Note de l'auteur : Un nouveau chapitre rapidement et deux nouveaux personnages en prime ! Le ton est très différent des premiers chapitres mais j'espère donner ici un agréable passage d'autant que Tar et Ah-Pei serons de l'aventure pour un moment. Avec le Gardien, le sentiment de désespoir est permanent et celui découvre un monde qui n'est pas le sien tandis que le duo qui suis connait bien la zone et ne connait rien des malheurs qui attendent la Terre du Milieu. J'ignore où cela va nous mener, mais je sens que leur rencontre avec le Gardien donnera de belles choses ahah. N'hésitez pas à commenter et à laisser vos impressions dans les reviews !
III.
Pendu par les pieds, Tar-Súrion ne faisait guère le fier. Dépouillé de ses dagues et de sa bourse, ses ravisseurs affichaient chacun une mine satisfaite. Il n'avait pas cherché à se retrouver là. Du moins, il ne l'avait pas cherché volontairement. Lorsque d'un heureux hasard, la demoiselle s'était précipitée et avait demandé à ce qu'il donne son aide, le vadrouilleur n'avait guère hésité et, en la promesse d'une récompense généreuse, il s'était mis en quête de fuir avec la jeune femme. Plusieurs lunes après et des lieux plus loin, les forbans retrouvèrent finalement leurs traces et alors que la demoiselle disparaissait sur un cheval au loin dans la nuit, le gringalet aux cheveux blonds et aux reflets roux se retrouvait dans la délicate position dans laquelle il se trouve actuellement.
Jugeant la situation difficile, il soupira en se laissant pendre comme un vulgaire jambon que l'on laisse sécher. Sauf qu'il n'avait nullement l'intention de sécher. Ayant fui la vie maritime de son père et de sa mère pour se consacrer à l'étude de la Terre du Milieu et se trouver une noble dame à épouser, il n'était nullement dans son intention de terminer ses jours pendu la tête en bas.
- Messieurs. Dit-il d'un ton très calme. Messieurs, je suis persuadé que cela n'est qu'un malheureux quiproquo. Des maux résultant de mes actions, aucun d'entre eux n'étaient prémédité et je dois vous avouer que si j'avais su... Tar fut couper dans son élocution par un bâillon mal odorant qui le fit écarquiller de par sa puanteur. S'il avait obtenu par sa mère de bons réflexes et un bon pourcentage de sang elfe, il avait hérité de son pirate de père ses dons de locution, inutile en cet instant.
- Ferme voir ton claque-merde, mon gars. Ca sert à rien avec nous. Répondit d'un ton jugé peu courtois par le semi-elfe l'un de ses geôliers. Il y a une sacré prime sur ta trogne chez les nains d'Erebor, et j'dois avouer que ça ne ferait pas de mal de renflouer les caisses.
- Hem ham himme ? Demanda Tar à travers l'entrave. Il était bien au courant de cette prime et encore une fois, il n'avait pas eu le temps de s'expliquer qu'il avait dû prendre la fuite. Lorsque les types l'entourant se mirent à rire de sa tentative pour parler, il n'exprima aucun autre sentiment que celui de la honte. Pourquoi cela arrivait-il toujours à lui ? Le don de parole et le karma le plus pourri de la Terre du Milieu, les lègues officiels de son père.
- Qu'est-ce qu'il dit, j'comprends rien ! Le nargua un autre des fripons de la pièce.
- Il demande ce qu'est devenu la fille. Dit alors une voix féminine dans l'obscurité.
Elle venait d'entrer dans la pièce et déjà son parfum au jasmin emplissait la salle, ce qui n'était pas pour déplaire le blondinet dont le sang commençait doucement à lui monter au cerveau. Tar aurait dû se douter du traquenard, il n'était pas enfant de coeur, ni ses parents, et voilà qu'il tombait dans l'un des pièges les plus connu du monde. Se maudissant de sa stupidité et de son amour bien trop prononcé pour les femmes, il soutint le regard de la demoiselle finalement pas si en détresse que ça tandis que celle-ci s'avançait dans la pièce. Elle se pencha et déposa un baiser sur son front. Maudite, maudite, maudite mercenaire !
- Tar-Súrion, tu n'es pas une proie facile à attraper. Lâcha-t-elle d'un ton où l'on percevait une certaine satisfaction. Nous n'avons jamais réussi à mettre les mains sur tes parents mais un membre de la famille vaut mieux qu'aucun. S'il avait pu, Tar lui aurait rendu son sourire et aurait volontiers écorchée cette joue qui lui faisait tant envie quelques heures plus tôt.
Ôtant finalement le bâillon pour le laisser respirer et parler, Tar ne perdit pas une seconde et cracha comme il pu afin de se débarrasser un maximum de la désagréable sensation du tissu sale dans sa bouche.
- Mon père n'a pourtant jamais été bien dur à capturer. Dit-il en savourant la liberté finalement retrouvée de sa bouche. Il n'avait jamais été très famille, bien que ses parents lui aient promis une place de choix dans leur flotte après qu'il ait atteins la puberté. Tar n'avait pas attendu cela pour s'éclipser et faire sa propre idée de la vie, loin du foyer familiale étouffant entre son elfe de mère et son humain de père. L'idée lui était déjà venu de retourner les voir, surtout dans les moments les plus difficiles, mais il n'avait jamais pu s'y résoudre. La vie dans les cités de l'Orient n'a rien d'un partie de plaisir pour un semi-elfe comme lui et malgré ses nombreuses hésitations, il n'oublia jamais pourquoi il était parti la première fois.
» Ma belle, tu pourrais au moins me révéler ton véritable nom et celui de ta troupe. Je n'aime guère ignorer à qui j'ai à faire. Son ton se voulait mielleux à souhait. D'un regard de glace, son interlocutrice le sonda et, se redressant, finit par lui répondre.
- Tu as devant toi la troupe des Loups de la Noire Nuit, et j'en suis la commandante : Ah-Pei de Ming Yue. Retenant sa langue, Tar ne pu cependant pas cacher l'effet que produisait le nom de Ah-Pei. Célèbre pour n'avoir jamais raté un contrat sauf celui de ses chers parents, il comprenait désormais pourquoi sa modeste prime des cités naines avait attiré sur lui le courroux d'autant de mercenaires.
- Jamais entendu parler.
- Tu mens mal, jeune Tar-Súrion, rétorqua-t-elle au tac au tac. Quoiqu'il en soit, tu vas être bien sage et nous accompagner à Erebor pour que ton jugement puisses être rendu par les nains.
La situation, désespérée, n'avait rien de bon et Tar en était parfaitement conscient. Si Ah-Pei le ramenait à Erebor, sa vie serait nettement abrégé et il ne pourrait jamais rencontrer celle pour qui il avait pris l'aventure.
- Une escorte de qualité, ma foi. Laissa sortir le semi-elfe en tentant de paraitre autant détendu que possible. Ne pas laisser transparaitre la peur, un des enseignements fondamentaux de ses parents. Du moins, il est plus facile de le faire quand votre nom résonne dans les oreilles des gens comme celui de personnes ayant eu leur petite importance dans la guerre qui opposa les peuples libres à Sauron, voilà quelques décades. Pas très friand de l'histoire de la terre sur laquelle il vit et volontiers enclin à en rire, Tar avait pourtant dû apprendre les relations compliquées de son père avec les hautes sphères simplement pour ne pas finir décapité sur un malentendu.
- Détachez-le, je ne veux pas qu'il reste pendu comme ça, ils le veulent vivant chez les nains. Commanda Ah-Pei, immédiatement obéis par deux affreux qui détachèrent Tar de ses cordages. Retenu par un troisième, la sensation désagréable de fourmillement le quitta bientôt tandis que tous quittaient la pièce, une remise sans fenêtre dont l'unique porte donnait sur la pièce principale de la chaumière abandonnée dans laquelle se trouvaient la plupart des mercenaires. Seule Ah-Pei resta dans la pièce avec lui et tandis que Tar prenait appui sur un mur pour se masser les chevilles encore ankylosées, elle referma la porte derrière elle.
Ses vêtements la saillait beaucoup mieux que la vulgaire robe de paysanne dans laquelle Tar l'avait recueilli et les lames pendant à sa ceinture trahissait son affiliation aux gens de l'Est lointain. Bien loin du style anarchique de Tar, celui-ci ne pouvait quitter ses yeux de l'orientale face à lui.
- Que me vaut le plaisir de ce tête-à-tête, ô grande Ah-Pei de Ming Yue ?
- Garde ton ironie et tes mièvreries aux minettes qui daignent les écouter, Tar-Súrion et écoute moi bien : Je n'ai pas l'intention de te laisser t'échapper et si tu tentes la moindre félonie pour t'échapper, crois moi quand je te dis que tu n'atteindras jamais Erebor en vie.
Tar acquiesça sans prêter beaucoup d'attention. Il avait l'habitude de ce genre de menace et pourtant, il était toujours là. Lui qui s'était promis de ne pas avoir la même guigne que son père et d'avoir une vie honnête s'était vite retrouvé empêtrer dans des histoires louches le dépassant et conduisant plus qu'il ne l'admets à de pareils situations. Quittant finalement la pièce après cette menace, Tar en profita pour jeter un coup d'oeil à Ah-Pei. Si elle ne vendait pas sa peau pour de l'argent, elle aurait fait une épouse merveilleuse, se dit le jeune semi-elfe en la déshabillant du regard. Elle s'en aperçut et d'un geste vindicatif, lui envoya son plus beau sourire ainsi que son plus beau geste de la main.
Se redressant, Tar ne perdit pas une seconde et entrepris de fouiller la pièce pour finalement se rendre compte de l'évidence : il est fait comme un rat. Un rat plus intelligent que la moyenne, mais un rat quand même. C'est alors qu'il remarqua ce qui pouvait bien être une porte de sortie. Le toit, d'aspect solide et avec une charpente encore un bon état, il avait pu voir un petit décrochement qui lui vaudrait bien un passage s'il arrivait à dégager quelques unes des plaques en terre cuite cachant le ciel. Des années passées sur les bateaux, il avait également gagné une agilité toute particulière pour grimper et bien que des cordages eut été agréable à ce moment-là, il se contenta bien des pierres apparentes pour atteindre le toit.
Lorsqu'il décrocha la dernière tuile et qu'il se faufila par la sortie improvisée, il fallut qu'un garde soit désigné pour apporter le souper. Cela n'empêcha pas Tar de sourire à son gêolier, visiblement étonné de voir le visage du prisonnier à travers un trou dans le plafond. Courant sur le toit, Tar entendit les armes que l'on dégaine à l'intérieur de la batisse. Sautant dans une botte de foin dont il s'extirpa, il eut juste le temps d'ouvrir les portes de l'écurie quand il vit sortir Ah-Pei et sa horde en trombe. Jurant, il pénétra l'écurie et montant à la volée sur un des destriers encore sellé, il poussa un sifflement qui poussa l'ensemble des canassons à sortir de la pièce.
Détallant en trombe, les premiers chevaux eurent l'effet escompté : Ils repoussèrent les assaillants, pris au dépourvu par l'arrivée de leurs bêtes. Dans la cohue, Tar croisa le regard en proie à la furie de la capitaine. Il la nargua d'un clin d'oeil et sans demander son reste, pris la fuite à l'aveuglette dans la nuit, qui promettait d'être encore bien longue.
