand Gravil a lu une partie de ma fiche et a relevé la question de ma première passion comme étant « le funambulisme ». D'après ce que j'ai cru comprendre -je n'ai pas vu la scène, j'étais enfermée dans la salle de bain- cela a bien fait rire Maxon.

Ma soeur May affirme même qu'il n'a jamais paru aussi beau qu'à ce moment-là.

Ce qui n'arrange rien à mon affaire.

En plus d'avoir à supporter les rumeurs déjà enflammées selon lesquelles je suis la Favorite avant même le commencement des épreuves, j'ai aussi dû supporter le mécontentement d'Aspen qui a exigé de savoir ce que j'ai réellement dit au Prince lors de notre visite à Angeles. Il est presque persuadé que nous avons eu une sorte de liaison, ce qui me met hors de moi.

Je l'ai flanqué à la porte rapidement.

C'est pourquoi je suis vraiment soulagée qu'il soit mercredi, dernière journée officielle avant mon seul et unique jour de repos.

Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, c'est aussi aujourd'hui qu'a décidé de passer mon superviseur. Celui-là est chargé de m'initier au règlement officiel. Maigre comme un clou, les cheveux gras et noirs, il souffre d'un gros problème de transpiration.

Quand il me demande de l'emmener dans une pièce où nous pourrions parler seul à seule, je suis presque prête à lui ordonner de quitter ma maison. Ce n'est que le rappel que je suis déjà dans une situation délicate qui me permet de rester calme.

Même quand il me tend un papier censé m'aider à retenir tous mes devoirs.

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« Interdiction de quitter le palais de votre propre chef. Seul le prince est habilité à vous congédier. Le roi et la reine eux-mêmes ne peuvent vous renvoyer chez vous. Ils peuvent, certes, donner leur avis au prince, mais Son Altesse a toujours le dernier mot.

Vous n'avez pas voix au chapitre quant aux audiences que vous consentira le prince. S'il souhaite vous voir en tête à tête, il en prendra seul l'initiative. Il vous est interdit de le solliciter de vous-même.

Personne ne peut vous obliger à sympathiser avec les autres candidates, mais il vous est formellement interdit de leur porter préjudice sur le plan physique ou moral. S'il s'avère que vous avez porté la main sur une concurrente, que vous l'importunez, que vous avez tenté de ternir la relation qu'elle entretient avec le prince, Son Altesse décidera si vous êtes digne ou non de poursuivre la compétition.

Sentimentalement, vous serez liée au prince Maxon, et à lui seul. Si l'on vous surprend à correspondre avec un jeune homme à l'extérieur du palais, ou en conversation intime avec quelqu'un d'autre, ce comportement sera considéré comme une haute trahison – et passible de la peine de mort.

Si vous enfreignez l'une des lois en vigueur à Illéa, quelle qu'elle soit, vous subirez le châtiment envisagé par les tribunaux. N'oubliez jamais : votre nouveau statut ne vous place pas au-dessus des lois.

Vous porterez les vêtements et consommerez la nourriture fournis par le palais. C'est une mesure de sécurité sur laquelle nous sommes très stricts.

Le vendredi, vous assisterez au tournage du bulletin du Capitole. Il pourra arriver que des équipes de télévision et des photographes soient admis à l'intérieur du palais. Vous serez tenue de rester courtoise et coopérative. Nous vous préviendrons à l'avance.

Pour chaque semaine que vous passerez au palais, votre famille recevra un dédommagement. Je vais vous laisser le premier chèque avant de partir. Par ailleurs, si d'aventure vous deviez quitter la Sélection en cours de route, des intermédiaires vous aideront à négocier le retour à une vie normale.

Si vous accédez aux dix dernières places, vous intégrez automatiquement les rangs de l'Élite et une formation spéciale vous apprendra en quoi consistent le quotidien et les responsabilités d'une Altesse Royale. Ce sont des informations confidentielles qui vous seront transmises en temps utile.

À partir de maintenant, vous accédez au rang de Trois ».

.

-C'est... beaucoup de choses à assimiler, dis-je en essayant de rester calme.

Je ne suis plus une Cinq. Je suis une Trois. Je ne veux pas être une Trois !

Je n'arrive pas à y croire.

Ils n'ont pas le droit de bouleverser ma vie comme ça sous prétexte qu'un connard de photographe a réussi à avoir un joli portrait qui n'est pas vraiment réaliste. Ou que je ne sais qui a trouvé amusant de mettre une Cinq dans un tel guêpier.

Bien entendu, je ne dis rien de tout ça à monsieur-cheveux-gras et j'appose ma signature en bas du règlement. Il me répond :

-Vous vous y habituerez. Une dernière chose. C'est une règle officieuse, dirons-nous, mais je dois vous en toucher un mot. Lorsque vous serez invitée à partager une activité avec le prince Maxon, vous devez accepter. Quelle que soit la nature de l'activité en question. Dîner, promenade, baisers - voire plus. Ne le repoussez pas, sous aucun prétexte.

L'insinuation -pas très subtile- me fait rougir et je m'exclame, horrifiée :

-Vous vous moquez de moi ?

Il est hors de question que je laisse ce Prince de pacotille, ce putain de manipulateur, cet enquiquineur de première, me toucher. Même simplement me tenir la main. Je ne suis pas une prostituée et je préfère encore la peine de mort plutôt que le devenir.

Mon superviseur, lui, n'est pas le moins du monde embarrassé.

-Je sais que cela peut paraître... malséant. Mais il ne vous appartient pas d'éconduire le prince, peu importent les circonstances.

Je le fusil du regard mais heureusement, il ne s'en offusque pas. Peut-être ne suis-je pas la seule à avoir mal pris ce genre d'information. Qui que soit l'autre personne qui a répondu au rustre chargé de notre préparation, je l'aime déjà.

-Bonne journée, mademoiselle Singer.

Et il quitte le salon sans même attendre que je lui réponde. Mon père y rentre aussitôt, inquiet.

Je ne cherche même pas à lui dire que tout va bien -ce que je fais depuis cinq jours. Au lieu de ça, je mets un coup de pied dans la première chose venue -l'ours en peluche de mon frère- et je hurle :

-Tu as entendu ce qu'il vient de dire ?!

Ce qui n »est pas possible puisqu'il était dans une autre pièce, mais ça ne m'empêche pas de continuer ma tirade.

-Il gèlera en enfer avant que je laisse cet idiot de prince me toucher ! Qu'il essaye pour voir ! J'espère pour lui qu'il a vraiment eu un entrainement militaire.

Papa est horrifié et pose une main sur sa poitrine comme pour se donner du courage. J'ai soudain peur que cela ne soit trop pour lui, mais comme d'habitude, il m'étonne par son courage.

-Ca va aller America. Ce ne sont que des bêtises. Rien ne va arriver.

Le regard épuisé de mon père suffit à me calmer. C'est sur un ton beaucoup plus bas, mais toujours scandalisé, que je confirme ses propos :

-Ça c'est sûr ! Je ne vais rien laisser arriver ! Qu'ils aillent tous au diable ! Je ne vais même pas rester une semaine là-bas !

Je me laisse ensuite tomber dans le fauteuil, également exténuée. Je commence enfin à retrouver mon calme, en imaginant mille et une façons de forcer Maxon a me laisser quitter le Concours le plus vite possible, quand quelqu'un sonne à la porte. Ce qui me donne envie de crier de désespoir. Si c'est encore un nouvel idiot pour me dire comment je dois me comporter, je ne réponds plus de rien.

Papa me jette un regard compatissant, ce qui me fait un bien fou.

Toutes les personnes que je vois me félicitent chaleureusement et me disent à quel point j'ai de la chance de faire partie de la Sélection. Et je n'ai même pas le droit de les contredire. Ma famille - Aspen est un cas à part- est la seule à savoir que je n'ai pas besoin que l'on s'émerveille de la situation, mais que l'on me soutienne.

Après tout, je n'ai aucune idée de ce qui m'attend dans les prochains jours. Ni de ce que me réserve le Prince Maxon. Contrairement à toutes les autres candidates, je suis une renégate et il en est parfaitement conscient. Le programme n'a rien de jouissif. Il pourrait très bien avoir envie de m'emmener lui-même en prison. Au meilleur des cas.

-Je vais ouvrir, me dit mon père.

Je le regarde quitter le salon et je soupire. Qui que ce soit, j'espère qu'il n'aura pas besoin de beaucoup de temps pour s'entretenir avec moi. Je tends l'oreille pour essayer d'entendre qui est notre « invité ». Pourvu que mon superviseur n'ait pas oublié quelque chose, comme par exemple la lingerie que j'aurais besoin de porter !

-August ? Quel plaisir de vous revoir, dit mon père avec confiance.

Je me redresse aussitôt de ma position avachie.

Vient-il de dire August ? Comme August Illéa ?

-J'en suis heureux aussi. Puis-je ? demande notre convive.

Il s'agit sans aucun doute de la voix du chef de l'Etoile Polaire. J'en suis éberluée. August ne quitte jamais Angeles si la raison n'est pas gravissime. Il a tellement de responsabilités qu'il n'a jamais l'occasion de partir en « vacances » se reposer. Ce qui veut dire qu'il est là pour l'Organisation.

Pour la cause.

Car je suis une Sélectionnée. Et donc un risque pour eux.

-Bien entendu, confirme mon père.

J'entends un « clic » avant qu'August ne parle de nouveau :

-Nous ne sommes pas sous-écoute.

Puis la porte du salon s'ouvre.

Comme je l'avais deviné, c'est bien August Illéa qui vient de rentrer dans mon salon. Un simple coup d'oeil à l'expression de mon père me permet de savoir qu'il est tout aussi stupéfait que moi. Bien qu'August soit vêtu totalement différemment que d'habitude -sans ses grosses bottes et sans sa boussole autour du cou- c'est impossible de se tromper. Habillé comme il l'est, il ressemble à un Deux.

Mais il a l'aura d'un Un.

-Bonjour America, me salue-t-il calmement alors qu'il s'assoit sur le fauteuil de mon père, qui vient s'installer à côté de moi.

Je suis tellement étonnée qu'il connaisse mon nom -mon nom !- que je mets quelques instants avant de répondre par un simple :

-Bonjour.

Je suis tant ridicule que j'ai envie de me recroqueviller sur moi-même. Mais je ne le fais pas. Car c'est le chef de l'Etoile Polaire qui est chez moi. Devant moi. Je regrette même de ne pas avoir fait un gâteau ou quelque chose comme ça. Je n'ai même pas un apéritif à lui offrir.

-Comment te sens-tu ? me demande-t-il.

Une multitude de réponses s'enlisent dans mon esprit : « choquée », « inquiète », « morte de peur », « heureuse de vous voir », « inquiète », « enchantée de l'accueillir chez moi », « inquiète ». Mais finalement, je dis simplement :

-Bien, je crois.

Il hoche la tête, ne croyant clairement pas un mot de ce que je viens de dire. Il faut dire que je ne me suis pas parue très convaincante à moi-même. Mais comment l'être : je suis terriblement pommée. Je vais être dans la Sélection. Je vais être chez l'ennemi.

-Je sais que tu dois avoir l'impression que le monde s'acharne contre toi en ce moment, mais j'aimerais te demander ton aide pour l'Etoile Polaire. Tu n'es pas obligée d'accepter si tu ne t'en sens pas capable.

Je suis tellement enthousiasmée à l'idée de faire quelque chose pour l'Organisation que je me lève du canapé et j'approuve aussitôt :

-J'accepte.

J'attends ça depuis des années. Depuis la mort de ma mère à mes dix-ans, en fait. J'économise des pièces dans un pot que je cache en dessous de mon lit pour pouvoir aider la Cause et rentrer dans un des camps. Je veux participer. Je suis prête à donner ma vie pour ça, comme un remboursement pour celle de May et Gerard.

Ma réaction amuse notre chef qui s'esclaffe et me fait signe de me rassoir. Je m'exécute, mais je reste surexcitée. La fatigue qui ne m'a pas quitté ces derniers jours disparait instantanément. L'Etoile Polaire a besoin de moi !

-Indubitablement courageuse, constate-t-il. Mais tu devrais peut-être attendre de savoir de quoi il s'agit avant d'accepter.

Je secoue la tête de droite à gauche pour réfuter ce qu'il vient de dire.

-Cela n'a pas d'importance. Si ça peut aider l'Etoile Polaire, je suis d'accord.

Ma voix ne tremble pas et je suis certaine que je dégage une impression de confiance. Ou du moins c'est ce que j'espère. Je n'ai jamais été aussi sûr de quoi que ce soit de ma vie plus qu'en cet instant : je suis certaine de vouloir aider la Cause. Papa pose une main sur mon épaule et je sais qu'il est fier de moi et de mon courage.

-Ce dont je te remercie. Je voudrais que tu serves d'intermédiaire entre le Prince Maxon et les Renégats du Nord. Il sait déjà que tu es une renégate et va surement de toute façon essayer de te soutirer le plus d'informations possibles. Ce qui pourrait être désavantageux. Cependant, il nous a déjà clairement indiqué qu'il voulait discuter avec nous, voire même collaborer. Ta position comme Sélectionnée pourrait être une aubaine pour nous : infiltrer le coeur de la monarchie, en apprendre le plus possible sur les intentions du Prince et entamer des négociations. Le tout sans compromettre la position de nos autres infiltrés.

-Je ne serai pas seule ? je réalise ébahis.

-Non, c'est une promesse. Nous veillerons sur toi.

Un sentiment de chaleur se propage dans mon ventre. Je me sens indubitablement soulagée de ne pas me retrouver seule au château royal. Puis soudain, je réalise ce que me demande August. Il ne veut pas que j'aille dans la Sélection comme une jeune fille à la recherche d'amour. Il veut que je fasse semblant de l'être et que j'agisse en dehors des caméras comme une renégate. Que je reste.

Pour l'Etoile Polaire.

-Vous voulez que je sois l'ambassadrice non-officielle de l'Etoile Polaire, c'est bien ça ?

-Exactement.

C'est une proposition tout à fait logique. C'est comme un jeu d'échec. Puisqu'un pion est forcé de se déplacer, autant s'en servir. Peut-être que ce pion pourra permettre un « échec et mat ». L'esprit plein de pièces d'échiquier, j'approuve :

-Cela ne sera pas un problème. Enfin, sauf si Maxon me vire tout de suite de la Sélection.

August me lance le même sourire que celui qu'on offre à un enfant pour lui expliquer à quoi sert un balai. Je n'ai aucun mal à comprendre, qu'encore une fois, j'ai mal analysé la situation et que le Prince héritier ne va pas me laisser partir si facilement. La question est: pourquoi.

-Il ne le fera pas. Il va vouloir en apprendre le plus possible sur nous avant. Ça sera donc à toi de doser petit à petit les infos que tu lui donneras pour le garder le plus possible en haleine.

J'ai l'étrange impression qu'il ne me dit pas tout, mais j'écarte mes inquiétudes non-justifiées.

-Ca ne devrait pas être trop compliqué, je déclare.

Ce n'est pas tout à fait vrai. Je n'ai aucune idée de comment « tenir en haleine » Maxon. Surtout que j'ai bien conscience -grâce à l'Etoile Polaire, c'est vrai- qu'il est un politicien et un manipulateur expert. Pas moi. Je suis même le contraire : une gaffeuse. Je pourrais très bien faire échouer toutes les négociations en donnant au Prince trop d'informations. Ce qui est hors de question : je serai parfaite. Ni plus, ni moins. Je vais faire tout mon possible pour être à son niveau. Qui sait, peut-être qu'avec de la chance, l'ambiance trompeuse du château fera des miracles sur mon esprit d'analyse.

-Fais très attention au Roi Clarkson, m'avertit August. C'est un homme sans coeur qui a des espions partout. S'il apprend que tu es une renégate, tu seras morte avant d'avoir compris pourquoi.

Je frisonne. Je n'ai pas vraiment peur du Prince d'Illéa, mais Clarkson est un être effrayant. Si j'ai le choix, j'espère rester le plus loin possible de lui. Voire même de ne jamais être en sa présence.

-Je vais faire attention, je promets.

La main sur mon épaule se resserre et j'essaye de transmettre à mon père toute ma confiance d'un regard. Je veux qu'il sache que je n'ai pas peur : ni du Roi, ni de son fils. Qu'il sache que je me sens prête à passer cette épreuve. Qu'il n'a pas à s'inquiéter pour moi : je suis sa fille, je suis une battante et il faudra plus qu'un jeu stupide pour m'arrêter.

-Tu as choisies comment te préparer pour ton départ ? s'enquiert soudain notre chef.

Déroutée, je me mords la lèvre inférieure.

-Avec l'uniforme officiel ? je propose.

On m'a clairement indiqué que pour effectuer le voyage vers Angeles, chacune des candidates doit avoir une tenue identique pour éviter toute démarcation selon la Caste et les revenus. C'est d'ailleurs pourquoi nous aurons tous des vêtements faits sur-mesure quand nous serons arrivés. Ce qui me semble être la seule mesure de bon sens de cette compétition.

-Oui, bien sûr, mais pour le reste ? Le maquillage, la coiffure, les chaussures, les bijoux ?

Je hausse les épaules.

Avec tout ce qui m'est tombé dessus ces derniers temps, je n'ai pas vraiment pensé à ce genre de détail. En fait, j'allais sans aucun doute mettre les premières chaussures de mon armoire et faire une queue de cheval. Jusqu'à maintenant, mon objectif avait été de partir le plus vite possible du concours. Maintenant je dois rester. Ce qui sous-entend faire des efforts.

-C'est très important ? je me renseigne.

Mais je connais déjà la réponse.

-Tu vas devoir représenter non seulement la Caroline, mais aussi l'Etoile Polaire. Tu dois faire une excellente première impression, m'explique August.

Je ne suis guère enchantée par cette idée. S'il y a bien une chose que j'ai du mal à faire, c'est intéresser les gens. Généralement, je suis tellement opposée à eux qu'ils ne me supportent pas. La seule chose qu'ils apprécient chez moi c'est le piano, le violon et ma voix.

Sinon, dès que j'ouvre la bouche pour parler, c'est toujours un désastre.

-Je ne suis pas très douée pour faire bonne impression.

Mais August ne me croit pas.

-Ça devrait aller. Tiens-toi droite, montre-toi aimable, salue le plus de personnes possibles, sois souriante et nous nous occuperons nous-mêmes de ta préparation.

-C'est-à-dire ? je l'interroge.

Comment ça, ils vont s'occuper de ma préparation ?

-Georgia va se faire un plaisir de te rendre mémorable...

Il se tait un instant, me dévisage avec intérêt, puis termine :

-...on va faire de toi la favorite du peuple !

o

Comme l'avait annoncé August, Georgia a investi ma maison avec plusieurs valises. La jeune femme, d'un naturel électrique, semble avoir conquise ma petite soeur dès le premier regard et May ne veut pas la quitter d'une semelle. Dans son sillage, la bonne humeur reprend le pas, même si ce n'est que temporairement.

La présence de la dirigeante en seconde de l'Organisation chez moi me surmotive à donner le meilleur de moi-même. En cuisine, j'innove pour qu'elle puisse manger quelque chose de bon. Je découvre très vite que, pour une si petite femme, elle a un appétit féroce.

Georgia et mon père, évidemment, s'entendent parfaitement. Quand il lui explique pourquoi j'ai dû m'inscrire à La Sélection, elle le rassure en affirmant que j'avais fait le bon choix. J'aurais risqué bien plus en ne m'y présentant pas et en attirant les soupçons des renseignements. Les rides sur le visage de mon géniteur semblent s'alléger.

Ce dont je suis reconnaissante.

Aujourd'hui est ma dernière journée à la maison avant mon grand départ. Ce qui me stresse énormément, bien que je fasse mon possible pour que personne ne le remarque. En cela, Georgia est une bénédiction.

Nous sommes dans le salon. Tous les meubles ont été bougés pour que je puisse avoir de la place pour me préparer. Les garçons sont à l'étage et ont interdiction formelle de venir ici. C'est presque comme une soirée entre filles, mais je n'ai pas beaucoup de points de comparaison.

-Tu as déjà marché avec des talons aiguilles ? me demande-t-elle tout en levant devant moi une paire d'escarpins blancs dont les talons transparents sont tellement fins qu'ils paraissent prêts à se rompre sous mon poids.

Je ne suis pas une grande férue de mode. Quand on est d'une caste inférieure, on préfère généralement utiliser notre argent pour manger que dans des habits. Mais je ne suis pas non plus dénuée de bon sens. Je suis une Cinq, une artiste et je ne peux donc pas être totalement en dehors des tendances vestimentaires.

Tout de même, mon côté garçon manqué a eu quelques répercussions sur ma façon de me vêtir. J'ai toujours préféré les pantalons -plus pratiques pour monter aux arbres- que les robes. Et si je suis capable de tenir droite avec des chaussures à talon, marcher est une tout autre affaire.

-Eh bien, je commence en me grattant la tête.

Je sais que j'ai l'air ridicule avec mon expression inquiète, mais je ne peux pas m'en empêcher. Les talons sont vraiment hauts et fins.

-Ca ne devrait pas te poser de problème, lady funambule.

Le surnom me gène. Je n'ai jamais aimé les surnoms mais celui-ci est encore pire. Il me rappelle la façon grotesque dont j'ai été repérée en train de voler la royauté par le Prince héritier, qui s'en est moqué à la télévision. Si jamais il m'apostrophe à nouveau de la sorte, je vais lui faire regretter d'être né.

Même si je suis censée être agréable. Ça n'a jamais été mon fort de toute façon.

-On peut tuer quelqu'un avec ces chaussures, je constate.

Peut-être que c'est ce que l'Etoile Polaire veut ? Que j'ai une arme toujours sur moi ? Ou que je me ridiculise devant tout Illéa en m'écroulant de tout mon long ? Ce qui ne serait pas très logique s'ils veulent faire de moi la « favorite » de La Sélection. Voire même contreproductif.

Ma déclaration a le mérite de faire rire Georgia à gorge déployée. May, qui était juste à côté d'elle, en profite pour lui prendre les chaussures des mains et les admirer à son tour.

-Je peux les essayer ? demande-t-elle.

Sans surprise, Georgia est d'accord. Les escarpins vont parfaitement à ma soeur et lui font gagner une bonne dizaine de centimètres. Elle serait même plus grande que moi si elle n'avait pas la tête baissée pour contempler ses pieds.

Je dois avouer que la paire est vraiment magnifique et permet d'élancer parfaitement le corps de ma soeur. Malheureusement, sa façon de se tenir ressemble atrocement à la mienne et quand elle fait quelques pas, elle se tord rapidement le pied.

Ce qui termine de me convaincre qu'il s'agit d'une très mauvaise idée.

-Je n'arrive pas à avancer avec ! s'égosille May.

Mais elle ne les retire pas pour autant de ses pieds.

Georgia -dont les talons sont aussi hauts- pose alors un magazine sur sa tête et lui ordonne :

-Recommence, mais ne le fait pas tomber.

May essaie vraiment d'y arriver et y trouve même une certaine grâce mais finalement le magazine finit par tomber. Georgia, experte en la matière, explique rapidement à ma soeur qu'elle doit poser la pointe des pieds avant de poser l'arrière. Elle commence alors une théorisation burlesque sur l'importance des orteils dans l'équilibre avant de me forcer moi aussi à enfiler une autre paire.

Contrairement à mes pires craintes, je ne m'écrase pas sur le sol. Mais le magazine a beaucoup de mal à ne pas tomber, surtout que j'ai la manie de vouloir contrôler mes pieds. Ce que je n'ai plus le droit de faire, affirme ma supérieure. Si je suis la représentante de l'Etoile Polaire, mes yeux ne doivent jamais être baissés.

J'essaye encore une fois.

Finalement, nous passons une grande partie de la soirée et de la nuit à essayer d'étudier la démarche des mannequins à la télévision et à la mettre en pratique. Au bout de trois heures, Georgia me libère enfin et je file dans ma chambre pour dormir. Malgré mes jambes lourdes, je tombe presque tout de suite endormie.

Le réveil est cependant bien trop tôt.

La journée commence mal.

Kenna, ma grande soeur, exténuée par sa grossesse, arrive à l'aube. Elle et son mari James sont venus me dire au revoir. Kota -mon grand-frère- a fait lui aussi le déplacement. Il habite loin désormais, mais continu de soutenir financièrement la famille. Avec tout l'argent qu'il gagne, il pourrait s'acheter un titre et changer de caste. Mais ce n'est pas dans ses projets et il préfère financer l'Etoile Polaire.

Papa est très fier de lui. Mais je n'ai même pas le temps de vraiment leur dire bonjour que Georgia m'entraîne de force dans la salle de bain.

Nous passons tellement de temps à me préparer qu'il est quasiment l'heure de partir quand j'en sors enfin, méconnaissable.

Comme l'impose le règlement, je porte un pantalon noir slim et une chemise blanche. Georgia a catégoriquement refusé de me laisser fermer les trois derniers boutons. Mes longs cheveux ont été remontés dans un élégant chignon que plusieurs lys (la fleur qui symbolise la Caroline) entourent. Quelques mèches restent en dehors de la coiffure, mais elles sont frisées et laquées.

Ma préparatrice a aussi très peu lésiné sur le maquillage. Heureusement, ce dernier est assez subtil pour me rendre jolie sans me rendre vulgaire. La seule chose qui détonne réellement est ma bouche, qui a pris une couleur rouge-écarlate ce qui me parait redondant par rapport à la couleur de mes cheveux. Georgia affirme que c'est très ergonomique et je n'ose pas la contredire.

Pour les chaussures, j'ai droit à une élégante paire de bottine blanche avec d'énormes talons-aiguilles. Serties de perles à l'avant, elles ont l'avantage de tenir fermement ma cheville et marcher me parait bien plus facile qu'hier. Enfin, pour parcheminer le travail, l'Etoile Polaire me prête une parure imitation diamants qui brille de mille éclats.

Papa est totalement stupéfait en me voyant sortir de la salle de bain et je le comprends. Je ne ressemble plus vraiment à la petite fille qu'il côtoie tous les jours et qu'il a élevé, mais à une riche femme capable de faire tomber un homme à ses pieds d'un regard. Je ressemble à une potentielle favorite, comme le souhaite l'Organisation.

Et j'espère sincèrement ne pas faire quelque chose qui pourrait gâcher le travail extraordinaire de Georgia, qui s'est débrouillée pour faire du vilain petit canard un cygne.

Lorsque nous remontons le trottoir vers la limousine avec chauffeur qui nous a été fournit pour des raisons de sécurité, Kota fait de son mieux pour éviter les photographes et les badauds et refuse de venir dans la voiture. Georgia non plus ne vient pas pour sa propre sécurité. Le trajet se déroule dans un silence de mort. Mon seul réconfort vient de May. Elle ne me lâche pas d'une semelle et elle s'évertue, au prix de mille efforts, à me remonter le moral.

Celui-ci n'a pas été plus bas depuis deux jours, mais même si j'ai pleinement assimilé le fait que je vais devoir laisser ma famille, c'est encore plus concret maintenant. Je combats vaillamment les larmes qui me montent aux yeux. Cela serait rendre un bien triste hommage au travail de Georgia de gâcher son maquillage à cause d'un moment de faiblesse.

Je suis triste, je n'ai pas le moral, je suis anxieuse, mais je suis aussi courageuse : je ne vais pas me laisser abattre et je vais donner à l'Etoile Polaire ce qu'ils veulent : une favorite.

C'est avec la main de May dans la mienne que je pose le pied sur une place noire de monde. La province de Caroline tout entière semble s'être donné rendez-vous pour assister à mon départ... ou me huer.

Une fois plantée sur l'estrade, je vois en contrebas une véritable marée humaine, des centaines d'yeux fixés sur moi. Et le fossé entre les castes me frappe de plein fouet. Margareta Stines, une Trois, m'adresse des regards sombres, comme si je lui avais volé quelque chose qui lui appartient de droit. Quant à Tenile Digger, une Sept, elle m'envoie une rafale de baisers. Les plus modestes m'acclament, moi, la fille normale qui a gravi les échelons de la réussite. Je comprends alors ce que je signifie pour eux, ce que je représente dans leur vie et j'essaie de fixer mon attention sur ces visages tout en gardant la tête froide.

Je suis déterminée à être à la hauteur de leurs attentes, de leurs espoirs. La meilleure des Sélectionnées, la patronne des déshérités. America Singer : la championne des petites gens. Et le gladiateur de l'Etoile Polaire. Ma vie est devenu un roman pour tarés.

Le maire s'exclame en gesticulant :

-... et la province de Caroline va offrir un tonnerre d'applaudissements à la fille de Shalom Singer, America Singer !

Toutes les personnes présentes s'exécutent aussitôt face à l'autorité du maire. Certains le font de bon coeur, d'autres parce qu'ils n'ont pas le choix. Plusieurs personnes crient même mon prénom, à l'instar de ce qu'ils avaient faits au bureau administratif en hurlant celui de Maxon. Contre toute attente, cela ne me gêne pas réellement.

Certains membres du public lancent même des fleurs sur l'estrade. Quand un lys tombe à mes pieds, je me baisse avec le plus de dignité possible pour le ramasser et j'envoie des baisers au public. Je sais que les fleurs ne sont pas données et qui que soit mon admirateur, il a dû dépenser une certaine somme d'argent. Quoi qu'il arrive, je me souviendrai toujours du soutien dont ils ont fait preuve dans l'une des journées les plus horribles de ma vie.

-Mesdames et messieurs, félicitons une dernière fois America Singer, la fille d'Illéa à laquelle nous enverrons tous nos encouragements ! s'écrie le maire.

Derrière moi, une fanfare locale joue l'hymne national. Nouveaux vivats, énièmes fleurs. Mon coeur manque de s'arrêter en voyant Aspen brandir une pancarte où est écrit : « vive America ». J'en oublie même que je suis en colère contre lui pour ses insinuations. Le maire me chuchote à l'oreille :

-Veux-tu prononcer quelques mots, ma petite ?

En temps normal, j'aurais surement refusé de parler. Je n'aime pas l'exubérance. Mais aujourd'hui, je suis parfaitement consciente que c'est ce que demande la population. Si je veux être leur favorite, si je souhaite les représenter dignement et rendre fière l'Etoile Polaire, je dois finir le travail qu'a commencé Georgia. Je dois les charmer.

-Avec plaisir.

Je réalise, à l'expression surprise du maire, qu'il ne pensait pas que j'allais accepter. Je me demande alors si je n'ai pas déjà fait mon premier faux-pas. Une certaine inquiétude me ronge -je n'ai jamais été très douée dans ce qui relève de la politique- et je sais que je me mets en danger. Mais il est trop tard puisque le maire me tend déjà le micro.

Je l'attrape fermement. Je suis une chanteuse, je ne vais quand même pas avoir peur d'un micro. Ni finir de me ridiculiser en le laissant choir par terre. J'improvise rapidement un discours.

-Bonjour à toutes et à tous. Je suis heureuse de vous voir tous ici aujourd'hui, avec moi, en cette journée si spéciale. Je vous en remercie de tout mon coeur. Il y a une semaine de ça, être choisie pour représenter la Caroline n'était qu'un rêve. Aujourd'hui, je suis en train de vivre un conte de fées éveillé. Je ne peux pas être plus heureuse aujourd'hui de représenter cette province étonnante, vive et profondément bonne. Mon père, qui est avec nous aujourd'hui, m'a expliqué un jour l'origine du nom de notre province : Caroline. Celui d'une femme qui, prête à tout pour défendre la liberté, n'a pas hésité un seul instant à sacrifier sa propre vie pour arrêter des agresseurs d'entrer en Illéa. Je suis fière d'être d'Illéa, fière d'être de Caroline et de porter un aussi bel héritage. Et je ferai tout mon possible pour que vous le soyez aussi. Avec votre soutien, je suis certaine de ne pas faire d'erreurs. Vous êtes incroyables ! Merci à tous !

Mon discours est suivi par quelques secondes de silence, puis d'une liesse massive. Stupéfaite, je remarque que tout le monde -même des Un- applaudit vivement. Margareta Stines a une main posée sur le coeur et m'accorde un vrai sourire. C'est inattendu et réconfortant : j'ai peut-être bien fait de parler. Je fais ensuite la seule chose logique qui me passe par la tête : j'entame notre hymne nationale.

Et la population locale me suit.

C'est quelque chose d'étrange d'être au milieu de cette foule et de les captiver ainsi. Je suis une Cinq, j'ai l'habitude des spectacles, mais c'est très différent pourtant. Il y a comme un lien qui vient de se former entre nous tous, une compréhension mutuelle. Une même identité. Pas différentes castes.

C'est presque magique.

Une fois terminé, je retourne le micro à son propriétaire légitime qui me serre la main avec empressement. Puis le maire improvise alors un éloge enthousiaste face à un public acquis à sa cause et signale au passage que je suis très intelligente, très mignonne et courageuse. Comme tous les habitants de Caroline. Ce qui déclenche encore des « hourras ».

Soudain sonne l'heure des au revoir. Mitsy, mon garde du corps, m'ordonne de faire mes adieux le plus rapidement et le plus discrètement possible, sur l'estrade. Elle me conduira ensuite à la limousine.

Je suis à peine descendue qu'un mouvement de foule surprend Mitsy. Mon départ discret est un échec et la sécurité est dépassée par l'enthousiasme de la foule. Heureusement, j'arrive à garder un équilibre précaire et je me glisse vers la limousine où m'attend mon père, mes deux soeurs et mon petit frère. Cependant, avant de rentrer à l'intérieur, je tente de faire un gracieux signe de la main à la foule -je ne l'avouerai jamais, mais j'essaie d'imiter le geste de Maxon- ce qui déclenche un deuxième mouvement de foule. Mitsy me force presque à rentrer dans la voiture et donne de multiples ordres dans sa radio.

Je sais aussitôt que ma sécurité va encore augmenter d'un cran.

-Ça va, me demande mon père en me prenant aussitôt dans ses bras.

-Est-ce que j'ai été bien ? je demande.

Je ne pense pas avoir mal agis, mais l'empressement de la population pourrait aussi très bien agacer le Roi. Ce n'est pas une perspective agréable.

Mon père me rassure :

-Tu as été exceptionnelle, America. Une vraie petite politicienne.

Je prends la nouvelle avec soulagement.

Tandis que la voiture avance, Gerad vient se coller contre moi. Mon doux petit frère me considère comme une figure maternelle et encore une fois, celle-ci s'en va alors qu'il a encore besoin d'elle. Je le serre contre ma poitrine.

-Sois sage, d'accord ? Et mets-toi au piano. Montre au monde entier que tu es un génie. Tu me feras écouter tout ça à mon retour.

-Je t'aime, America.

-Je t'aime aussi. Ne sois pas triste. Je vais rentrer très vite à la maison.

Il croise les bras et se met à bouder. Je ne pensais pas qu'il réagirait de cette façon.

-Ce n'est pas vrai. Tu vas devenir Reine et tu ne vas pas revenir.

L'accusation me laisse pantoise. Bien entendu, mon petit frère a dû entendre quelque part que j'étais la favorite et que j'allais quitter la Caroline pour de bon. Il ignore totalement que je ne pars pas de chez nous pour conquérir le coeur d'un Prince, mais car je n'ai pas le choix. Il croit que je l'abandonne.

Je ne pardonnerai jamais à La Sélection pour lui faire croire une telle horreur. Je n'abandonnerai jamais mon frère.

-Je vais revenir mon chéri. Peu importe comment, je reviendrai.

Il ne me croit pas.

Et ça me brise le coeur.


Bonsoir, voici le chapitre 4 un peu à l'avance car je sais que demain ne serais dans l'impossibilité de le publier (vive le travail...). J'espère que vous l'avez aimé et qu'il reste assez cohérent.
Bientôt, America va retourner au Palais. Enjoy.
Merci à tous d'avoir lu cette histoire, et particulièrement à Riza Deumbra pour avoir laissé un gentil commentaire (je n'en reviens toujours pas).
Sorry s'il reste des fautes.
Bises à vous,
Kallen