3.

Il se rappelait le bruit horrible du poing sur la chair, le corps de Sherlock se pliant sous l'impact, s'affaissant sur le sol comme un chiffon. Il se souvenait avoir tendu la main pour prendre son arme, mais bien sûr elle était soigneusement cachée dans le tiroir de sa table de chevet, à l'abri (heureusement que Lestrade n'était pas tombé dessus la semaine dernière en ratissant l'appartement à la recherche de drogues, de bouts de corps ou qu'importe ce qu'il essayait de trouver pour forcer Sherlock à prendre l'affaire en charge). Affaire qui prenait actuellement la tête de John et qui voyait Sherlock frapper la tête la première le sol en béton.

John se souvenait avoir cassé le bras de son ravisseur, se rappelait le bruit qu'il avait fait, savait exactement quel os il avait fracturé et à quel endroit.

Il se remémorait avec exactitude les noms médicaux de chacun des endroits qu'il frappait de ses poings (l'homme qui avait frappé Sherlock au visage). Il continua de le frapper une fois qu'il eut rejoint Sherlock au sol. Ne s'arrêta pas jusqu'à ce que quelqu'un fracasse une planche sur l'arrière de sa tête. Il ne se souvenait plus de rien après ça.

Ce fut une bonne chose que l'un d'eux ait eu le bon sens d'envoyer un message à Lestrade à propos de leurs allées et venues (il ne savait pas lequel d'entre eux l'avait fait : ça aurait très bien pu être Mycroft. Encore).

John repris conscience dans un tourbillon de couleurs, de lumières clignotantes et de boucles sombres, son esprit répétant en boucle Sherlock, Sherlock, Sherlock tandis que ses membres essayaient de trouver de nouvelles et surprenantes façons de lui obéir. Sa main se referma sur le poignet du détective, serra, le retourna et vérifia le pouls avec des doigts tremblants (un flux sanguin battait contre ses doigts, le rythme le plus merveilleux qu'il ait jamais ressenti).

Il pouvait entendre des pas précipités, des cris, très certainement la voix de Lestrade, mais tout cela était secondaire. Tertiaire, même. La priorité c'était Sherlock. Il le retourna pour être sûr qu'il respirait correctement, chercha des blessures superficielles, des traces de sang. Il fallait le mettre hors de danger, éviter qu'il ne se fasse piétiner par la police qui s'était soudain déployée autour d'eux et, dix secondes plus tard, des tirs de fusillade. Le déplacer derrière un récipient métallique plein d'armes en provenance de la Somalie.

Deuxièmement, il fallait essayer de ne pas s'évanouir sur son colocataire.

Sherlock reprit conscience au moment où le sergent Donovan menottait le dernier des voyous, et John poussa un soupir de soulagement. Il attrapa sans réfléchir le visage de Sherlock tout en murmurant « Oh, Dieu merci ». Ils restèrent dans cette position pendant une seconde bien trop longue, le pouce de John faisant des aller-retour le long d'une des pommettes de son colocataire (qui arboreraient dans les sept heures à venir un magnifique bleu dû au coup qu'il avait reçu) et les yeux somnolents de Sherlock essayaient désespérément de se concentrer. Il devait, il devait, il devait faire quelque chose avec John si proche. Mais la tête dudit John retomba finalement dans le creux du cou de Sherlock.

Ce dernier appela un médecin, et au moment où ils réussirent à ramener John, Sherlock était déjà bien loin.


Et voilà le troisième chapitre !

Merci à tous pour votre soutien et votre gentillesse, c'est toujours un bonheur de lire vos commentaires :D

A très bientôt pour le prochain chapitre !