Résumé de l'histoire: America Singer est beaucoup de chose. Une Cinq, une Sélectionnée, mais aussi et surtout une Renégate. Le Prince Maxon, héritier du trône d'Illéa, en est bien conscient. Mais rien n'est plus attirant que de jouer avec le feu.
Crédit: La saga littéraire La sélection appartient à Kiera Cass, tout comme les personnages. Rien n'est à moi, je ne suis pas ayant-droit, et je ne fais qu'emprunter les personnages dans un but de divertissement non lucratif.
N/A: Merci à Riza Deumbra pour son commentaire.
Politiquement incorrecte
« L'oiseau doit un jour s'envoler à son tour"
-5-
Quand nous arrivons à l'aéroport, j'ai énormément de mal à laisser ma famille dans la limousine. May fond même en larme et j'exige plusieurs fois à mon garde du corps de nous laisser quelques instants. Elle n'est pas enchantée par l'idée, mais accepte quand je la menace de la frapper avec mes chaussures. Ce qui est une intimidation tellement ridicule que May ricane malgré ses pleurs.
Quand j'arrive finalement à sortir de la voiture, j'ai de nouveau besoin de rassembler tout mon courage pour ne pas flancher et essayer d'y retourner. Avec un dernier signe de la main, je m'éloigne d'un pas décidé vers l'aéroport.
Contrairement à la mairie de Caroline, il n'y a quasiment personne à l'intérieur. Ceux qui sont présents doivent avoir reçu l'ordre de ne pas m'approcher, car ils restent éloignés. Cela n'empêche personne de me suivre du regard.
La dernière fois que je suis venue ici, c'était lors de mon retour d'Angeles il y a un mois de ça. Le contraste est frappant. A l'époque, l'aéroport était plein de monde et les gens ne faisaient pas attention à moi. En court de route, je me suis retrouvée dans une nouvelle dimension.
Misty m'emmène jusqu'à une petite salle confortable. Un salon de luxe pour les VIP, il me semble. Les fauteuils à l'intérieur sont plus confortables que ceux que j'ai chez moi et l'écran télévisé accroché sur le mur fait au moins dix fois la taille du mien. L'exubérance m'agace prodigieusement : quel intérêt ?
Puisqu'il n'y a encore personne dans la salle, j'allume la télévision. Comme à s'en douter, seule la chaine nationale est programmée pour le moment. Et comme par hasard, le sujet actuel n'est autre que le départ des candidates de La Sélection vers le château royal.
J'ai appris par coeur les noms et les castes de toutes les Sélectionnées en mémorisant leur visage et je suis soulagée de voir que je n'ai pas besoin des bandes d'informations en bas de l'écran pour reconnaitre mes « concurrentes ». Pour le moment, je vois en direct Anna Farmer -une Quatre- étreindre ses amis puis partir vers un long couloir. Elle pleure. Je n'ai aucune idée si c'est de joie ou de tristesse. La caméra ne suit pas la jeune femme.
Gravil apparait alors sur l'écran, tout sourire. Il est encore une fois pomponné et je n'ai désormais plus aucun doute sur le fait qu'il porte du maquillage : il a du phare-à-joues !
-J'adore cette Anna ! s'écrit-il d'une voix surexcité. C'est une jeune fille à fleur de peau, c'est évident. Mais est-ce que ça va plaire au Prince ?
J'ai à peine le temps de me demander à qui il parle quand le visage d'une autre femme -que je n'ai jamais vu- apparait à son tour à l'écran. Elle a de jolis yeux bleus et un sourire d'ange. Je découvre, grâce au ruban d'information, qu'il s'agit de la dauphine de la dernière Sélection. Celle qui, à une place près, aurait pu devenir la reine d'Illéa.
La femme la plus importante du pays.
-C'est à la fois un avantage et un inconvénient, répond-elle. Un avantage, car les hommes s'attendrissent quand ils voient une femme en train de pleurer. Un désavantage, car elle ne cherche pas à acquérir n'importe quel homme, mais le futur Roi. Une Reine ne peut pas se montrer si émotive. Cela nécessite du contrôle. Notre bien aimé Majesté en est conscient.
Je grimace. Est-ce que toutes mes actions vont être analysées de la même façon ? Est-ce que des pseudo-professionnels vont passer leur temps à décortiquer chacun de mes faits et gestes ? Ce n'est pas une idée très agréable. Me voilà prévenue : je n'ai vraiment pas le droit à l'erreur.
A la télévision, Gravil aborde un sourire satisfait.
-Exactement. Mais être une bonne Reine, c'est aussi savoir séduire la population, n'est-ce pas ?
L'ex-candidate approuve :
-Oui. Et le Prince Maxon sera particulièrement sensible à la façon dont chacune des candidates va être accueillie par la population. L'un des moyens les plus sûrs pour lui voler son coeur, c'est de voler en même temps celui des citoyens d'Illéa.
Ce qui est parfaitement logique. Dans La Sélection, il n'y a rien de laisser au hasard. La fille qu'épousera Maxon devra être parfaite : jolie, intéressante, bien née. Si les citoyens d'Illéa n'aiment pas une des candidates, celle-ci partira prestement. Après tout, il est hors de question pour la royauté de perdre du crédit devant son peuple pour une fille.
Gravil est enchanté.
-Et dans ce registre, nous avons déjà une favorite !
Tiens, j'ai déjà été détrônée ?
Mais ce n'est pas le cas, car les images qui passent ensuite à l'écran ne me sont pas étrangères. Et pour cause, il s'agit de mon départ de Caroline. Installée sur l'estrade de la mairie, je suis en train de brandir le lys qu'on m'a offert, comme d'autres brandiraient le poing, provoquant une foule en délire. Je ressemble à une femme prête à tout pour gagner la compétition.
Ce qui me tétanise : ce n'est pas du tout l'image que j'avais voulu donner.
J'éteins la télévision, refusant d'entendre un commentaire de plus. Surtout pas sur moi. C'est ce que l'Etoile Polaire voulait : que je fasse bonne impression. Mais c'est désagréable.
Ce n'est que temporaire, j'essaie de me rassurer. Une fois que je saurai avec certitude si Maxon veut vraiment négocier avec l'Organisation, je partirai. De toute façon, il n'y a aucun risque qu'un Prince puisse vouloir épouser une renégate. Encore moins une Cinq, je tente de me rassurer.
Quelques minutes plus tard, deux filles vêtues à l'identique - chemise blanche associée à un pantalon noir - franchissent les portes de l'aéroport, leurs gardes du corps chargés comme un mulet sur les talons. Contrairement à moi, elles n'ont pas pris autant de temps que moi à se pomponner, c'est certain. Ca n'empêche pas qu'elles soient magnifiques.
Je me relève de mon fauteuil pour les saluer.
-Bonjour, je m'appelle America.
Une petite blonde aux yeux bruns, Marlee je crois, prend la parole :
-Oui, je te reconnais ! Tu es la jolie rousse !
L'éloge me fait monter le sang aux joues et je suis heureuse d'avoir autant de couches de fond de teint.
Sans crier garde, la jolie blonde me prend dans ses bras. Je lui rends maladroitement son étreinte : je n'ai jamais été quelqu'un de très câlin, surtout pas avec des étrangers. Hormis avec ma famille, mes contacts avec l'extérieur sont limités.
-Je me présente : Marlee, et voici Ashley.
Ashley aussi est blonde, mais je la trouve bien moins jolie que Marlee. Tout de même, elle est clairement au-dessus de la moyenne. Non pas qu'il puisse en être autrement : elle est dans la Sélection, après tout. Ce qui exige un certain niveau.
-J'adore tes cheveux ! gazouille Marlee. J'aurais trop aimé avoir les cheveux roux. Ça donne tellement d'énergie au visage. Il paraît que les roux ont mauvais caractère, tu confirmes ?
C'est une rumeur qui m'est déjà parvenue aux oreilles. Et c'est totalement faux.
-Les gens ne font simplement pas la différence entre avoir mauvais caractère et avoir du caractère, je rectifie.
Ce qui déclenche à ma grande joie le rire de mes deux compères. J'ai tellement eu peur que les filles ne soient que des idiotes que je me félicite qu'au moins deux d'entre elles ne le soient pas. C'est rassurant, mais je ne dois pas non plus oublier qu'elles sont des compétitrices. Ce qui veut dire qu'elles sont très bien capables de cacher leur jeu.
Nonobstant ce fait, j'ai l'intime conviction Marlee n'a rien d'une rivale acharnée. A priori, je semble plus investie qu'elle dans la concurrence, ce qui est un comble : je ne voulais même pas mettre mon nom dans l'urne. Et j'ai vraiment envie d'avoir des alliés dans la Sélection -même si August m'a assuré que je ne serai pas seul.
J'entame donc la conversation avec elle.
Marlee est une jeune fille très authentique. Elle adore aller au cinéma et connait le nom de tous les acteurs d'Illéa. A côté d'elle, je passe pour une ignare. Mais comme elle affirme que très peu de monde a autant de connaissances sur les films, je suis rassurée. Je suis quand même un peu jalouse.
Ashley est quant à elle une fille très réservée et elle semble avoir peur de moi. Ce qui est la chose la plus absurde que je n'ai jamais entendue : je n'ai rien d'impressionnant.
Nous discutons ainsi pendant des longues minutes. C'est fort instructif. J'apprends par exemple que toutes les deux filles ont analysées le sujet du funambulisme comme étant une façon détournée du Prince Maxon de dire qu'il aime les filles avec des talons. J'en reste perplexe : aurais-je mal compris le message ?
Au final c'est justement un bruit de talons claquant sur le carrelage qui interrompt notre conversation. Nous tournons toutes la tête en même temps et Marlee reste bouche bée de stupeur en découvrant la quatrième fille du groupe : Celeste Newsome, une Deux.
Il faut dire qu'elle en dégage avec ses magnifiques cheveux bruns, ses lunettes de soleil et son air ferme et froid. Ashley se glisse derrière moi comme si j'étais son garde du corps et instinctivement je me prépare à la protéger de n'importe quelle attaque. Je mets en cause mon instinct maternel pour cette réaction : la petite blonde est tellement fragile que n'importe qui devrait avoir envie de l'aider. Marlee aussi se met derrière moi et je me retrouve comme rempart entre elles et la brune. Elle s'arrête pile à quelques centimètres de moi quand elle réalise que je ne vais pas reculer d'un pouce.
-Quand est-ce qu'on part ? demande-t-elle, d'un ton méprisant.
Ce qui achève de m'agacer. Pour qui elle se prend celle-là ?
-A toi de nous le dire.
Elle me détaille des pieds à la tête en me jaugeant entièrement. Je fais semblant de ne rien en avoir à faire. A l'intérieur, je brûle de la remettre en place.
-Excuse-moi, il y a pas mal de gens qui voulaient me dire au revoir. C'est à eux que tu dois te plaindre, rétorque-t-elle.
Le message est clair : elle ne m'aime pas. C'est tant mieux, la réciproque est vraie. Parmi toutes les choses que je déteste, l'air supérieur qu'affichent les castes supérieures est en tête de liste. Celeste en est l'incarnation même.
Un homme se matérialise sur notre gauche.
-Il paraît que nos quatre Sélectionnées sont là ?
-Mais oui, cher monsieur, lui répond Celeste d'une voix angélique qui le fait fondre sur place.
Ah. Elle vient d'abattre ses cartes.
Une autre manipulatrice. Tout compte fait, Maxon pourrait très bien trouver son alter-ego dans le Concours. Ils feraient un magnifique couple à la tête du pays : les deux connards du royaume. Nous suivons l'homme jusqu'au jet privé -oui ! un jet privé !- ou une hôtesse nous accueille.
Le vol n'a rien à voir avec les quelques autres fois où j'ai pris l'avion. Avec mon père, nous sommes toujours dans les classes économiques, entassés les uns contre les autres. On ne s'en plaint pas. C'est déjà un privilège pour un Cinq de pouvoir se déplacer autrement qu'à pied. Voyager en privé est très différent : j'ai de la place, des collations à volonté et même un hublot !
Celeste dort durant tout le trajet (un répit de courte durée, mais bienvenu pour nous trois). Ashley rabat son plateau et s'attelle à la rédaction de plusieurs lettres avec entrain. Elle affirme avoir besoin de communiquer avec ses amis avant de se fermer dans sa bulle et de nous oublier.
-Elle est tellement élégante. Depuis qu'on a fait connaissance, elle n'a commis aucun faux pas. Ça va être une rivale dangereuse, dit Marlee en la désignant d'un coup de tête.
Ce n'est pas vraiment ma première impression. Ashley a de très bonnes manières, c'est vrai, mais elle me parait surtout beaucoup trop fragile et réservée. Elle se ferait manger par des concurrentes comme Celeste. Quoi qu'il se passe, je crois que je n'arriverai pas à considérer les deux jeunes filles comme des ennemies. Une partie de moi les aime déjà.
-Je n'ai pas de rivale, je réponds donc.
Marlee comprend très mal ce que je viens de dire, car elle s'enclenche :
-Oui, c'est vrai. Tu es très jolie. Et le Prince est déjà fou de toi !
Maxon ? Fou de moi ?
Elle a complétement perdu la raison. Peut-être à cause de la pression de l'oxygène dans l'habitacle ?
-Mais non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Simplement que je préfère avoir des amies que des rivales. Et le Prince n'est pas fou de moi.
Ca, elle va vite s'en rendre compte.
-Oui, tu as raison. Nous ne devrions pas être ennemies. Je ne veux pas en avoir. Celeste, en revanche...
Elle jette un coup d'oeil accusateur à la brune endormie, comme si elle craignait que cette dernière ne le soit pas vraiment et qu'elle écoute la conversation.
-Elle ne joue pas dans notre catégorie, je termine à sa place.
Marlee approuve et déclare :
-Merci de m'adresser la parole. J'avais peur que toutes les filles soient odieuses, mais toi et Ashley, vous avez été adorables. Et pour la favorite, tu n'es pas très prétentieuse.
Même si j'ai très envie de la contredire quant au terme de « favorite » je réponds simplement :
-Tu n'es pas trop mal non plus.
Nous éclatons de rire conjointement. Ashley arrête même sa rédaction pour nous regarder. Pour la première fois, je me dis que ce n'est peut-être pas si horrible d'avoir été Sélectionnée. Je suis certaine que je vais pouvoir passer de bons moments avec Marlee. Sans le concours, nous ne nous serions certainement jamais rencontrées, mais désormais nous avons loisir à devenir proches.
L'avion atterrit et notre petite troupe franchit le tarmac dans un silence total. Il y a tellement de gardes de corps que je ne peux même pas voir l'horizon. Quand nous arrivons au coeur de l'aéroport, une foule immense salue notre arrivée. Il y a encore plus de monde que devant la mairie et je suis quelque peu effrayée. Celeste, elle, ne l'est pas et file droit saluer ses admirateurs. Je décide d'en faire de même.
Aussitôt, des centaines de personnes hurlent mon prénom et je n'arrive pas à distinguer qui dit quoi. Je m'approche donc le plus possible de la corde qui sépare nos admirateurs de nous, ne trouvant aucun intérêt à rester distante. S'ils veulent me faire du mal, je suis tout à fait capable de me défendre.
La première personne que je remarque est une petite fille aux cheveux aussi roux que les miens. Dans ses mains, elle tient un écriteau qui proclame: « Les rousses, c'est les meilleures ! ». J'éclate de rire et je décide de lui parler.
-Bonjour, je la salue.
Ses yeux pétillent de bonheur, et si ma présence ici peut apporter autant de joie à quelqu'un, je n'ai peut-être pas si mal fait de présenter ma candidature. Même pour quelques instants de joie partagée.
-Bonjour ! Tu es trop belle ! s'écrie-t-elle.
Ce qui me fait sourire de bonheur. J'ai à peine conscience de la caméra qui film juste à côté de moi. Pour le moment, la Sélection a disparue de mon esprit au profit d'un étrange sentiment d'allégresse. Toute ma vie, j'ai été l'enfant que personne ne remarque vraiment. Voir toutes ces personnes présentes aujourd'hui -des personnes que je ne connais pas et qui ne sont même pas de ma caste- pour moi est une expérience incroyable.
-Tu es bien plus jolie que moi, je lui affirme.
J'ébouriffe machinalement ses cheveux roux identiques aux miens. Elle n'est pas beaucoup plus vielle que mon frère Gerad et j'adore les enfants.
-Tu veux savoir un secret ? je lui offre.
Ce qui la fait sautiller de plaisir.
-Oui ! Je ne le dirai à personne ! promet-elle.
Ce qui est très drôle. Je baisse un peu le ton et je lui dis :
-Les rousses sont vraiment les meilleures.
Et sans attendre plus longtemps, je m'abaisse à sa hauteur et je la serre contre moi, faisant abstraction de la corde qui nous sépare. Je peux sentir le service de sécurité s'agiter derrière moi, mais je m'en fiche.
Juliette - c'est son nom - me réclame un autographe, derrière elle quelqu'un veut me prendre en photo, quelqu'un d'autre me serrer la main... Résultat, je me retrouve à prendre un bain de foule en essayant de ne pas négliger les curieux qui trépignent de l'autre côté du tapis. Mon sourire ne vacille pas un seul instant.
Mitsy est au bord de la crise d'hystérie et tente de me faire revenir vers l'allée centrale. Elle y parvient presque lorsqu'un vieil homme m'amène vers lui, prend ma main et y glisse quelque chose. Un collier. Un magnifique collier avec une pierre taillée en forme d'étoile.
-Une étoile pour la plus jolie des Etoiles, me dit-il calmement, comme s'il n'y avait aucune caméra et personne à côté. Comme s'il ne mettait pas sa vie en danger.
Le message n'est pas compliqué à comprendre. L'Organisation vient juste de me rappeler son soutien en me confiant l'une des choses les plus précieuses du groupe. Une pierre-de-lecture, capable de décoder n'importe quel message secret de l'Etoile Polaire. Et pas n'importe quelle Pierre ! Une de première catégorie.
Je prends l'homme dans mes bras, consciente que le collier est un cadeau inestimable. Il me rend mon étreinte, j'en ai les larmes aux yeux.
Je suis la dernière à quitter le terminal, une vingtaine de minutes à la suite des autres filles. Celeste me lance un regard qui indique clairement qu'elle considère mon geste comme un premier acte de guerre. Je n'en ai rien à faire et je sers contre mon coeur mon nouveau collier.
Car une seule chose compte désormais.
Obtenir les informations que je suis venue chercher.
o
C'est la deuxième fois que je rentre dans le palais royal, mais c'est aussi la première fois que j'y suis réellement invitée. C'est une différence non négligeable.
Sans aucune pression d'aucune sorte, le château semble être bien plus accueillant, mais décalé. D'aussi loin que je m'en souvienne, la maison royale a toujours été à Angeles. Et ce, depuis la construction d'Illéa sur les braises d'un monde décimé par une quatrième guerre mondiale. A l'époque, cela devait être un symbole d'espoir. Pour moi, cependant, cela ressemble plus à l'image du régime : vieux, poussiéreux, obsolète.
Contrairement à ma dernière visite, l'alarme ne sonne pas. Il y a du personnel partout, attendant patiemment l'arrivée de mon groupe.
J'ai fait le voyage avec Celeste. Celle-ci n'a pas vraiment cherché à entamer la conversation avec grand. Ce qui est pour le mieux, je n'ai pas du tout envie d'écouter ses commérages et sa façon primitive d'analyser le monde. Encore moins de l'entendre commenter les innombrables panneaux où est écrit mon prénom.
La voiture a à peine le temps de se garer que des serviteurs s'empressent de nous en faire sortir. Ils se dégagent d'eux une anxiété telle que j'en reste pantoise. C'est moi qui devrais me sentir mal, pas eux. Et pourtant, l'angoisse sur les traits de toutes les personnes présentes n'est pas feinte. Je me demande ce qui peut les inquiéter autant.
Marmonnant un bonjour inaudible, deux femmes m'attrapent par le bras et m'entraînent à l'intérieur. Je manque de tomber par terre. Deux autres femmes en font de même avec Celeste, qui les repousse vivement. Elle ne semble pas apprécier la manière dont on la traite. Ce serait hypocrite de dire que je ne suis pas d'accord.
-Désolée de vous mettre la pression, mademoiselle, mais votre groupe a pris du retard, m'explique l'une des deux accompagnatrices.
Du retard ? On a déjà un planning ?
-Il n'y a pas de quoi. C'est de ma faute. J'ai trop parlé à l'aéroport.
-Nous l'avons vu à la télévision, m'apprend la plus jeune des deux femmes.
Elle doit avoir environ quarante ans et est très jolie pour son âge. Elle échange un regard entendu avec sa collègue qui ne me plait pas beaucoup. J'ai l'impression d'être une énigme que l'on cherche par tous les moyens à résoudre. Evidemment, les deux servantes sont au courant de ma petite escapade dans la foule. Je suis certaine que les caméras de la chaine publique n'ont rien loupés de mon arrivée. L'image d'un Gravil commentant la façon dont je marche se glisse dans mon esprit. Je l'en chasse immédiatement. Je suis assez stressée comme ça, ce n'est pas la peine d'en ajouter.
Après une visite accélérée du palais, où je n'arrive pas à retenir la moitié de ce qui est dit, elles me poussent dans une pièce bondée où s'affairent des dizaines de personnes. L'agitation qui y règne est démesurée. Ici aussi, il y a tellement de stress que je pourrais le couper au couteau si j'en avais un à ma disposition. Mais logiquement, je n'en ai aucun.
Ashley, Celeste et Marlee sont déjà présentes quand j'arrive. Une nouvelle femme, une certaine Silvia, nous explique le planning des prochaines heures. C'est avec horreur que j'assimile le fait que je vais devoir de nouveau passer sous le regard vigilant d'un expert en mode. L'idée d'avoir un styliste personnel me perturbe : ne vais-je donc plus jamais être libre de choisir mes vêtements ?
Je ne fais cependant pas ma difficile et je suis les instructions. Quand j'entre dans le poste six -celui qui m'a été attribué- un petit brun assez étrange me demande de faire un tour sur moi-même pour qu'il « sache l'étendue de la tâche qu'il a à accomplir ».
-Bien, bien ! Il n'y aura pas trop de travail avec vous, petite Etoile. Nous nous sommes déjà bien occupés de vous.
Même si je déteste normalement les surnoms, j'apprécie énormément celui-ci. Qui ressemble plus à un code qu'à un sobriquet. Avec un simple mot, l'homme m'apprend tout ce que j'ai besoin de savoir sur lui : qu'il est un renégat infiltré, que c'est mon allié et je n'ai pas besoin de m'inquiéter sur ce qu'il va faire de moi. Il repend :
-J'ai déjà reçu quelques instructions concernant votre nouvelle image. Vous allez faire bien des jalouses. Après tout, on ne voudrait pas que notre favorite puisse perdre des points bêtement, n'est-ce pas ?
La portée du mot « favorite » me met mal à l'aise. J'ai l'impression d'être un escroc. Certaines personnes sont en train de souhaiter me voir accéder au trône et jamais je ne pourrais répondre à leurs attentes. Je n'en ai ni l'envie, ni les moyens. Devenir reine n'a jamais fait partie de mes projets. Je suis ici par erreur. Une erreur utile pour l'Etoile Polaire, mais une erreur quand même.
-Je ne sais pas comment donner une bonne image de moi-même, j'informe mon allié.
Il est peut-être utile qu'il le sache après tout. S'il doit s'engager à me rendre attractive pour le public -et pas pour Maxon, je refuse !- autant qu'il puisse juger du faramineux problème que pose ma personnalité.
-Vous avez fait une entrée remarquable dans le concours, je peux vous l'assurer, me rassure-t-il.
Ses propos confirment ce que j'ai pu deviner par les nombreux panneaux à mon nom et les regards appuyés que j'ai reçu, notamment des deux servantes. C'est très étrange, je n'avais pas pensé faire une arrivée fracassante.
-Ce n'était pas intentionnel, je le préviens.
Mais il fait comme s'il n'avait pas entendu.
-Vous avez une très belle peau, vos traits sont délicats et surtout vos cheveux sont somptueux. Malheureusement, vos yeux sont trop petits et votre bouche trop fine. Rien que ne puisse pas changer avec quelques coups de pinceaux.
A ces mots, je lui jette un regard assassin.
-Mes yeux ne sont pas petits !
A mon plus grand mécontentement, il rit à ma mauvaise foi et commence à la place à me démaquiller. Si ma raison me rappelle qu'il est mon « ami » et qu'il a surement raison quand il liste mes défauts, je ne peux pas m'empêcher de me sentir quelque peu insultée. J'ai les yeux de mon père et ils sont magnifiques !
-Un caractère de feu, comme on m'avait prévenu. On va jouer avec ça.
Je ne sais pas du tout ce qu'il compte faire pour « jouer avec mon caractère », mais cette fois-ci je ne réplique pas. Il peut faire ce qu'il veut, au final, il ne pourra pas vraiment agrandir mon regard.
Je passe ensuite une nouvelle heure de torture qui achève la bonne humeur que j'avais trouvée auprès de la population. Même si je ne peux pas nier que se faire dorloter et masser le cuire-chevelu est agréable, ce n'est pas du tout la même chose de subir un polissage et de devoir rester dans d'obscures positions pour faciliter la tâche de mon « équipe de préparation ».
Au final, je ne supporte plus ni l'odeur de vanille -la préférée de Maxon d'après ce que j'ai pu comprendre, comme si j'en avais quelque chose à faire- ni les sourires appréciateurs des assistantes. Quand se pose la question des ongles, je suis au bord de l'implosion.
Finalement, j'ai droit à quelques instants de repos quand toute l'équipe se précipite pour en aider une autre après une couleur de cheveux ratée. J'entends même des sanglots pas très loin. Habillée seulement d'un peignoir, je sors la tête du poste six. Je ne suis pas la seule à le faire.
Une fille engoncée dans une cape protectrice a le regard perdu dans le vague. Elle cherche tout comme moi la direction des pleurs.
-Tout va bien ?
Ma question la tire de sa rêverie. Elle secoue la tête négativement.
-Ils veulent me teindre en blonde. Ils trouvent que ça irait mieux avec mon teint. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée d'après ce que j'entends.
Le sourire qu'elle m'envoie est forcé, mais ça ne me dérange pas. En ce moment, on est toutes dans le même bateau et personne ne peut être préparé à tout ce qui nous attend.
-Tu t'appelles Sosie, je crois ?
La fille s'anime.
-Oui. Et toi, tu es America ? La funambule ?
J'ai un petit rire gêné. Si j'avais su que cette histoire de funambulisme me retomberait dessus de cette façon, je me serais abstenue de faire une blague aussi idiote. A ma décharge, je ne pouvais pas prévoir que le Prince aussi puisse avoir un sens de l'humour.
-Un drôle de hasard, je réponds mal à l'aise.
Sosie hoche la tête.
-Un véritable coup de chance, si seulement j'y avais pensé !
Comme je ne sais pas quoi dire, je retourne dans mon box. Mon équipe revient quelques instants plus tard avec une armée de brosses-à-cheveux. Une nouvelle heure s'écoule pendant laquelle l'angoisse passe un nouveau cran. Je n'ai pas le droit à un miroir, je n'ai donc aucune idée des métamorphose que le groupe perpètre chez moi. Ça ne me plaît pas du tout. Vient ensuite le moment du maquillage.
Quand j'ai enfin le droit de regarder le résultat, je suis soulagée. Je ne me parais pas si différente de ce matin, même si j'aborde un nouveau style digne d'une princesse imprévisible -je n'ai aucune idée de comment est réussi ce prodige.
Mon styliste s'approche de moi et murmure, tout en accrochant ma Pierre-de-lecture:
-Quand vous arriverez devant votre penderie, prenez la robe la plus à gauche.
On me conduit vers un portant où sont présentées plusieurs robes et je réalise que le choix est censé être le mien. Pour m'éviter tout faux-pas, mon allié infiltré m'a donné un coup de main. Ce délit de favoritisme pourrait lui couter bien plus que sa place.
Je n'hésite pas à prendre la robe de gauche.
Comme je pouvais le souhaiter, cette dernière me va à ravir. Ecrue, la taille marquée au-dessous de la poitrine, sa longue jupe évasée me donne des allures de mannequin. Ni trop décolletée, ni trop voyante, elle se démarque pourtant de toutes les robes que j'ai eues jusqu'à maintenant. Mon seul regret étant que je préfère les pantalons.
Après avoir été équipée d'une broche à mon nom, une dame me demande de prendre place dans l'une des quatre cabines installées le long du mur. Ce sont des petits-studios. Assise sur l'un des tabourets, j'attends les instructions. Une femme s'installe face à moi, un bloc-notes à la main et me demande de patienter pendant qu'elle cherche mon dossier. Bien que la journée ait usée ma patience depuis longtemps, je ne laisse rien échapper. Après plusieurs questions inutiles -où elle a le toupet de me demander comment une Cinq peut avoir mon éloquence !- elle me laisse finalement partir.
J'espère franchement qu'après ça, les organisateurs de la Sélection vont avoir assez d'humanité pour me laisser tranquille pendant un moment. Mais ils s'avèrent en avoir autant qu'un grain de poussière et on m'invite vers une nouvelle pièce. Marlee vient s'asseoir à côté de moi.
Tout comme à l'aéroport et dans l'avion, nous nous prenons dans une nouvelle conversation sur les stylistes et la Sélection. Je dois bien avouer que ceux qui ont préparé Marlee ont faits des merveilles. Elle était déjà magnifique avant, elle est désormais resplendissante. Elle s'égosille à me dire à quel point je suis également superbe, mais je sais que je n'en mène pas large. Contrairement à moi, Marlee est une beauté naturelle. Je me semble superficielle et bien pâle en comparaison.
Petit à petit, les autres concurrentes arrivent dans la pièce. Celle-ci est très vite trop petite. Ma nouvelle amie m'explique qu'il s'agit d'une antichambre et non véritablement d'une pièce. Elle espère rencontrer le Prince Maxon bientôt et je n'ose pas m'immiscer dans son bonheur. Quant à moi, je n'ai aucune envie de le revoir, si ce n'est que pour commencer les négociations pour l'Etoile Polaire. Je n'ai pas vraiment de concurrentes pour ce que je recherche ici finalement.
Silvia nous rejoint au bout de plusieurs minutes, durant lesquelles je tente de lancer la conversation avec les autres filles présentes. Ce qui se révèle être impossible : elles sont totalement paralysées par la peur. Mon statut de favorite les intimide. C'est tellement grotesque que si je n'avais pas été aussi mortifiée par la situation, j'aurais pu en rire.
-Alors les filles, prêtes ? Je vais vous faire visiter le palais, sans trop m'attarder et vous conduire jusqu'à vos chambres respectives.
Je suis tellement soulagée que je soupire de contentement. Peut-être un peu trop fort, car notre instructrice me dévisage. Au moins, il n'y a pas de caméra pour immortaliser mon premier faux-pas dans la compétition, qui ne sera surement pas le dernier.
J'écoute à peine les explications de Silvia sur l'histoire du Boudoir (la pièce où nous venons d'être préparées). Cependant, le nom est une indication assez nette du niveau que je risque de croiser dans le palais : ils ont appelés une pièce d'après des biscuits. Quand nous passons devant le couloir qui mène au bureau de Maxon, quelques filles lâchent des cris d'excitations et nous atteignons un tout nouveau niveau de bêtise. Pour ma part, je suis beaucoup plus intéressée par une toute autre porte juste en face, la bibliothèque.
Je me demande si le livre America est encore à l'intérieur et si je vais avoir la possibilité d'y accéder. Ce n'est peut-être pas la raison de ma présence mais j'apprécierais beaucoup ce genre de dédommagement. Surtout que j'aurais bien besoin de quelque chose à faire de mes journées si je suis obligée de rester ici.
-Vous n'avez pas le droit de sortir. En aucun cas. À certaines périodes, toutefois, vous pourrez vous promener dans le jardin, mais non sans autorisation expresse. C'est une mesure de sécurité, tout simplement. Malgré nos efforts, des renégats ont réussi à pénétrer dans le parc.
Je dois me faire violente pour ne pas rectifier les propos de Silvia. Non seulement l'Etoile polaire est déjà rentré dans l'enceinte du château, mais ce dernier est infiltré jusqu'à la moelle. Avec un peu de chance, peut-être même que notre prochaine expédition se fera avec l'accord du Prince Héritier. Mais je n'ai pas trop d'espoir : il a dit vouloir discuter, mais il n'a pas mentionné vouloir nous aider. Je dois être la plus attentive possible, tout cela pourrait bien être un piège.
-Vos bagages ont été portés dans vos chambres. Si le décor n'est pas à votre goût, signalez-le à vos femmes de chambre. Vous avez à votre service trois domestiques qui attendent déjà vos ordres. Elles vous aideront à vous préparer pour ce soir. Vous rencontrerez officiellement le Prince demain. Vous dînerez ensemble ce soir afin de faire connaissance et, dès demain, le coup d'envoi de la compétition sera donné !
Nouveaux cris d'excitation de la part de certaines concurrentes. Même Marlee en fait partie. Je ne dis rien, mais je n'en mène pas large. Les discussions pour l'Etoile Polaire vont commencer. Je suis indéniablement soulagée d'arriver enfin à mes appartements et, sans même un regard à la décoration, je me laisse tomber sur le lit.
Je pensais avoir du mal à m'endormir après tous les événements de la journée, mais la fatigue me submerge. Je m'endors avant même d'avoir réalisé que le matelas dans lequel je suis est bien trop confortable.
Trois jeunes femmes me réveillent plus tard. Elles se présentent à tour de rôle : Anne, Lucy et Mary. Ce sont mes femmes de chambre. Elles s'excusent de me déranger, mais affirme que je dois me préparer avant d'aller au studio pour Le Bulletin. A contrecoeur, j'optime. Elles rafraichissent mon visage et lissent ma robe. Heureusement, je n'ai pas beaucoup bougé dans mon sommeil et elle n'est pas trop chiffonnée.
Après avoir été recoiffée, les filles me montrent le chemin jusqu'au Boudoir. A l'intérieur, la moitié des Sélectionnés sont déjà là. Les autres arrivent rapidement. Celeste est tellement impatiente de passer au Bulletin qu'elle est la première à suivre Silvia quand celle-ci nous invite finalement jusqu'au studio. Quant à moi, je me démène les neurones pour trouver une façon de saluer discrètement ma famille en directe avant d'abandonner l'idée.
On nous installe sur une estrade, à la place du public habituel, où je me glisse au dernier rang. Marlee vient s'asseoir à côté de moi, ce qui me rassure. Nous ne faisons que de la figuration ce soir. C'est la seule fois où le Bulletin pourra avoir les trente-cinq sélectionnées ensemble dans les studios. La semaine prochaine, notre effectif sera épuré. Quatre grands sièges sont installés devant nous, face aux caméras. Ceux que vont occuper d'un instant à l'autre les membres de la famille royale et Gravil.
A cet instant précis, la porte s'ouvre. Le Roi Clarkson, son épouse la Reine et Maxon entrent dignement. Celeste est la première à applaudir leur arrivée. Tout le monde l'imite et je suis dégoutée de devoir en faire de même. J'ai l'impression d'avoir encore bafoué un de mes principes et je me demande quand est-ce que cela va s'arrêter.
Au moment où l'Héritier du trône me flanquera à la porte, certainement.
Maxon nous accorde un salut de la main tandis que je me cache derrière Ashley. Réaction puérile s'il en est. Mais je ne peux réprimer le sentiment de satisfaction d'être encore capable de faire quelque chose d'inconvenant de mon plein gré, aussi minime soit-elle. Je sais bien que de toute façon, je vais être forcé de le voir et de discuter. Mais j'aspire à parler en tant que renégate et non comme une Sélectionnée. Je voudrais juste oublier que je suis les deux.
Gravil fait son entrée à son tour.
A vingt-heure précise, les lumières rouges des caméras s'allument et nous sommes en live. Comme toujours, les premières informations concernent le budget et je manque de m'endormir sur Marlee. Heureusement, cette dernière m'évite de me ridiculiser dès le premier soir en me serrant la main. Trente minutes plus tard, le sujet change enfin pour aborder celui tant attendu de la Sélection. Il n'y a aucun micro devant Maxon, ce qui veut dire qu'il n'a pas l'intention de s'exprimer ce soir.
Gravil prend enfin la parole et déclare :
-Comme vous pouvez le voir, toutes les Sélectionnées sont bien arrivées au Palais. Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu autant d'aussi jolies jeunes filles sur le plateau du Bulletin.
De nouveaux, nous sommes obligées d'applaudir et de sourire pendant que la caméra fait un plan général.
-Déjà, certaines d'entre-elles font grandes impressions auprès du public !
Et à ma grande consternation, le grand écran derrière Gravil ne montre pas Celeste ou Marlee, mais moi. Je suis en train de serrer dans mes bras la petite Juliette. Et j'ai l'air... d'une sale manipulatrice de première !
Les têtes de toutes les filles se tournent vers moi.
Tout le reste de la soirée, je tente de me faire la plus invisible possible. La tâche s'avère difficile car Gravil s'obstine à répéter à quel point j'ai enthousiasmé les citoyens d'Illéa. Il s'amuse même de nouveau de mon amour pour ce qui touche au « funambulisme ».
Quand je retourne dans ma chambre, je demande à mes femmes de chambre de me laisser seule. Elles n'opposent pas grande résistance, surement conscientes que j'ai subi assez de pression pour aujourd'hui. Je veux juste dormir. Mais évidemment, comme d'habitude, mes projets sont contrariés par une nouvelle donne. Car sur mon lit, détonnant des couvertures jaunes, est posé un livre.
Un livre que je reconnais instantanément.
America.
Bonsoir, et c'est au tour du chapitre cinq d'être publié. Je m'étonne moi-même de la vitesse de publication: wow.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre, et qu'il n'y a pas trop de fautes (j'avoue ne pas l'avoir relu, je suis un monstre!).
Encore mille fois merci à Riza Deumbra pour son commentaire, qui est un rayon de soleil dans ce froid d'hiver.
Bises à vous,
Kallen
