2.
Il avait été en train d'écrire, ayant enfin trouvé la force de raconter toute cette sale affaire avec Moriarty et la piscine (après que Lestrade lui ait finalement donné la permission de divulguer les noms et les évènements au public). Sherlock s'était trouvé assis face à lui à son bureau, tapant furieusement sur le clavier des choses et d'autres. Des mails probablement, répondant à cette femme à la campagne qui avait été embauchée en tant que nounou et qui se plaignait d'une coupe de cheveux (ou quelque chose du genre, John n'avait pas été particulièrement à l'écoute).
Il se réveilla avec la nuque endolorie, et ses épaules grinçaient de douleur. Il laissa échapper un gémissement, enroula sa tête pour étendre le cou et y plaça la paume de sa main à plat pour bien sentir les muscles. Mais à défaut de la peau, sa main rencontra une couverture. C'était l'afghan que John gardait plié sur le dossier de son fauteuil, celui qu'il plaçait sur ses jambes les nuits froides où Sherlock s'ennuyait assez pour le laisser zapper et regarder des programmes abrutissants. Il ne se souvenait pas avoir quitté le bureau pour aller la chercher, quelqu'un devait l'avoir posée sur lui.
Et puis venait Sherlock, toujours assis en face de lui – ordinateur portable fermé, un long bras plié en travers de ce dernier pour y poser sa tête hirsute. Le second bras avait envoyé valser un tas de papiers (envoyés par Lestrade trois jours plus tôt, toutes les informations pertinentes qu'ils avaient pu trouver sur Jim du service informatique) et les doigts de Sherlock étaient venus se poser à quelques centimètres de ceux de John. Comme s'il essayait de l'atteindre dans son sommeil pour s'assurer que John était toujours là.
Le docteur se leva doucement et silencieusement, enlevant l'afghan de ses épaules et déplaçant le rideau pour voir où en était le soleil (qui s'était couché, naturellement). Il n'y avait pas longtemps, à en juger par l'aura violette du crépuscule. Il allait probablement neiger, au vu des nuages qui s'amoncelaient. Neige qui fondrait avant qu'elle ne touche le sol, comme cela arrivait habituellement. Quelle nuit pourrie. Il avait hâte de retourner dormir pour ne pas la voir passer, dans un endroit plus confortable bien entendu. Il pria Dieu que personne n'ait besoin d'un détective consultant à cette heure.
John jeta distraitement l'afghan sur les épaules de son colocataire, frotta son cou raide et se tourna vers l'escalier. Sherlock s'agita cependant, inspirant fortement par le nez, un perplexe et somnolent « John ? » s'échappant de ses lèvres.
« Oui Sherlock » lui assura le docteur en se retournant vers le bureau.
Le détective fléchi les doigts de la main qu'il avait étendue en travers du bureau, avant de la retirer rapidement pour resserrer l'afghan autour de ses épaules. Il leva les yeux et hocha la tête. « Rien ». Une pause habile. « Merci ».
« Tu devrais aller au lit » lui conseilla John.
« Non, je n'arriverais pas à dormir » soupira Sherlock, étirant ses bras devant lui avant de se repositionner dans sa chaise et d'ouvrir l'ordinateur.
« Eh bien, tu t'en sortais très bien il y a deux secondes » fit-il remarquer.
Sherlock haussa les épaules et reprit sa dactylographie à un rythme régulier. Il y avait quelque chose de différent dans l'air, d'étrange, mais John décida de ne pas s'en préoccuper et se dirigea vers sa chambre.
Et voilà pour le deuxième chapitre ! J'espère que la traduction vous plait toujours autant, n'hésitez pas à laisser votre avis dans les commentaires ;)
Bonne soirée et à la prochaine !
